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Histoire sur Pâques 11 à 12 ans Lecture 20 min.

La chasse aux œufs du printemps et la pochette à trésors

Loupiot, un petit loup serviable, trouve des indices cachés dans sa guirlande de printemps et, avec ses amis de la forêt, suit des énigmes entre cloches et cascades pour découvrir un trésor mystérieux.

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Loupiot, petit loup gris aux yeux doux, sourit en tenant une pochette en tissu beige nouée; Carambole, jeune lapin blanc aux grandes oreilles roses, accroupi à gauche, tend une patte; Filou, renard roux au museau fin, assis à droite, semble malicieux; Mousse-Lune, chouette ronde aux plumes grises et yeux ambrés, posée sur une racine devant eux, déploie légèrement une aile vers la pochette ouverte d'où s'échappe une lumière chaude révélant un œuf en chocolat brisé, un sachet de graines colorées, une plume irisée et une clochette en bois; en arrière-plan, le Vieux Chêne au tronc large et à l'écorce gravée de motifs, racines moussus et cavités en papier découpé, le tout dans des couleurs printanières vives (verts tendres, mauves, ors), textures de papier superposées et ombres douces, créant une atmosphère enfantine de partage et de découverte. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 : La guirlande de printemps

Le petit loup s'appelait Loupiot, et il avait une qualité rare : on pouvait compter sur lui comme sur le retour du soleil après la pluie. Ce matin-là, la clairière brillait d'un vert tout neuf. Les bourgeons craquaient doucement, les primevères faisaient des taches de beurre sur l'herbe, et l'air sentait la mousse tiède.

Pâques approchait, et tout le monde dans la forêt préparait la grande chasse aux œufs. Pas des œufs ordinaires : des œufs en chocolat, bien sûr, mais aussi des œufs peints avec des pigments de baies, des œufs en bois gravés, et même des œufs de sucre qui craquaient comme de la neige sous la dent.

Loupiot, lui, avait reçu une mission importante : composer une guirlande de printemps pour décorer l'entrée du Terrier-Commun, là où les animaux se retrouvaient pour organiser les jeux. Il avait rassemblé un tas de fleurs sur une pierre plate : des pâquerettes, des violettes, des anémones, et quelques brins de lierre pour faire tenir le tout.

— D'accord, marmonna-t-il en se léchant le bout du museau, on fait simple, solide et joli.

Il tressa un premier cercle, puis un deuxième, en laissant dépasser quelques pétales comme des flammes colorées. Son oreille frémissait à chaque bruit : le coucou au loin, le froissement d'un écureuil dans les branches, le rire sec d'un pic-vert.

Au moment où il glissa deux fleurs l'une contre l'autre — une anémone blanche et une violette sombre — quelque chose accrocha sa griffe. Un petit papier plié, coincé comme un secret entre les pétales.

Loupiot pencha la tête.

— Tiens donc… Une fleur qui lit?

Il déplia délicatement l'indice. Les lettres, tracées à l'encre de mûre, formaient une phrase courte :

« Là où le vent chatouille les cloches, cherche la couleur qui n'existe pas. »

Loupiot cligna des yeux. Des cloches? Dans la forêt, il y en avait… des campanules, des fleurs en forme de cloche. Et une couleur qui n'existe pas?

— Ça sent la chasse spéciale, souffla-t-il. Et pas seulement aux œufs.

Il replia le papier et le glissa sous le lierre, dans un coin sûr de la guirlande. Son cœur battait plus vite, comme s'il avait avalé un tambour miniature.

Chapitre 2 : Les cloches du vent

Loupiot porta la guirlande jusqu'au Terrier-Commun, mais au lieu de l'accrocher tout de suite, il appela ses amis. Sans humains, la forêt avait ses propres voix : la malice d'un renard, la sagesse d'une chouette, l'énergie d'un lapin.

Le premier à surgir fut Carambole, un jeune lapin aux oreilles trop grandes pour son corps, qui bondissait comme une balle.

— Loupiot! Ça sent le chocolat d'ici! Tu as déjà trouvé un œuf?

— Pas encore. Mais j'ai trouvé mieux. Regarde.

Loupiot montra le message. Carambole plissa le nez.

« La couleur qui n'existe pas »… Comme… le goût du bleu?

— Ça n'aide pas, soupira Loupiot, mais j'aime l'idée.

