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Histoire sur la diversité 11 à 12 ans Lecture 21 min.

Nos histoires font des ponts

Yanis, un jeune garçon timide, découvre la richesse des histoires partagées en classe grâce à la Valise des Histoires, où chaque élève présente un objet lié à leur vie. À travers ses propres réflexions et celles de ses camarades, il apprend à écouter et à se dévoiler, tout en réalisant que les petites choses de la vie peuvent tisser de grands liens.

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Un garçon de 12 ans, Yanis, au centre, sourire timide, veste bleu clair, tient un micro et une valise ouverte avec une cuillère en bois, un ticket de bus et une carte ; à sa gauche Zoé, 12 ans, peau claire, appareil auditif décoré, sourit et fait un signe en langue des signes, assise sur un banc ; derrière et à droite Samir, 12 ans, peau métissée, tient un ballon de foot usé et rit doucement ; Leïla, 11–12 ans, cheveux en tresses, tablier taché, distribue des morceaux de "pizzalepine" ; Ibrahim, 12 ans, timide, tient une petite voiture rouge au bord de la scène ; Mme Sonnet, cheveux gris en chignon, sourit derrière les enfants près d'un grand tableau "mur d'histoires". Lieu : parc ensoleillé sous un cèdre, pelouse, guirlandes, stands de crêpes et jus, panneau "Nos chemins, nos voix", feuilles et affiches au sol, petite estrade ; ambiance fête de quartier, chaleur, couleurs vives, style dessin animé années 90. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 — La valise des histoires

La classe sentait le bois verni et la clémentine. Sur la table de Madame Sonnet, une valise grise attendait, fermée par deux boucles brillantes. Yanis, 11 ans, la regardait comme on regarde un cadeau qu'on n'ose pas ouvrir. Il adorait écouter, mais parler devant tout le monde, c'était une autre histoire. Son cœur avait tendance à tambouriner comme un ballon de basket.

Madame Sonnet tapota la valise. "Cette semaine, on lance un projet. Chaque élève apportera un objet de chez lui et racontera une histoire qui va avec. On l'appellera la Valise des Histoires. Et nous apprendrons à raconter… et à écouter."

"On peut apporter un chat ?" demanda Luca, qui avait toujours une idée qui débordait.

"Seulement si le chat sait se plier en quatre et rester silencieux," répondit la maîtresse en souriant. Toute la classe rit. Même Zoé, qui portait un appareil auditif décoré d'un autocollant lumineux, fit un grand sourire et agita la main.

Yanis se ratatina un peu sur sa chaise. Un objet à lui. Une histoire à lui. Il pensa à sa chambre, aux livres empilés, à sa collection de tickets de bus, à la cuillère en bois avec laquelle il faisait des omelettes du dimanche. Il se dit que sa vie était simple. Pas spectaculaire. Rien à faire grimper les sourcils.

"Attention," ajouta Madame Sonnet en soulevant un doigt. "Ce n'est pas un concours de la vie la plus incroyable. C'est un voyage. Un voyage dans nos histoires, grandes ou petites. Pour bien voyager, on prend le temps d'écouter, on pose des questions, on ne se moque jamais. Chacun a un trésor."

Le mot trésor fit un petit éclair dans la tête de Yanis. Un trésor, c'était peut-être aussi quelque chose de quotidien qu'on n'avait jamais regardé comme il faut. Il serra son stylo. Sa main chatouillait d'une envie de griffonner des idées, mais il ne savait pas encore par où commencer.

La sonnerie vibra dans le couloir. "Demain, la valise s'ouvre," annonça la maîtresse. "Rentrez chez vous, regardez votre monde. Ecoutez-le. Et choisissez."

Sur le chemin du retour, le sac de Yanis sautait contre sa hanche. Devant eux, un bus bleuté ronronnait, comme un gros chat content. Son papa conduisait souvent celui du matin. Ce soir, ce serait sa maman qui passerait, en blouse blanche, le pas un peu fatigué, les yeux encore doux. Le trottoir sentait la pluie. Les platanes secouaient leurs feuilles comme des mains qui saluent. Il se dit que peut-être, l'histoire, elle était là, dans ces petites choses qui avaient l'air de rien.

