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Histoire de créature fantastique 9 à 10 ans Lecture 10 min.

Le royaume du grenier et la cloche du civisme

Lina découvre un grenier magique qui la conduit dans un royaume étrange où, guidée par une carte et un géant bienveillant, elle doit réparer une erreur qu’elle a commise et apprendre le courage de dire la vérité.

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Gaspard, un géant doux et timide à la peau pâle tachetée de rousseur, lunettes rondes trop petites et manteau patchwork, tend sa main massive pour porter Lina, une fillette d’environ 10 ans aux cheveux châtains courts, regard déterminé et un peu honteux, robe simple et baskets, qui grimpe sur sa paume pour attraper une enveloppe beige tandis que Monsieur Idriss, homme d’une cinquantaine d’années à la barbe poivre et sel en chemise de marché, se tient en bas du grenier visible par la lucarne, souriant et encourageant; le grenier transformé en royaume présente poutres anciennes, plafond constellé d’étoiles minuscules, malles ouvertes, étagères d’objets oubliés et poussière dorée flottante, et la scène, baignée d’une lumière chaude du soir, dégage une atmosphère magique, douce et sécurisante avec des expressions chibi exagérées et mignonnes. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 : Le grenier qui chuchote

Sous les tuiles chaudes de l'immeuble, le grenier aux trésors respirait comme un grand coffre plein de secrets. Ça sentait la pomme sèche, le bois ciré et un peu la poussière qui danse dans les rayons de soleil. Lina, 10 ans, y montait en douce après l'école, en promettant de ne rien casser et de remettre les choses à leur place. Elle n'était pas venue pour voler des merveilles : elle cherchait à réparer une bêtise.

La semaine précédente, au pied de l'escalier, elle avait renversé une boîte de dons destinée au marché solidaire du quartier. Pièces, boutons, petits bracelets… tout avait roulé. Lina avait voulu rattraper, mais elle avait surtout… perdu une enveloppe avec des tickets de bus offerts aux familles qui en avaient besoin. Elle avait fait comme si de rien n'était, et ce secret lui grattait la conscience comme une étiquette qui pique.

Ce soir-là, parmi des horloges sans aiguilles et des cadres qui se regardaient de travers, elle trouva une carte. Un vieux papier doux, taché de confiture ou de lune, difficile à dire. Au milieu, des chemins dessinés à l'encre bleue, mais il manquait un morceau, comme si quelqu'un l'avait croqué. En bas, une phrase : « Pour ceux qui veulent se rattraper, suivez les étoiles… même au plafond. »

Lina leva les yeux. Le plafond du grenier brillait, comme si des paillettes y étaient collées. Non : des étoiles minuscules, vivantes, y clignotaient. Et la carte, dans sa main, se mit à tiédir, comme un petit animal. Lina avala sa salive, puis sourit malgré elle.

— D'accord, murmura-t-elle. Je te suis. Mais tu m'aides à faire les choses bien.

Chapitre 2 : La carte incomplète et le géant poli

Les étoiles du plafond glissèrent doucement, traçant un sentier lumineux jusqu'à une malle énorme, posée derrière un paravent couvert de vieilles affiches. Lina poussa. La malle toussa un nuage de poussière… puis s'ouvrit toute seule, avec un « clac » très digne.

À l'intérieur, il n'y avait pas des robes ou des jouets, mais… un escalier. Un vrai, en bois clair, qui descendait dans un ciel bleu profond. Lina posa un pied. L'escalier tint bon, comme s'il avait attendu longtemps.

En bas, un monde merveilleux s'étendait, fabriqué de bric et de magie : des lampadaires en sucre d'orge, des bancs en nuages serrés, des fontaines qui faisaient de la musique au lieu d'eau. On aurait dit que le grenier avait rêvé très fort et que le rêve s'était échappé.

Au bout de la place, un géant était assis. Pas un géant effrayant : un géant qui avait l'air gêné de prendre de la place. Il portait un manteau cousu de morceaux de rideaux, et sur son nez rond, des lunettes minuscules tenaient par miracle. Il tenait une plume comme une allumette.

— Bonjour, petite, dit-il avec une voix qui vibrait comme un violoncelle. Je m'appelle Gaspard. Je fais la mairie… du Royaume du Grenier.

— La mairie ? répéta Lina.

— Oui. Il faut bien quelqu'un pour ranger les objets perdus, organiser les passages piétons entre les nuages et rappeler aux étoiles de ne pas se bousculer.

Lina montra la carte.

— Elle est cassée… il manque un morceau.

Gaspard hocha la tête, si doucement qu'un bouton de son manteau tomba. Il le rattrapa au vol, très fier.

— La carte ne montre jamais tout, expliqua-t-il. Elle laisse une place pour tes choix. Mais je vois ton souci dans tes yeux : tu cherches la rédemption, n'est-ce pas ?

Lina rougit.

— J'ai perdu quelque chose d'important. Pour les autres. Je veux le retrouver, et… dire la vérité.

— Alors suis les règles du civisme, dit Gaspard, en soulevant un panneau minuscule où il était écrit : « Respecte, partage, répare. » Dans ce royaume, la magie obéit aux bonnes manières.

Et il posa au creux de la main de Lina une petite cloche en cuivre.

— Elle sonne quand tu fais ce qui est juste.

Chapitre 3 : Le couloir des objets oubliés

La carte tiède frissonna et les étoiles du ciel—oui, il y en avait aussi là-bas—se mirent à clignoter vers une porte en forme de valise. Lina entra dans un long couloir. Des étagères montaient jusqu'à l'infini, pleines de chaussettes orphelines, de clés qui ne savaient plus ouvrir, de ballons dégonflés qui soupiraient.

