Chapitre 1 : Le défi du sandwich géant
Dans la petite ville de Croqueville, tout le monde connaissait Léo. Léo avait cinq ans, deux fossettes malicieuses et des cheveux bruns qui faisaient des vagues sur sa tête. Léo adorait rire, courir, sauter, mais il aimait surtout manger des sandwiches. Des sandwiches au fromage, des sandwiches à la confiture, des sandwiches à tout ! Mais aujourd'hui, quelque chose d'incroyable attendait Léo.
Ce matin-là, en se réveillant, Léo sentit une odeur délicieuse dans la cuisine. Sa maman était en train de préparer un énorme pique-nique pour la fête du village. Mais pas n'importe quel pique-nique ! Non, non, non ! Elle préparait le défi du sandwich géant, le plus grand sandwich du monde, du moins c'est ce que disait le panneau devant la maison : “Défi du sandwich géant — Qui arrivera à le croquer en entier ?”
Léo ouvrit de grands yeux. Personne n'avait jamais terminé le sandwich géant. Il était bien trop grand, bien trop long, bien trop rempli ! Il fallait être courageux, malin, et avoir un ventre de kangourou. Mais ce matin, Léo sentit quelque chose de spécial. Il avait la bouche prête, le ventre qui gargouillait et plein d'idées farfelues dans la tête. Il décida : “Aujourd'hui, c'est moi qui vais réussir le défi du sandwich géant !”
Chapitre 2 : Un sandwich pas comme les autres
Sur la grande table du jardin, le sandwich géant attendait, fier et dodu. Il était si long qu'on aurait dit un petit train de pain. Il était si rempli qu'on aurait pu croire à un arc-en-ciel de couleurs : salade verte, fromage jaune, tomates rouges, cornichons tout verts, jambon rose, œufs durs tout blancs, et même des petits morceaux de carottes qui brillaient comme des étoiles.
Tout le village était réuni. Les enfants chantaient, les adultes riaient. Mais personne, jamais, n'avait réussi à croquer le sandwich géant jusqu'au bout. Léo s'approcha, les yeux pétillants d'excitation. Il leva la main, bien haut, et déclara : “Je relève le défi !”
Les adultes sourirent, les enfants applaudirent. Mais tout le monde savait que c'était impossible. Un sandwich aussi grand, comment faire ? Surtout pour un petit garçon de cinq ans ! Léo n'était pas effrayé. Il secoua ses mains, fit craquer ses doigts, et s'assit devant le sandwich.
Il ouvrit grand la bouche. Très, très grand. Mais pas assez grand ! Le sandwich était trop large. Il essaya de le pousser, mais il glissa et tomba sur la table. Léo rigola. “Oh, petit sandwich, tu es glissant !” Il essaya de l'attraper avec ses deux mains, mais ses doigts s'enfoncèrent dans la mayonnaise et tout devint gluant. “Oh, petit sandwich, tu es très collant !”
Tout le monde riait. Léo essaya encore. Il découpa un petit morceau. Miam, délicieux ! Mais il en restait encore beaucoup, beaucoup, beaucoup. Il coupa un autre bout. Miam, encore délicieux ! Mais le sandwich ne diminuait pas. Même après trois, puis cinq, puis dix petits morceaux, le sandwich semblait toujours aussi grand.
Léo réfléchit. Manger petit morceau par petit morceau ? Non, ça prendrait cent ans ! Manger tout d'un coup ? Impossible, il n'était pas un crocodile ! Léo se gratta la tête, fit une grimace, puis eut une idée brillante. Il allait demander de l'aide… mais pas n'importe quelle aide.
Chapitre 3 : Les amis gourmands de Léo
Léo siffla très fort. “Pssssst !” On vit alors arriver… son doudou Lapinou, qui traînait ses longues oreilles, et son chat Minou, qui se léchait les moustaches. Puis, surprise ! Les oiseaux du jardin, deux moineaux curieux, vinrent se poser sur la table. Même le chien Biscotte arriva en remuant la queue.
