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Histoire d'extraterrestre 9 à 10 ans Lecture 12 min. (1)

La marelle des étoiles

Léo le renard, maître de la marelle, accueille de petits visiteurs extraterrestres avec qui il partage jeux et découvertes, et ensemble ils explorent un mystère caché dans la clairière.

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Léo, renard roux au pelage brillant, trace une marelle à la craie en invitant Pruk, Pipo et Pata — trois petits extraterrestres verts en forme de graine — qui sautillent maladroitement autour d'une grande pierre centrale éclairée, tandis qu'une chouette perchée observe, une famille de hérissons attend au bord, des lucioles scintillent au-dessus et une petite soucoupe argentée a déposé des coussins ; clairière ronde aux troncs chaleureux, mousse au sol, lumière crépusculaire dorée et violette, ambiance conviviale et ludique avec bulles colorées soufflées par les aliens et textures dessin au crayon en overlay. signaler un problème avec cette image

Le maître de la marelle

Dans la lisière d'une forêt douce, où les arbres se faisait câlins et les fleurs chantaient en silence, vivait Léo le renard. Il avait un pelage roux comme un coucher de soleil et des yeux qui pétillaient de curiosité. Léo aimait surtout une chose : la marelle. Il savait tracer des cases parfaites avec sa queue, sauter avec grâce et compter en cadence. Pour lui, la marelle n'était pas seulement un jeu — c'était une manière de mesurer le monde, un petit rituel qui transformait une pierre en trésor et un saut en promesse.

Un matin, alors que la brume jouait à cache-cache entre les troncs, Léo nettoyait la clairière la plus douce de la forêt. C'était son terrain : un cercle de terre lisse bordé de mousses tendres, avec une grande pierre plate au milieu comme horloge sans aiguilles. Il dessinait des cases de craie avec la patte arrière, sifflotant une chanson que seuls les oiseaux connaissaient.

Soudain, le ciel fit un drôle de clignement. Un filets de lumière verte descendit en sifflet, comme un ruban qui danse. Léo releva la tête. Là, au-dessus des chênes, apparut une soucoupe qui n'était pas vraiment une soucoupe — plutôt une bulle argentée, parsemée de petites fenêtres rondes. Elle planait sans bruit, doucement, et vint se poser entre deux racines comme si elle cherchait l'ombre d'un parasol.

Léo sentit un frisson qui n'était pas de peur, mais d'attente. De la bulle sortirent trois petites silhouettes qui ressemblaient à des graines montées sur des jambes. Elles étaient vert-pâle, avec des yeux larges et brillants, des antennes frétillantes et des sourires très ouverts. Elles regardèrent la clairière, puis Léo, comme des enfants qui trouvent une aire de jeux inattendue.

— Bonjour, dit Léo d'un ton rassurant. Je m'appelle Léo. Vous êtes loin de chez vous?

Les petites silhouettes inclinèrent leurs têtes et répondirent en chœur, avec des voix qui sonnaient comme des clochettes :

— Nous sommes les Pipis de Zil. Nous voyageons pour apprendre les jeux des mondes.

Léo sentit son cœur sauter une case. Enseigner la marelle à des visiteurs interstellaires ? Voilà qui dépassait ses sauts les plus hauts. Mais il fut surtout content. Sa clairière recevait enfin des amis curieux.

Les règles de la terre

Les Pipis observèrent la marelle tracée au sol, leurs antennes frémissant d'une façon comique. Léo expliqua avec douceur.

— Ici, on pose le pied dans la première case, on saute d'une case à l'autre, et on évite de toucher les lignes. Si tu dois ramasser quelque chose, tu le fais sur un pied, puis tu recommences.

Les Pipis essayèrent de reproduire les mouvements. Ils avaient des pattes minuscules et des corps légers, si légers qu'on aurait dit des feuilles transportées par le vent. Le premier Pipi, Pruk, voulut trop bien faire et atterrit sur la pierre centrale en faisant un petit cercle lunaire. Il se remit debout en riant : ses antennes avaient pris un nœud.

