Chapitre 1 : La mission qui papillonne
Ce matin-là , Pétronille ouvrit un œil, puis l'autre, et sentit chatouiller son nez. C'était la queue de son chat, Croc-Moustache, qui voulait déjà jouer. Mais Pétronille, apprentie sorcière de cinq ans à peine, avait un défi très sérieux aujourd'hui : elle devait faire briller les étoiles… en papier !
Dans la petite chaumière toute tordue, sa grand-mamie, la sorcière Groseille, préparait un chaudron de compote qui sentait la cannelle. « Pétronille ! As-tu pensé à ton défi du jour ? » lança-t-elle en remuant la compote.
Pétronille bondit de son lit, enroula sa robe magique arc-en-ciel et attrapa sa baguette (qui ressemblait à une cuillère en bois, mais chut, c'est un secret !). « Oui, Mamie Groseille ! Je vais faire briller les étoiles de papier ! » cria-t-elle, toute excitée.
« N'oublie pas d'écouter les étoiles. Elles ont parfois des choses à dire », conseilla Mamie Groseille.
Croc-Moustache, qui ronronnait dans un coin, leva la patte. « Et moi, je peux aider ? J'adore les étoiles, surtout celles qui brillent ! »
Pétronille gloussa. « Bien sûr, Croc-Moustache ! Mais pas de bêtises, hein ? »
Ils sortirent dans le jardin, où une ribambelle d'étoiles en papier pendait sur la corde à linge. Elles étaient toutes blanches, toutes sages… et un peu endormies. Pétronille leur fit coucou de la main. « Bonjour, petites étoiles ! Prêtes à briller comme des crêpes au miel ? »
Chapitre 2 : Formules, farces et frissons
Pétronille brandit sa cuillère-baguette et récita : « Brillez, brillez, étoiles de papier ! » Mais rien ne se passa. Les étoiles continuèrent de bailler, comme si elles attendaient le goûter.
« Peut-être qu'il faut chanter ? » suggéra Croc-Moustache, qui connaissait une chanson sur les sardines.
Pétronille essaya : « Lala-lalou, brillez donc un peu ! » Mais les étoiles restaient muettes, aussi discrètes que des souris dans une bibliothèque.
Soudain, un mini-vent arriva en trottinant, soulevant la jupe de Pétronille et faisant tournoyer une étoile. « Oups ! » fit la petite sorcière en riant. « Attention à la tempête de jupons ! »
En courant derrière l'étoile envolée, elle trébucha sur un vieux coffre caché sous la glycine. Le coffre éternua en s'ouvrant, et à l'intérieur, Pétronille découvrit… un drôle de kit : trois fioles colorées, une brosse à dents dorée, et un tout petit livre intitulé « Le kit de politesse magique ».
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Croc-Moustache en reniflant la brosse à dents. « On doit brosser les étoiles ? »
« Peut-être qu'il faut leur parler gentiment, comme dit Mamie Groseille ! » s'exclama Pétronille.
Elle s'approcha d'une étoile un peu froissée et, en chuchotant : « Bonjour, chère étoile. Tu veux briller, s'il te plaît ? »
L'étoile gigota, puis… hop ! Un tout petit éclat illumina sa pointe.
Pétronille sauta sur place. « Ça marche ! »
Les autres étoiles semblaient écouter, curieuses. « À votre tour, mesdames et messieurs les étoiles ! Je vous en prie, brillez ! »
Petit à petit, chaque étoile, flattée et cajolée, se mit à pétiller, d'abord timidement, puis franchement. Bientôt, la corde à linge devint une guirlande de lumières, comme un sapin de fête dans le jardin.
Chapitre 3 : La politesse, c'est magique !
Pétronille décida de tester le kit : elle lut le tout petit livre, qui disait « Le mot magique pour chaque étoile : s'il te plaît, merci, pardon, bonjour ! »
Alors, pour chaque étoile un peu timide, elle disait : « S'il te plaît, étoile, brille pour moi. » Pour chaque étoile qui brillait, elle disait : « Merci, petite étoile ! » Et pour celle qu'elle avait fait tomber, elle souffla : « Pardon, étoile cabossée ! » Et aussi : « Bonjour, étoile cachée ! »
Croc-Moustache essaya aussi, mais il confondit un peu : « S'il te plaît, brille, sardine ! » Les étoiles rigolèrent et se secouèrent comme des pop-corn.
Soudain, une minuscule étoile, toute chiffonnée, murmura : « On n'a jamais parlé aussi gentiment avec moi… »
Pétronille la prit dans sa main. « Alors tu mérites de briller encore plus fort ! »
L'étoile s'illumina, plus brillante que toutes les autres, et toutes les étoiles applaudirent (oui, oui, les étoiles de papier peuvent applaudir, mais très doucement, pour ne pas réveiller les papillons).
Mamie Groseille arriva sur le pas de la porte. « Oh la la, quel spectacle ! On dirait un ciel de fête dans le jardin ! »
« C'est grâce à la politesse magique ! » expliqua fièrement Pétronille.
Mamie Groseille sourit. « Tu as bien écouté, Pétronille. Les mots doux font des merveilles, même pour les étoiles. »
Chapitre 4 : Tisane et câlins
Le soleil commençait à piquer du nez, les ombres s'allongeaient comme des rubans de réglisse, et les étoiles de papier brillaient toujours.
Pétronille, un peu fatiguée, s'assit dans l'herbe, Croc-Moustache roulé en boule contre elle. Mamie Groseille apporta une tisane à la menthe et au miel, qui sentait bon les histoires du soir.
« Voilà de quoi récompenser une apprentie sorcière pleine de gentillesse », dit la grand-mamie en posant la tasse dans les mains de Pétronille.
Pétronille but une gorgée, qui fit des chatouilles dans sa gorge. Les étoiles chuchotaient encore, contentes d'avoir été écoutées. Croc-Moustache ronronna si fort qu'on aurait dit un petit tambour.
Mamie Groseille serra Pétronille dans ses bras. « Tu sais, ma petite étoile à moi, écouter, c'est parfois le plus joli des pouvoirs. »
Pétronille sourit, les yeux tout brillants, et murmura : « Merci, Mamie. Merci, Croc-Moustache. Merci, les étoiles. »
La nuit se posa doucement sur le jardin, laissant flotter dans l'air un parfum de tisane et de magie, et tout le monde se sentit bien, comme dans un cocon moelleux, prĂŞt Ă rĂŞver jusqu'au matin.