Chargement en cours...
Histoire sur la maladie 11 à 12 ans Lecture 16 min.

La boîte à sourires et le capitaine fièvre

Lors d'un samedi pluvieux, Lina et ses amies élaborent un projet pour apporter des messages réconfortants à l'hôpital de jour, mais lorsqu'elle tombe malade, Lina doit apprendre à accepter l'aide de ses amies et à écouter son corps pour participer à leur mission d'une nouvelle manière.

Télécharger cette histoire en PDF

Idéal pour partager ou imprimer cette histoire !

Télécharger l'e-book (.epub)

Lisez cette histoire sur votre liseuse électronique

Dans une chambre chaleureuse et lumineuse, quatre enfants sont présents : Lina, presque 12 ans, avec des cheveux bruns bouclés, est assise sur un lit avec une tasse de chocolat chaud. Maya, 12 ans, avec des cheveux noirs lisses, porte un pull à rayures et sourit à Lina depuis le bord du lit. Inès, 11 ans et demi, avec des cheveux blonds en tresse, est accroupie près du lit avec un feutre coloré. Nora, presque 12 ans, aux cheveux roux courts, est debout tenant un dessin. La chambre est décorée de posters colorés, une lampe douce, et un tapis moelleux. Des coussins sont éparpillés, et la pluie tombe doucement dehors. Lina, légèrement fiévreuse, est entourée de ses amies qui la réconfortent et l'aident à préparer des messages pour la "Boîte à sourires", créant une atmosphère de solidarité et de bienveillance. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 — Le plan du samedi

Le samedi après-midi, la pluie tapotait aux vitres comme des doigts impatients. Sur la table de la cuisine, quatre gobelets de chocolat chaud fumaient doucement.

Lina, presque 12 ans, avait étalé un cahier ouvert et des feutres de toutes les couleurs. Elle apprenait encore à organiser ses idées sans s'éparpiller, alors elle avait dessiné une grande carte avec des flèches, des cases, et même un petit bonhomme qui portait un parapluie.

« Bon, annonce Lina, mission “Boîte à sourires” pour l'hôpital de jour : on prépare des lettres, des petites blagues, des dessins… et on les apporte lundi. »

Maya, 12 ans depuis deux semaines, hocha la tête en mordillant un biscuit. « Et des devinettes ! On peut mettre : “Qu'est-ce qui a des dents mais ne mord pas ?” »

Inès, 11 ans et demi, leva les yeux au ciel. « Un peigne, évidemment. On est des génies, Maya. »

Nora, la plus grande, presque 12 ans aussi, posa sa tasse. Elle avait un rire qui arrivait vite, même quand elle se retenait. « Tant qu'on ne met pas tes blagues de papa, Inès. Sinon, ils vont demander un arrêt maladie… à cause de nous. »

Lina sourit, mais elle sentit une petite vague dans sa tête, comme si quelqu'un avait secoué doucement le monde. Elle cligna des yeux. Peut-être juste la chaleur du chocolat.

« Ça va ? » demanda Maya, attentive.

« Oui, oui. Je… je vais chercher d'autres feuilles. » Lina se leva, mais ses jambes eurent l'air de se souvenir d'un autre rythme, plus lent.

Elle se dit que ce n'était rien. Sauf que, quand elle revint, sa nuque semblait tiède, comme si elle avait gardé son écharpe trop longtemps… alors qu'elle n'en portait pas.

Chapitre 2 — Le thermomètre, pas le drame

Au bout d'un moment, Lina s'adossa au dossier de la chaise. Elle essayait de suivre les idées des autres, mais les phrases lui arrivaient avec un léger décalage, comme un film mal synchronisé.

Nora pencha la tête. « Lina, t'as les joues rouges. T'as mis du blush invisible ? »

« Très drôle… » Lina tenta de rire, mais ça sortit en petit souffle.

Maya posa doucement sa main sur le front de Lina, sans faire la grande médecin. « Tu es chaude. Tu devrais le dire à un adulte. »

Inès fit une moue sérieuse. « Ou on peut l'asperger d'eau et la laisser au congélateur. »

« Non, » dit Nora. « Direction : adulte de confiance. »

La mère de Lina, Madame Dumas, était dans le salon, en train de plier du linge. Quand les filles arrivèrent en troupe, elle leva les sourcils, comme si une mini-réunion officielle venait de commencer.

