Un matin très spécial
Ce matin-là, Petit Ours se réveilla tout excité. C'était la fête des pères ! La lumière dansait doucement dans sa chambre. Il sauta hors de son lit, son pyjama à pois encore tout froissé, puis il courut à la cuisine.
Papa Ours était déjà là, assis avec sa grande tasse de thé et un sourire tendre.
— Bonjour, mon ourson, dit Papa Ours en lui ébouriffant les oreilles.
— Bonjour, papa ! répondit Petit Ours avec un câlin tout doux.
Mais Petit Ours voulait faire plus que des câlins aujourd'hui. Il voulait offrir à son papa un cadeau très spécial. Il chercha une idée dans toute la maison : dans le salon, sous les coussins, même derrière la commode.
Soudain, en ouvrant un vieux tiroir du bureau, Petit Ours découvrit une boîte toute poussiéreuse. Il la tira, souffla fort dessus, et la déposa sur la table. À l'intérieur, il trouva une photo un peu jaunie : Papa Ours, tout jeune, à côté d'un cerf-volant multicolore.
Il y avait aussi une lettre pliée en deux. Petit Ours déplia doucement le papier, intrigué.
La lettre au vent
Petit Ours lut la lettre. Elle disait : « Ce jour-là, j'ai construit le plus grand cerf-volant de la forêt avec Grand-Papa Ours. Mais une bourrasque l'a emporté dans les arbres. Je l'aimais tant. Peut-être qu'un jour, il reviendra. »
Petit Ours sentit son cœur faire « boum boum ». Il se demanda si Papa Ours pensait encore à son vieux cerf-volant. Il décida : pour la fête des pères, il allait essayer de le retrouver !
Vite, Petit Ours enfila son pull bleu et sortit dans le jardin. Les arbres bruissaient doucement. Il leva le museau, chercha du regard. Pas de cerf-volant. Mais dans le vieux noisetier, il aperçut quelque chose de coloré : un bout de tissu rouge et jaune, accroché à une branche.
— C'est lui ! s'exclama-t-il tout bas.
Il grimpa avec précaution, ses pattes un peu tremblantes. Les feuilles chatouillaient ses oreilles. Petit Ours tira doucement. Le tissu était accroché. Il tira un peu plus fort. « Scriiiitch ! » Le cerf-volant tomba dans ses bras, abimé mais plein de couleurs.
Petit Ours sourit à pleines dents. Il redescendit prudemment, serrant le trésor dans ses bras.
Une surprise pleine de couleurs
De retour à la maison, Petit Ours essuya le cerf-volant abîmé, recolla le bois cassé et rafistola les ficelles. Il alla chercher ses feutres et du ruban rouge. Certains endroits étaient tout déchirés, mais il dessina des petits cœurs et des soleils, pour lui redonner vie.
Maman Ours entra dans la pièce.
— Que fais-tu, mon cœur ?
— Un cadeau pour papa, chuchota-t-il. Regarde !
Maman sourit :
— Il va être ému, c'est certain.
Quand tout fut prêt, Petit Ours accrocha le cerf-volant dans le salon, juste au-dessus du fauteuil de Papa Ours. Puis il prépara un petit déjeuner avec du miel et de la confiture, et dressa la table, tout fier.
La grande émotion de Papa Ours
Papa Ours arriva, encore un peu endormi. Il ouvrit grand les yeux en voyant le cerf-volant coloré.
— Mais... Est-ce mon vieux cerf-volant ? s'étonna-t-il.
Petit Ours hocha la tête, tout joyeux.
— J'ai trouvé ta lettre, alors j'ai cherché dans le jardin, et je l'ai réparé. Regarde, il a des nouveaux cœurs, parce que je t'aime fort !
Papa Ours serra Petit Ours dans ses bras.
— Merci, mon ourson. C'est le plus beau cadeau du monde. Je suis fier de toi.
— On va le faire voler, papa, comme avant ?
— Oh oui ! On va fêter ça en faisant danser le cerf-volant sous le soleil !
Dehors, le vent soufflait doucement. Papa Ours et Petit Ours couraient, riant, pendant que le cerf-volant montait haut dans le ciel, tournoyait, semblait presque chanter.
Petit Ours sentit la patte de son papa serrer la sienne. Le soleil brillait, le vent emportait les soucis, et leur rire s'envolait avec le cerf-volant coloré.
Ce fut une fête des pères lumineuse, pleine d'amour, de complicité, et de jolis souvenirs. Et le cœur de Petit Ours était léger, léger, comme un cerf-volant en plein ciel.