Léo montra lentement, pas à pas, comment compter et respirer entre chaque saut. Il aimait parler comme s'il ouvrait une boîte de biscuits : avec soin, pour que rien ne tombe. Les Pipis firent des tentatives maladroites et délicieuses. L'un d'eux, Pipo, sauta si haut qu'il fit une pirouette et se retrouva assis sur la feuille d'une fougère, riant sans pouvoir s'arrêter. L'autre, Pata, avait une façon étrange de glisser, comme si ses pattes caressaient l'air.

La clairière se remplit de petits rires sonores et de bruits de pas légers. Les arbres, curieux, retinrent leur souffle pour écouter. Bientôt, d'autres habitants de la forêt arrivèrent : une chouette qui aimait les devinettes, une famille de hérissons venue par curiosité, et même un héron qui promenait sa longue silhouette au bord de la mare. Tous observèrent cette leçon improvisée et joyeuse.

À un moment, un Pipi posa une question qui fit sourire Léo :

— Pourquoi comptez-vous "un, deux, trois" ? Chez nous, on compte en couleurs.

Léo haussa ses épaules de renard, amusé.

— Oh, chez nous, compter en sons aide le saut. Mais si vous comptez en couleurs, je veux bien apprendre. Quelle est votre première couleur ?

Les Pipis répondirent en chœur : — Bleu-souvenir !

Et ainsi, entre rires et mélodies, la marelle devint un pont. Chacun apprit la manière de l'autre : les Pipis apprirent les règles terrestres et Léo apprit à compter en couleurs, un secret qui fit briller son regard.

Un mystère dans la clairière

Un après-midi, alors que le soleil étendait ses doigts dorés, la clairière se couvrit d'une légère lumière violette. La soucoupe des Pipis, qui était restée posée entre les racines, s'ouvrit d'elle-même, révélant un petit appareil qui ressemblait à un moulin à fleurs. Les Pipis l'appelaient un "mémoireur". Ils le tournèrent doucement : il aspirait l'air, puis rendait des images comme des bulles.

— C'est pour apprendre les histoires, expliqua Pruk. Il garde les choses que nous aimons.

Curieux, Léo approcha sa truffe. Le memoryeur projeta des images : des plages de pierres étincelantes, des forêts de sucre, des concerts d'étoiles. Puis il montra la clairière. Mais, à la surprise de tous, une image montra une pierre qui brillait différemment, au bord de la mare. Elle n'était pas fragile, mais elle émettait un petit chuchotement lumineux, comme si elle gardait un secret.

Léo se rappela d'une pierre dans l'eau, un vieux caillou que personne n'aimait toucher parce qu'il faisait des bulles quand on l'approchait. Il n'avait jamais su pourquoi. Les Pipis clignèrent des antennes. Leur mémoireur s'éteignit comme une ampoule qui se repose.

— Les pierres parlent parfois, dit la chouette, très doucement. Mais elles n'aiment pas qu'on leur arrache des mots. Peut-être que cette pierre a une histoire heureuse à raconter.

La forêt devint toute entière une oreille. Léo sentit qu'il devait savoir. Il proposa une petite expédition : aller jusqu'au bord de la mare pour écouter la pierre. Les Pipis, ravis, sautillèrent en cadence. Ils avaient un goût de mystère frais sur la langue.

En s'approchant, la pierre commença à vibrer d'une façon très légère, comme si elle gardait un rire pour plus tard. Léo posa sa patte dessus. Ce n'était pas froid, ni chaud, juste comme un souvenir à peine éveillé. Les Pipis touchèrent aussi, timidement. Et soudain, sans grand fracas, la pierre chuchota.

— Je suis née d'une goutte d'étoile, murmura-t-elle. J'ai dansé dans l'air puis je suis tombée ici. J'aime la mare et tous ses pas. Je veux que les jeux continuent.

