Chapitre 1 : Le grand matin lumineux
Toudoux s'étira, longuement, dans son nid tout moelleux. Son ventre rebondit comme un petit ballon et il roula presque hors de son lit, tant il était pressé. Aujourd'hui, ce n'était pas un matin comme les autres. Non, non, non ! Aujourd'hui, c'était la fête des pères et Toudoux avait décidé que tout serait parfait pour son papa Poilpompon.
Un rayon de soleil doré traversait la fenêtre, dessinant des tâches lumineuses sur le tapis bleu-océan. Toudoux se frotta les yeux et sourit.
— Quelle belle journée, c'est sûr, chuchota-t-il en sautillant sur ses coussinets tout doux.
Dans la cuisine, les odeurs de miel et de confiture flottaient déjà. Toudoux s'arrêta devant la porte, le cœur battant. Il voulait organiser une surprise merveilleuse pour Poilpompon, son papa si rigolo, celui qui lui racontait toujours des histoires sous la lune.
Mais par où commencer ? Il avait plein d'idées qui chatouillaient dans sa tête ! Offrir un dessin ? Préparer le petit déjeuner ? Lui dire des compliments ? Ou alors… tout en même temps !
Il se faufila dans la cuisine, sur la pointe des pattes, pour ne pas réveiller Poilpompon, qui ronflait doucement devant la cheminée.
Toudoux attrapa une feuille, des crayons aux couleurs arc-en-ciel, et se mit à dessiner. Il fit un immense cœur, puis des petites étoiles, puis un papillon tout joyeux. Soudain, il eut une autre idée brillante : et si aujourd'hui, il disait à son papa toutes les chouettes choses qu'il pensait de lui ?
Chapitre 2 : Les compliments en vadrouille
Dans la cuisine, Toudoux commença à préparer la surprise. Il sortit une grande boîte à biscuits, vida les biscuits (juste un, pour goûter), et y glissa des petits papiers. Sur chaque papier, il écrivait un compliment. Mais, attention ! Il ne voulait pas faire n'importe quels compliments. Il voulait raconter avec des mots tendres et marrants tout ce qu'il aimait chez son papa.
— Papa a le pelage le plus doux du monde !
— Papa fait les meilleures grimaces qui existent !
— Papa sent bon la forêt et le caramel !
— Papa sait faire des câlins qui réchauffent le cœur !
Toudoux réfléchit. Il en voulait encore plus. Il regarda dehors et vit son ami Frimousse, la coccinelle, sur la branche d'un arbre.
— Frimousse, tu n'aurais pas une idée de compliment pour mon papa ? demanda Toudoux.
— Oh, bien sûr ! répondit Frimousse en sautillant de joie. Tu pourrais dire qu'il est le roi du cache-cache aussi !
Toudoux gribouilla la nouvelle idée, puis trotta vers la porte.
Dehors, il croisa Plumelette, l'hirondelle des jardins.
— Tu fais quoi, Toudoux ? piailla Plumelette.
— Je prépare une fête des pères ! J'invente des jolis compliments pour mon papa.
— Dis-lui qu'il a le rire qui fait danser les feuilles ! s'exclama Plumelette.
— Oui, c'est joli ça !
Toudoux nota. Il sentait son cœur grandir à chaque compliment. Il pensa alors que, peut-être, le plus doux des cadeaux, c'était de dire à quelqu'un pourquoi on l'aime. Même si on le dit un peu de travers, même si on se trompe de mot, ce n'est pas grave. Ce qui compte, c'est d'essayer.
Chapitre 3 : La farandole des surprises
De retour dans la maison, Toudoux trottina jusqu'à la chambre de son papa. Il avait tout : la boîte à compliments, le dessin et une assiette avec un croissant tout chaud.
Il ouvrit doucement la porte. Poilpompon dormait encore, moustache en bataille.
Toudoux grimpa sur le lit, doucement, tout doucement, et murmura :
— Papa ? Tu veux une surprise ?
Poilpompon ouvrit un œil et bâilla fort.
— Une surprise ? Pour moi ? Mais quelle chance !
Toudoux fit un grand sourire, si large qu'on aurait cru voir le soleil à travers ses joues.
Il tendit la boîte à compliments.
— Ouvre, Papa ! Lis ce qu'il y a dedans !
Poilpompon tira un papier. Il lut à haute voix : « Papa sent bon la forêt et le caramel. » Il éclata de rire.
— Oh, ça c'est vrai ! Peut-être parce que j'aime me rouler dans les feuilles et manger du caramel !
Un autre papier disait : « Papa fait les meilleures grimaces qui existent. »
Alors, Poilpompon fit une grimace si drôle que Toudoux en tomba à la renverse, éclaboussé de rires.
Un troisième papier : « Papa a le pelage le plus doux du monde. »
Poilpompon ouvrit grand les bras.
— Viens vérifier toi-même ! lança-t-il.
Toudoux se blottit contre lui, tout contre son pelage tout doux, si doux qu'on aurait cru un nuage.
Poilpompon serra Toudoux fort, fort, et lut le dernier papier : « Papa sait faire des câlins qui réchauffent le cœur. »
— Toi aussi, mon Toudoux, tu sais faire des câlins magiques, murmura Poilpompon.
Chapitre 4 : Le plus beau des cœurs
Après le petit déjeuner, Toudoux montra son dessin. Un immense cœur, entouré de rayons et de papillons.
— C'est toi, au milieu, et moi, juste à côté. Les étoiles, c'est quand tu me fais rire. Les papillons, c'est quand tu me racontes de belles histoires.
Poilpompon avait les yeux qui brillaient. Il prit le dessin avec ses grandes pattes et le colla contre son cœur.
— Je suis le papa le plus heureux du monde, dit-il.
Puis, en riant, Toudoux proposa un jeu tout simple : « Aujourd'hui, on se dit des compliments toute la journée ? »
Poilpompon hocha la tête.
— D'accord ! Je commence : Toudoux, tu as les yeux pétillants comme des lucioles et tu rends chaque jour plus joyeux.
Toudoux rougit, puis répondit :
— Et toi, tu as la voix qui me rassure quand il fait noir.
Alors, toute la journée, ils se dirent des mots doux, même des bizarres, même des rigolos. Ils firent une farandole de compliments, une rondelle de rires et de câlins, une fête de bisous et de tendresse.
Au moment du coucher, Toudoux se glissa dans son lit, un sourire jusqu'aux oreilles. Poilpompon vint s'asseoir à côté de lui.
— Bonne nuit, mon trésor, murmura-t-il.
Toudoux joignit ses petites pattes devant sa poitrine et fit un signe du cœur, tout simplement, tout doucement. Poilpompon répondit par le même signe, les yeux tendres et pleins d'étoiles.
Dans la nuit paisible, Toudoux pensa que la plus belle fête, c'est celle où on partage des mots doux et où on fait briller le cœur de ceux qu'on aime. Rien de plus, rien de moins.