Chargement en cours...
Histoire de trésor caché 11 à 12 ans Lecture 24 min.

La clé et la bonne serrure : le trésor qui se partage

Augustin découvre une clé mystérieuse et, avec sa grand-tante et une amie, suit une carte d'énigmes à travers le village pour trouver la « bonne serrure », apprenant en chemin la valeur de l'entraide et du partage.

Télécharger cette histoire en PDF

Idéal pour partager ou imprimer cette histoire !

Télécharger l'e-book (.epub)

Lisez cette histoire sur votre liseuse électronique

Garçon de 12 ans au visage rond et taches de rousseur, cheveux châtain courts un peu décoiffés, regard concentré et émerveillé, il insère une petite clé en laiton facettée dans une serrure en forme de vague; posture tendue mais courageuse, mains légèrement tremblantes. Derrière lui, Inès, 13 ans, grande, tresse noire et veste jaune vive, sourire malicieux, appuyée sur l’encadrement de la porte, bras croisés, regard complice. Sur le côté, la grand-tante Lison (~70 ans), cheveux gris en chignon, lunettes rondes, robe à fleurs et sac de biscuits, expression douce et rassurante, éclairée par une lanterne. Lieu : entrée d’une maison du rire rouge et jaune, porte en bois patiné avec une large bouche peinte, miroirs déformants en arrière-plan, guirlandes lumineuses, bâche de fête, sol en bois usé et affiches froissées. Focus sur la serrure en forme d’onde où la clé entre, lumière dorée jaillissant de la fente, atmosphère de mystère joyeux, contrastes chauds (jaune, rouge, bronze) et ombres douces; style cartoon années 90, lignes nettes, couleurs saturées et textures légèrement vieillies. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 — La clé qui refuse

Augustin avait onze ans et un goût presque exagéré pour les choses bien rangées. Ses crayons étaient alignés par taille, ses chaussettes pliées au carré, et son sac d'école ne contenait jamais un papier froissé. Quand il disait « je vais le faire », il le faisait. Et quand il disait « cette clé doit aller dans la bonne serrure », ce n'était pas une figure de style : c'était une mission.

Tout a commencé un mercredi pluvieux, dans la vieille remise du jardin de sa grand-tante Lison. Augustin l'aidait à trier des cartons qui sentaient la poussière, le bois mouillé et un peu la lavande.

— Attention, celui-là est fragile, dit grand-tante Lison en lui tendant une boîte en fer cabossée.

Augustin l'ouvrit. À l'intérieur, sur un coussin de tissu usé, reposait une petite clé en laiton. Pas brillante, pas impressionnante… mais elle avait une drôle de forme, comme si on avait dessiné une vague sur son extrémité. Sur l'anneau, une étiquette jaunie : « POUR LA BONNE SERRURE ».

— C'est… tout ? demanda Augustin, un peu déçu et très intrigué.

Grand-tante Lison plissa les yeux, amusée.

— Tout, c'est déjà beaucoup. Cette clé a fait courir plus d'un nez curieux. Ton arrière-grand-oncle Joël disait qu'elle ouvrait un trésor caché. Il a passé sa vie à chercher la serrure… sans la trouver.

Augustin sentit son cœur faire un petit bond. Un trésor. Un vrai.

— Et si on la trouvait, nous ? proposa-t-il, la clé serrée dans sa paume.

« Nous », ça veut dire toi et tes idées têtues ? répondit-elle avec un sourire.

— Et… toi et tes biscuits, ajouta Augustin.

Grand-tante Lison éclata de rire.

— Marché conclu. Mais promets-moi une chose : si tu découvres quelque chose de précieux, tu ne garderas pas tout pour toi.

Augustin hocha la tête, sérieux.

— Promis. Un trésor, ça se partage. Sinon, ce n'est qu'un tas de choses.

Le soir, dans la chambre d'ami où il dormait, Augustin posa la clé sur son bureau. La pluie tambourinait aux vitres. Il sortit un petit carnet quadrillé — parce que les lignes, c'est rassurant — et écrivit : « OBJECTIF : placer la clé dans la bonne serrure. »

Puis, comme si la maison répondait à sa phrase, un craquement discret monta du plancher. Augustin leva les yeux. Dans le mur, juste au-dessus de la plinthe, une petite plaque de bois semblait légèrement décalée.

— Oh…

Il s'accroupit. La plaque avait une minuscule fente, presque invisible. Pas une serrure. Pas encore. Mais quelque chose se cachait, c'était sûr.

