Il y avait une fois un petit monstre nommé Ploum. Ploum avait des yeux ronds comme des billes et des poils doux comme des nuages. Certains trouvaient Ploum un peu effrayant au premier regard. Mais Ploum souriait toujours. Ploum était gentil. Ploum aimait aider.
Un matin, Ploum trouva une vieille carte dans une grotte de mousse. La carte était toute froissée. Elle brillait d'un bleu très doux. Sur la carte, il y avait des dessins de licornes argentées, de dragons qui rient et de maisons dans les nuages. Il y avait aussi une petite écriture qui disait : "Savoir oublié. Pour qui sait écouter."
Ploum posa la carte sur son ventre. Il frotta ses yeux. "Je vais écouter," dit-il tout bas. Sa voix faisait des petits cliquetis, comme des gouttes d'eau. La carte chuchota. Elle montra un chemin de pierres lumineuses. Ploum décida de partir.
Il traversa la forêt des feuilles chantantes. Les arbres chantaient des chansons douces. Ploum marchait. Il suivait les pierres lumineuses. Il chantait aussi. "Tra-la-la," chantait Ploum. Les oiseaux se joignirent. Les oiseaux chantaient en rond. Tout était calme.
Au bord d'un lac, Ploum rencontra une licorne qui pleurait. Ses larmes faisaient des arcs-en-ciel. Ploum s'assit près d'elle. "Pourquoi pleures-tu ?" demanda Ploum.
"Je ne retrouve plus ma maison," dit la licorne. Sa voix tintait comme une clochette. "Le chemin s'est oublié."
Ploum toucha sa carte. La carte montra des pas brillants. Ploum tendit la main. "Viens avec moi," dit-il. "Je connais un savoir qui se rappelle. Nous allons l'écouter."
La licorne essuya ses larmes. Elle fronça le nez en souriant. "Merci," dit-elle. Elle monta sur le dos de Ploum. Ploum et la licorne reprirent le chemin.
Ils arrivèrent devant une montagne qui parlait. Oui, la montagne parlait doucement. Elle raconta des histoires de pierres. "Il faut chercher la porte du souffle," dit la montagne. "La porte s'ouvre quand on sait se souvenir."
Ploum posa sa patte sur la carte. La carte brilla fort. De la poussière d'étoile tomba sur leurs têtes. Un petit dragon apparut. Il était vert et un peu rondelet. Il souffla un nuage de fumée qui sentait la vanille. "Bonjour," dit le dragon. Sa voix faisait un petit feu de joie. "Je cherche ma chanson. Elle s'est envolée."
Ploum sourit. "Nous partageons un savoir oublié. Peut-être que ta chanson est ici." Le dragon fit une petite révérence. Ils cherchèrent ensemble.
Le savoir oublié aimait les rires. Il aimait les mains qui se tendent. Il habitait des lieux simples. Il se cachait derrière des choses qu'on croyait perdues. Ploum le savait parce que la carte avait chanté la veille.
Ils passèrent par des jardins de lucioles. Les lucioles allumaient des lettres dans le ciel. "Souviens-toi," chantaient-elles. Ploum répéta les mots. "Souviens-toi. Souviens-toi." La licorne se frotta contre une fleur. Le dragon fit un petit feu d'artifice. La forêt applaudit.
Au milieu d'un champ, ils trouvèrent un vieux sage : une tortue ailée nommée Tante Tula. Tante Tula portait des lunettes rondes et un chapeau de feuilles. Elle bougeait lentement, mais ses yeux brillaient beaucoup. "Bonjour, Ploum," dit-elle. "Je connais le savoir oublié. Mais il faut que tu le partages. Le savoir devient grand quand on le partage."
Ploum prit une grande respiration. Ses poils se dressèrent un peu. "Je veux partager," dit-il. "Je veux que chacun retrouve son chemin."
Tante Tula sourit. Elle ouvrit un livre qui sentait la pluie. Les pages étaient vides. Mais quand Ploum posa sa patte dessus, des mots apparurent. Les mots étaient simples. Les mots disaient : "Fais confiance à ton petit pas. Écoute le vent. Demande de l'aide. Aime ce que tu fais."
La licorne se mit à danser. Le dragon trouva sa chanson dans un souffle de vent. "Tra-la-la," chanta le dragon. Les montagnes applaudirent avec des échos doux. Ploum lut encore. Les mots chantaient comme des clochettes.
"Tu vois," dit Tante Tula, "le savoir oublié est fait de gestes simples. Il habite en toi. Il habite en nous. Il aide à être autonome."
Ploum sentit une chaleur douce dans son cœur. Il comprit. Il comprit que partager ce savoir aiderait les autres à faire leurs propres pas. Il comprit aussi qu'il n'était pas seul. Ses amis étaient là.
Ils continuèrent. Ils passèrent par la rivière des miroirs. Chacun vit son reflet qui souriait. "Tu peux," disait le reflet. "Tu peux," disait la rivière. Ploum dit à voix haute : "Je peux aider. Je peux apprendre. Je peux essayer." La licorne hocha la tête. Le dragon fit un petit feu qui forma un cœur.
Le soir arriva. Le ciel se couvrit de petites lampes étoiles. Ploum, la licorne, le dragon et Tante Tula s'assirent au bord d'une colline. Ploum partagea le livre. Il expliqua les mots simples. Il montra comment écouter le vent. Il montra comment poser une question. Il montra comment prendre un petit pas tout seul, puis deux, puis trois.
"Et si j'ai peur ?" demanda la licorne.
"Demande," dit Ploum. "On t'écoutera." Il tapota la patte de la licorne. "Puis essaie un petit pas."
"Et si j'échoue ?" demanda le dragon.
"Rit," dit Ploum. "Puis recommence."
Ils rirent tous. Un rire doux comme une chanson. Les étoiles clignotaient. Les lucioles vinrent se poser sur leurs têtes comme des petites couronnes.
Avant de se séparer, Tante Tula dit : "Souviens-toi. Le savoir grandit quand tu le partages. Et il rend courageux."
Ploum sentit son cœur gonfler. Il regarda ses amis. Ils souriaient. Chacun repartit chez soi en tenant un petit mot du livre dans la poche. La licorne retrouva sa maison. Le dragon retrouva sa chanson. Tante Tula retrouva sa lenteur joyeuse. Ploum rentra dans sa grotte de mousse. Il posa la carte sur sa table.
Avant de dormir, Ploum chuchota : "Je suis content." La carte chuchota aussi : "Partage encore."
Ploum sourit. Il se coucha. Ses poils devinrent oreiller. La lune fit un clin d'œil. Dans la grotte, tout était calme. Ploum pensa aux petits pas qu'il avait aidé à faire. Il savait que demain, d'autres viendraient écouter. Il savait qu'il saurait partager encore.
Et il sourit, doux et rassuré, prêt à rêver de chemins lumineux.