Une ombre douce glissa au-dessus d'eux : Mousse-Lune, la chouette, se posa sur une branche basse. Ses yeux ambrés semblaient lire dans les pensées.

— Les couleurs qui n'existent pas, murmura-t-elle, ce sont souvent celles qu'on ne voit pas… mais qu'on devine.

— Comme les reflets? proposa Loupiot.

Un renard roux, Filou, arriva en trottinant, la queue en panache. Il avait l'air de sourire même quand il ne souriait pas.

— Des cloches? Facile. Il y a une pente de campanules près du ruisseau. Le vent y fait un bruit de fête. Et si quelqu'un a caché un indice, c'est là. On y va?

Loupiot hocha la tête.

— Oui, mais ensemble. On ne va pas courir chacun dans son coin. Si c'est une chasse, on coopère.

Carambole leva une patte comme s'il jurait sur une carotte invisible.

— Promis! Coopération maximum! Enfin… sauf si je vois du chocolat, là je coopère avec ma bouche.

Ils partirent en file, évitant les flaques et les racines. Le soleil jouait à travers les feuilles, dessinant des écailles dorées sur le dos de Loupiot. Au bord du ruisseau, la pente de campanules était bien là : des centaines de petites cloches mauves et bleutées, frémissant au moindre souffle. Quand le vent passait, on aurait dit un carillon secret.

Filou pencha la tête.

« Là où le vent chatouille les cloches »… On y est.

Loupiot s'approcha, renifla. L'odeur des fleurs était fraîche, presque sucrée. Il chercha « la couleur qui n'existe pas ». Il fixa les campanules : mauve, bleu, violet… Rien d'impossible.

Mousse-Lune ouvrit une aile et la posa sur une campanule. Au même instant, une lueur glissa sur le pétale, comme une goutte de lune.

— Regardez, dit-elle doucement. Entre l'ombre et la lumière… il y a un fil.

Et, juste là, sur une tige, un minuscule ruban semblait changer de teinte selon l'angle : tantôt vert, tantôt rose, tantôt argent. Une couleur qui n'existait pas vraiment, mais qui apparaissait quand on la surprenait.

Carambole siffla.

— Wow. On dirait la couleur d'un secret.

Loupiot tira doucement sur le ruban. Un second papier était attaché, roulé si serré qu'il ressemblait à un ver de terre en vacances.

Il le déroula.

« Si vous voulez les œufs du printemps, suivez le rire de l'eau. Mais attention : le chemin s'ouvre à plusieurs pattes. »

Filou ricana.

— Plusieurs pattes… Ça nous concerne.

— Donc, on continue ensemble, confirma Loupiot. Et on écoute l'eau rire.

Chapitre 3 : Le rire de l'eau

Ils suivirent le ruisseau, qui sautillait entre les pierres. Par moments, il gloussait en faisant des bulles, comme si quelqu'un lui racontait une blague.

— L'eau a un humour simple, observa Filou. Elle rit dès qu'elle tombe.

— Moi aussi, dit Carambole. Je ris dès que je tombe… sauf quand ça fait mal.

Loupiot marchait en tête, prudent. Il était fiable, mais pas peureux : il savait juste que les surprises sont plus gentilles quand on les aborde avec attention.

Au bout d'un moment, le ruisseau s'élargit et forma une petite cascade. L'eau tombait en rubans transparents, et le bruit ressemblait à un rire qui rebondit.

Derrière le rideau d'eau, on distinguait une cavité sombre.

— Une grotte? murmura Loupiot. Ou un passage.

Mousse-Lune fit claquer doucement son bec.

« Le chemin s'ouvre à plusieurs pattes. » Peut-être un mécanisme. Ou une énigme.

Carambole s'approcha de la cascade, tendit une patte, puis la retira aussitôt.

— Froide! Très froide! Mon courage vient de rétrécir.

Loupiot regarda autour : sur la roche, il y avait des creux, comme des empreintes sculptées : une patte de loup, une patte de lapin, une patte de renard, et… une empreinte d'aile? Non, plutôt une forme de plume.

— Ça, c'est clair, dit Loupiot. On doit poser chacun notre patte… ou notre aile… ici.

Filou posa sa patte dans l'empreinte du renard.

— Évidemment, la plus élégante.

Carambole prit la sienne, en soufflant comme s'il soulevait un rocher.

— Pour le chocolat. Pour le chocolat.