Et les aventures, Augustin le savait, commencent souvent par un détail qu'on aurait pu ignorer.

Chapitre 2 — La carte qui se moque

Le lendemain matin, Augustin appuya doucement sur la plaque. Elle céda avec un petit soupir de vieux meuble. Derrière, une cavité sombre. Il glissa la main et sentit du papier roulé.

Il ressortit un parchemin — enfin, un vieux papier épais qui se donnait des airs de parchemin — attaché par une ficelle.

— Grand-tante Lison ! appela-t-il.

Elle arriva en traînant ses chaussons.

— Si c'est encore une araignée, tu peux lui dire bonjour de ma part.

— Ce n'est pas une araignée. C'est… ça.

Grand-tante Lison ajusta ses lunettes et déroula le papier sur la table. Une carte dessinée à l'encre brune apparut : un plan du village, des collines autour, et des symboles étranges. Au centre, une phrase en lettres penchées :

« LA BONNE SERRURE N'EST PAS CELLE QU'ON CROIT. »

— C'est encourageant, murmura Augustin.

En bas de la carte, il y avait une liste de trois indices, chacun suivi d'une petite case vide.

1. « Là où l'eau ne coule plus. »

2. « Sous l'œil qui ne dort jamais. »

3. « Au bout du rire. »

— On dirait un jeu de piste, dit Augustin en sortant déjà son crayon.

— Joël adorait les énigmes. Il trouvait que la vie était trop simple sans mystère, répondit grand-tante Lison. Et il avait le sens du théâtre.

Augustin pointa la première phrase.

« Là où l'eau ne coule plus »… ça pourrait être l'ancien lavoir, non ? Celui derrière l'église. Il est sec depuis des années.

Grand-tante Lison fit mine de réfléchir.

— Oui. Et « l'œil qui ne dort jamais »… La grande horloge de la mairie. Elle regarde tout le monde, même quand on a une tache de confiture.

— Alors on commence par le lavoir, décida Augustin. Logique : on suit l'ordre.

Il glissa la clé dans sa poche, la carte dans son carnet, et ajouta, très rigoureusement, une petite colonne : « Observations ».

Avant de partir, grand-tante Lison lui tendit un sac.

— Biscuits. Eau. Et un petit tournevis. On ne sait jamais avec les trésors, ils aiment les caches compliquées.

— Merci. Et… tu viens ?

— Je te suis, capitaine Rangé.

Augustin rougit, mais il était trop content pour protester.

En sortant, le ciel avait arrêté de pleurer. L'air sentait la terre propre. Le village semblait calme, mais Augustin avait l'impression qu'il y avait des secrets partout : derrière les volets, sous les pavés, dans le bruit des oiseaux.

La carte, elle, semblait presque se moquer de lui. Comme si elle disait : « On va voir si tu es vraiment aussi rigoureux que tu le crois. »

Chapitre 3 — Le lavoir sec et la boîte têtue

L'ancien lavoir dormait au bord d'un petit chemin envahi d'herbes folles. Les pierres étaient couvertes de mousse, et une grenouille, vexée d'être dérangée, plongea dans une flaque minuscule.

— Voilà « là où l'eau ne coule plus », souffla Augustin.

Il s'agenouilla près du bassin vide. Il inspecta chaque fissure, chaque rebord, comme s'il cherchait une faute dans un devoir.

— Tu cherches quoi exactement ? demanda grand-tante Lison.

— Une serrure. Ou un symbole. Ou une trappe. Ou… n'importe quoi qui ne devrait pas être là.

Il tapota les pierres. Certaines sonnaient creux. Une, surtout, sur le côté gauche. Augustin posa ses deux mains et tira. La pierre glissa, révélant une petite cavité.

— Yes ! Enfin… oui ! s'exclama-t-il, rattrapant sa joie pour rester digne.

Dans la cavité, une boîte en bois, minuscule, avec une fermeture métallique. Pas de serrure classique : juste un mécanisme à deux crans, comme une bouche qui refuse de s'ouvrir.

Augustin essaya de forcer. Rien.

— Doucement, dit grand-tante Lison. Les trésors n'aiment pas les gens pressés.

Augustin inspira. Courage, patience, précision. Il observa les deux crans : l'un était légèrement plus usé que l'autre.

— Il faut appuyer ici d'abord, puis là, murmura-t-il.

Il appuya. Un petit clic. Puis le second. La boîte s'ouvrit.

