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Histoire sur la fête des pères 5 à 6 ans Lecture 18 min.

Le dessert du soleil et le trésor partagé

Léo prépare en secret un dessert et un petit cadeau pour la fête des pères, surmontant les imprévus et apprenant la valeur du partage et de la patience avec l’aide de ses parents.

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Un garçon de 6 ans aux cheveux châtain clair courts, visage rond avec taches de farine, expression fière et joyeuse, tient à deux mains un plateau contenant un petit bol jaune de dessert à la banane, un dessin manuscrit coloré, une petite plume bleue et un caillou brillant ; il porte un pyjama rayé et des chaussons rouges. À gauche, la mère (~30 ans) cheveux bruns en chignon, sourire tendre, main sur le dossier d’une chaise, t-shirt clair et tablier à petites fleurs ; à droite, le père (~35–40 ans) barbe légère, t-shirt gris, entre dans la pièce surpris et ému, mains levées pour recevoir le plateau, devant un canapé bas et des étagères de livres. Cuisine-salon lumineux, sol en bois clair, table ronde avec miettes et pot de miel, placards blancs, fenêtre laissant entrer une lumière matinale douce et des carrés de soleil sur le tapis, traces de farine visibles. Scène principale : moment de surprise et de tendresse, parents émus et sourire partagé — plan moyen, couleurs chaudes et contrastes doux, textures de briques LEGO visibles, détails nets (petites étoiles de chocolat, dessin enfantin avec lettres maladroites, plume bleue brillante). signaler un problème avec cette image

Le secret dans la cuisine

Ce matin-là, Léo s'est réveillé avant le soleil. Son pyjama avait des petites étoiles, comme s'il avait gardé un bout de nuit sur lui. Dans la maison, tout était calme. Même le frigo semblait dormir.

Léo a chuchoté à son doudou lapin :

— Chut… aujourd'hui, c'est la fête des papas.

Il savait la date parce qu'il avait fait un dessin à l'école : un papa avec de grands bras et un sourire large comme un croissant. Et puis la maîtresse avait dit : « On peut montrer son amour avec des petits gestes. »

Léo, lui, voulait un grand geste… mais à sa taille.

Il a glissé hors du lit, a mis ses chaussons, et a trottiné jusqu'à la cuisine. Sur la table, il a posé une feuille et un crayon. Il a dessiné un plan, très sérieux : une assiette, un cœur, et une montagne de quelque chose de bon.

— Je vais faire un dessert spécial pour Papa, a-t-il décidé.

Il a ouvert le placard. Il a vu des pâtes, du riz, des boîtes qui faisaient « clac ». Il a ouvert un autre placard. Il a trouvé un bocal de farine. En le bougeant, un petit nuage blanc lui a éternué au nez.

— Atchoum !

Le nuage s'est posé sur ses cheveux. Léo s'est regardé dans la vitre du four : il ressemblait à un petit bonhomme de neige.

Il a ricané tout bas.

— Je suis un cuisinier… glacé.

Sur une étagère, il a vu un pot de miel. Le miel brillait comme de l'or. Il a aussi trouvé des bananes, un peu tigrées, mais encore gentilles. Et, au fond du frigo, il y avait un yaourt nature, qui faisait une tête ronde et tranquille.

Léo a frotté ses mains.

Dessert du soleil : banane, miel… et… un peu de yaourt pour la douceur.

Il a pris un bol. Puis un autre bol. Puis une grande cuillère. Il a voulu prendre un tabouret pour atteindre le plan de travail. Le tabouret a grincé, comme s'il n'était pas bien réveillé non plus.

Léo a regardé vers le couloir, le cœur qui battait vite.

— Surtout, pas de bruit.

Mais au même moment, une chaussette oubliée sur le sol l'a attrapé par le pied. Léo a fait un petit « oups », puis il a réussi à se rattraper avec une main sur la table.

Le bol, lui, n'a pas eu autant de chance : il a tourné sur lui-même et a fait « toc ». Pas fort, mais assez pour que Léo se fige comme une statue.

Il a écouté. Rien. Juste le tic-tac de l'horloge, qui disait : « Dou-ce-ment… dou-ce-ment… »

— D'accord, a soufflé Léo. On fait doucement.

Il a écrasé la banane avec une fourchette. La banane a fait « plof » et s'est transformée en purée. Il a ajouté une cuillère de miel. Le miel a fait un long fil, comme une corde brillante qui ne voulait pas lâcher le pot.

— Allez… lâche ! a murmuré Léo.