Léo sourit. “Vous voulez m'aider ?” Lapinou sauta sur un bout de carotte. Minou attrapa délicatement un morceau de jambon rose. Les oiseaux picorèrent de la mie de pain. Biscotte croqua dans un œuf dur. Chacun prit une bouchée, puis une autre, puis encore une autre. Le sandwich géant devenait de plus en plus petit. Mais il en restait toujours beaucoup !
Léo rigolait. Il encourageait ses amis. “Allez, Lapinou, croque ! Vas-y, Minou, miaou-miam ! Oiseaux, picorez de toutes vos forces !” Tout le monde mangeait dans la joie et la bonne humeur. Les enfants du village trouvèrent ça drôle et vinrent eux aussi aider Léo. Bientôt, la table était entourée de rires, de petits doigts pleins de mayonnaise, et de bouches qui mâchaient en chantant.
Mais il y avait un problème. Plus le sandwich diminuait, plus il devenait bizarre. Un morceau de pain par ici, un bout de salade par là, une tranche de fromage qui glissait sur la nappe… Le sandwich géant était en train de se transformer en un puzzle tout rigolo !
Léo fit une grimace comique. “Maman, le sandwich a changé de forme !” Sa maman rit tellement fort qu'elle en pleura. “C'est un sandwich-caméléon !” cria un des enfants. “Non, c'est un sandwich-zigzag !” rigola un autre. Tout le monde inventait des noms rigolos pour le sandwich qui devenait de plus en plus petit, mais aussi de plus en plus farfelu.
Chapitre 4 : La grande astuce de Léo
Il restait maintenant un bout de sandwich, mais pas n'importe lequel. C'était le coin le plus difficile : le coin aux cornichons ! Les cornichons étaient tout tordus, tout glissants, et personne ne voulait les manger. Même Minou, le chat, fit la moue. Lapinou tourna les oreilles. Les oiseaux s'envolèrent. Biscotte s'éloigna en boitant.
Léo regarda le coin aux cornichons. Personne ne voulait s'en occuper. Le défi semblait perdu. Oh non ! Mais Léo n'abandonnait jamais. Il se souvenait de son astuce préférée : faire des grimaces magiques. Léo attrapa une tranche de cornichon, la plaça sous son nez comme une moustache, et fit une grimace très rigolote. “Regardez, je suis Cornichon-Man !”
Les enfants éclatèrent de rire. Sa maman rit encore plus fort. Léo sauta, courut autour de la table, faisant trembler la tranche de cornichon sous son nez. Tout le monde voulait essayer. Bientôt, chaque enfant, chaque adulte, avait une moustache de cornichon. Même Lapinou, le doudou, portait une moustache verte ! Tout le monde riait, riait, riait.
Mais que faire du coin aux cornichons ? Léo eut alors une idée de génie. Il proposa un concours de grimaces. Celui ou celle qui ferait la grimace la plus drôle avec un cornichon… devrait croquer le dernier morceau du sandwich !
Les enfants se lancèrent. Grimaces tordues, grimaces joufflues, grimaces effrayantes, grimaces bizarres… Les rires faisaient vibrer la table et secouer les chaises. À la fin, c'est la petite Zoé, la voisine, qui gagna avec une grimace de sorcière cornichon. Courageuse, elle croqua dans le dernier morceau du sandwich. Victoire ! Le sandwich géant avait disparu, avalé, croqué, partagé, et même transformé en moustaches rigolotes.
Léo sauta de joie. Toute la foule applaudit. Le défi du sandwich géant était réussi, mais pas comme les autres fois. Grâce à l'aide de ses amis, à ses idées farfelues, à son imagination et à beaucoup de rires, Léo avait gagné le défi impossible.
Depuis ce jour, à Croqueville, on ne parle plus seulement du sandwich géant, mais surtout du jour où le sandwich est devenu un sandwich-caméléon, un sandwich-zigzag, puis un sandwich-moustache ! Et Léo, lui, n'oublia jamais que même les cornichons peuvent être drôles, et qu'avec de la bonne humeur et des amis, même les défis les plus fous deviennent de grandes fêtes pleines de rires.
Et si, un jour, toi aussi tu rencontres un défi impossible, pense à Léo, à ses grimaces de cornichon, à ses amis rigolos, et surtout… n'oublie jamais de rigoler, de partager, et d'inventer des solutions farfelues !