À l'intérieur : une petite plaque de cuivre gravée d'un dessin d'onde… exactement comme la clé. Et un bout de papier :

« PREMIÈRE ÉTAPE : BRAVO.

MAIS N'ESSAIE PAS D'OUVRIR TOUTES LES PORTES AVEC LA MÊME IDÉE. »

Augustin grimaça.

— Ça, c'est clairement moqueur.

Grand-tante Lison prit la plaque.

— C'est un symbole. Peut-être une marque pour reconnaître la bonne serrure. Et regarde : derrière, il y a un numéro… 7.

Augustin sortit son carnet et cocha la première case avec une application presque émouvante.

— Une sur trois.

Soudain, un bruit de vélo dérapant sur les graviers retentit. Une fille un peu plus grande qu'Augustin, avec une veste jaune et une tresse qui battait dans son dos, s'arrêta devant le lavoir.

— Hé ! Vous faites quoi là ? demanda-t-elle, soupçonneuse et curieuse à la fois.

Augustin se redressa, tenant la boîte ouverte comme une preuve.

— On… on cherche un trésor. Enfin, une serrure. Enfin… c'est compliqué.

La fille plissa les yeux.

— Un trésor ? Ici ? Je m'appelle Inès. Et je connais chaque recoin du village. Enfin… je croyais.

Grand-tante Lison sourit.

— Plus on est de chercheurs, plus on a d'yeux. Tant que les yeux restent gentils.

Inès sauta de son vélo.

— Je peux aider ? J'adore les énigmes. Et je suis très douée pour trouver les choses cachées. Surtout quand mon frère a caché ma tablette.

Augustin hésita. Il aimait les plans bien contrôlés. Mais il se rappelait aussi sa promesse : un trésor, ça se partage.

— D'accord, dit-il. Mais on suit la carte. Et… on note tout.

Inès salua comme une actrice sur scène.

— À vos ordres, capitaine Carnet.

Augustin soupira, mais ses yeux riaient.

Chapitre 4 — L'œil qui ne dort jamais

La mairie se dressait sur la place, avec son horloge ronde au-dessus de la porte. Ses aiguilles avançaient comme si elles avaient un rendez-vous important. L'« œil » du village.

« Sous l'œil qui ne dort jamais », répéta Inès. Donc… sous l'horloge. Facile.

— Les énigmes faciles sont souvent des pièges, répondit Augustin, sérieux.

— Il parle comme un livre d'aventure, chuchota Inès à grand-tante Lison.

— Il range même ses aventures, chuchota grand-tante Lison.

Ils tournèrent autour du bâtiment. Sous l'horloge, il y avait une plaque commémorative, des marches, et un petit parterre de fleurs. Rien d'évident.

Augustin remarqua une grille d'aération près du mur.

— Ça pourrait être…

Inès s'accroupit aussitôt.

— Trop petite pour passer. Mais pour passer une main… oui.

Augustin glissa les doigts à travers la grille. Il sentit du métal froid, puis quelque chose de lisse. Il attrapa et tira : un petit tube en cuivre roula vers lui.

— Un message ! s'écria Inès.

Augustin ouvrit le tube. À l'intérieur, un ruban de papier et… une seconde plaque de cuivre, avec le même symbole d'onde. Derrière : numéro 3.

Le message disait :

« SI TU VEUX LA BONNE SERRURE, APPRENDS D'ABORD À OUVRIR TON CŒUR.

REGARDE AUTOUR DE TOI : QUI A BESOIN D'UN COUP DE MAIN ? »

Augustin relut deux fois. Il avait l'impression que les mots le regardaient, eux aussi.

Sur la place, près de la fontaine, un monsieur âgé essayait de soulever un carton rempli de livres. Le carton menaçait de s'ouvrir comme un ventre trop plein.

Inès le vit aussi.

— On l'aide ?

Augustin hocha la tête. Ils coururent.

— Monsieur, on peut porter ? demanda Augustin.

Le monsieur eut un sourire fatigué.

— Oh, si vous voulez bien… Je déménage la petite bibliothèque de l'association. Mes bras ne sont plus aussi courageux que vous.

Ils prirent chacun un côté du carton. Il était lourd, et les livres glissaient.

— Si ça tombe, c'est une pluie de dictionnaires, grogna Inès.

— Tiens bien, dit Augustin. Un dictionnaire, ça fait mal.

Ils transportèrent le carton jusqu'à un local à côté. Le monsieur les remercia avec un air ému.

— Vous êtes de bons jeunes. Prenez donc ceci, dit-il en fouillant sa poche.