Chapitre 2 — La classe se raconte

Le lendemain, la valise arriva ouverte. Dedans, des papiers de soie, une couverture rayée, et un petit carnet où chacun inscrirait son prénom et son objet. Madame Sonnet fit tinter une cuillère contre sa tasse. "Aujourd'hui, on écoute."

Le premier, ce fut Samir, arrivé au milieu de l'année. Il sortit un ballon de foot mou, tout rayé. "C'est le ballon de mon ancienne cour," dit-il. "Quand je suis arrivé ici, j'avais peur. Je n'osais pas parler. Mais ce ballon, quand on le pousse, il pousse les mots avec." Son accent glissait comme une chanson douce. Luca leva la main. "Et t'as marqué un but avec ?" "Un," répondit Samir, puis deux doigts se levèrent, puis trois, et tout le monde rit.

Zoé s'avança, son sac sur l'épaule. Elle sortit un carnet épais et ses mains s'agitèrent. Ses doigts dessinaient dans l'air. À côté d'elle, Louna, qui apprenait la langue des signes, traduisit : "Ce carnet, c'est pour mes bruits. Je dessine ce que j'entends avec mon appareil, ce que j'imagine quand il est éteint. Le vent ressemble à une barbe à papa qui se déchire." La classe resta suspendue. Yanis imagina un nuage sucré qui se défait. "Waouh," murmura quelqu'un. Zoé sourit, contente d'avoir partagé un secret sans mur.

Luca, lui, sortit un harmonica cabossé. "Mon Nonno m'a appris une mélodie. Il dit que les histoires tiennent parfois dans trois notes." Il souffla doucement. Le son n'était pas parfait, mais il vibrait comme une corde sensible. Yanis sentit quelque chose qui cliquetait en lui.

Leïla, avec ses tresses et ses yeux malicieux, déposa un tablier taché de farine. "Chez moi, on cuisine ensemble le samedi matin. On a inventé la ‘pizzalepine'," dit-elle avec un sérieux comique. "C'est un croisement entre une pizza et une galette frangipane. Vous voulez la recette ?" "OUI!" hurla presque la classe. Madame Sonnet leva les mains. "On notera… après les maths."

La maîtresse les regardait raconter, posait des questions simples. "Et comment tu t'es senti ?" "Qu'est-ce que ça sentait ?" "Quels sons, quelles couleurs ?" Elle ouvrait les portes sans forcer. Chaque histoire faisait comme un petit pas vers l'autre.

Yanis buvait les mots. Il se sentait riche et pauvre à la fois. Riche de ce que les autres lui donnaient. Pauvre de ne pas savoir quoi donner en retour. Quand ce fut presque son tour, la sonnerie du midi les sauva. "Demain," dit la maîtresse. "Yanis, tu veux passer demain ?" "D'accord," répondit-il, la voix un peu légère, un peu lourde.

Sur le chemin, il croisa son papa au volant du bus. "Mon champion !" cria son père en faisant coucou à travers la vitre. Le bus sentait l'orange et le carburant propre. Les voyants clignotaient comme un sapin discret. "Tu viens à la maison après ?" "Oui, papa !" Yanis sourit. Peut-être que son objet n'était pas un objet. Peut-être que c'était un trajet.

Chapitre 3 — Chercher son trésor

Le soir, la maison ronronnait. La télé parlait bas. Sa maman, en rentrant de l'hôpital, avait posé sa tête contre le dossier du canapé. "Je veux bien une omelette, mon cœur," dit-elle avec un sourire fatigué. "Avec des herbes. Ça sentira la prairie."

Yanis sortit la poêle, sa cuillère en bois préférée et les œufs. "Tu es le chef, je suis le commis," dit son père en lavant les tomates. La cuisine se remplit de chaleur, de petits crépitements. L'omelette gonfla comme un nuage au-dessus d'un champ vert. "Tu as choisi ton objet pour demain ?" demanda sa mère.

