Ce matin, Léo a mis ses petites baskets. Il a senti l'air dehors. Il n'est plus tout froid. Il sent un peu la terre mouillée et les feuilles neuves. Le printemps arrive.
Maman prend la main de Léo. Papa porte un petit sac. Dans le sac, il y a une gourde, un goûter, et une petite loupe en plastique.
« On va où ? » demande Léo.
« On va se promener au bord de l'étang, » dit Maman. « On va regarder la nature qui se réveille. »
Léo marche doucement. Sur le chemin, il voit des herbes plus vertes. Il voit une fleur jaune, toute simple.
« Coucou, fleur ! » dit Léo tout bas, comme un secret.
Il entend aussi des oiseaux. Piou piou. Il lève la tête.
« Ils chantent fort ! » dit-il.
« Oui, ils sont contents, » répond Papa. « Ils construisent leurs nids. »
Près de l'étang, l'eau brille. Le soleil fait des petits ronds qui bougent. Léo cligne des yeux. Ça chatouille la vue.
« On dirait des paillettes, » murmure Léo.
Maman s'accroupit. « On regarde sans courir, d'accord ? Comme ça, on ne fait pas peur aux animaux. »
« D'accord, » dit Léo. Il serre la main de Maman. Sa main est chaude. Ça rassure.
Ils avancent au bord de l'eau. Léo entend un petit ploc. Puis un autre ploc.
« C'est quoi ? » demande-t-il.
Papa montre du doigt. « Une grenouille. Elle saute. Au printemps, elles aiment l'étang. »
Léo regarde. Il ne voit presque rien, puis il voit deux yeux ronds qui sortent de l'eau.
« Bonjour, grenouille, » dit Léo, tout doux.
Papa sort la loupe. « Tu veux essayer ? »
Léo prend la loupe avec ses deux mains. Il regarde une feuille. La feuille devient énorme.
« Oh ! On voit des lignes ! » dit Léo.
« Ce sont les petites routes de la feuille, » dit Maman. « La feuille boit l'eau et la lumière. »
Léo aime cette idée. Il touche la feuille du bout du doigt. Elle est fraîche et un peu lisse.
Un peu plus loin, il voit des canards. Ils glissent sur l'eau, tout calmes. Un canard secoue ses plumes. Ça fait des gouttes.
« Il fait sa toilette, » explique Papa.
Léo rigole doucement. « Moi aussi je me lave ! »
Maman ouvre le sac. « On va s'asseoir un moment. »
Ils s'assoient sur un banc. Le bois sent le soleil. Léo boit une gorgée d'eau. Elle est fraîche. Il mange un petit morceau de gâteau. Il est doux dans la bouche.
À côté du banc, il y a un petit bout de chemin avec des cailloux. Léo voit un caillou pointu. Il le prend.
« On peut le jeter ? » demande-t-il.
Papa secoue la tête. « Dans l'étang, non. On ne veut pas déranger. Mais on peut faire autre chose. On peut aider. »
Maman montre un petit papier par terre, près d'un buisson. « Regarde, quelqu'un a oublié ça. On peut le ramasser. »
Léo regarde le papier. Il est froissé.
« On le prend ensemble ? » dit Maman.
« Ensemble ! » dit Léo.
Papa tient le sac ouvert. Maman tient le papier par un coin. Léo le prend par l'autre coin. Ils marchent tout doucement jusqu'au sac.
« Un, deux, trois… hop ! » dit Papa.
Le papier tombe dans le sac.
Léo sourit très fort. « On a aidé l'étang ! »
« Oui, » dit Maman. « Quand on coopère, c'est plus facile. Et la nature reste propre. »
Léo regarde l'eau. Elle a l'air encore plus belle. Il écoute. Il entend le vent. Il sent une odeur de fleurs. Il voit une petite branche avec des bourgeons, comme des petits boutons.
« Ça va devenir des feuilles ? » demande Léo.
« Oui, » répond Papa. « Et bientôt, il y aura plus de vert partout. »
Ils reprennent la promenade. Léo marche lentement, sans se presser. Il dit « bonjour » aux canards, « bonjour » aux herbes, et même « bonjour » au soleil.
Sur le chemin du retour, le ciel devient très clair. Un nuage s'écarte, et la lumière arrive, douce et propre.
Léo plisse le nez. « Ça brille encore plus, maintenant. »
« Oui, » dit Maman. « C'est comme une clarté nouvelle. Le printemps ouvre les yeux du monde. »
Léo serre la main de Maman. Il se sent calme. Dans sa tête, il garde les paillettes de l'étang, le chant des oiseaux, et le papier ramassé à trois.
Le soir, dans son lit, il chuchote : « Ensemble, on prend soin. Et le printemps sourit. »