Il tendit une petite broche en forme d'étoile.

— C'est le symbole de notre association. On la donne à ceux qui aident sans demander.

Augustin hésita.

— On ne l'a pas fait pour ça…

— Je sais, répondit le monsieur. Justement.

Dehors, grand-tante Lison les attendait.

— Vous voyez ? dit-elle doucement. Le trésor n'est pas toujours là où on le croit.

Augustin sortit son carnet et cocha la deuxième case. Puis, sans trop savoir pourquoi, il dessina une petite étoile à côté.

— Il reste « Au bout du rire », murmura-t-il. Mais… où est-ce que ça rit, ici ?

Inès leva la main comme en classe.

— La fête foraine arrive demain ! Elle s'installe près du vieux parc. Il y a une grande roue, des jeux… et surtout, la maison du rire. Celle avec les miroirs tordus.

Augustin sentit un frisson, mélange de suspense et d'excitation.

— Alors c'est là.

Et la clé, dans sa poche, sembla soudain plus lourde, comme si elle attendait ce moment depuis longtemps.

Chapitre 5 — Au bout du rire

Le lendemain, le parc était transformé. Des guirlandes de lumières pendaient comme des lucioles apprivoisées. Ça sentait le sucre chaud et la sciure. Une musique sautillante faisait vibrer l'air.

Inès marchait vite, comme si ses baskets avaient un moteur.

— La maison du rire est par là ! Tu vas voir, c'est terrifiant et drôle en même temps.

— Je n'aime pas trop quand c'est les deux, avoua Augustin.

— Courage, capitaine Rangé. Les miroirs ne peuvent pas te voler ton carnet.

Grand-tante Lison suivait, un peu en retrait, avec un sourire tranquille et un sac de biscuits « au cas où le suspense donne faim ».

La maison du rire était une petite bâtisse peinte en rouge et jaune, avec une bouche géante en entrée. Au-dessus, un panneau grinçant : « ICI, ON RIT MÊME QUAND ON VEUT PAS ».

— Charmant, murmura Augustin.

Ils entrèrent. Tout de suite, les miroirs commencèrent leur numéro : Augustin se vit minuscule, puis gigantesque, puis étiré comme un chewing-gum. Inès éclata de rire.

— Regarde-toi ! On dirait un spaghetti qui fait ses devoirs !

Augustin ne put s'empêcher de sourire. Puis, un couloir tournant les plongea dans une pénombre verte. Des rires enregistrés surgissaient des murs, un peu trop forts, un peu trop faux.

— Au bout du rire… répéta Augustin. Donc, le dernier rire, au bout du parcours.

Ils avancèrent. Le sol vibrait légèrement, comme si la maison respirait. À un moment, un jet d'air froid souffla et fit voler la frange d'Inès.

— Hé ! protesta-t-elle en riant quand même. C'est impoli !

Ils arrivèrent devant une porte. Une vraie, en bois, avec une poignée. Dessus, gravé à peine visible : le symbole d'onde.

Augustin s'arrêta net. Son cœur fit un bruit dans ses oreilles.

— C'est… ça.

Sur la porte, il y avait une serrure. Petite, ancienne, avec une fente en forme de vague. Exactement comme la clé.

Augustin sortit la clé. Sa main tremblait un peu.

— Respire, dit grand-tante Lison, sa voix douce comme une couverture.

Augustin inspira, longuement. Il pensa à Joël, à la carte, aux plaques, au monsieur aux livres, à sa promesse.

Il glissa la clé dans la serrure.

Elle entra parfaitement.

— Oui… murmura-t-il, comme si le monde devait l'entendre.

Il tourna. Un déclic, net, satisfaisant, le genre de bruit qui remet tout à sa place.

La porte s'entrouvrit sur un escalier étroit descendant sous la maison. Un courant d'air tiède monta, portant une odeur de bois ancien… et quelque chose de sucré, comme du miel.

Inès déglutit.

— Euh… c'était pas prévu dans le ticket d'entrée, ça.

Augustin avala sa peur. Il n'avait pas envie de descendre dans un endroit secret sous une maison pleine de miroirs qui se moquent. Mais il avait aussi cette sensation brûlante : s'il recule maintenant, la clé restera à jamais une question.

— On y va, dit-il.

— Ensemble, ajouta Inès.

Grand-tante Lison posa une main sur l'épaule d'Augustin.

— Et si ça devient trop, vous remontez. Le courage, ce n'est pas de foncer sans réfléchir. C'est d'avancer en restant éveillé.