"Je sais pas. Tout le monde a des choses stylées. Moi, j'ai… une cuillère ?" Il la leva. La cuillère avait une fente minuscule et un coin un peu noirci. "Elle a vécu," dit son père. "Elle a mélangé des dimanches."

Yanis regarda sa collection de tickets de bus accrochés par un aimant sur le frigo. Chacun avait un chiffre, une date, un trajet. "Et ça ?" demanda-t-il. Son père haussa les sourcils. "Celui-là, c'était le jour où tu as raté ton arrêt et que je t'ai emmené jusqu'au terminus," rappela-t-il en riant. "On a trouvé cette boulangerie avec des pains aussi longs que ton bras !" "Et tu m'as dit que se perdre, c'est un autre chemin pour se trouver," ajouta sa mère.

La phrase fit tilt. Peut-être que son trésor n'était pas un seul objet. Peut-être que c'était une poignée de petites choses: une cuillère, un ticket, une carte dessinée. Il sortit des feutres, étala des feuilles. Il dessina son quartier, les bancs en bois, le vieux cèdre qui penche, l'arrêt de bus "Clairière", le kiosque où on achète des magazines, la fenêtre de Mme Rosa qui arrose ses géraniums dès 8 heures, et la boulangerie du terminus avec les pains longs.

Il colla le ticket à côté de l'arrêt, posa la cuillère au milieu de la carte. Il écrivit des mots en petites bulles: "Odeur de pain", "Rires du matin", "Chaussures qui claquent", "Oreilles qui écoutent". Il pensa à Zoé et à son carnet des bruits. Il pensa à Samir et à son ballon qui pousse les mots. Il pensa à lui-même, qui, peut-être, n'était pas si ordinaire.

Quand il se coucha, la nuit posa une couverture bleue sur la ville. Au loin, un bus passa, ses phares comme deux lucioles sérieux. Yanis ferma les yeux et répéta en silence son histoire. Elle avait l'air de tenir debout. Elle avait l'air de lui ressembler.

Chapitre 4 — La voix de Yanis

Le matin, ses mains tremblaient un peu. Il posa sa carte, son ticket et sa cuillère dans la valise avec le respect d'un magicien pour ses objets. Quand son nom fut appelé, il prit une grande inspiration. La classe avait ce silence chaud qui dit "On est là".

"J'ai pas un seul objet," commença-t-il. "J'en ai trois, mais ils se tiennent la main. D'abord, une cuillère. Elle est moche, un peu. Enfin, pas moche, mais… normale. Avec elle, on fait des omelettes du dimanche. C'est notre rituel. Quand maman rentre tard, on lui fait retrouver le goût de la prairie." Quelques rires doux. Madame Sonnet hocha la tête.

"Ensuite, un ticket de bus. Mon papa conduit parfois le bus bleu. Un jour, j'ai raté mon arrêt. Je me suis retrouvé au terminus. C'est un mot qui fait un peu peur, terminus. Comme si tout s'arrêtait. Mais en fait, c'était le début d'autre chose. On a marché. On a senti l'odeur de pain chaud. On a trouvé une nouvelle boulangerie. Et je me suis dit qu'on peut se tromper et quand même trouver des bonnes choses."

Il posa son doigt sur la carte. "Et ça, c'est mon monde. Il n'est pas immense. Mais il est plein. À l'arrêt ‘Clairière', il y a un monsieur qui lit le journal sans jamais tourner la page, mais je crois qu'il le connaît par cœur. Madame Rosa arrose ses fleurs et dit bonjour à tous les chiens. Zoé m'a appris un signe pour ‘salut' en LSF, et je le fais maintenant quand je la vois de l'autre côté du bus. Samir me parle de son terrain de foot. Dans mon bus, j'entends des langues que je ne comprends pas toutes, mais ça ressemble à des rivières différentes qui vont vers la même mer."