« Qu'est-ce qui se passe, les filles ? »

Lina parla avant que sa gêne ne prenne toute la place. « Je crois que je suis un peu… pas très bien. »

Madame Dumas posa le linge et se rapprocha. Sa voix resta calme, comme un coussin qu'on met sous une tête fatiguée. « Merci de me le dire. On va vérifier. Lina, tu veux qu'on prenne ta température ? »

Lina hésita. Le thermomètre lui faisait penser aux rendez-vous médicaux, aux salles d'attente qui sentent le gel hydroalcoolique. Mais Maya lui lança un petit clin d'œil. « C'est juste un chiffre, pas un jugement. »

Dans la salle de bain, Madame Dumas sortit un thermomètre électronique. « Tu préfères sous la langue ou sous le bras ? »

« Sous le bras, » dit Lina. « Comme ça je peux continuer à respirer sans penser à ma langue. »

Inès chuchota : « Ta langue respire ? »

Lina éclata d'un rire bref, qui lui fit du bien.

Le thermomètre bip-bip-bipa. Madame Dumas regarda l'écran. « 38,2. Tu as un peu de fièvre. Rien d'affolant, mais ton corps te demande une pause. »

Lina serra les lèvres. « Donc… je ne pourrai pas faire la mission lundi ? »

Madame Dumas s'accroupit à sa hauteur. « On va d'abord s'occuper de toi, et ensuite on s'organise. Une fièvre, c'est comme un panneau “travaux” sur l'autoroute : on ralentit, mais on arrive quand même. »

Nora souffla, impressionnée. « C'est la meilleure comparaison de l'année. »

Chapitre 3 — L'aventure douce de la chambre-bivouac

Madame Dumas installa Lina dans sa chambre avec une couverture légère, une bouteille d'eau et un petit bol de compote. La pluie continuait dehors, mais à l'intérieur, la lumière de la lampe faisait un cercle rassurant.

« Vous pouvez rester un moment, » proposa Madame Dumas aux trois autres. « Mais en version tranquille, d'accord ? »

« On sait faire tranquille, » dit Inès… puis elle parla à voix de souris. « On sait faire super tranquille. »

Maya s'assit au bord du lit. « On peut transformer ta chambre en bivouac. Un campement de repos. »

Nora attrapa deux coussins et les posa comme des rochers imaginaires. « Ici, c'est la montagne du Mouchoir. Et là, la vallée du Sirop. »

Inès plissa les yeux. « Je propose qu'on découvre un animal rare : le Microbe Timide. Il n'aime pas quand on boit de l'eau et qu'on dort. Ça le fait fuir. »

Lina sourit, mais ses paupières pesaient. « Je suis censée dormir, hein ? »

Madame Dumas revint avec un verre et un petit doseur. « Un peu de paracétamol, selon ton poids, et beaucoup de repos. Et on évite les écrans trop longtemps. »

Inès écarquilla les yeux. « Les microbes ont signé un contrat anti-écrans ? »

« Disons que ton cerveau se repose mieux sans lumières qui clignotent, » expliqua Madame Dumas. « Et quand on a de la fièvre, on s'écoute. »

Maya parla doucement, comme si elle rangeait des mots dans une boîte. « Tu sais, se reposer, ce n'est pas abandonner. C'est… faire de la place pour guérir. »

Lina hocha la tête. Elle apprenait à reconnaître ce qui se passait en elle, et à demander de l'aide sans se sentir “nulle”. Ce n'était pas toujours facile.

Nora tapota l'épaule de Lina. « On va gérer la mission. Tu diriges depuis le lit, capitaine. »

« Capitaine Fièvre, » ajouta Inès. « Redoutée dans tout l'océan des couettes. »

Lina rit encore, puis ferma les yeux un instant. Le rire ne guérissait pas tout, mais il donnait l'impression que la maladie prenait moins de place.

Chapitre 4 — Inclusion en feutres et en mots

Quand Lina se réveilla un peu plus tard, la chambre était pleine de papier. Les filles avaient déplacé la “base” sur le tapis, avec une grande feuille au milieu.

