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Histoire sur la maladie 11 à 12 ans Lecture 17 min. (1)

Le guide de l’équipe : quand Léo tombe malade

Quand Léo tombe malade pendant un match, ses amis, aidés par l’infirmière, apprennent à agir avec responsabilité et bienveillance pour le soutenir et élaborent un petit guide pour savoir comment réagir face à la maladie.

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Quatre garçons entourent Léo malade dans l’infirmerie scolaire lumineuse : Yanis (~12 ans), cheveux bruns courts, T-shirt bleu, debout à gauche du lit la main sur l’épaule de Léo, regard inquiet mais calme ; Sami (~11 ans), cheveux bouclés noirs, sweat rouge, assis à droite du lit en tenant un dessin coloré, sourire malicieux ; Léo (~12 ans), cheveux châtains, pâle, en pyjama allongé au centre, couverture jusqu’à la taille, petite perfusion/thermomètre à côté, yeux mi-clos et pouce levé faiblement ; Tom (~12 ans), cheveux blonds courts, polo vert, en fauteuil roulant gris au pied du lit, air empathique et protecteur. L’infirmerie a des murs crème et carreaux mint, grande fenêtre avec rideau à rayures, armoire métallique, étagères avec boîtes et flacons, affiches pédagogiques, sol en lino beige et petite table roulante avec instruments visibles ; ambiance chaleureuse et rassurante, lumière dorée filtrant par la fenêtre, expressions attentionnées et gestes de soutien, palette pastel ponctuée de touches vives, composition centrée sur le lit, plans serrés, style art déco aux formes épurées et contours nets. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 — Le match qui s'arrête

Le mercredi après-midi, le gymnase sentait le parquet ciré et les baskets chauffées. Yanis dribblait en faisant claquer le ballon comme un métronome, Sami courait partout comme s'il avait avalé une pile électrique, Léo gardait un œil sur le score, et Tom, en fauteuil roulant, se plaçait près de la ligne pour recevoir des passes rapides. Personne ne faisait de grands discours sur le fauteuil de Tom : il faisait partie de l'équipe, point.

« Passe, passe, passe ! » cria Sami, déjà essoufflé.

Yanis allait envoyer la balle quand Léo ralentit d'un coup. Il se tint le ventre, la tête un peu penchée, et son sourire se froissa.

« Ça va ? » demanda Tom, qui observait toujours les détails.

« Ouais… enfin… j'ai un drôle de tournis. Et j'ai chaud, mais genre trop. »

Sami s'approcha en mode chef d'expédition : « T'as mangé un truc bizarre ? »

Léo secoua la tête. Yanis posa une main sur son épaule, doucement. Il avait ce réflexe-là : vérifier, aider, sans faire de bruit.

« On s'assoit deux minutes, » proposa Yanis. « On boit, on souffle. »

Ils s'installèrent sur le banc. Léo prit une gorgée, mais sa main tremblait un peu. Tom fronça les sourcils.

« T'es tout pâle, là. C'est pas ton style. »

Sami tenta l'humour, parce que le silence le rendait nerveux : « Ça y est, il devient vampire. On doit lui trouver une cape. »

Léo souffla un rire, mais ses yeux restaient fatigués.

Yanis regarda autour : le prof de sport discutait près du matériel. Il se leva.

« Monsieur ? Léo ne se sent pas bien. »

Le prof s'approcha aussitôt, posa le dos de sa main sur le front de Léo, puis le regarda droit dans les yeux.

« On va à l'infirmerie. Vous m'accompagnez tous les trois ? »

Tom leva un pouce. « Évidemment. Et si quelqu'un touche à notre ballon pendant qu'on est partis, c'est une déclaration de guerre. »

Ils suivirent le prof dans le couloir. Le gymnase s'éloigna, remplacé par le bruit doux des pas et des roues de Tom sur le sol lisse.

Chapitre 2 — À l'infirmerie, comme un poste de secours

L'infirmerie avait une odeur de savon et de papier. Sur une étagère, des boîtes alignées semblaient faire la queue comme des élèves disciplinés. L'infirmière, Madame Armand, leva les yeux de son ordinateur.

« Qu'est-ce qui se passe, les garçons ? On dirait que vous avez perdu un trésor. »

Sami pointa Léo. « Notre trésor a des vertiges. »

Madame Armand sourit, puis se concentra. Elle fit asseoir Léo, lui donna un verre d'eau, et sortit un petit appareil.

