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Histoire sur la mort 7 à 8 ans Lecture 11 min. (1)

Léo, l’étang et le carnet du bien

Léo, un petit garçon de sept ans, traverse la peine de la perte de sa mamie en découvrant des souvenirs et en apprenant à exprimer ses émotions avec l'aide de sa maman et de sa voisine. À travers les moments partagés, il trouve des moyens de garder vivants les souvenirs de sa mamie tout en apprenant à apaiser sa tristesse.

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Léo, un garçon de 8 ans aux cheveux bruns ébouriffés et aux yeux curieux, est assis sur un vieux banc en bois près d'un étang, tenant un carnet usé avec une expression de douce mélancolie. À côté de lui, Madame Rosa, une femme âgée aux cheveux blancs et au sourire bienveillant, tient une petite pelle et regarde Léo avec affection. L'étang scintille au soleil d'automne, entouré d'arbres aux feuilles dorées et rouges, tandis que des canards barbotent dans l'eau. Léo et Madame Rosa plantent une graine près de l'étang, symbolisant l'espoir et les souvenirs partagés. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 — Léo et l'étang

Léo avait huit ans et des genoux toujours un peu crottés. Il habitait une maison jaune au bord d'un petit étang où les canards faisaient la course le matin. Sa mamie venait souvent, avec une boîte de biscuits et des histoires qui sentaient la confiture. Elle aimait s'asseoir sur le vieux banc en bois, caresser la tête de Léo et dire : « N'oublie jamais d'écouter le monde. »

Un matin d'automne, Léo se réveilla sans entendre la voix de sa mamie à la maison. Sa maman avait les yeux brillants et très fatigués. Elle prit la main de Léo, la serra doucement et dit peu de mots. Quelques heures plus tard, des fleurs arrivèrent. Les voisins vinrent se pencher pour dire bonjour avec des visages tristes. Léo comprit que quelque chose de grave était arrivé. Sa mamie était partie. Le mot que la maman prononça, « morte », était comme une pierre tombée dans le cœur de Léo. Il ne savait pas quoi en faire.

Après la visite, quand la maison retrouva un calme étrange, Léo alla seul vers l'étang. Le vent jouait avec les feuilles comme si elles chuchotaient des secrets. Il s'assit sur le banc où, autrefois, la mamie racontait des histoires. Le monde semblait le même : l'eau miroitait, les canards barbotaient. Pourtant, Léo sentait un grand vide, comme si une pièce de son puzzle avait disparu. Il lâcha un petit sanglot qui coula sans bruit. Les larmes pouvaient être silencieuses et lourdes à la fois. Il les laissa tomber.

Léo se souvenait d'une chose que sa mamie disait toujours : garder un carnet pour noter les petites choses qui rendent heureux. Il ne savait pas encore comment faire avec un carnet quand on perd quelqu'un. Mais il se souvint. Il rentra à la maison en traînant les pieds, la tête pleine de souvenirs sucrés.

Chapitre 2 — Le carnet du bien

Le soir, la maman trouva Léo allongé sur le tapis du salon, serrant un vieux cahier où il dessinait parfois des bateaux. Elle s'assit près de lui, posa une main sur son épaule et lui montra une petite boîte pleine de lettres et de photos. Au fond de la boîte, il y avait un carnet à la couverture usée, avec des mots écrits par la mamie : carnet du bien. Les pages étaient remplies de dessins, de recettes de confiture, de petits poèmes et d'invitations à regarder les nuages. La mamie avait noté des choses simples, comme « sourire aux voisins » et « cueillir une fleur pour toi ».

La maman dit doucement : « Elle l'a laissé pour toi, Léo. Pour que tu n'oublies rien de ce qui te rendait joyeux avec elle. » Léo ouvrit le carnet. Une odeur de miel s'en dégagea, et ses doigts rencontrèrent des griffonnages ronds, des cœurs, des petites mains dessinées à la façon de la mamie. Sur une page, il y avait une liste : promener au bord de l'étang, apprendre la recette des sablés, recueillir un caillou blanc. À côté, la mamie avait écrit : « Quand tu es triste, fais une chose de cette liste. »

Léo prit le carnet comme un trésor. Il comprit que garder quelqu'un ne signifiait pas le mettre dans une boîte pour toujours, mais garder ce qu'il avait partagé. Il se sentit un peu moins seul. La maman proposa qu'ils complètent le carnet ensemble. Chaque soir, ils écriraient ou dessineraient une chose que la mamie aimait ou une chose qu'ils avaient faite pour se souvenir d'elle. Ce rituel fit naître une lumière douce dans la maison. Les mots, même quand ils parlaient de tristesse, semblaient apaiser le cœur.

Chapitre 3 — Les voisins et la soupe chaude

Au fil des jours, la voisine, Madame Rosa, devint une présence tendre. Elle avait les cheveux blancs comme la laine et riait souvent. Elle apportait parfois une soupe chaude ou des petits gâteaux. Elle connaissait des histoires sur la mamie que Léo n'avait jamais entendues : la fois où la mamie avait aidé un chat perdu, la fois où elle avait planté un pommier dans son jardin. Madame Rosa racontait ces anecdotes avec des yeux qui brillaient, et Léo se surprit à sourire en les écoutant.