« Capitaine ! » chuchota Nora. « Rapport d'activité : nous préparons des messages inclusifs, sans trucs gênants, sans “courage t'es fort” à répétition. On veut des mots qui font du bien pour vrai. »

Maya ajouta : « Parce que tout le monde n'aime pas qu'on lui dise qu'il doit être fort. Parfois, on a juste besoin qu'on nous comprenne. »

Inès mordilla son feutre (sans l'abîmer, pour une fois). « On pourrait écrire des choix, comme un menu. Genre : “Tu as le droit d'être fatigué. Tu as le droit d'être en colère. Tu as le droit de rire. Tu as le droit de ne pas avoir envie de parler.” »

Lina se redressa, touchée. « C'est bien. Ça laisse de la place à chacun. »

Madame Dumas passa la tête par la porte. « Lina, tu te sens comment ? »

« Un peu mieux. Un peu… floue, mais mieux. »

« On reprendra la température tout à l'heure, » dit-elle. « Et n'oublie pas de boire. »

Maya prit un carnet. « Lina, tu veux proposer une idée ? Comme tu apprends à organiser, c'est ton moment “chef de plan”. »

Lina inspira. Elle prit un feutre bleu, sa couleur préférée quand elle voulait être claire. « On peut faire quatre types de messages : blagues, mini-histoires, dessins, et… des “phrases d'amitié” qui marchent pour tout le monde, sans supposer ce que la personne ressent. »

« Exemple ? » demanda Nora.

Lina écrivit lentement, en articulant. « “Je pense à toi. Tu comptes. Si tu veux parler, je suis là. Si tu veux juste partager un silence, je suis là aussi.” »

Inès posa son feutre, impressionnée. « Wouah. Même mon Microbe Timide a eu une émotion. »

Maya sourit. « Et on peut faire des dessins avec des personnes différentes : en fauteuil, avec un appareil auditif, avec une canne, avec des cicatrices… et aussi des gens qui ont l'air “normaux” mais qui ne le sont pas forcément à l'intérieur. Comme ça, tout le monde se reconnaît. »

Nora approuva. « Et on évite de faire comme si une maladie rend quelqu'un moins intéressant. »

Lina sentit quelque chose se poser en elle, comme une pierre qui trouve sa place. Être malade, ce n'était pas “devenir quelqu'un d'autre”. C'était juste traverser un moment où on avait besoin d'aide.

Chapitre 5 — Le chiffre qui redescend et les idées qui montent

En fin d'après-midi, Madame Dumas revint avec le thermomètre. « On fait un nouveau contrôle, d'accord ? »

Cette fois, Lina ne se crispa pas. Elle avait compris que ce geste n'était pas une menace, juste une information utile.

« Sous le bras encore, » dit-elle.

Le bip retentit. Madame Dumas sourit. « 37,6. Ça baisse. Ton corps travaille bien. »

« Bravo, corps ! » s'exclama Inès en applaudissant doucement, comme dans une bibliothèque.

Nora rigola. « Inès, tu vas finir par faire applaudir les légumes aussi. »

« Les légumes méritent du respect, » répondit Inès très sérieusement. « Ils ont une vie intérieure. »

Maya se tourna vers Lina. « Du coup, lundi… on fait comment ? Tu restes à la maison si tu n'es pas en forme. Et nous, on peut déposer la Boîte à sourires. On peut aussi faire une visio rapide depuis le hall, si ta mère est d'accord, pour que tu voies la boîte arriver. »

Lina hésita. Elle avait peur de rater, de ne pas être “dans le groupe” si elle ne venait pas.

Madame Dumas devina son expression. « Lina, tu fais partie de l'équipe même quand tu es au repos. Les amis, c'est justement quand on s'adapte. »

Nora acquiesça. « Et puis, tu as déjà fait la partie la plus importante : tu as dit que tu n'allais pas bien. Ça, c'est du courage discret. »

Lina sentit sa gorge se serrer un peu, mais pas de tristesse. Plutôt une gratitude chaude.

Inès leva la main comme en classe. « Je propose qu'on ajoute une carte spéciale : “Les jours où tu te sens petit, tu as le droit de demander une main.” Et on dessine une main qui tient une autre main. Pas trop bébé, juste… vrai. »

« Oui, » dit Lina. « Vrai, c'est parfait. »

Chapitre 6 — Lundi sans panique, confiance avec boussole

Le lundi matin, Lina n'avait plus de fièvre, mais elle était encore fatiguée, comme après une longue randonnée. Madame Dumas lui toucha le front, puis demanda : « On refait une température pour être sûres ? »

Lina prit elle-même le thermomètre et le plaça sous son bras, avec un sérieux de scientifique. « Je gère. »

Bip. 37,1.

« Nickel, » dit Madame Dumas. « Tu pourrais retourner en cours, mais vu comme tu es encore raplapla, on va faire une journée douce à la maison. Tu rattraperas tranquillement. »

Lina acquiesça, soulagée qu'on ne lui demande pas de “reprendre comme avant” d'un coup.