Ils descendirent.

Chapitre 6 — Le trésor des merveilles partagées

L'escalier débouchait sur une petite pièce ronde, comme une cachette de pirate mais propre. Des lanternes suspendues diffusaient une lumière dorée. Sur les murs, des étagères remplies de bocaux, de boîtes, de carnets. Au centre : un coffre.

Un vrai coffre, en bois sombre, cerclé de métal. Sur le couvercle, gravé : le symbole d'onde, et les chiffres 7 et 3. Les deux plaques trouvées étaient les morceaux manquants : sur le coffre, deux emplacements vides, parfaitement à leur taille.

— C'est un coffre-puzzle, souffla Inès, émerveillée.

Augustin sortit les plaques. Il les plaça. Elles s'emboîtèrent avec un petit « clac » heureux.

Le coffre s'ouvrit tout seul, lentement, comme s'il faisait durer le suspense.

À l'intérieur… ce n'était pas une montagne de pièces d'or. C'était mieux, et plus étrange.

Il y avait une grande enveloppe, des petits sachets de graines, un carnet relié en cuir, et une poignée d'objets brillants : une boussole, un vieux médaillon, des billes en verre aux couleurs profondes, un petit kaléidoscope. Et tout au fond, une boîte en velours contenant des pièces anciennes — quelques-unes seulement, pas assez pour acheter un château, mais assez pour sentir l'histoire.

Augustin prit le carnet relié. La première page portait une écriture fine :

« SI TU LIS CECI, C'EST QUE TU AS TROUVÉ LA BONNE SERRURE.

BRAVO, CHERCHEUR.

LE VRAI TRÉSOR EST CELUI QU'ON FAIT CIRCULER. »

Augustin tourna les pages. C'était le journal de Joël. Il racontait ses explorations, ses idées farfelues, et surtout ses regrets de n'avoir jamais su quoi faire de sa collection. À la fin, une lettre était glissée.

Augustin l'ouvrit. Ses mains s'étaient calmées, comme si la clé avait enfin fini son travail.

« À toi, qui es allé jusqu'au bout,

Je n'ai pas caché tout cela pour qu'on l'enferme encore.

Les objets merveilleux doivent déclencher des merveilles chez les gens.

Prends ce que tu aimes, et donne le reste.

Plante les graines près du lavoir : qu'il y ait à nouveau de la vie là où l'eau s'est arrêtée.

Avec les pièces, aide la petite bibliothèque du village à acheter des livres.

Et garde une chose : la certitude que tu peux ouvrir plus que des serrures.

— Joël »

Un silence doux tomba, comme une couverture.

Inès chuchota :

— C'est… un trésor gentil.

Grand-tante Lison essuya le coin de son œil, vite, comme si elle chassait un grain de poussière.

— Joël avait son caractère, mais il avait compris l'essentiel.

Augustin regarda la boussole. Elle pointait le nord, calme et sûre. Il prit aussi le kaléidoscope : quand il le tourna, la lumière explosa en étoiles colorées. Il eut envie de le montrer à tous les enfants du village.

— On peut vraiment donner les pièces ? demanda-t-il, comme pour vérifier qu'il avait le droit d'être généreux.

— On peut, dit grand-tante Lison. Et on va le faire ensemble.

Inès prit les sachets de graines.

— Je m'occupe de les planter. Et je veux qu'on invite les autres à venir. Comme ça, ce sera notre secret… mais un secret qui fait pousser des trucs.

Augustin sourit.

— Un secret qui se partage. C'est presque une contradiction.

— Donc c'est parfait pour une chasse au trésor, répondit Inès.

Ils remirent tout en ordre. Augustin, fidèle à lui-même, nota dans son carnet : « Contenu : objets merveilleux + lettre. Action : partager. »

Avant de partir, il regarda une dernière fois la serrure sur la porte. Il avait accompli son objectif. La clé avait trouvé sa place.

Mais il comprenait maintenant que la « bonne serrure » n'était pas seulement un trou dans une porte. C'était aussi un moment où on choisit ce qu'on fait de ce qu'on découvre.

Chapitre 7 — La liste et le schéma coché

Les jours suivants furent remplis d'une agitation heureuse.

Ils apportèrent les pièces anciennes et une partie des objets à l'association de la petite bibliothèque. Le monsieur aux cartons ouvrit de grands yeux.

— C'est… pour nous ?

Augustin se gratta la nuque, un peu gêné.

— Oui. Pour acheter des livres. Et… pour réparer l'étagère qui penche. Elle penche beaucoup.