Loupiot posa sa patte dans l'empreinte du loup, solide, bien calée. Mousse-Lune déploya une aile et pressa la plume sculptée.

Pendant une seconde, rien. Puis la roche vibra, comme si elle se réveillait. Le rideau d'eau se sépara en deux, s'ouvrant juste assez pour laisser passer une file d'animaux.

Carambole eut un hoquet d'admiration.

— On a… ouvert l'eau!

— Plutôt la pierre qui guide l'eau, corrigea Mousse-Lune. La forêt aime les jeux anciens.

Ils passèrent derrière la cascade. La cavité menait à un tunnel court, tapissé de lichen lumineux. Des points verts brillaient comme des lucioles collées au mur. Au bout, une petite salle ronde s'ouvrait, et au centre… une table de pierre couverte de coquilles d'œufs peintes.

Mais ces coquilles n'étaient pas vides. Elles vibraient légèrement, comme si quelque chose dedans respirait.

Loupiot s'approcha. Sur la table, un troisième message attendait, coincé sous une coquille rayée.

« Bravo. La coopération fait pousser la magie. Pour trouver le vrai panier, cherchez la guirlande qui manque un printemps. »

Loupiot se figea.

— La guirlande… c'est la mienne.

Filou remua les moustaches.

« Qui manque un printemps »… Qu'est-ce que ça veut dire? Une guirlande qui n'a pas assez de fleurs?

Carambole regarda Loupiot, soudain sérieux.

— Ou une guirlande à qui il manque… quelque chose. Comme un indice caché dedans.

Loupiot pensa au premier papier, glissé entre deux fleurs, et au lierre qui le cachait.

— On retourne au Terrier-Commun, dit-il. Il faut finir la guirlande. Et la comprendre.

Chapitre 4 : La guirlande qui manque un printemps

Ils revinrent au Terrier-Commun au pas de course. Les arbres semblaient applaudir avec leurs feuilles. Sur le chemin, ils croisèrent une bande de mésanges qui transportaient des brins de laine pour un nid, et un blaireau qui roulait un œuf en bois comme un trésor.

— Hé! lança le blaireau. Si vous trouvez un œuf à pois, il est à moi! Je l'ai… perdu volontairement!

Carambole répondit :

— Bien sûr! Et moi, j'ai perdu volontairement ma dernière carotte dans mon ventre!

Au Terrier-Commun, Loupiot posa la guirlande sur une souche. Il la fixa comme si c'était une carte au trésor. Elle était belle, oui. Mais « il manque un printemps »… ça sonnait comme une phrase bizarre.

Mousse-Lune s'approcha, attentive.

— Un printemps, ce n'est pas seulement des fleurs. C'est aussi… le mouvement, la sève, l'élan.

Filou fit le tour de la guirlande.

— Peut-être qu'elle doit être suspendue. Les guirlandes, ça danse.

Loupiot cligna des yeux.

— Danser… Oui. Si le vent la bouge, peut-être qu'elle révèle quelque chose.

Ils l'attachèrent à deux branches basses, juste devant l'entrée du terrier, de façon qu'elle forme une arche. Le vent souffla légèrement. Les fleurs frémirent, et le lierre glissa comme un serpent paresseux.

Et là, un détail apparut : entre deux nœuds, un espace restait vide, comme si une fleur aurait dû s'y trouver. Un trou de printemps.

Carambole pointa une oreille.

— Ici! Ça manque d'une fleur… ou d'un œuf.

Loupiot approcha le museau. Dans l'espace vide, il y avait une petite fente, presque invisible, comme un minuscule tiroir taillé dans une branche.

— Aide-moi, dit-il.

Filou et Carambole maintinrent la guirlande stable. Mousse-Lune éclaira avec ses yeux brillants. Loupiot glissa une griffe, tira doucement. Un petit compartiment s'ouvrit, et un objet tomba dans sa patte : une clé en bois, légère, gravée de motifs de coquilles et de feuilles.

Accrochée à la clé, une étiquette : « Pour la pochette à trésors. »

Carambole fit un petit bond.

— Pochette à trésors! Ça sonne très bien. Beaucoup mieux que “pochette à épinards”.

Loupiot sourit.

— On n'a pas encore fini. Il doit y avoir une serrure, quelque part.

Un nouveau papier, plié en triangle, était coincé dans le tiroir.