Un après-midi, Madame Rosa proposa à Léo d'aller au marché pour choisir une graine à planter près de l'étang. « Les plantes nous aident à nous souvenir, » dit-elle. Ils prirent une petite pelle et un sachet de graines. En plantant, Léo imagina la mamie assise sur leur vieux banc, en train de regarder l'arbre pousser. Il planta la graine avec soin, comme si chaque coup de terre était un mot d'amour qu'il rendait à la mamie.

Les jours suivants, quand la tristesse revenait comme une vague, la maman et Madame Rosa l'encourageaient à ouvrir le carnet du bien. Léo y dessina l'arbre qu'il espérait grand. Il y nota une recette de sablés qu'ils avaient faite ensemble, maladroitement, avec trop de farine et beaucoup de rires. Il y écrivit aussi une petite lettre à la mamie, même si elle ne la lirait pas. Écrire permit à Léo d'ordonner ses pensées : la tristesse, la colère parfois, mais aussi les souvenirs doux.

Chapitre 4 — Les petites choses qui aident

La vie continua avec des matins qui avaient le goût des biscuits et des soirs où le chat venait se pelotonner sur les genoux de Léo. Il y avait des jours très tristes où il préférait rester sous la couette, et d'autres où il retrouvait l'envie de courir jusqu'à l'étang pour parler aux canards. Sa maman lui expliqua que le deuil n'était pas quelque chose qui partait vite, mais comme une rambarde qu'on construit peu à peu pour traverser un pont : parfois on avance, parfois on ralentit, et c'est normal.

Léo apprit à reconnaître ses émotions. Quand la tristesse venait, il la laissait être. Il pleurait sans se cacher, puis soufflait plusieurs fois pour calmer son cœur. Il apprit aussi à sourire sans se sentir coupable. Il se souvenait de la mamie quand il faisait une bêtise et riait, et cela lui faisait du bien. La maman lui proposa de mettre une petite pierre peinte à côté du carnet, pour servir de repère. Chaque fois qu'il posait la pierre dans sa main, il se souvenait d'un moment heureux.

À l'école, Léo partagea une fois avec son institutrice un dessin du banc et de l'étang. Elle lui fit un grand sourire. Il n'en parla pas beaucoup aux autres enfants ; pour l'instant, il préférait garder ses souvenirs pour la maison et le carnet. Mais il sentit qu'un peu de ce poids s'allégeait quand il pouvait le dire à quelqu'un de confiance.

Chapitre 5 — Un après-midi lumineux

Un samedi lumineux, l'arbre planté près de l'étang montra une petite pousse verte. Léo courut prévenir la maman et Madame Rosa. Ils se réunirent tous trois sur le banc. La maman sortit le carnet du bien et lut une page à voix haute, celle où la mamie écrivait : « Les souvenirs sont comme des graines. On en met dans le cœur, on arrose avec des sourires. »

Léo regarda l'étang. Le soleil faisait des petits éclats comme s'il applaudissait. Il sentit une chaleur douce dans sa poitrine. La peine n'avait pas disparu, mais elle s'était transformée en quelque chose de nouveau : un espace où la joie et la tristesse pouvaient cohabiter. Il trouva cela surprenant et réconfortant. Il prit une feuille blanche, dessina l'arbre, le banc, la mamie en petits traits et écrivit en dessous : « Merci pour les histoires. »

Avant de rentrer, Léo posa une petite pierre peinte au pied de l'arbre, près de la pousse. Un acte tout simple, mais plein de sens. La maman prit sa main et dit : « Elle est toujours avec nous, Léo. Peut-être pas comme avant, mais dans ce que nous faisons, dans les moments que nous partageons. » Léo sentit que cela suffisait pour le moment.

Le soir, en mettant le carnet à sa place, Léo comprit que l'amour pouvait durer même quand quelqu'un partait. Il comprit aussi qu'on peut continuer à vivre, à rire et à pleurer, sans se sentir coupable. Son cœur, un peu plus grand, avait appris une nouvelle façon d'aimer. Il se glissa sous sa couverture en pensant aux sablés, à la soupe chaude, aux mains qui lui avaient tenu les siennes.

Avant de s'endormir, il murmura : « Bonne nuit, mamie. » Ses mots furent légers comme des plumes. Il sourit, et la maison, l'étang, le carnet et les petites pousses formaient un cercle d'amour qui le protégeait. Léo sut que, même si la tristesse reviendrait parfois, il trouverait toujours des façons de la traverser : en écrivant, en plantant, en parlant et en partageant. C'était sa manière à lui de garder la mamie vivante dans sa mémoire, douce et lumineuse.

La dernière page du carnet resta ouverte sur une promesse : vivre les jours avec tendresse et garder les souvenirs comme des trésors. Léo ferma les yeux, le cœur apaisé, prêt à rêver aux histoires que sa mamie aimait raconter au bord de l'étang.

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