Le fil a fini par tomber d'un coup… et une goutte a atterri sur son nez.

Léo a louché pour la voir.

— Oh ! Je suis un dessert !

Il a léché la goutte et a souri.

— Miam. Papa va aimer.

Puis il a ouvert le yaourt. Le couvercle a fait « pschtt », et Léo a sursauté.

— Tu m'as fait peur, toi !

Il a tout mélangé. Dans le bol, c'était jaune, blanc, et doré. Ça sentait bon et ça brillait un peu.

Il a pensé à la maîtresse : « Il faut aussi un petit mot. » Alors il a pris une feuille et a écrit comme il pouvait, avec ses lettres de grand de cinq ans : « BONNE FETE PAPA JE T AIME ».

Il a ajouté un dessin : un cœur qui ressemblait à une pomme, et deux bonshommes qui se tenaient la main. Le papa avait une moustache, même si le sien n'en avait pas. Léo trouvait ça drôle.

Et là, il a entendu un bruit derrière lui.

— Bonjour, petit chef.

Léo a fait un saut. Sa maman était dans l'encadrement de la porte, les cheveux encore un peu en bataille, mais le sourire déjà réveillé.

— Maman ! Tu m'as surpris.

— Je t'ai entendu éternuer. Je me suis dit : « Soit un chat s'est caché ici, soit Léo prépare quelque chose. »

Léo a montré le bol, fier.

— C'est le dessert du soleil pour Papa. Mais… je ne sais pas si c'est vraiment un dessert.

Sa maman a regardé, a humé, puis a dit :

— C'est un dessert parfait pour dire « je t'aime ». Et tu sais quoi ? On peut le rendre encore plus joli.

Léo a plissé les yeux.

— Comment ?

Sa maman a sorti un petit sachet de graines de chocolat.

— Une pluie de petites étoiles.

Léo a ouvert grand la bouche, émerveillé.

— Oui !

Il a secoué le sachet. Trop fort. Les petites étoiles ont sauté partout : sur la table, sur le sol, et même dans une chaussure.

Léo a mis ses mains sur ses joues.

— Oh non… j'ai fait une tempête.

Sa maman a ri doucement.

— Une tempête de chocolat, c'est la tempête la plus gentille du monde. Mais on va ranger ensemble.

Léo s'est accroupi. Il a ramassé les petites étoiles une par une. Certaines étaient collées. Certaines roulaient. Une a essayé de s'enfuir sous le frigo.

— Reviens ! a chuchoté Léo. C'est la fête des papas, pas la fête des étoiles fugueuses.

Sa maman lui a tendu une petite balayette.

— Tiens. Avec ça, tu vas plus vite.

Léo a balayé, lentement. Il a compris que ça demandait du temps. Son dessert n'allait pas se faire tout seul, et la cuisine non plus.

Il a soufflé.

— C'est long, l'effort.

Sa maman a répondu :

— Oui. Mais c'est toi qui le fais. Et ça, c'est précieux.

Léo a levé les yeux, sérieux.

— Précieux comme un trésor ?

Sa maman a hoché la tête.

— Exactement.

À ce mot, « trésor », Léo a pensé à la petite boîte qu'il gardait dans sa chambre. Une boîte en métal, avec des autocollants dessus. Il l'appelait sa boîte au trésor. Dedans, il y avait un caillou brillant, une plume bleue, un coquillage, et une bille rouge.

Léo s'est redressé d'un coup.

— Maman… je peux partager mon trésor aujourd'hui.

Sa maman a posé une main sur son épaule.

— Si tu en as envie, oui. C'est une belle idée.

Léo a eu une petite boule dans le ventre. Partager son trésor, ça faisait un peu peur. Et en même temps, ça faisait chaud, comme une boisson douce.

— Je vais choisir quelque chose pour Papa, a dit Léo.

Il a pris le bol, cette fois avec ses deux mains, comme s'il transportait un secret fragile. Sa maman l'a aidé à le mettre au frais, puis elle a chuchoté :

— Maintenant, on attend. La patience, c'est aussi une recette.

Léo a grogné doucement.

— La patience, c'est une recette qui dure longtemps.

Sa maman a ri.

— Mais à la fin, ça vaut le coup.

Le trésor partagé

Dans sa chambre, Léo a ouvert sa boîte au trésor. Les objets ont brillé, chacun à leur façon.

— Bonjour, les trésors, a-t-il dit comme s'ils répondaient.