« La pochette attend sous l'arbre qui se souvient de tous les printemps. Laissez un œuf en échange. Un vrai trésor respecte toujours le partage. »

— L'arbre qui se souvient…, répéta Loupiot. Le Vieux Chêne des Saisons.

Tout le monde dans la forêt connaissait cet arbre. On disait que sa grosse écorce gardait le bruit des anciens rires, et que ses racines avaient touché des hivers si froids qu'elles en parlaient encore.

— Et il faut laisser un œuf en échange, ajouta Mousse-Lune. Donc on ne prend pas juste. On donne aussi.

Filou hocha la tête, plus sérieux qu'à l'habitude.

— D'accord. On joue franc jeu.

Carambole renifla.

— Mais… on laisse quel œuf? Si on en trouve un super bon?

Loupiot posa une patte sur l'épaule du lapin.

— On choisira ensemble. La coopération, ce n'est pas seulement pour ouvrir des passages. C'est aussi pour décider.

Chapitre 5 : Le Vieux Chêne des Saisons

Ils traversèrent une partie de la forêt plus ancienne. Le sol y était moelleux comme un tapis. Des champignons ronds poussaient près des souches, et des fougères déployaient leurs frondes comme des éventails.

Au loin, le Vieux Chêne des Saisons se dressait. Son tronc était si large qu'on aurait dit une petite colline en bois. Ses branches partaient dans tous les sens, comme des chemins dans le ciel.

En approchant, Loupiot sentit quelque chose dans l'air : une sorte de frisson joyeux, comme quand on ouvre un paquet sans savoir ce qu'il y a dedans.

Au pied du chêne, entre deux racines, une petite cavité formait une niche. Elle était recouverte de mousse, et au centre, on voyait une serrure minuscule.

— La clé, souffla Loupiot.

Mais avant d'ouvrir, ils avaient une autre mission : trouver un œuf à offrir en échange.

Carambole fouilla près des racines.

— Rien ici. À part une limace qui me juge.

Filou inspecta un tas de feuilles.

— J'ai trouvé… un œuf! Enfin, non. C'est un caillou très convaincant.

Mousse-Lune regarda autour d'elle sans bouger, comme si ses yeux pouvaient toucher les choses.

— L'échange demande un œuf. La forêt en a caché beaucoup aujourd'hui. Il doit y en avoir un proche.

Loupiot se souvint soudain de la salle derrière la cascade : les coquilles peintes qui vibraient. Peut-être étaient-elles des œufs particuliers, des œufs destinés à être donnés, pas mangés.

— On a besoin d'un œuf qui compte, dit-il. Pas seulement délicieux.

Carambole leva une oreille.

— Je peux offrir un œuf en bois. Ça se mange mal, mais ça dure.

Filou eut un petit rire.

— Pour une fois, ce n'est pas une mauvaise idée.

Ils revinrent vite vers la cascade, prirent un œuf en bois gravé — un œuf simple, avec un dessin de feuille et de rivière — et le rapportèrent au chêne. Loupiot le posa doucement dans la niche, comme on pose une promesse.

— Voilà, dit-il. On échange.

Il inséra la clé. Un petit clic retentit, net comme une goutte qui tombe dans une mare. La mousse glissa de côté, révélant une fente plus large. Loupiot tira… et sortit une pochette en tissu, cousue avec du fil doré. Elle sentait la lavande sauvage et le chocolat lointain.

Carambole ouvrit grand les yeux.

— La pochette à trésors… Elle est vraie!

Mousse-Lune inclina la tête.

— Ouvrez-la ensemble.

Chapitre 6 : La pochette à trésors

Loupiot posa la pochette au milieu, sur une racine plate. Ils se rapprochèrent, comme autour d'un feu invisible. Filou retint sa queue pour ne pas tout renverser. Carambole se mordit la lèvre, concentré.

Loupiot défit le petit nœud. Le tissu s'ouvrit en silence, et une lumière douce en sortit, pas aveuglante — plutôt comme un matin de printemps.

À l'intérieur, il n'y avait pas une montagne de pièces, ni une couronne, ni un diamant géant. Il y avait mieux : un assortiment de petits trésors de Pâques, choisis avec soin.

