La nuit des citrouilles
La nuit était douce et fraîche. Une grande lune ronde regardait la rue. Des feuilles craquaient sous les pas. Quatre enfants tenaient des sacs en papier. Ils avaient chacun un costume drôle. Léa portait une cape violette. Max avait un chapeau pointu. Sofia avait des ailes pailletées. Hugo portait une petite cape noire. Ils avaient tous six ans.
C'était la nuit d'Halloween. Des citrouilles souriaient sur les portes. Des lampions clignotaient comme des lucioles. Les enfants riaient. Ils cherchaient les friandises. Le sac de Léa brillait un peu, comme s'il aimait la fête. Dans la poche de Léa, il y avait une petite clé. Cette clé était spéciale. Elle brillait d'une lumière douce. Elle ouvrait une boîte en bois, cachée dans le parc. La boîte contenait un petit trésor : un miroir qui faisait sourire celui qui le regardait. La maman de Léa avait dit que la boîte devait rester fermée jusqu'à la nuit d'Halloween.
Sofia sentit que la clé était chaude. Max pensa qu'elle était magique. Hugo rit et dit que les clés ne pouvaient pas être magiques. La clé sauta presque du doigt de Léa. Un vent coquin fit danser une feuille. La clé glissa, glissa, et tomba. Elle roula sous un tas de feuilles orange. Les enfants cherchèrent. Ils remuèrent les feuilles. Ils trouvèrent une araignée en plastique, un bout de chiffon, et puis... la clé n'était plus là.
Les enfants se regardèrent. Un petit frisson passa, mais il était doux. Ils prirent leurs lampions. Ensemble, ils décidèrent de retrouver la clé. Ils s'aimaient bien. Ils savaient faire des équipes.
La forêt aux chuchotements
Ils entrèrent dans le parc. Les arbres faisaient des ombres longues. Un parfum de pommes chaudes flottait. Un chat noir traversa le chemin en bondissant. Un hibou fit ouh-ouh loin, très loin. Les feuilles parlaient. Elles faisaient comme des petits chuchotements. Les enfants marchèrent lentement. Le sol était mou sous leurs bottes. Leurs lampions éclairaient des formes mystérieuses.
D'abord, la clé brillait sur une souche. Les enfants sautillèrent de joie. Mais une petite voix sifflante se fit entendre. Un écureuil roux apparut. Il tenait quelque chose dans ses pattes comme un trésin. L'écureuil regarda la clé. Il était joueur. Puis il fit un petit saut, prit la clé, et grimpa vite dans un arbre. Les enfants levèrent la tête. L'écureuil chantonna comme un petit oiseau malicieux. Il passa la clé à une chouette qui passa, puis la chouette la fit tomber dans un panier de pommes. La clé roulait encore.
Les enfants ne comprirent pas tout. Ils trouvèrent cela drôle et un peu étrange. Ils poursuivirent la clé. Ils durent traverser un petit pont. De l'eau fredonnait en-dessous. La lune se mirait et faisait des étincelles. Un fantôme en papier attacha au bout d'une branche flottait comme un moulinet. Il fit peur un petit instant. Puis il fit tomber une pluie de paillettes. Les enfants rirent. Hugo fit semblant d'avoir peur et fit une danse rigolote. Tout le monde rit. Le rire chassa un peu le mystère.
La clé roula sous un banc. Une chauve-souris fit un vol bas. Elle éternua fort et fit tomber un sachet de biscuits. Les biscuits crunchèrent. La clé sortit du banc comme par magie. Mais, surprise ! Un vieux chien du parc, très gentil, avait ramassé la clé et la portait dans sa gueule. Le chien secoua la tête et la clé tintinna. Les enfants s'approchèrent doucement. Le chien posa la clé à leurs pieds et remua la queue. Les enfants caressèrent la tête du chien. Leur amitié avec l'animal était silencieuse et chaude.
Ils remercièrent le chien avec un biscuit. Le chien fit un petit bonhomme de course et s'en alla. Les enfants tenaient la clé. Ils souriaient. Ils pensaient que tout allait bien. Puis le vent souffla plus fort. Une feuille en forme de sourire se colla sur la clé et la cacha un petit peu. Ils fouillèrent encore, mais la clé n'était plus visible. Un passage secret semblait les appeler.
La serrure du sourire
Les enfants suivirent une allée de lucioles qui formait un chemin. Le cœur de Léa battait fort. Elle avait presque peur, mais ses amis tenaient sa main. Les doigts des amis étaient chauds et rassurants. Ils marchèrent ainsi. Tout d'un coup, le chemin s'ouvrit sur une clairière ronde. Au centre, une vieille boîte en bois attendait. Elle était gravée de petites étoiles. Un peu de mousse la recouvrait. Une citrouille veillait à côté. La boîte semblait attendre la clé.
Léa approcha. La clé tintilla dans sa main. Ses doigts tremblaient un tout petit peu. Max, Sofia et Hugo regardèrent avec des yeux brillants. Ils souriaient. Léa glissa la clé dans la serrure. La clé tourna. Un son doux, comme une chanson, s'échappa. Le couvercle s'ouvrit lentement. À l'intérieur, il n'y avait pas de pièces d'or ni de bonbons. Il y avait un petit miroir rond. Le miroir était chaud comme un rayon de soleil. Quand Léa regarda dedans, son visage semblait plus gentil. Quand Max regarda, il vit une image de lui en train de partager. Sofia vit une image d'elle en train d'aider. Hugo vit son sourire très grand. Le miroir renvoyait non pas la peur, mais la joie.
Soudain, de petites étoiles de poussière dansèrent autour d'eux. Elles formaient des formes drôles : un minuscule chat qui clignait de l'œil, une petite chauve-souris qui faisait une pirouette, un bon petit fantôme qui fit un clin d'œil. Les enfants rirent. Les images n'étaient pas effrayantes. Elles racontaient des petites blagues muettes. Les enfants se sentirent courageux et calmes.
Ils se passèrent le miroir. Chacun vit son plus beau sourire. Ils se mirent à sourire ensemble. La lumière de la lune semblait applaudir. Les fourmis du bord du chemin s'arrêtèrent pour regarder. Un papillon vint se poser sur la citrouille. Le monde entier sembla content.
La boîte refermée, la clé fut remise dans la poche de Léa. Elle était un peu sale, mais brillante comme avant. Les enfants rentrèrent en se tenant par la main. Sur le chemin, ils se racontèrent tout sans parler, avec des gestes. Ils se souvinrent de l'écureuil joueur, du chien gentil, de la chauve-souris éternuante. Ils se dirent merci avec des sourires.
De retour devant la maison, la maman de Léa les attendait avec des chocolats chauds. Elle regarda leurs visages. Ils avaient des traces d'herbe aux genoux et des lumières dans les yeux. Les enfants partagèrent les chocolats. Ils se promirent de garder le secret du miroir. Ils se promirent aussi d'être toujours amis.
La nuit d'Halloween se termina avec un grand sourire partagé. Les citrouilles semblaient plus sages. La lune, fatiguée, se coucha derrière un nuage. Les enfants rentrèrent, le cœur léger. Ils savaient que la clé avait ouvert autre chose que du bois. Elle avait ouvert un sourire. Et ce sourire, ils l'avaient donné l'un à l'autre.