Chapitre 1 : La porte secrète
Dans le village de Forêt-Mousse, tout le monde connaissait Noisette, le petit écureuil curieux à la queue touffue. Noisette habitait dans une immense souche d'arbre, remplie de livres, de vieux jouets et de noisettes cachées un peu partout. Un matin, alors qu'il essayait de retrouver sa casquette préférée, Noisette trébucha sur une pile de livres et fit tomber une grosse encyclopédie sur le sol.
— Oups, marmonna-t-il en ramassant la pagaille.
Mais, en rangeant la bibliothèque, il aperçut quelque chose d'étrange : des petites traces sur le bois, comme si des pattes minuscules avaient gratté derrière la bibliothèque. Intrigué, Noisette poussa les rayons de livres. À sa grande surprise, il découvrit une poignée en forme de gland doré. Il la tourna et… la bibliothèque pivota doucement, dévoilant une porte secrète.
Le cœur battant la chamade, Noisette hésita. Mais sa curiosité fut la plus forte.
— Si c'est caché, c'est sûrement passionnant ! chuchota-t-il.
Il poussa la porte, qui grinça doucement, et entra, sans oublier sa casquette retrouvée. Derrière la porte, un long couloir sombre s'étirait, éclairé par des lucioles qui dessinaient des zigzags de lumière sur les murs. Au bout du couloir, il trouva une table couverte de papiers et, au centre, une vieille carte au trésor, gribouillée et coloriée de mille couleurs.
Noisette n'en croyait pas ses yeux.
— Un trésor ! s'exclama-t-il. Voilà une vraie aventure pour moi !
Il lut les premiers mots inscrits en lettres dorées : “Chercheur courageux, si tu veux trouver le trésor, suis les indices cachés dans chaque recoin de la Forêt-Mousse !”
Noisette sentit son poil se hérisser. Il claqua des pattes.
— C'est décidé, je pars à l'aventure ! Mais… je ne peux pas partir seul, réfléchit-il.
Il fonça prévenir ses deux meilleurs amis : Pistache, la tortue pleine de malice, et Lila, la petite souris agile et futée.
Quand il leur montra la carte, ses amis sautèrent (ou rampèrent) de joie.
— Une chasse au trésor ? Comptez sur nous ! déclara fièrement Pistache.
— Et je saurai nous guider avec mon flair et mes moustaches ! ajouta Lila.
Les trois amis se serrèrent la patte et, carte en main, se lancèrent dans la grande chasse au trésor de Forêt-Mousse.
Chapitre 2 : Les indices rigolos
La première énigme sur la carte disait : “Là où croissent les fleurs qui sentent le caramel, chante la clef pour avancer.”
Noisette fronça le nez.
— Où est-ce qu'on trouve des fleurs qui sentent le caramel ?
Lila leva une patte.
— Je sais ! Les jonquilles dorées près de la rivière Sucrée !
Ils partirent en sautillant, traversant la forêt en rigolant, Pistache faisant la course avec un papillon (et perdant, bien sûr).
Arrivés près des jonquilles, ils inspirèrent fort : une odeur sucrée leur chatouilla les narines.
— Hmmm, ça sent le gâteau d'anniversaire, gloussa Noisette.
Au pied des fleurs, un caillou en forme d'œuf était posé. Et sur lui, une flûte minuscule.
— Il faut chanter… ou jouer de la flûte ? se demanda Pistache.
Noisette, qui adorait inventer des chansons, saisit la flûte et souffla dedans. La flûte émit un son si surprenant qu'un corbeau sur la branche voisine en perdit une plume. Lila éclata de rire.
Soudain, le sol vibra légèrement. Une petite trappe s'ouvrit sous les fleurs, et une feuille pliée apparut.
— Un nouvel indice ! cria Lila.
Ils déplièrent la feuille : “Pour aller plus loin, grimpe où le soleil rit et trouve la porte de l'écureuil endormi.”