Sur le canapé, enveloppée dans un plaid, elle regarda Nora, Maya et Inès partir avec la Boîte à sourires. Les filles avaient décoré le carton avec des étoiles, des bulles de BD, et des phrases courtes : “Tu n'es pas seul”, “Tu peux prendre ton temps”, “On pense à toi”.

Avant de fermer la porte, Maya lança : « Capitaine, permission de livrer ? »

« Permission accordée, » répondit Lina, un peu théâtrale.

Inès ajouta : « On revient vivantes. Sauf si le Microbe Timide nous attaque avec une cuillère. »

Quand elles revinrent, deux heures plus tard, leurs cheveux étaient humides et leurs joues roses de froid.

« Livré ! » annonça Nora. « Et on a parlé avec une fille qui s'appelle Samira. Elle a 12 ans aussi. Elle est en traitement, elle vient certains jours. Elle a aimé la carte de la main. Elle a dit que ça faisait “moins discours, plus humain”. »

Maya s'assit près de Lina. « Et tu sais quoi ? Elle a dit qu'elle avait peur que les gens la regardent bizarrement parce qu'elle porte parfois un foulard. On lui a dit que dans notre boîte, il y avait plein de personnages différents, et que personne n'avait besoin de se justifier pour être accepté. Elle a souri, mais un vrai sourire. »

Lina ferma les yeux un instant, heureuse. « Je suis contente. Même depuis la maison, j'ai l'impression d'avoir été là. »

Madame Dumas apporta une tisane légère. « Tu vois, être malade t'a appris quelque chose : ton corps te parle, et les adultes de confiance ne sont pas là pour te gronder, mais pour t'aider à comprendre et à choisir ce qui te fait du bien. »

Lina prit sa tasse. « Je crois que je commence à le croire pour de vrai. Quand tu as pris ma température… c'était simple. Pas effrayant. Juste… utile. »

Madame Dumas hocha la tête. « Exactement. Et la prochaine fois que tu te sens bizarre, tu viendras me le dire plus tôt. »

Lina regarda ses amies, leurs feuilles froissées, leurs feutres encore ouverts, et ce carton vide qui avait transporté un peu de lumière.

« D'accord, » dit-elle. « Je vous le promets. »

Nora se pencha vers elle avec un sourire. « Et nous, on promet de ne pas te mettre au congélateur. Même si Inès insiste. »

« C'était une option scientifique, » protesta Inès.

Lina rit doucement. La pluie avait cessé. Dans la maison, tout semblait à sa place : la fatigue, le repos, l'amitié, et cette confiance qui grandissait, comme une boussole qu'on apprend enfin à lire.

Sans publicité 3 € par mois

Envie d’une lecture sans interruption ? Soutenez Mes Histoires du Soir, retirez toutes les publicités et profitez d’autres avantages inclus dès 3 € par mois.

Voir les forfaits & tarifs
Partager

signaler un problème avec cette histoire

Qu'avez-vous pensé de cette histoire ?

Donnez votre avis en attribuant une note à cette histoire en fonction de ce que vous et/ou votre enfant en avez pensé. Merci par avance !

Merci ! Votre note a été prise en compte !

Le quizz : as-tu bien compris l'histoire ?

Synchronisé
Quand des choses sont en même temps ou bien coordonnées.
Articulant
Dire les mots clairement pour qu'ils soient bien compris.
Exemple
Une chose qui montre comment faire ou comprendre quelque chose.
Raplapla
Être très fatigué et sans énergie.
Scientifique
Personne qui étudie la science ou les choses de façon très précise.
Congélateur
Appareil qui garde les aliments très froids pour les conserver.
Hydroalcoolique
Produit avec de l'alcool et de l'eau, souvent utilisé pour se nettoyer les mains.

Créez une histoire magique et unique pour votre enfant !

Créez en quelques minutes une aventure personnalisée où votre enfant devient le héros. Avec notre outil exclusif, c'est facile, gratuit et divertissant !

Créer une histoire

Téléchargez cette histoire :

Télécharger cette histoire en PDF Télécharger l'e-book (.epub)

À lire ensuite dans Histoires sur la maladie pour 11 à 12 ans

Recevez de nouvelles histoires chaque dimanche soir !

Recevez 7 histoires passionnantes et captivantes, adaptées à l'âge et aux goûts de votre enfant, chaque dimanche à 17h*. C'est gratuit et garanti sans spam !
*E-mail envoyé à 17h, heure de Paris.
Nous n'aimons pas non plus le spam. Ainsi, nous ne vous enverrons que des histoires. Vous pourrez vous désinscrire quand vous le souhaiterez.