Il a pris la bille rouge et l'a fait rouler dans sa main. Elle était ronde, lisse, comme une petite planète. Il a pensé à son papa. Son papa jouait souvent avec lui sur le tapis, inventait des routes, des garages, des histoires de voitures qui parlaient.

Léo a aussi regardé la plume bleue. Elle était légère, douce. Son papa disait parfois : « On souffle, et ça va mieux. » Quand Léo était fâché, Papa lui apprenait à respirer comme un dragon gentil.

Le caillou brillant, lui, ressemblait à une étoile tombée. Léo l'avait trouvé au parc. Son papa avait dit : « Tu as l'œil, toi ! »

Léo a serré les lèvres. Choisir, c'était difficile.

Il a pris le caillou brillant.

— Toi, tu vas aller avec Papa.

Puis il a hésité… et a ajouté la plume bleue.

— Et toi aussi. Parce que Papa est fort, mais il aime aussi le calme.

Il a refermé la boîte. Elle semblait un peu moins pleine, mais son cœur, lui, était plus grand.

Il est retourné dans le salon avec sa maman. Ils ont préparé un plateau. Léo a posé son dessin, bien au milieu. Il a placé le caillou et la plume à côté, comme deux cadeaux qui chuchotent.

— On dirait un vrai trésor de roi, a dit sa maman.

— Un roi papa, a répondu Léo en pouffant.

Ils ont entendu un bruit de porte. Des pas. Un petit raclement de gorge, comme quand Papa cherche ses lunettes.

Léo a mis un doigt sur sa bouche.

— Chut… mission surprise.

Ils se sont cachés derrière le canapé, mais pas très bien. On voyait les chaussons de Léo dépasser.

Papa est entré dans le salon, encore un peu endormi, en t-shirt. Il a vu le plateau.

— Oh… qu'est-ce que c'est que ça ?

Léo a jailli comme un ressort.

— Bonne fête, Papa !

Papa a ouvert de grands yeux. Puis ses yeux ont souri avant sa bouche.

— Oh là là… c'est pour moi ?

Léo a hoché la tête, fier et un peu tremblant.

— Oui. J'ai fait un dessert du soleil. Avec banane et miel. Et des étoiles… mais les étoiles ont fait une tempête.

Papa a ri.

— Une tempête d'étoiles ? Je veux bien être le naufragé le plus chanceux.

Léo a montré le dessin.

— Et j'ai écrit… enfin j'ai essayé.

Papa a lu doucement :

« BONNE FETE PAPA JE T AIME. »

Il a levé les yeux vers Léo. Sa voix était toute chaude.

— Je t'aime aussi, mon grand petit garçon.

Léo a ajouté, très vite, comme s'il fallait sortir les mots avant qu'ils se cachent :

— Et… j'ai partagé mon trésor.

Il a posé la plume bleue et le caillou brillant dans la main de Papa. Papa les a regardés comme si c'étaient des diamants.

— Tu es sûr ? a demandé Papa. C'est ton trésor.

— Oui, a dit Léo. Aujourd'hui, c'est toi mon trésor.

Papa a eu un petit silence. Un silence doux, pas un silence qui fait peur. Puis il a pris Léo dans ses bras, fort mais pas trop.

— Merci, Léo. Je vais les garder précieusement. Et tu sais quoi ? Ça me donne envie de partager aussi.

Léo a cligné des yeux.

— Tu vas partager quoi ?

Papa a souri d'un air mystérieux.

— Mon temps. Toute la journée. Rien que pour toi… et pour nous.

Léo a tapé dans ses mains.

— OUI !

Ils ont goûté le dessert du soleil. Papa a pris une cuillère, a fait semblant de réfléchir comme un grand chef, puis il a déclaré :

— Verdict : délicieux. Ça goûte l'amour. Et aussi un peu la banane, ce qui est très bien.

Léo a éclaté de rire.

— Ça se mange, l'amour ?

— Pas vraiment, a dit Papa. Mais ça se sent. Et là, je le sens très fort.

Après, ils ont rangé ensemble. Léo a essuyé la table avec un chiffon presque plus grand que sa main. Papa a fait des bulles de savon dans l'évier, exprès, et Léo a essayé d'en attraper une avec son nez.

— Attention ! a dit Papa. Une bulle sur le nez, c'est contagieux.

— Quoi ?

— Ça donne envie de rigoler toute la journée.

Léo a fait semblant d'être très inquiet.

— Oh non… je crois que je suis déjà contaminé.