Sur le sol, un ruban de lumière dessinait un chemin, puis s'arrêtait net contre un grand trou blanc : la partie manquante de la carte. Lina resta plantée.

— Super, souffla-t-elle. Une carte qui me laisse en plan.

Un petit chariot arriva tout seul, grinçant comme un vieux rire. Dessus, un chat de papier journal portait un gilet de facteur.

— Miaou-jour, dit le chat en s'inclinant. Je livre les objets retrouvés. Mais j'ai un problème : quelqu'un a jeté des papiers n'importe où, ça bouche tout.

Lina regarda. Des morceaux de carton et de ficelle traînaient, comme si un vent pressé avait oublié de nettoyer.

— Je peux aider, proposa-t-elle.

Elle ramassa, plia, tria. Elle fit des piles : à recycler, à réparer, à rendre. La petite cloche sonna, claire comme un ruisseau. Le chat-facteur ronronna si fort que ses lettres tremblèrent.

— Merci. Ici, on garde le passage libre pour tout le monde. C'est ça, le civisme : penser aux autres, même quand personne ne regarde.

À mesure que Lina rangeait, le trou blanc se remplit de traits bleus. La carte compléta un bout de chemin : une flèche menait vers une étagère très haute, là où dormait une enveloppe beige, coincée entre une boîte à biscuits et un calendrier ancien.

— Les tickets de bus… chuchota Lina.

Elle grimpa sur une échelle de corde. Arrivée en haut, elle tendit la main… et l'enveloppe glissa plus loin, comme si elle jouait à chat.

Chapitre 4 : La grande main, le petit courage

Gaspard apparut derrière l'étagère, à genoux pour ne pas toucher le plafond du couloir. Ses lunettes brillaient.

— Ne cours pas après, dit-il. Dans le grenier, les objets aiment tester la sincérité.

— Je suis sincère, protesta Lina, essoufflée.

— Alors montre-le. Pas seulement en l'attrapant, mais en réparant ce que tu as cassé.

Lina descendit de l'échelle. Elle pensa à la boîte de dons renversée, aux voisins qui attendaient, aux adultes qui comptaient sur elle sans le savoir. Son ventre fit un petit nœud, puis se dénoua, comme un lacet qu'on refait.

— D'accord. Je vais rendre l'enveloppe. Et je vais dire que c'est moi qui l'ai perdue.

La cloche sonna deux fois, joyeuse.

À ce son, l'enveloppe cessa de glisser. Elle se posa gentiment sur le bord de l'étagère, comme un oiseau qui accepte enfin de se laisser approcher.

Mais il restait un problème : l'étagère était trop haute pour Lina, et l'échelle grinçait dangereusement.

Gaspard tendit un doigt énorme, aussi large qu'un oreiller.

— Monte là-dessus. Promis, je ne tremble presque jamais. Sauf quand on me sert une soupe trop chaude.

Lina grimpa sur la main du géant. Elle se sentit portée comme sur une barque stable. De là-haut, elle attrapa l'enveloppe et la serra contre son cœur.

— Merci, Gaspard.

— Merci à toi, répondit-il. La force, c'est bien. Mais la vraie grandeur, c'est de vouloir réparer.

Les étoiles du couloir applaudirent en silence, en faisant scintiller les coins.

Chapitre 5 : Le retour par la lucarne des bonnes actions

L'escalier de la malle la ramena au vrai grenier. La lumière du soir s'était adoucie, et la poussière dansait toujours, comme si elle avait répété une chorégraphie.

Lina descendit quatre à quatre, l'enveloppe bien à plat dans sa poche. Dans la cour, le voisin responsable du marché solidaire, Monsieur Idriss, rangeait des cartons.

— Lina ? Tu viens aider ?

Elle prit une grande inspiration.

— Oui… et je dois te dire quelque chose. J'ai renversé la boîte l'autre jour. J'ai perdu cette enveloppe. J'ai eu peur, alors je n'ai rien dit. Mais je l'ai retrouvée. Je suis désolée.

Monsieur Idriss la regarda, puis son visage se détendit.

— Merci de l'avoir dit. C'est courageux. L'important, c'est de réparer. Tu peux nous aider à compter et à préparer les sachets ?

Lina hocha la tête. Ses mains travaillèrent, cette fois avec soin. Elle rangea les tickets, scotcha les boîtes, écrivit des étiquettes lisibles. Elle pensa aux familles qui prendraient le bus sans calculer chaque pièce. Elle se sentit légère, comme si un sac invisible venait de tomber de ses épaules.

Le soir, avant de dormir, Lina remonta une dernière fois au grenier. La malle était fermée, mais sur le couvercle, une poussière d'étoiles dessinait un petit mot : « Bravo, citoyenne du merveilleux. »

Et, au fond du silence, une cloche imaginaire tinta doucement, comme un sourire.

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Le quizz : as-tu bien compris l'histoire ?

Grenier
La pièce sous le toit où on garde des objets qu’on n’utilise plus.
Paravent
Un panneau pliant qu’on met pour cacher ou séparer un endroit.
Malle
Une grande boîte solide pour ranger ou transporter des vêtements et objets.
Sucre d’orge
Bonbon dur en forme de canne, fait avec du sucre aromatisé.
Mairie
Le bâtiment où travaillent les personnes qui organisent la vie de la ville.
Civisme
Comportement poli et responsable pour respecter les autres et la communauté.
Cloche
Objet en métal qui fait un son clair quand on le frappe ou l’agite.
Passages piétons
Endroits marqués sur la rue où les gens traversent en sécurité.
Chaussettes orphelines
Chaussettes qui ont perdu leur paire et sont seules.
à recycler
Mettre un objet usé dans un lieu pour le transformer et réutiliser.

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