Un matin sous le chapiteau
Ce matin-là, Zoé, six ans et deux couettes qui sautillaient, se réveilla au son des tambours du cirque. Elle était la plus petite de la troupe, mais sûrement la plus curieuse ! Zoé adorait farfouiller partout, surtout dans les coulisses où tout sentait la barbe à papa et les confettis.
Aujourd'hui, c'était jour de spectacle. Zoé avait une mission très spéciale : elle devait coller une étoile dorée sur la grande malle à costumes. Cette étoile, c'était la marque du bonheur, celle que tout le monde venait toucher avant d'entrer en piste, pour avoir un peu de chance.
Zoé prit l'étoile brillante, toute collante de colle, et marcha fièrement jusqu'à la malle. Mais à chaque pas, elle glissait un peu sur le tapis, car quelqu'un avait fait tomber… une peau de banane ! Zoé faillit tomber, mais se rattrapa à la queue du lion en peluche qui décorait le coin. Ouf ! Toute la troupe éclata de rire, même le lion en peluche qui semblait sourire de toutes ses dents cousues.
Zoé colla l'étoile bien droit, enfin presque droit : elle penchait un peu, comme un chapeau de clown. Mais c'était encore plus joli comme ça.
Les surprises des coulisses
Dans les coulisses, ça s'agitait. Le clown Tartine cherchait son nez rouge, qui avait roulé jusque sous le chapeau du magicien. La trapéziste, elle, avait mis ses chaussettes à pois de deux couleurs différentes. « C'est pour la chance ! » disait-elle en riant.
Zoé, elle, voulait faire quelque chose de plus : écrire un mot de remerciement pour toute la troupe. Elle trouva une grande feuille colorée. Mais comment dire merci à tout le monde ? Surtout à Monsieur Bidon, le récolteur d'applaudissements, qui passait pendant le spectacle avec son grand panier et ramassait tous les bravos, les hourras et même les petits rires qui s'envolent dans l'air.
Zoé s'installa sur une caisse, sortit ses crayons et commença à écrire :
« Merci à vous tous, les magiciens, les clowns, les dompteurs de chatons, les jongleurs de pommes et surtout à Monsieur Bidon, qui garde tous les applaudissements dans son panier pour les jours de pluie… »
Mais soudain, Paf ! Une cacahuète lancée par un singe farceur atterrit sur la feuille. Zoé éclata de rire. Elle effaça la tache, dessina une cacahuète à côté, et continua :
« …et merci aux singes farceurs qui font rire même les étoiles collées de travers. »
La piste aux étoiles
Le spectacle commença. Les lumières dansaient sur le chapiteau. Zoé, cachée derrière le rideau, regardait les numéros. Le magicien fit sortir un lapin de son chapeau, qui, hop, sauta dans les bras du clown Tartine. Tartine éternua, le nez rouge tomba, et le lapin le rattrapa avec ses petites pattes. Tout le public riait, même Monsieur Bidon, qui essayait de ne pas perdre ses applaudissements dans l'agitation.
Quand ce fut le tour de la trapéziste, elle vola si haut qu'elle faillit toucher l'étoile collée par Zoé sur la malle. Tout le monde applaudit, et Monsieur Bidon courut avec son panier pour ramasser tous les bravos, mais il glissa, fit trois roulades, et se retrouva assis sur la malle, tout sourire.
Zoé, elle, attendait son petit moment : elle entra sur la piste avec sa feuille colorée, un peu tremblante mais très fière.
« J'ai écrit un mot ! » annonça-t-elle.
Le public se tut, les artistes se rassemblèrent, même le singe fit silence (mais il gardait une cacahuète, au cas où).
Zoé lut son mot à voix haute. À chaque phrase, on entendait des rires, des oh ! et des ah ! Et quand elle remercia Monsieur Bidon, tout le monde applaudit encore plus fort.
Monsieur Bidon, ému, leva son pouce très haut, bien au-dessus de sa tête, et cria : « Bravo, Zoé ! Vive la magie du cirque et des coulisses ! »
Un final tout en éclats
Pour la fin, tout le monde se mit à danser sur la piste : les clowns, les magiciens, la trapéziste avec ses chaussettes dépareillées, et même le singe farceur qui lançait des cacahuètes en l'air comme des confettis.
Zoé, elle, tenait la main de Monsieur Bidon, très fière de son étoile, de son mot rigolo et de tous ces rires partagés.
La soirée se termina par une pluie de confettis dorés. Zoé leva son pouce bien haut, comme Monsieur Bidon, et tout le chapiteau fit pareil.
Ce soir-là, Zoé s'endormit sous les étoiles, le cœur tout léger. Dans le silence, on entendait encore des bravos et des rires qui chatouillaient la nuit.
Et sur la malle, l'étoile collée de travers brillait plus fort que jamais.