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Histoire rigolote du royaume enchanté 7 à 8 ans Lecture 22 min.

La clairière des merci et la liste magique de la princesse Lila

La princesse Lila part avec ses amis à la Clairière des Merci pour envoyer des invitations et remercier les habitants du royaume, découvrant en chemin des personnages merveilleux et des surprises enchantées.

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Princesse Lila, souriante et malicieuse, robe pastel à poches, tamponne une grande feuille de parchemin dorée sur une table en bois; Pépito, garçon d’environ 10 ans au chapeau trop grand, tient un gros gâteau et observe émerveillé derrière elle; Fée Marjolaine, cheveux blonds, vole à gauche en faisant tournoyer des paillettes autour d’une enveloppe en forme de croissant; Dragon Fripon, écailles vert-menthe, souffle une bulle de savon translucide à droite; Madame Trille, vieille sorcière bienveillante au chapeau pointu, pousse une marmite fumante sur une brouette; lieu : Clairière des Merci, herbe veloutée et cercle de tilleuls en fleurs, table dressée avec tasses et enveloppes volantes; scène animée et chaleureuse, rires, bulles, fleurs et paillettes flottent, lumière douce de fin d’après-midi, composition centrée sur la table et le parchemin. signaler un problème avec cette image

Il était une fois, dans le royaume enchanté de Chuchotis-Joli, un château si blanc qu'on aurait dit une meringue géante posée sur une colline. Les drapeaux claquaient au vent comme des rubans de fête, les fontaines chantaient des “ploc-ploc” en rythme, et même les pigeons faisaient des révérences, parce qu'ici, tout le monde aimait bien faire le joli.

La princesse s'appelait Lila. Elle avait des boucles brunes qui sautaient comme des ressorts et un rire qui arrivait souvent avant elle. Lila était une princesse, oui, mais pas du genre à rester assise en attendant qu'un événement tombe du ciel. Elle avait un esprit libre, des idées dans les poches, et une petite habitude: faire des listes.

Des listes de choses à goûter. Des listes de chansons à chanter. Des listes de “gens à remercier très fort”.

Ce matin-là, elle s'était installée sur le rebord de la fenêtre, une plume à la main, un parchemin sur les genoux, et un biscuit au miel dans la bouche.

“Je décrète,” annonça-t-elle au miroir, qui était un miroir magique un peu grognon, “que je vais organiser… la plus rigolote des grandes rencontres du royaume!”

Le miroir fit apparaître une moustache sur son propre reflet, juste pour l'embêter.

“Très bien, Majesté Mademoiselle,” répondit-il. “Et qui vas-tu inviter? Les nuages? Les grenouilles? Ta collection de chaussettes dépareillées?”

“Justement!” dit Lila en avalant son biscuit. “Je vais faire une liste d'invités. Une vraie, une belle, une… listissime.”

Elle écrivit en gros:

1) La fée Marjolaine, parce que ses sorts sentent la confiture.

2) Sir Boulard, le chevalier qui éternue quand il est fier.

3) Madame Trille, la sorcière gentille qui fait bouillir des soupes qui racontent des blagues.

4) Le dragon Fripon, qui ne crache pas du feu, mais des bulles de savon.

Elle s'arrêta, posa sa plume, et regarda le parchemin avec un air sérieux.

“Il manque quelqu'un,” murmura-t-elle.

Le miroir fit disparaître sa moustache et cligna comme un œil.

“Peut-être… ceux qui font marcher le royaume sans qu'on les regarde?”

Lila tapota sa joue. Elle pensa à la boulangère qui lui glissait toujours un croissant en forme d'étoile. Au jardinier qui parlait aux roses comme à des bébés. Aux lavandières qui chantaient tellement fort que le linge semblait danser.

“Oui!” s'écria Lila. “Une liste d'invités… de gratitude!”

Elle écrivit encore, avec de plus en plus de noms, jusqu'à ce que la liste ressemble à une petite rivière de mots.