Le coin zen de la fête des papas

L'après-midi, Papa a proposé :

— On se fait un coin zen. Un endroit tout doux pour se reposer, lire, respirer. Un coin à nous.

Léo a froncé les sourcils.

— Zen… comme quand on souffle ?

Papa a hoché la tête.

— Oui. Zen comme un lac tranquille. Et on va l'installer ensemble.

Ils ont choisi un coin du salon, près de la fenêtre. La lumière faisait des carrés dorés sur le tapis. Maman a apporté deux coussins moelleux. Léo a apporté une couverture à rayures, sa préférée, celle qui sentait le propre et les câlins.

Papa a dit :

— Il nous faut un objet spécial pour ce coin zen. Quelque chose qui rappelle la fête des papas.

Léo a réfléchi très fort, la langue un peu sortie.

— On peut mettre… mon dessin !

— Très bonne idée.

Ils ont posé le dessin contre un livre, pour qu'il tienne debout. Léo a ajouté une petite voiture, parce que « dans un coin zen, il faut quand même une voiture qui se repose ». Papa a accepté en riant.

Puis Léo a regardé la plume bleue et le caillou brillant, dans la main de Papa.

— Tu vas les mettre où ?

— Ici, a dit Papa. Dans le coin zen. Comme ça, chaque fois qu'on s'assoit, on se rappelle que le trésor, c'est de partager.

Léo a senti un chaud dans sa poitrine. Il a posé sa main sur le coussin.

— C'est doux.

— Comme toi, a dit Papa.

Léo a rougi un peu.

— Moi je suis pas doux, moi je cours.

— On peut courir et être doux, a répondu Papa. On peut être rapide et gentil. On peut être petit et courageux.

Ils se sont installés. Papa a montré comment respirer : on gonfle le ventre comme un ballon, puis on souffle lentement comme si on faisait voler une plume.

Léo a soufflé. La plume bleue, posée sur une petite soucoupe, a bougé un tout petit peu.

— Elle danse, a murmuré Léo.

— Oui, a dit Papa. C'est notre danse zen.

Maman est venue s'asseoir avec eux quelques minutes. Elle a posé une main sur l'épaule de Léo.

— Je suis fière de toi. Tu as fait un dessert, tu as rangé, tu as attendu, et tu as partagé.

— J'ai fait tout ça ? a demandé Léo, étonné.

Papa a répondu :

— Oui. Et tu as mis de la joie partout. Même dans les coins où il y avait de la farine sur tes cheveux.

Léo a touché sa tête.

— Oh ! J'ai encore de la farine ?

— Un peu, a dit Papa. C'est ton chapeau de chef.

Ils ont ri tous les trois. Puis ils ont pris un livre d'images. Papa lisait, Léo tournait les pages, et Maman faisait des voix rigolotes pour les personnages.

Quand la journée a commencé à devenir orange, comme une grande tartine de soleil, Léo a soupiré, content.

— Papa…

— Oui ?

— Je crois que la fête des papas, c'est un jour où on dit « je t'aime » avec des choses.

— Oui, a dit Papa. Avec des gestes, des mots, du temps, et des petits trésors.

Léo a regardé leur coin zen : les coussins, la couverture, le dessin, la plume bleue, le caillou brillant, la petite voiture qui « se reposait ».

— On le garde tous les jours, ce coin ?

— Tous les jours, a promis Papa. Même quand ce n'est pas la fête des papas. Parce que l'amour, ça ne se range pas dans un placard.

Léo a posé sa tête contre le bras de Papa.

— Alors… on est riches.

— Très riches, a dit Papa, en l'embrassant sur le front. Riches de joie.

Et dans la maison, il y avait un calme heureux, comme un câlin qui dure longtemps, juste à côté d'un petit coin zen qui brillait, doucement, comme un trésor partagé.

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Humé
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Précieux
Quelque chose très important ou qui a beaucoup de valeur pour toi.
Trésor
Boîte ou chose rare et très aimée que l’on garde avec soin.
Tempête
Beaucoup de vent et de mouvement, ou une grande agitation soudaine.
Tempête de chocolat
Beaucoup de petits morceaux de chocolat qui tombent partout, comme une petite pagaille sucrée.
Contagieux
Qui peut donner la même chose (comme un rire ou une maladie) à une autre personne.
Patience
Savoir attendre calmement sans se fâcher.
Coin zen
Un petit endroit calme et doux pour se reposer et respirer lentement.
Dessert du soleil
Le nom que Léo donne à son dessert, une préparation sucrée et joyeuse.

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