Chapitre 1 : Quatre copains et un matin spécial
C'est un matin doux, le soleil brille et la cour de l'école sent la pluie d'hier et les feuilles fraîches. Malo, Basile, Yanis et Léo courent partout, leurs cartables sautillant dans leur dos. Aujourd'hui, c'est lundi, mais ce n'est pas un lundi comme les autres pour Malo.
Basile lance un ballon bleu à Yanis et rit fort. Léo, lui, cherche déjà des cailloux spéciaux pour sa collection. Malo marche plus lentement. Il regarde ses chaussures et pense à ce qui va changer dans sa vie.
— Tu viens jouer, Malo ? crie Yanis.
Malo secoue la tête. Il n'a pas trop envie de jouer ce matin.
Basile s'approche doucement, pose sa main sur l'épaule de Malo :
— Ça va, Malo ? Tu as l'air triste.
Malo hésite. Il regarde autour de lui, le cœur un peu serré. Il se souvient de ce que Papa et Maman lui ont expliqué hier soir : maintenant, ils n'habiteraient plus tous ensemble. Papa a un nouvel appartement, et Malo ira parfois chez lui, parfois chez Maman. Il a peur que ses copains ne comprennent pas.
— Mes parents ne vivent plus dans la même maison, murmure-t-il.
Basile ne dit rien tout de suite, mais il serre un peu plus fort l'épaule de son ami.
— Tu veux en parler ou tu préfères marcher ? demande-t-il.
Malo hausse les épaules. Il aimerait juste que tout redevienne comme avant, mais il sait que ce n'est pas possible. Pourtant, il sent un peu de chaleur dans le ventre, parce qu'il n'est pas tout seul.
La cloche sonne alors fort, et tous les enfants se rangent. Malo prend la main de Basile. Il sait que la journée commence, et que même si tout change un peu, il a toujours ses copains.
Chapitre 2 : Des émotions à partager
La matinée passe, remplie de calculs, de dessins et d'histoires. Malo a du mal à se concentrer, mais il regarde souvent par la fenêtre, cherchant du courage dans le ciel bleu.
À la récréation, Léo propose un concours de sauts de marelles. Tout le monde rit, surtout quand Yanis rate la case et tombe sur les fesses.
— Tu veux jouer, Malo ? demande Léo.
Cette fois, Malo sourit. Il saute à cloche-pied, un peu maladroit, mais ça le fait rire. Pour un moment, il oublie ses soucis.
De retour en classe, la maîtresse parle des familles. Certains enfants racontent qui vit chez eux. Malo hésite, puis lève la main.
— Chez moi, il y a Maman. Parfois, je vais chez Papa. Il a un chat qui s'appelle Grisou. C'est nouveau pour moi.
La maîtresse sourit doucement.
— Tu sais, Malo, il y a plein de familles différentes. Ce qui compte, c'est l'amour qu'on partage.
Les autres enfants hochent la tête. Yanis dit :
— Moi aussi, je vais chez mon papa le week-end. On joue aux cartes.
Malo se sent moins différent. Il regarde ses copains, tous souriants, et sent un petit rayon de soleil réchauffer son cœur.
Chapitre 3 : L'attente à la grille
La journée s'achève. Malo range ses affaires lentement. Il sait que ce soir, c'est Papa qui vient le chercher. C'est la première fois qu'il attend à la grille sans Maman.
Il serre fort son doudou dans sa poche. Basile, Léo et Yanis restent avec lui dans la cour, pour attendre ensemble.
— Tu veux qu'on reste avec toi, Malo ? demande Léo.
Malo fait oui de la tête. L'attente paraît moins longue avec ses amis. Ils jouent à deviner la couleur des voitures qui passent devant l'école.
Soudain, Malo voit Papa, debout près de la grille. Il ne fait pas de grands gestes, il ne crie pas, il attend, patient et calme, un grand sourire dans les yeux.
Malo sent son cœur bondir. Il serre la main de Basile une dernière fois.
— Salut les copains, à demain !
Il court vers Papa, qui s'accroupit pour l'accueillir. Papa lui tend la main, doucement, sans se presser.
— Coucou mon grand, tu as passé une bonne journée ?
Malo hoche la tête, un peu timide.
— Je t'ai fait un dessin à la récré, dit-il, en sortant une feuille colorée de sa poche.
Papa regarde le dessin : une maison avec deux toits, un arbre, Malo au milieu, deux cœurs, un pour Maman, un pour Papa.
Papa serre Malo dans ses bras.
— Il est magnifique, ton dessin. Tu sais, tu peux aimer très fort Maman et très fort Papa. On est là tous les deux pour toi, même si on ne vit plus ensemble.
Malo sourit, rassuré. Il sent que, même si les choses changent, lui, il reste entouré de beaucoup d'amour.
Chapitre 4 : Un nouveau repère
Sur le chemin du retour, Papa et Malo parlent de tout et de rien. Papa raconte une blague sur un chat et un poisson, et Malo rit de bon cœur.
— Tu sais, Malo, tu peux toujours me dire si tu as peur ou si tu es triste. Je t'écouterai, promet Papa.
— Et je peux faire pareil avec Maman, dit Malo, rassuré.
— Exactement, répond Papa.
Arrivés dans le nouvel appartement, Malo découvre que Papa a accroché son dessin sur le frigo. Il y a aussi une petite boîte de crayons de couleur rien que pour lui, et quelques livres préférés sur l'étagère.
Malo se sent chez lui, même si c'est différent. Il s'assoit à la table, sort une nouvelle feuille et commence un autre dessin. Cette fois, il dessine ses trois copains, qui l'attendent dans la cour de l'école, puis lui-même, avec un grand sourire, la main dans celle de Papa.
Papa pose une main sur l'épaule de Malo.
— Tu es fort, tu sais. Et tu peux toujours compter sur moi.
Malo ferme les yeux un instant. Il repense à la journée : la main de Basile sur son épaule, la voix de la maîtresse, les rires à la marelle, l'attente à la grille, le sourire de Papa.
Il comprend qu'il peut aimer ses deux parents, tout en gardant ses copains et ses habitudes. Il n'a pas à choisir, il a le droit d'être triste ou content, il a le droit de dire ce qu'il ressent.
Avant de se coucher, Malo termine son dessin. Il y ajoute plein de couleurs : du bleu pour le ciel, du vert pour l'herbe, du rouge pour les cœurs, du jaune pour le soleil.
Papa lui lit une histoire, puis le borde tendrement.
— Bonne nuit, mon champion.
Malo s'endort, rassuré et le cœur tranquille. Demain, il retrouvera ses copains, Maman l'écoutera, Papa sera là. Et il sait, au fond de lui, qu'il peut faire confiance à tout l'amour autour de lui, même quand ça change.
Dans ses rêves, Malo court dans la cour de l'école, les poches pleines de crayons de couleur, entouré de rires, de douceur et de confiance.