À ce moment-là, un petit bruit de “toc-toc” se fit entendre. C'était Pépito, le page du château, qui portait toujours un chapeau trop grand. Il entra en trébuchant sur sa propre cape.

“Princesse Lila! J'ai une nouvelle… euh… une nouvelle qui s'est assise sur moi!”

“Comment ça?” demanda Lila.

Pépito montra sa poche. Une enveloppe brillait, et on entendait un minuscule rire dedans.

“Une lettre magique,” dit-il. “Elle rigole toute seule.”

Lila ouvrit l'enveloppe. Une poussière dorée s'envola et forma des mots dans l'air:

“Chère Princesse Lila,

Ta liste est belle, mais elle manque d'un endroit.

Les meilleurs remerciements se font là où les tilleuls chuchotent.

Suis l'allée de tilleuls jusqu'à la Clairière des Merci.

Sincèrement,

La Fée Marjolaine (et aussi un peu le vent)”

Lila sentit son cœur faire un petit saut.

“Une allée de tilleuls!” dit-elle. “Parfait. Ça sent bon, ça fait de l'ombre, et ça chuchote. On y va!”

Pépito leva un doigt.

“Euh… On prend un panier? Parce que si la gratitude se mange… je veux être prêt.”

Lila rit.

“On prendra des biscuits. La gratitude ne se mange pas, mais ça aide.”

Chapitre 1: Une liste qui chatouille

Lila descendit les grands escaliers du château en sautillant, comme si chaque marche était une note de musique. Dans la cour, le carrosse royal attendait. Mais il y avait un petit problème: les chevaux avaient des rubans… sur les oreilles, et ils se chatouillaient entre eux.

“Hihihi!” hennissait l'un.

“Hahaha!” répondait l'autre.

Le cocher, un homme très digne, tentait de garder son sérieux, mais ses moustaches frémissaient de rire.

“C'est la faute de la fée Marjolaine,” expliqua-t-il. “Elle a dit: ‘Un peu de gaieté pour la route!' Et pouf. Les rubans sont devenus… chatouilleurs.”

Lila s'approcha et caressa un cheval.

“Tout doux, Capucine,” dit-elle. “On a une mission: une liste d'invités et une allée de tilleuls.”

Le cheval éternua.

“Atchoum!”

Au lieu de morve (beurk), il sortit une pluie de paillettes qui se posa sur les pavés.

Pépito applaudit.

“Je veux éternuer comme ça! Atchoum… Atchoum… non, rien. Juste moi.”

Ils partirent à pied, finalement, parce que les chevaux riaient trop pour marcher droit. Lila trouvait ça parfait: une princesse qui marche, ça lui donnait l'impression d'être une héroïne de conte… mais une héroïne qui a des biscuits.

Dans le sac de Lila, le parchemin de la liste bougeait parfois, comme s'il avait des fourmis.

“Je crois que ta liste veut se remplir toute seule,” dit Pépito.

“Très bien,” répondit Lila. “Qu'elle se serve. Mais qu'elle écrive lisiblement, sinon je vais inviter ‘Monsieur Choux-Fleur' sans le vouloir.”

Ils traversèrent le village. Les maisons semblaient faites de pain d'épices, avec des volets bleus comme des bonbons à la menthe. La boulangère, Madame Croûtonne, sortit de sa boutique avec un panier.

“Princesse Lila! Où allez-vous avec ce grand sourire?”

“Dans l'allée de tilleuls. Je fais une liste d'invités… pour dire merci,” répondit Lila.

Madame Croûtonne posa une main sur sa poitrine.

“Oh! Alors… écrivez mon nom, mais seulement si vous voulez. Et prenez ces petits pains en forme de cœur.”

Lila écrivit: “Madame Croûtonne, pains-cœur” et dit: “Merci! Vos pains rendent les matins plus doux.”

Plus loin, le jardinier, Monsieur Mousse, parlait à une plante.

“Allez, pousse, petite rose. Tu peux le faire. Tu es une championne.”

Lila s'approcha.

“Bonjour, Monsieur Mousse! Je fais une liste de gratitude.”