Le monsieur rit.

— Je promets qu'elle penchera moins. Merci, vraiment.

Au lavoir, ils plantèrent les graines. Inès avait invité quelques enfants du quartier. Grand-tante Lison avait apporté une pelle, des gants, et — bien sûr — des biscuits.

— On dirait qu'on enterre un nouveau trésor, dit un garçon en tassant la terre.

Augustin répondit :

— Oui. Un trésor qui va ressortir tout seul.

Quand ils eurent fini, le lavoir sec ne semblait plus triste. Il avait autour de lui une petite couronne de promesses vertes.

Le soir, dans la chambre, Augustin reprit son carnet. Il y dessina un schéma, simple et clair, comme il aimait : trois lieux reliés par une ligne, avec un petit symbole d'onde à chaque étape. À côté, les trois indices, chacun avec une case.

Il prit son crayon et cocha, soigneusement, les trois cases.

Puis il ajouta, en bas du schéma, une dernière case et écrivit : « PARTAGER LE TRÉSOR ».

Il réfléchit une seconde… et la cocha aussi.

Sous le schéma, il nota :

« Mission accomplie : clé dans la bonne serrure.

Bonus : cœur un peu plus ouvert. »

Dans le couloir, grand-tante Lison passa la tête.

— Alors, capitaine Rangé ? Ça fait quoi, de trouver un trésor ?

Augustin regarda son schéma coché, ses lignes nettes, et pensa aux graines, aux livres, aux rires, au kaléidoscope qui fabriquait des étoiles.

— Ça fait… comme si tout était à sa place, répondit-il. Même les surprises.

Inès, dehors, cria depuis le jardin :

— Hé Augustin ! Demain on retourne à la maison du rire ?

Augustin éclata de rire, un rire franc, au bout de sa journée.

— Oui ! Mais cette fois, je prends mon carnet. On ne sait jamais, il pourrait y avoir une autre case à cocher !

Sans publicité 3 € par mois

Envie d’une lecture sans interruption ? Soutenez Mes Histoires du Soir, retirez toutes les publicités et profitez d’autres avantages inclus dès 3 € par mois.

Voir les forfaits & tarifs
Partager

signaler un problème avec cette histoire

Qu'avez-vous pensé de cette histoire ?

Donnez votre avis en attribuant une note à cette histoire en fonction de ce que vous et/ou votre enfant en avez pensé. Merci par avance !

Merci ! Votre note a été prise en compte !

Le quizz : as-tu bien compris l'histoire ?

Remise
Petit bâtiment ou local pour ranger des outils et des objets du jardin.
Cabossée
Qui a des bosses ou des creux sur une surface après un choc.
Parchemin
Feuille de papier ancien, souvent épaisse, utilisée pour écrire autrefois.
énigmes
Petites questions ou devinettes difficiles à comprendre ou à résoudre.
Cavité
Espace vide ou creux à l'intérieur d'une matière ou d'un objet.
Plinthe
Bande en bas d'un mur, souvent en bois, qui protège et cache le joint au sol.
Fente
Ouverture étroite et longue, comme une petite fêlure.
Mécanisme
Ensemble de pièces qui travaillent ensemble pour faire fonctionner quelque chose.
Kaléidoscope
Tube avec des miroirs et des morceaux colorés qui forment de jolis motifs.
Médaillon
Petit objet plat et souvent rond, parfois porté comme bijou ou souvenir.
Boussole
Instrument qui indique la direction du nord grâce à une aiguille aimantée.
Sachets
Petits paquets en papier ou en plastique qui contiennent des graines ou d'autres choses.

Créez une histoire magique et unique pour votre enfant !

Créez en quelques minutes une aventure personnalisée où votre enfant devient le héros. Avec notre outil exclusif, c'est facile, gratuit et divertissant !

Créer une histoire

Téléchargez cette histoire :

Télécharger cette histoire en PDF Télécharger l'e-book (.epub)

À lire ensuite dans Histoires de trésors cachés pour 11 à 12 ans

Recevez de nouvelles histoires chaque dimanche soir !

Recevez 7 histoires passionnantes et captivantes, adaptées à l'âge et aux goûts de votre enfant, chaque dimanche à 17h*. C'est gratuit et garanti sans spam !
*E-mail envoyé à 17h, heure de Paris.
Nous n'aimons pas non plus le spam. Ainsi, nous ne vous enverrons que des histoires. Vous pourrez vous désinscrire quand vous le souhaiterez.