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Histoire sur le racisme 9 à 10 ans Lecture 10 min.

Toutes les couleurs sont belles

Au festival, Lina rencontre Youssef et, confrontée à des moqueries et à l'exclusion, elle choisit d'écouter et de rassembler les autres par de petits gestes.

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Lina, 10 ans, rayonnante et déterminée, tresse châtain, robe bleu clair et baskets un peu grandes, écrit au gros feutre rouge sur un grand panneau blanc « Toutes les couleurs sont belles » ; à gauche, Youssef, 9–10 ans, peau foncée, cheveux courts, sourit timidement, pose la main sur l’épaule de Lina et tient un petit tambour à ses pieds ; la mère de Lina, femme d’origine européenne au foulard léger, les observe avec fierté en arrière-plan à droite ; autour du panneau, un groupe mixte d’adolescents et de familles de diverses origines ajoute des mots et des dessins colorés (mains jointes, notes de musique, cœurs) dans un parc de festival au crépuscule, guirlandes et lanternes aux arbres, stands en tissu, herbe et lumières chaudes, créant une scène conviviale centrée sur l’unité. signaler un problème avec cette image

1. Une entrée colorée

Lina tenait la main de sa maman en arrivant au parc. Des guirlandes de tissu flottaient entre les arbres, des odeurs d'épices et de pain grillé se mêlaient, et une musique aux percussions chaleureuses faisait battre son cœur. C'était le festival de musique du monde, un rendez-vous que l'école avait recommandé pour apprendre sur d'autres cultures.

Lina avait neuf ans. Elle portait une robe bleu clair et des baskets un peu trop grandes, prêtées par sa sœur. Ses yeux brillaient à chaque stand : instruments, masques, bijoux. On entendait parler plusieurs langues, et parfois des mots se répondaient en sourires.

« Tu veux d'abord écouter la scène là-bas ? » demanda sa maman en montrant une petite estrade où un groupe chantait en harmonie.

Lina hocha la tête, mais elle remarqua d'abord un garçon de son âge assis sur un banc, seul. Sa peau était foncée, et il tenait un petit tambour serré contre lui. Deux adolescents passèrent près de lui en riant et mimant des sons exagérés. L'un d'eux dit à voix haute une blague sur son accent. Le garçon baissa la tête, serra son tambour plus fort et ne bougea pas.

Lina sentit une gêne dans sa poitrine. Sa première envie fut de détourner le regard ; observer, sans intervenir, semblait plus sûr. Sa maman chantonnait une chanson, distraite par les étals. Lina resta immobile quelques secondes, puis s'approcha lentement du banc.

« Tu veux jouer avec nous ? » demanda-t-elle, en s'asseyant à côté de lui.

Le garçon la regarda, surpris. « Je m'appelle Youssef », murmura-t-il.

« Moi c'est Lina. Tu joues bien ? »

Youssef sourit timidement et tapa un rythme doux. Ses doigts étaient rapides, précis. La musique résonna comme un pont. Quelques passants s'arrêtèrent, touchés par la mélodie simple. Lina sentit que parler ou laisser passer la moquerie changeait quelque chose dans l'air, comme si un soleil percé par les nuages.

2. Une leçon en coulisses

Après le morceau, ils allèrent écouter un groupe qui racontait des histoires en musique. Les paroles parlaient de voyages, de familles, de recettes transmises de génération en génération. Lina se sentait bien : la musique donnait une place à chacun.

En se promenant, ils croisèrent un stand où un homme expliquait comment tailler un instrument à cordes. Une vieille dame au foulard rose montrait ses bijoux, et deux enfants dessinèrent des cartes postales aux couleurs vives. Soudain, Lina entendit une remarque : « Ils prennent toujours nos places ici », lançait un visiteur à son ami en désignant plusieurs familles d'origines différentes. La phrase était basse, mais elle sonnait comme une pierre lancée dans une mare tranquille.

Sa maman dit doucement : « Certaines personnes pensent comme ça, mais ce n'est pas vrai. Ici tout le monde est le bienvenu. » Lina remarqua que sa maman parlait d'une voix ferme sans s'emporter. Elle comprit qu'on pouvait répondre en restant calme et en donnant une autre idée.

Plus tard, près d'un stand de boissons, une petite fille aux cheveux crépus pleurait parce qu'un autre enfant lui avait refusé une place sur le toboggan en racontant qu'elle « était trop différente ». Lina sentit sa poitrine se serrer. Elle se souvenait du banc de Youssef. Elle se souvenait aussi de la douceur de sa maman face à la remarque méchante.

« Tu veux que j'aille voir ? » demanda Lina.

Sa maman hocha la tête. « Tu peux aussi rester avec elle. Parfois, la présence aide beaucoup. »

Lina prit la main de la petite fille et s'assit avec elle au pied du toboggan. Elles parlèrent de leurs jeux préférés, de dessins animés et de gâteaux. La petite fille s'apaisa. Quand l'enfant qui avait refusé revint, Lina dit calmement : « On peut jouer toutes ensemble. Il y a assez de rires pour cinq, pour dix. » L'enfant sembla surpris. Personne ne criait, personne ne l'accusait, mais le message était clair : partager est possible.