Le jardinier rougit jusqu'aux oreilles.

“Moi? Sur une liste? Oh là là… Je ne sais même pas me tenir droit.”

“Parfait,” dit Lila. “Je vous remercie pour les roses et pour votre voix qui les encourage.”

Monsieur Mousse fit une révérence si profonde qu'il faillit embrasser la terre.

Pépito chuchota:

“Il embrasse tout. Même les mauvaises herbes. Il est poli.”

Lila rit, et sa liste frétilla encore dans son sac.

Chapitre 2: L'allée de tilleuls qui fait “chhh”

À la sortie du village, un sentier s'ouvrait comme une page qu'on tourne. Et là, enfin, l'allée de tilleuls.

Les arbres étaient alignés, grands et tranquilles, avec des feuilles en forme de petits cœurs. L'air sentait le miel et l'été. On entendait un bruit doux: “chhh… chhh…”, comme si les tilleuls se racontaient des secrets.

Pépito mit un doigt sur sa bouche.

“Chut… Ils vont croire qu'on veut écouter.”

Lila répondit en chuchotant:

“Mais je veux écouter.”

Les tilleuls, eux, continuèrent: “chhh… chhh…” Et de temps en temps: “hihihi”, parce que la magie de Chuchotis-Joli avait le rire facile.

Soudain, un écureuil apparut sur une branche. Il portait une minuscule couronne de feuilles et une cape faite d'un mouchoir.

“Halte!” déclara l'écureuil d'une voix importante. “Qui passe dans l'allée des Tilleuls-Chatouilleurs?”

Pépito leva les mains.

“Ce n'est pas nous qui chatouillons! On est… naturellement maladroits.

Lila s'inclina, très sérieuse.

“Je suis la princesse Lila. Je cherche la Clairière des Merci.”

L'écureuil plissa les yeux.

“Pour dire merci? Hm. Mot de passe.”

Lila cligna des yeux.

“Euh… ‘merci'?”

L'écureuil hocha la tête.

“Exact. C'est simple, mais efficace.”

Il sauta sur le chemin et se mit à marcher devant eux, comme un guide. Ses petites pattes faisaient “tap-tap-tap”.

“Attention,” dit-il. “Dans cette allée, la magie adore les listes. Elle les mange, puis elle les recrache en surprises.”

“Beurk,” fit Pépito. “Une liste mâchouillée.”

“Rassure-toi,” répondit l'écureuil. “Elle recrache proprement. La magie est bien élevée.”

Plus ils avançaient, plus la liste de Lila vibrait. Une fois, elle sortit toute seule du sac, se déroula comme une langue de papier, et écrivit, toute seule, avec la plume coincée au bout:

“L'écureuil Monsieur Tap-Tap, guide officiel.”

“Eh!” s'exclama l'écureuil. “Je ne m'appelle pas comme ça! Je m'appelle… euh… Bon, d'accord, maintenant oui.”

Tout à coup, une brise fit tomber des fleurs de tilleul sur leurs têtes. Les fleurs se posèrent sur le nez de Pépito.

“Aaaa… aaaa…”

Il éternua.

“Atchoum!”

Une petite chanson sortit de sa bouche au lieu d'un éternuement normal:

“Merci merci, oh merci,

Pour les biscuits et les amis!”

Pépito resta bouche ouverte.

“Je… j'ai chanté sans vouloir!”

Lila tapota son épaule.

“Dans une allée de tilleuls, tout devient plus léger. Même les éternuements.”

Ils avancèrent encore. L'air devenait plus frais, comme un verre d'eau après une course. Puis ils virent, au bout de l'allée, un panneau en bois avec des lettres qui brillaient:

“Clairière des Merci — Entrée en souriant.”

Pépito sourit si fort que son chapeau glissa sur ses yeux.

“Je crois que je suis prêt,” dit-il. “Enfin… presque. Si je tombe, je remercie le sol d'être là.”

