Petite Lila ouvre les yeux. Le soleil est doux, comme une caresse. Elle regarde autour d'elle. Les arbres chuchotent :
— Bonjour, Lila.
Lila sourit. Elle touche une feuille.
— Feuille, tu es douce ?
La feuille bouge doucement.
— Je suis douce, Lila. Je suis verte aussi.
Lila rit.
Un caillou roule près de Lila.
— Bonjour, caillou. Pourquoi tu roules ?
Le caillou répond :
— Je cherche ma place, Lila.
Lila regarde le caillou.
— Moi aussi, je cherche.
Le caillou roule encore.
— Chercher, c'est bien, Lila. On apprend.
Un nuage passe lentement.
— Bonjour, nuage. Où vas-tu ?
Le nuage danse dans le ciel.
— Je vais où le vent veut. Je suis libre.
Lila lève les bras.
— Libre, comme toi ?
Le nuage sourit :
— Oui, Lila. Libre, c'est doux.
Une fleur ouvre ses pétales.
— Bonjour, fleur. Tu sens bon ?
La fleur se balance.
— Oui, Lila. Je sens bon pour toi, pour tout.
Lila ferme les yeux.
— Je sens, je sens la vie.
Un oiseau chante tout près.
— Bonjour, oiseau. Pourquoi tu chantes ?
L'oiseau penche la tĂŞte.
— Je chante la joie, Lila. Je chante parce que je suis là .
Lila écoute.
— Être là , c'est beau.
Le vent caresse Lila.
— Lila, tu vois ? Chaque chose a sa place.
Lila chuchote :
— Moi aussi, j'ai ma place ?
Le vent répond :
— Oui, Lila. Ta place est ici, avec le soleil, la feuille, le caillou, le nuage, la fleur, l'oiseau.
Lila ferme les yeux, son cœur tout chaud.
Elle murmure :
— Je suis là . Je suis bien.
Et le monde, tout doux, chuchote :
— Oui, Lila. Tu es là . Tu es toi. C'est très bien.
La morale du conte : Chacun a sa place dans le monde, il suffit d'écouter, de sentir, et d'être soi.