Un œuf en chocolat, énorme, décoré de spirales colorées. Un sachet de graines de fleurs à planter après la fête. Une plume irisée, pareille au ruban « impossible » des campanules. Une petite clochette en bois qui, quand on la secouait, faisait un tintement léger, comme un rire d'eau. Et enfin… un petit carnet, aux pages blanches, avec ces mots sur la couverture :

« Trésors partagés = printemps doublé. »

Carambole avala sa salive.

— Je propose qu'on coopère avec l'œuf en chocolat. C'est-à-dire… qu'on le partage.

Filou fit mine de réfléchir très fort.

— Je suis prêt à souffrir pour le bien commun. Donnez-moi une énorme part.

Mousse-Lune posa une aile entre eux, paisible.

— Partager, ce n'est pas compter les miettes. C'est faire en sorte que chacun se sente invité.

Loupiot hocha la tête. Il prit l'œuf en chocolat, le posa sur une pierre et, avec une petite pierre plate, donna un coup précis. L'œuf se fendit en morceaux nets. L'odeur du cacao monta comme une musique.

— Un pour toi, Carambole. Un pour toi, Filou. Un pour toi, Mousse-Lune. Et un pour moi. Égaux, dit Loupiot. Parce que sans vous, je n'aurais rien ouvert.

Carambole mâcha lentement, les yeux mi-clos.

— C'est… le goût de la victoire et du printemps.

Filou, la bouche pleine, réussit quand même à parler :

— Mmpf… c'est le goût… de “refaisons ça l'an prochain”.

Mousse-Lune ne mangea qu'un petit morceau, puis montra le sachet de graines.

— Ces graines, c'est un trésor qui pousse. Plantons-les près du Terrier-Commun. La guirlande sera encore plus belle l'année prochaine.

— Bonne idée, approuva Loupiot. Et la clochette?

Il la secoua. Le tintement s'envola et, pendant une seconde, les feuilles du chêne frémirent comme si l'arbre riait lui aussi.

Loupiot ouvrit le carnet. Sur la première page, une phrase était écrite, comme une dernière énigme devenue une réponse :

« Les plus grands trésors se cachent là où les amis se tiennent côte à côte. »

Loupiot referma doucement la pochette, la noua, puis la leva.

— On la garde au Terrier-Commun, proposa-t-il. Pour y mettre d'autres trésors : des messages, des idées de jeux, des graines, des souvenirs. Pas pour posséder, mais pour partager.

Carambole leva ses deux pattes.

— Oui! Et on y mettra aussi… des recettes de chocolat.

Filou ricana.

— Voilà un trésor très sérieux.

Ils repartirent vers la clairière, la pochette à trésors bien serrée contre le flanc de Loupiot. Le soleil était plus haut, la forêt plus bruyante, et déjà, au loin, on entendait des exclamations : des animaux avaient commencé la chasse aux œufs.

Sous l'arche de la guirlande de printemps, Loupiot sentit une joie simple, lumineuse, qui faisait pétiller ses pensées.

Cette année, Pâques avait offert des couleurs, des énigmes, un passage derrière une cascade… et surtout, une preuve : quand plusieurs pattes avancent ensemble, même la magie devient facile à trouver.

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Clairière
Espace dégagé dans la forêt où la lumière du soleil arrive facilement.
Bourgeons
Petites pousses sur une plante qui vont devenir feuilles ou fleurs.
Primevères
Fleurs de printemps, souvent jaunes ou roses, qui poussent près du sol.
Mousse
Plante verte et douce qui couvre le sol ou les roches dans les endroits humides.
Guirlande
Suite d'objets attachés entre eux pour décorer, souvent de fleurs ou de tissu.
Pétales
Chacune des parties colorées qui forment la fleur.
Campanules
Fleurs en forme de petites cloches qui bougent quand le vent souffle.
Ruban
Bande de tissu étroite utilisée pour attacher ou décorer.
Cavité
Vide ou creux à l'intérieur d'une pierre, d'un arbre ou du sol.
Lichen
Petit organisme gris ou vert qui colonise les roches et les troncs d'arbres.
Coquille
Enveloppe dure qui protège un œuf ou un objet fragile.
écorce
Peau extérieure d'un arbre qui le protège.
Sève
Liquide qui circule dans les plantes et transporte la nourriture et l'eau.
Empreintes
Marques laissées par les pattes ou les pieds sur le sol ou une surface.
Pochette
Petit sac ou étui pour ranger des objets importants ou précieux.
Coopération
Action de travailler ou d'agir ensemble pour atteindre un même but.

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