Chapitre 3: La Clairière des Merci et le sort des invitations

La clairière ressemblait à un petit théâtre vert. L'herbe était douce, les fleurs formaient des cercles comme des assiettes, et au centre, une table était déjà dressée… toute seule. Des tasses se posaient, des serviettes se pliaient, et un gros gâteau apparaissait petit à petit, comme s'il grandissait en cachette.

“C'est pratique,” murmura Pépito. “J'aimerais que ma chambre se range comme ça.”

Une voix joyeuse retentit:

“Lila!”

La fée Marjolaine arriva en tourbillonnant, avec des cheveux blonds qui semblaient faits de fil de soleil. Elle portait un tablier, oui, un tablier, parce qu'elle disait que la magie, ça éclabousse.

“Je savais que tu viendrais,” dit-elle. “Et je vois que tu as une liste. Oh! Une liste de gratitude! Mon sort préféré.”

Derrière elle, Madame Trille la sorcière gentille apparut dans un nuage qui sentait la soupe. Elle avait un chapeau pointu, mais il penchait toujours comme s'il était fatigué.

“Bonjour,” dit Madame Trille. “J'ai apporté une marmite. Dedans, une soupe… qui raconte une blague à chaque cuillère.”

Sir Boulard arriva ensuite, en armure brillante. Dès qu'il posa un pied dans la clairière, il déclara:

“Je suis fier d'être invité!”

Et il éternua.

“Atchoum!”

Son éternuement fit sortir un petit fanion qui se planta dans le sol: “BRAVO!”

“Ça m'arrive tout le temps,” soupira-t-il, un peu gêné.

Puis, on entendit “plop plop plop”. Le dragon Fripon arriva en glissant comme un gros chat. Il avait des écailles vert menthe et un sourire de farceur. Au lieu de flammes, il cracha une énorme bulle de savon qui refléta la clairière à l'envers.

“Je peux?” demanda-t-il poliment.

“Bien sûr,” répondit Lila. “Mais pas sur le gâteau, s'il te plaît.”

“Promis. Je vise… Pépito.”

“Eh!” protesta Pépito, déjà en train de rire.

La fée Marjolaine tapota la liste de Lila.

“Alors,” dit-elle, “pour envoyer des invitations, tu pourrais utiliser des pigeons… ou des rubans… ou un tambour. Mais ici, on fait mieux.”

Elle fit apparaître un petit tampon magique avec écrit: MERCI.

“Tu tamponnes un nom sur ta liste,” expliqua la fée, “et la gratitude va chercher la personne. Pas pour la capturer, hein! Juste pour lui apporter une invitation douce comme un coussin.”

Lila prit le tampon. Son cœur faisait “boum-boum” comme un tambour gentil.

Elle commença:

“Madame Croûtonne.”

Tampon. Pouf! Une enveloppe en forme de croissant s'envola.

“Monsieur Mousse.”

Tampon. Pouf! Une enveloppe parfumée à la rose partit en tournoyant.

“Les lavandières chanteuses.”

Tampon. Pouf! Trois enveloppes se mirent à danser en rond avant de filer.

“Et… l'écureuil Monsieur Tap-Tap.”

L'écureuil gonfla la poitrine.

“Ah. Enfin. Une carrière officielle.”

Mais à force de tamponner, Lila alla trop vite. Son esprit libre courait plus vite que sa main. Et… tampon!

La liste frissonna, éternua presque, et écrivit toute seule un nom bizarre:

“Sa Majesté le Roi Grognon-Grommelin du Marais Mou.”

Pépito fronça les sourcils.

“On a un roi grognon dans le marais?”

Madame Trille fit “hum hum”.

“Ah… oui. Il est grognon, mais pas méchant. Il se plaint surtout des chaussettes mouillées.”

Sir Boulard recula d'un pas.

“Un marais… Ça fait glouglou.”

“Pas de peur,” dit Lila, en levant le menton. “Dans ce royaume, les surprises finissent bien. Et puis… si je l'ai invité, c'est qu'il faut le remercier aussi. Peut-être qu'il fait quelque chose de bien, en grognant.”