« Je vais prendre ta température et vérifier quelques trucs. Rien de douloureux, promis. »

Léo hocha la tête. Yanis resta près de lui, sans coller, juste présent. Tom se plaça à côté, comme un gardien tranquille.

Madame Armand expliquait en même temps qu'elle agissait, comme si elle leur donnait un cours secret :

« La fièvre, c'est souvent le corps qui se défend. Il se met en mode “on chauffe pour ralentir les microbes”. Mais il faut surveiller, pour que ça ne fatigue pas trop. »

Sami fit une grimace. « Donc les microbes n'aiment pas les spas ? »

« Disons que le corps transforme un peu l'intérieur en salle de sport pour système immunitaire, » répondit-elle.

La température s'afficha. Léo avait de la fièvre.

« Tu as mal quelque part ? Gorge ? Tête ? »

« La tête un peu, et j'ai l'impression d'avoir couru un marathon… sauf que j'ai juste couru dix secondes. »

Madame Armand nota tout, puis prit une petite bandelette et un boîtier.

« Je vais aussi contrôler ton taux de sucre, juste pour vérifier, » dit-elle.

Sami écarquilla les yeux. « Avec une piqûre ? »

« Une mini-piqûre au bout du doigt. Ça pique comme un moustique pressé. »

Léo fit une moue courageuse. Yanis serra les dents pour lui, comme si le courage était contagieux. La piqûre fut rapide, et Léo souffla.

« Voilà. Tu as été nickel, » dit Madame Armand. « Ton taux est correct. On va appeler tes parents, et tu vas rentrer te reposer. »

Tom demanda, curieux : « Madame, comment vous savez quoi faire, vous ? Vous avez une sorte de guide secret ? »

Madame Armand rit. « J'ai une formation, de l'expérience, et surtout… je pose des questions et j'observe. En santé, on fait rarement “au hasard”. On cherche des indices. »

Yanis, lui, avait déjà mille questions dans la tête : « Et quand c'est plus grave ? »

L'infirmière répondit doucement : « Alors on oriente vers le médecin, ou vers l'hôpital. L'important, c'est de ne pas rester seul avec un doute. »

Léo, un peu honteux, murmura : « Désolé, je vous ai gâché le match… »

« Hé, » dit Sami, « le match peut attendre. Toi, t'as un duel contre des microbes. C'est plus épique. »

Yanis ajouta : « Et on est dans ton équipe. »

Léo sourit, cette fois pour de vrai.

Chapitre 3 — Une visite et des métiers qui soignent

Le lendemain, Léo n'était pas en cours. Yanis avait proposé qu'ils lui déposent les devoirs, mais aussi un petit paquet : une bouteille d'eau, des fruits, et un dessin de Sami représentant un microbe avec des gants de boxe. Tom avait écrit en dessous : « Attention, Léo a le crochet immunitaire. »

Quand ils arrivèrent chez Léo, sa mère leur ouvrit avec un air fatigué mais reconnaissant.

« Merci d'être passés. Il dort un peu. Le médecin pense que c'est un virus. Repos, boire, surveiller. »

Dans la chambre, Léo était emmitouflé. Il leva un pouce en les voyant.

« Vous avez raté le meilleur match de votre vie, » chuchota-t-il, voix râpeuse.

« On a gagné par forfait contre… la tristesse, » répondit Sami, pas très sûr de sa phrase mais déterminé.

Yanis posa les devoirs sur le bureau.

« Madame Armand a expliqué plein de trucs. Elle a vérifié ta température, ton sucre… »

Léo cligna des yeux. « Elle est trop forte. Elle fait ça tout le temps ? »

Tom roula légèrement pour se rapprocher. « Justement, on se demandait. Il y a combien de métiers qui soignent ? Parce que là, entre l'infirmière, le médecin… on est déjà perdus. »

La mère de Léo sourit : « Beaucoup. Le médecin diagnostique, l'infirmier ou l'infirmière surveille et accompagne, le pharmacien prépare et conseille, le kiné aide à bouger mieux, le laboratoire analyse… et il y a aussi des métiers moins connus, comme manipulateur radio, psychologue, ou même… brancardier. »

Sami leva la main comme en classe : « Et le brancardier, il fait quoi ? Il porte des gens comme des super-héros ? »

« Il transporte les patients en sécurité, et il rassure beaucoup, » répondit-elle. « Dans un hôpital, rassurer, c'est déjà soigner un peu. »

Yanis regarda Léo, puis la carafe d'eau sur sa table.