— Où le soleil rit… la plus grande branche du vieux chêne ! s'exclama Noisette, expert pour grimper aux arbres.
Il grimpa, grimpé, grimpa… Pistache, un peu moins rapide, fit une pause toutes deux branches.
Tout là-haut, ils découvrirent un petit trou dans l'écorce, où dormait… un écureuil en peluche !
Noisette en rigola tellement fort qu'il faillit tomber.
Dans les bras de la peluche, une clé en bois. Sur la clé, une gravure : “La clé du courage.”
— On doit la garder précieusement, dit Pistache en la mettant dans son sac à dos.
Ils descendirent aussi vite qu'ils étaient montés (même Pistache, qui surprit tout le monde par sa vitesse… surtout elle-même).
Chapitre 3 : L'énigme du grand tunnel
La carte montrait maintenant une grotte, dessinée avec des zigzags dorés.
— C'est la grotte aux échos ! Elle fait peur, mais on est courageux, affirma Lila.
Ils arrivèrent devant la grotte. L'intérieur était sombre, mais un rayon de soleil éclairait un rocher en forme de sourire.
— “Chante la chanson du courage pour réveiller le gardien du trésor”, lut Noisette, qui commençait à aimer les devinettes.
Noisette se gratta la tête.
— Une chanson du courage ? J'en connais une, lança-t-il en prenant sa plus belle voix de chef de chorale.
« Quand il faut avancer,
Sans jamais reculer,
Même les moustaches dressées,
On ne va pas s'arrêter ! »
Pistache tapait en rythme sur sa carapace, et Lila battait de la queue.
Des échos joyeux résonnèrent dans toute la grotte, et soudain, le rocher-sourire se mit à rouler… dévoilant un tunnel secret !
Les trois amis se regardèrent, les yeux pleins d'excitation. Ils entrèrent dans le tunnel, en marchant tout droit, même si leur cœur battait un peu fort. C'était sombre mais, heureusement, des champignons phosphorescents brillaient comme des lampions.
Le tunnel débouchait dans une caverne à la lumière argentée. Sur le mur, trois dessins : un gland, une feuille, une coquille.
— Ça ressemble à nous ! s'exclama Lila.
Au centre de la caverne, une grande porte. Sur la porte, une serrure en forme de cœur. Noisette sortit la clé du courage.
Il la glissa dans la serrure, et la porte s'ouvrit… dans un grincement musical.
Chapitre 4 : Le trésor de l'amitié
La pièce derrière la porte était pleine de lumière et de couleurs. Partout, des guirlandes de fleurs, des coussins moelleux, des paniers de noisettes, de baies et de gâteaux. Mais, au centre, trônait un coffre sculpté, entouré de dessins représentant tous les animaux de la forêt.
Noisette ouvrit le coffre, les pattes tremblantes. À l'intérieur, il n'y avait pas d'or ni de diamants… mais des souvenirs : des photos, des lettres, des petits objets offerts par leurs amis au fil des années.
Sur le couvercle du coffre, un mot était écrit : “Le vrai trésor, c'est l'amitié que l'on partage et les aventures que l'on vit ensemble.”
Noisette sentit ses yeux piquer un peu. Pistache et Lila se serrèrent contre lui.
— Je crois qu'on a trouvé le plus beau des trésors, murmura Lila.
— Oui, et on a prouvé qu'on était courageux, même dans les tunnels sombres, ajouta Pistache, fière comme jamais.
Ils s'installèrent dans la caverne, goûtant les gâteaux et racontant leurs exploits entre éclats de rire. En rentrant chez eux, ils savaient qu'ils pourraient retourner dans la salle secrète quand ils le voudraient, pour se souvenir de leur plus grande aventure.
Et depuis ce jour, Noisette, Pistache et Lila n'eurent plus jamais peur des mystères, car ils savaient que, tant qu'ils étaient ensemble, rien ne pouvait les arrêter.