La fée Marjolaine sourit.

“Voilà la bonne idée. La gratitude n'oublie personne.”

Fripon le dragon souffla une bulle.

“Je veux voir sa tête quand il recevra une enveloppe-croissant. Ou une enveloppe-soupe. Ou… une enveloppe-bulle.”

“On y va,” décida Lila. “On va lui apporter l'invitation en main propre. Comme ça, pas de malentendu.”

Pépito avala sa salive.

“Je peux apporter le gâteau? Ça rassure.”

“Oui,” dit Lila. “Le gâteau est toujours rassurant.”

Chapitre 4: Le marais mou… et le passage sûr

Ils quittèrent la clairière en petit groupe: Lila devant, tenant sa liste; Pépito derrière, tenant le gâteau avec un sérieux d'équilibriste; la fée Marjolaine voletant; Madame Trille poussant sa marmite sur une petite brouette magique; Sir Boulard brillant; et Fripon faisant des bulles pour éclairer le chemin, parce que ses bulles brillaient comme des lampions.

Le sentier devint plus humide, mais jamais dangereux. Les flaques faisaient “bloup” comme des bisous d'eau. Des grenouilles portaient des lunettes et lisaient des poèmes.

“Bonjour,” dirent-elles en tournant une page.

“Bonjour,” répondit Lila, très polie.

Au bord du marais, un panneau indiquait:

“Marais Mou — Interdit de bouder (sauf pour rire).”

“Ça me plaît,” murmura Pépito.

Une petite cabane en bois flottait sur une plateforme. Dessus, un trône… en coussins! Et sur le trône, le Roi Grognon-Grommelin. Il était petit, rond, avec une couronne un peu de travers. Il avait un air fatigué, comme quelqu'un qui a perdu sa cuillère préférée.

“Qui ose venir faire ‘ploc' chez moi?” grommela-t-il.

Lila s'avança et fit une révérence.

“Moi, princesse Lila. Je viens avec une invitation… et un merci.”

Le roi cligna des yeux.

“Un merci? Pour moi? Personne ne me remercie. On me dit surtout: ‘Arrête de grogner'.”

Madame Trille s'approcha doucement.

“Votre marais garde l'eau du royaume bien fraîche,” dit-elle. “Sans vous, les rivières seraient toutes sèches et grincheuses.”

Sir Boulard ajouta:

“Et vos moustiques… euh… bon, non. Pas merci pour les moustiques.”

“Sir Boulard,” chuchota la fée Marjolaine, “choisis mieux.”

Sir Boulard éternua.

“Atchoum!”

Un fanion sortit: “OUPS”.

Fripon le dragon fit une bulle qui alla se poser sur la tête du roi. On voyait le roi à travers, un peu déformé, comme une poire rigolote.

Le Roi Grognon-Grommelin tenta de rester sérieux… puis son nez se mit à trembler.

“Je… je… pffrrt…”

Il éclata de rire. Un rire tout petit au début, puis un rire qui sautillait, puis un rire qui faisait “ploc-ploc” avec le marais.

“D'accord,” dit-il en essuyant une larme de rire. “Je veux bien être invité. Et… merci. Ça chatouille, votre histoire.”

Lila sortit son tampon.

“Alors, votre invitation officielle,” dit-elle. “Et surtout… merci de garder l'eau, les roseaux, et les nénuphars. Sans vous, les grenouilles n'auraient pas de bibliothèque.”

Les grenouilles, derrière, levèrent leurs livres en l'air.

“Merci!” chantèrent-elles.

Le roi se redressa, tout fier.

“Bon. Je vais venir. Mais je n'ai pas de chemin sec. Chez moi, ça glisse.”

“On a prévu,” dit la fée Marjolaine.

Elle claqua des doigts, et l'allée de tilleuls, comme si elle avait entendu depuis loin, envoya une surprise: une rangée de feuilles géantes, en forme de petites barques, vint se poser sur l'eau, une après l'autre, pour faire un passage sûr.