« Et nous, on peut aider comment ? »

La mère de Léo répondit simplement : « En respectant le repos, en envoyant des messages gentils, en ne faisant pas paniquer. Et en se lavant les mains. »

Sami fit semblant d'être choqué : « On doit se laver… les mains ? Même quand on a “juste” joué au basket ? »

Tom le fixa : « Surtout quand tu as touché la rampe de l'escalier et trois poignées de porte, Monsieur Microbe-Touriste. »

Ils rirent doucement pour ne pas réveiller Léo. Puis Yanis, plus sérieux, demanda :

« Ça vous dirait qu'on prépare un petit guide pour la classe ? Sur comment réagir quand quelqu'un est malade. Pas un truc qui fait peur. Un truc utile. »

Tom hocha la tête. « Un guide de survie : niveau 1, virus; niveau 2, devoirs; niveau 3… Sami. »

« Hé ! » protesta Sami, mais il souriait.

Léo murmura : « Faites-le. Comme ça, quand je reviens, je pourrai dire que j'ai contribué… en dormant. »

Chapitre 4 — Le couloir des questions

Le vendredi, Madame Armand accepta de les voir pendant la pause, à condition qu'ils ne transforment pas l'infirmerie en plateau de talk-show.

« Promis, » dit Sami, « pas de public, pas de popcorn. »

Ils arrivèrent avec un carnet et un stylo. Yanis avait écrit en haut : “Comment aider sans compliquer ?” Tom avait ajouté en petit : “Et sans devenir insupportable”.

Madame Armand s'installa et leur posa une question :

« D'abord, qu'est-ce que vous avez déjà bien fait mercredi ? »

Yanis réfléchit. « On a prévenu un adulte. On n'a pas essayé de jouer au docteur. »

Tom compléta : « On est restés avec lui. On l'a pas laissé tout seul. »

Sami ajouta, fier : « Et j'ai fait une blague. Bon… pas parfaite. Mais une blague. »

« Les blagues, si elles respectent la personne, ça aide à respirer, » valida l'infirmière. « Et c'est important. Maintenant, dans votre guide, mettez des choses concrètes. Par exemple : proposer de l'eau, aider à s'asseoir, demander “tu veux que j'aille chercher quelqu'un ?”, et surtout… écouter la réponse. »

Yanis demanda : « Et quand on a peur, même si on ne veut pas le montrer ? »

Madame Armand posa son stylo. « La peur, c'est normal. La responsabilité, c'est de la transformer en actions utiles. On respire, on demande de l'aide, on ne dramatise pas. On ne fait pas courir des rumeurs du genre “il a un truc grave”. On dit : “il ne se sent pas bien, l'infirmière s'en occupe.” »

Tom leva la main : « Et si la personne dit “ça va”, mais on voit que non ? »

« On peut dire : “Je te crois, mais je suis inquiet. Je préfère qu'on vérifie.” Ce n'est pas trahir un ami. C'est le protéger. »

Sami écrivit “protéger ≠ trahir” avec application, comme si c'était une formule magique.

Yanis, curieux, demanda encore : « Vous avez choisi ce métier pourquoi ? »

Madame Armand sourit, un peu surprise.

« Parce que j'aime quand une personne arrive inquiète et repart plus calme. Je ne peux pas tout guérir, mais je peux accompagner. Et puis… je suis curieuse, moi aussi. Le corps humain, c'est un livre qui parle avec des signes. »

Tom murmura : « Un livre qui a parfois des pages froissées. »

Madame Armand approuva. « Exactement. Et on apprend à les lisser doucement. »

Avant de partir, elle leur donna une liste courte à afficher en classe :

1) Se laver les mains régulièrement.

2) Boire et manger équilibré.

3) Dormir assez.

4) Dire à un adulte si quelqu'un ne va pas bien.

5) Soutenir sans envahir.