3. Une discussion qui grandit

Le soir tombait, et des lanternes s'allumaient une à une. Sur la grande scène, un musicien expliqua l'histoire d'un chant que sa grand-mère lui avait appris. Il parla du respect des ancêtres, de la patience, et de l'importance d'écouter ce que disent les autres. Lina sentit que ces mots se reliaient à ce qu'elle avait vu durant la journée.

Elle discuta avec Youssef près d'un stand de thé. Il lui raconta qu'il venait d'un quartier où sa famille préparait un dessert qu'ils partageaient avec les voisins, quelle que soit leur origine. Lina raconta que chez elle, on mettait toujours une chaise de plus à table pour les amis imprévus. Ils rirent tous les deux.

« Tu as eu peur quand ils ont ri de moi ? » demanda Lina, franche.

Youssef acquiesça. « Un peu. Mais j'ai appris à respirer, à continuer à jouer. La musique ne se moque pas. Elle rassemble. »

Ils discutèrent aussi des mots qui blessent sans qu'on s'en rende compte. Youssef confia qu'il avait déjà entendu des remarques sur sa couleur de peau et que parfois, ça le rendait silencieux et triste. Lina se souvint de la petite fille au toboggan. Elle comprit que la méchanceté pouvait être une habitude chez certains, apprise sans réfléchir.

« Et si on expliquait ? » proposa Lina. « Pas en criant, mais en demandant pourquoi ils pensent ça. Parler, ça aide les gens à comprendre. »

Youssef sourit. « Oui, et montrer qu'on veut partager. »

Ils décidèrent de faire un petit projet : inviter des gens du festival à écrire sur un grand panneau ce que la diversité leur apportait. Ils chercheraient des phrases courtes, des dessins, des petits mots d'encouragement. Lina pensa que même un petit geste pouvait grandir.

4. Toutes les couleurs sont belles

Avec l'aide d'une bénévole, ils trouvèrent un grand panneau blanc et des feutres. Au début, quelques visiteurs écrivirent : « Musique pour tous », « Amitié », « Goûter partagé ». Puis, la présence tranquille de Lina et la musique entraînante attirèrent plus de monde. Les familles, les artisans, les musiciens prirent un feutre. Certains écrivirent en sautillant, d'autres dessinèrent des mains qui se tiennent.

Un groupe d'adolescents, qui avait d'abord lancé la plaisanterie près du banc, revint. L'un d'eux hésita, puis prit un feutre. Il écrivit : « J'apprends encore. » Les sourires furent timides, mais sincères.

Lina regarda le panneau se remplir de mots et de couleurs. Elle pensa à la petite fille apaisée, à Youssef qui avait joué, et à sa maman qui avait répondu calmement à une remarque blessante. Elle réalisa qu'écouter était une force : écouter la douleur des autres, écouter pourquoi quelqu'un a peur, écouter ce qu'on ressent soi-même pour savoir comment agir.

Alors, avec l'accord de la bénévole, Lina prit le feutre le plus vif et écrivit en grands caractères : toutes les couleurs sont belles. Elle traça chaque lettre avec soin, comme on pose une note juste dans une chanson. Autour d'elle, beaucoup de personnes levèrent la tête, touchées par la simplicité de la phrase.

La bénévole accrocha le panneau à la barrière du festival. Il balançait doucement dans la brise du soir, éclairé par les lanternes. Des familles prirent des photos, certains lecteurs éventuels sourirent. Youssef posa sa main sur l'épaule de Lina en signe d'amitié.

La journée se termina par un dernier morceau sur la scène où tout le monde tapa des mains en rythme. Lina sentit une chaleur douce : pas juste celle des lanternes, mais celle d'un moment où chacun avait choisi d'être reconnu. Elle se rappela des petits gestes concrets : s'asseoir près d'une personne blessée, proposer de jouer ensemble, dire calmement qu'on ne partage pas une idée blessante, inviter à écrire ou à dessiner ses pensées.

Sur le chemin du retour, sa maman lui dit : « Tu as été très courageuse aujourd'hui. Tu as montré ce que peut être l'écoute. »

Lina sourit. Elle savait qu'elle n'avait pas tout changé en un jour, mais le panneau au parc, qui disait haut et clair « toutes les couleurs sont belles », lui montrait qu'un geste, même petit, pouvait rassembler. Et en se glissant sous sa couette ce soir-là, elle pensa à la musique, au tambour de Youssef, aux mains qui avaient écrit et dessiné. Elle décida qu'elle essaierait, chaque fois que ce serait possible, d'écouter d'abord, de répondre avec calme, et d'offrir une chaise de plus à ceux qui en ont besoin.

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Le quizz : as-tu bien compris l'histoire ?

Guirlandes
Bandes de tissu ou de papier que l'on accroche pour décorer un endroit.
Percussions
Instruments de musique que l'on frappe pour faire un rythme.
Estrade
Petite scène surélevée où les musiciens ou les speakers se tiennent.
Harmonie
Quand plusieurs sons ou voix vont bien ensemble et sonnent doux.
Passants
Personnes qui passent ou se promènent dans la rue ou un lieu public.
Bénévole
Personne qui aide sans être payée, par envie d'aider.
Lanternes
Lampes portables ou décoratives qui donnent une lumière douce.
S'apaisa
Devenir plus calme, arrêter d'être triste ou inquiet.
Diversité
Présence de personnes, cultures ou choses différentes dans un même lieu.
Ancêtres
Les membres de la famille qui ont vécu il y a longtemps.

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