Luca leva la main. "Et c'est quoi la recette de l'omelette ?" Toute la classe éclata. Yanis sourit. "Des œufs, des herbes, et on attend le moment où la surface tremble. Là, on la plie. C'est un peu comme parler. On attend le moment où ça tremble, et on se lance."

"Et comment tu te sens dans ce bus ?" demanda doucement la maîtresse.

"Je me sens… chez moi. Même quand je ne connais pas tout le monde. Parce que les gens, même s'ils sont différents, prennent le même chemin un petit moment. On se sourit, on se fait de la place. On se raconte sans parler, des fois. Je me suis rendu compte que nos histoires se croisent. Je voulais vous montrer la mienne pour que vous voyiez la vôtre, peut-être, dedans."

Il termina, surpris d'avoir tenu jusqu'au bout. Son cœur bat encore, mais c'était un tambour qui donne envie de danser. Il rangea sa cuillère comme on range un ami.

"Merci, Yanis," dit Madame Sonnet. "Tu viens de nous montrer comment une petite carte peut ouvrir un grand monde." Zoé fit un signe de la main, que Louna traduisit: "Bien. Merci. Encore." Samir tapota le ticket du bout du doigt. "Ton terminus, c'est notre départ."

La valise se remplissait. Elle pesait moins lourd que la veille, pourtant. Peut-être parce que chacun portait un peu des histoires des autres.

Chapitre 5 — La fête du quartier

À force d'écouter, la classe se transforma. Les chuchotements devinrent des ponts. On apprit les prénoms avec leurs musiques exactes. On accrocha sur un mur les cartes, les tickets, les recettes, les photos, les petits carnets. On décida d'organiser une balade des récits pour la fête du quartier, un samedi après-midi.

Le jour venu, le parc avait des airs de guirlande. Des stands de jus de pomme, de samoussas, de crêpes au chocolat. Des chansons s'envolaient et retombaient comme des feuilles heureuses. Le "mur d'histoires" de la classe se dressait près du grand cèdre. En haut, une pancarte écrite à la main: "Nos chemins, nos voix."

Madame Sonnet confia à Yanis un micro relié à un petit haut-parleur. "Tu présentes ?" demanda-t-elle. "Moi ?" Il regarda le micro comme on regarde un bâton magique. "Toi," confirma-t-elle. "Tu écoutes bien. Alors tu sauras présenter bien."

Il inspira. "Bonjour," dit-il, et sa voix passa dans les branches. "On va voyager sans bouger. On va écouter, et peut-être se trouver dans une histoire qui n'est pas la nôtre."

Il invita Zoé en premier. Elle fit un petit signe, Louna traduisit, mais Zoé ajouta aussi sa voix, douce et claire. "J'ai appris à aimer le silence. Il me dit des choses. Et j'ai appris à aimer le bruit. Il me raconte des gens." Des applaudissements légers, comme des vagues sur du sable.

Samir raconta comment son ballon avait roulé sous le banc du parc et comment deux inconnus avaient rampé pour l'aider, leurs rires se mélangeant. Leïla partagea sa "pizzalepine" en petits triangles, qui disparurent comme par magie. Luca fit trois fausses notes et une belle, et tout le monde se mit à battre des mains pour l'encourager. Les mots circulaient. Ils ne se bousculaient pas, ils se passaient la main.

Yanis regardait les visages. Il aimait ces ressemblances à l'intérieur des différences. Il se trompa une fois dans le prénom d'une maman. "Madame… euh…" La maman sourit. "Inès," souffla-t-elle. "Merci, Inès," reprit-il. "Je vais l'écrire dans mon carnet pour ne plus me tromper." Il sortit un petit carnet de sa poche, le même que celui de Zoé, mais avec des lignes toutes simples. Il traça "Inès" avec une étoile.

Une dame aux cheveux gris, appuyée sur une canne, s'avança. "Je m'appelle Rosa," dit-elle. "J'habite en face du cèdre. Je viens du Portugal. Quand je suis arrivée, je ne savais pas dire ‘bonjour'. Alors je l'ai dit avec des gâteaux." Elle regarda sa fenêtre, puis la classe. "Merci de parler doucement, les jeunes. On dirait que vos mots ont des chaussons."