Sami lut le point 5 à voix haute : « Soutenir sans envahir… Ça veut dire pas envoyer cinquante messages “ça va ???” toutes les deux minutes ? »

« C'est ça, » répondit Madame Armand en riant. « Un message doux vaut mieux qu'un interrogatoire. »

Chapitre 5 — Le guide de l'équipe et le retour de Léo

Le lundi suivant, Léo revint en cours. Il avait l'air encore un peu fragile, mais ses yeux pétillaient. Quand il entra, Sami se leva comme un présentateur :

« Mesdames et messieurs, voici… l'homme qui a survécu au microbe boxeur ! »

Léo leva les mains : « Je remercie mon lit, ma tisane et… ma mère. »

Tom lui tendit une feuille. « On a un truc pour toi. Le “Guide de l'équipe”. »

Sur la feuille, il y avait des phrases simples, des dessins, et même une mini-bande dessinée de Sami : un microbe glissait sur une main savonnée comme sur une peau de banane.

Yanis prit la parole, un peu nerveux mais décidé :

« On l'a fait parce que… quand tu t'es senti mal, on a compris qu'aider, ce n'est pas juste dire “courage”. C'est faire les bons gestes. Et c'est aussi éviter de raconter n'importe quoi. »

Léo lut, puis releva la tête. « C'est… vraiment bien. Vous avez écrit “Demander l'accord avant de toucher”. Trop vrai. Quand j'étais malade, même une tape sur l'épaule me fatiguait. »

Sami fit mine de noter : « Donc, prochaine fois, je tape dans l'air. High-five invisible. »

En classe, leur professeur principal accepta qu'ils présentent le guide. Pas comme une leçon triste, mais comme une préparation utile.

Yanis expliqua les points calmement, Tom ajouta des exemples, et Sami glissa deux blagues autorisées pour que tout le monde reste attentif. Léo, lui, conclut :

« Quand on est malade, on a besoin de repos. Mais aussi de se sentir normal. Merci de ne pas m'avoir traité comme un bébé. Juste comme… Léo. »

Il y eut un petit silence, puis plusieurs “ouais” sincères. Ça fit du bien, comme une fenêtre ouverte.

À la récréation, ils se retrouvèrent dehors. L'air était frais, le ciel clair. Léo s'assit sur un banc.

« Je peux pas courir encore, » admit-il.

Yanis répondit : « Alors on adapte. On peut jouer au panier en passes lentes. Et on se relaie. »

Tom sourit. « Bienvenue dans ma spécialité : le jeu où personne ne se moque de personne, sinon je confisque la balle. »

Sami leva les mains : « D'accord, chef. »

Ils jouèrent tranquillement. Pas de record, pas de cris inutiles. Juste le bruit rassurant du ballon et des rires qui ne tiraient sur personne.

Plus tard, quand le soleil commença à descendre, Yanis rentra chez lui en pensant aux métiers qui soignent : ceux qui prennent la température, ceux qui écoutent, ceux qui transportent, ceux qui expliquent. Il se dit que, sans blouse et sans diplôme, on pouvait déjà apprendre quelque chose d'essentiel : être responsable, c'était prendre soin des autres sans faire semblant d'être un héros.

Le soir, Léo envoya un message dans leur groupe :

« Merci les gars. Je me sens mieux. Et je vais dormir tôt, comme un vieux sage. »

Sami répondit :

« Les vieux sages mangent aussi des compotes. Respecte la tradition. »

Tom ajouta :

« Et bois de l'eau. Sinon je débarque avec une carafe. »

Yanis termina :

« Repos. On gère le reste. Bonne nuit. »

Dans le silence de leurs chambres, chacun sentit une même chose, douce et solide : l'espoir n'avait pas besoin de faire du bruit pour durer. Et demain, ils auraient encore des questions, des matches, des devoirs… mais aussi cette certitude tranquille qu'ensemble, ils sauraient faire les bons gestes.

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Gymnase
Grande salle avec un sol adapté pour faire du sport à l'école.
Parquet ciré
Sol en bois poli et luisant, souvent dans les salles de sport.
Fauteuil roulant
Chaise à roues qui permet à une personne de se déplacer assise.
Infirmerie
Salle à l'école où l'on soigne ou repose un élève malade.
Infirmière
Personne qui aide à soigner, surveiller et rassurer les malades.
Fièvre
État où la température du corps est plus chaude que d'habitude.
Taux de sucre
Mesure de la quantité de sucre dans le sang d'une personne.
Pharmacien
Personne qui prépare et conseille les médicaments à la pharmacie.
Kiné
Abréviation de kinésithérapeute, qui aide à bouger et à récupérer.
Manipulateur radio
Personne qui réalise des images du corps avec des appareils radio.
Psychologue
Personne qui écoute et aide quand on a des problèmes dans la tête.
Brancardier
Personne qui transporte les malades sur un brancard à l'hôpital.

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