“Un pont de feuilles!” s'écria Pépito. “C'est… c'est… feuillu!”

“Traversez tranquillement,” dit Marjolaine. “Chaque feuille est solide comme un oreiller.”

Ils avancèrent. Les feuilles ne coulaient pas, elles faisaient juste “fouf” sous les pieds, comme un matelas poli. Pépito, en portant le gâteau, était si concentré qu'il marchait droit comme une règle.

“Je remercie mes bras,” souffla-t-il. “Je remercie mes jambes. Je remercie… le gâteau de ne pas sauter.”

Le roi passa aussi, un peu hésitant, puis de plus en plus confiant.

Arrivés de l'autre côté, le marais sembla soupirer de contentement. Les roseaux firent une petite danse, et un héron salua avec son long cou.

De retour à la Clairière des Merci, la table les attendait, encore plus belle. Les invités arrivèrent les uns après les autres, attirés par les enveloppes magiques. Il y eut des rires, des chansons, et une soupe qui racontait:

“Pourquoi la carotte a-t-elle mis un chapeau? Parce qu'elle voulait être… capuchonnée!”

Personne ne comprit vraiment, mais tout le monde rit quand même, parce que Madame Trille riait la première.

Lila se leva, sa tasse à la main. Le soleil baissait doucement, comme une couverture qu'on remonte.

“Je vous ai invités,” dit-elle, “pour dire merci. Merci pour les petites choses et les grandes. Merci pour le pain, pour les roses, pour l'eau du marais, pour les blagues, pour les bulles, et même pour les éternuements qui font des fanions.”

Sir Boulard éternua exprès.

“Atchoum!”

Fanion: “MERCI!”

Tout le monde applaudit.

Le Roi Grognon-Grommelin toussota, un peu gêné.

“Moi aussi,” dit-il. “Merci… de m'avoir invité. Je croyais que ma place était toujours à part, dans mon coin mou. Mais… ça fait du bien d'être dans une liste. Une liste, c'est comme une échelle: ça aide à se sentir plus haut.”

Lila sourit.

“Et la gratitude,” répondit-elle doucement, “c'est comme une lumière. On la partage, et elle ne s'éteint jamais.”

Ils mangèrent le gâteau, qui était si bon qu'on aurait dit qu'il remerciait la bouche. Les tilleuls autour de la clairière chuchotaient encore, mais plus doucement, comme pour ne pas déranger la fin de la journée.

Quand la nuit arriva, elle n'était pas sombre: elle était bleu velours, avec des étoiles comme des miettes de sucre. La fée Marjolaine fit apparaître une dernière surprise: des lanternes en forme de feuilles de tilleul, pour guider chacun sur un passage sûr jusqu'à chez soi.

Pépito bâilla.

“Je remercie… mon lit d'exister,” dit-il.

Lila rit tout bas, puis regarda sa liste. Elle était longue, pleine de noms, et elle sentait le miel.

Elle ajouta, tout en bas, en écrivant lentement:

“Merci, royaume de Chuchotis-Joli.”

Et dans l'air, les tilleuls répondirent, comme un dernier secret heureux:

“Chhh… merci… chhh… merci…”

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Parchemin
Une feuille de papier ancien, souvent roulée, pour écrire des messages.
Gratitude
Le sentiment de dire merci quand on reçoit quelque chose de gentil.
Marmite
Une grande casserole ronde où l'on fait cuire des soupes ou des plats.
Tampon
Un petit objet qu'on presse pour laisser une marque ou un dessin.
Allée
Un chemin bordé d'arbres ou de plantes pour se promener.
Tilleuls
Des arbres aux feuilles en forme de cœur qui sentent souvent le miel.
Chuchotent
Parler doucement, à voix très basse pour que peu de gens entendent.
Maladroits
Qui bougent un peu brusquement ou tombent facilement, sans le vouloir.
Frissonna
Trembler légèrement, souvent parce qu'on a froid ou qu'on est ému.
Enveloppe
Une pochette en papier qui protège une lettre ou une invitation.

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