Les rires furent tendres. Yanis sentit une chaleur qui lui montait dans la poitrine. Il invita un dernier copain, Ibrahim, qui bégayait un peu quand il était stressé. "Tu veux… tu veux essayer ?" demanda Yanis. "Tu peux prendre ton temps. On t'attend." Ibrahim serra son objet, une petite voiture rouge. "M… mon grand-père m'emmenait faire un tour après l'école. Il… il disait que la ville est un puzzle, et que chaque rue est une pièce. On doit pas… on doit pas forcer." Il prit une longue respiration. "On doit chercher le bon endroit." La foule applaudit. Ibrahim rougit de bonheur. "Merci," dit-il, avec un sourire qui tenait tout son visage.

Quand la balade se termina, le mur d'histoires avait l'air d'une mosaïque. Des langues différentes avaient caressé le micro. Des rires s'étaient pris dans les branches. Des odeurs de sucre et d'épices flottaient encore. Yanis rendit le micro à la maîtresse. "Tu étais parfait," dit-elle. "Parfait, non," répondit-il. "Mais j'ai écouté, et ça, ça aide à bien parler, je crois."

Chapitre 6 — Un pont pour demain

Le soir, la maison se remplit de souvenirs. La table avait des miettes de "pizzalepine", un morceau de ballon dessinait une ombre ronde sur le tapis, et la cuillère en bois reposait, tranquille, sur la pile des assiettes.

"Alors ?" demanda sa mère en se versant une tisane. "Raconte." Yanis raconta tout. Zoé, ses mains qui dansent. Ibrahim, sa voiture rouge. Rosa, ses gâteaux et ses mots en chaussons. Il raconta la chaleur du micro dans sa paume, la façon dont les prénoms s'étaient glissés dans son carnet, comme des étoiles qu'on garde pour la nuit. Il raconta ses tremblements qui ne tremblaient plus.

"Tu sais," dit son père en posant sa tasse. "Ça me rappelle le bus. Quand je conduis, des gens très différents montent et descendent. Moi, je les amène. Je ne choisis pas la destination des autres, mais je peux rendre le trajet doux." Il posa la main sur l'épaule de Yanis. "C'est un peu ce que tu as fait aujourd'hui."

Yanis sourit dans sa tisane. "Je crois que raconter mon histoire m'a donné le droit d'écouter encore mieux celles des autres. Et les écouter m'a appris des choses sur moi." Il leva la cuillère, comme un petit drapeau. "Je garde cet objet-là. Il m'aide à me souvenir que les petites choses sont grandes quand on les regarde bien."

Avant d'aller se coucher, il ouvrit sa fenêtre. La nuit était tiède. Au loin, un bus passa, comme un poisson lumineux dans une rivière sombre. Il imagina tous les gens assis à l'intérieur, leurs sacs sur les genoux, leurs rêves dans les poches. Il leur envoya en silence un "bon voyage".

Dans sa chambre, il colla une photo du mur d'histoires à côté de sa carte. Il écrivit en bas, avec des lettres rondes: "Nos histoires font des ponts."

Il ferma les yeux. Les mots des autres lui chuchotaient encore, doux comme une couverture. Il pensa au prochain lundi, à la valise qui n'en finirait pas de s'ouvrir. Avec un petit sourire, il se dit que les différences, c'étaient des couleurs, et que sans elles, la vie aurait la tête d'un dessin au crayon gris. Là, elle ressemblait à une fresque.

En s'endormant, il se promit de continuer. De parler quand il en sentirait l'envie. D'écouter toujours, même les silences. Dans son rêve, il marchait sur un pont fait de tickets de bus, de cuillères en bois, de carnets aux pages souples, et chaque pas résonnait comme une note d'harmonica. Le pont était solide. Il menait vers demain. Et demain, c'était grand, et c'était à tout le monde.

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Mosaïque
Un assemblage de petits morceaux différents qui forment un tout, souvent coloré.
Réveil
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Rituel
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