Le chuchotement fit remonter une chaleur douce dans la clairière. Les Pipis applaudirent en faisant des petits claquements d'antennes, et la chouette versa une larme de joie (les chouettes pleurent parfois des petites étoiles). Léo sourit, rassuré. Même la pierre aimait la marelle.

La danse des visiteurs et la brise tiède

La nouvelle se répandit vite : la pierre parlante aimait les jeux. Les animaux et les Pipis décidèrent d'organiser une fête nocturne, une grande marelle lumineuse où chacun enseignerait quelque chose de son monde. Les lucioles dessinèrent des étoiles au-dessus des cases, et la soucoupe déploya des coussins colorés pour ses invités.

La fête commença avec Léo en maître de cérémonie. Il guida la danse de la marelle : on sautait, on riait, on changeait de rythme pour adapter les sauts aux petites pattes des hérissons et aux longues pattes du héron. Les Pipis ajoutèrent leur touche : à chaque case, ils soufflaient une petite couleur qui flottait comme des bulles parfumées. Les bulles ne poppaient pas ; elles restaient suspendues pour que chacun puisse en cueillir une.

Les bulles apportèrent des souvenirs : une qui sentait la pluie de la planète des Pipis, une autre qui goûtait la confiture de mûres que la renarde-grand-mère faisait parfois, une qui chantait une chanson de vent. La clairière devint un musée vivant de petites merveilles.

À un moment, la pierre chuchota encore, plus fort cette fois :

— Dansez pour que je brille.

Alors, tous se mirent à danser une marelle qui ressemblait à un cercle d'amitiés. Même la soucoupe vibra au rythme, et de ses fenêtres sortirent des petites lueurs qui dessinaient des ombres joyeuses sur les troncs. Le héron fit une révérence comique, les hérissons roulèrent comme des petits boulets de bonheur, et la chouette raconta des devinettes qui firent éclater des rires.

Quand la nuit avança, la clairière fut éclairée par la pierre, qui brillait maintenant d'un doux halo. Les Pipis prirent des photos avec leur mémoireur et offrirent à Léo une image : lui, au milieu des amis, la patte sur la pierre, le sourire comme un feu de camp. Léo mit l'image dans sa gueule comme on met un trésor dans une boîte.

La fête se calma peu à peu. Les invités se blottirent sur les coussins, les lucioles se reposèrent comme des petites lampes qui s'éteignent, et la soucoupe se ferma en ronronnant doucement. Les Pipis se préparèrent à repartir, leurs antennes brillantes de nouveaux mots.

Avant de partir, Pruk s'approcha de Léo. Il posa une patte frêle contre la truffe du renard, un geste simple qui disait merci sans bruit.

— Tu nous as appris la marelle, dit-il. Tu nous as montré la terre comme on montre un livre. Chez nous, on dit que partager un jeu, c'est accueillir une planète.

Léo sentit ses yeux s'humidifier, mais c'était de la joie. Il répondit, doucement :

— Vous m'avez appris des couleurs et des chansons. Vous avez laissé une pierre qui parle. Merci.

La soucoupe s'éleva, légère comme une plume, et disparut parmi les étoiles. La clairière retrouva son silence familier, mais plus doux, rempli des restes d'une musique et d'odeurs colorées. La pierre continua de briller faiblement, comme si elle gardait un peu de fête pour les soirs tranquilles.

Léo resta assis sur la grande pierre, respirant l'air de la forêt. Une brise tiède passa alors, venue de nulle part ou peut-être d'un mélange des mondes. Elle caressa les pelages, fit frissonner les moustaches et emporta avec elle quelques bulles de couleur. Cette brise semblait dire : tout ira bien, tant qu'on partagera ses jeux.

Léo sourit, rassuré et heureux. Il prit sa craie, traça une nouvelle marelle dans la clairière — un dessin qui, peut-être, ferait revenir un jour les visiteurs. Puis il se leva, fit un petit saut, compta en couleurs d'oreilles à fleurs, et repartit chez lui en fredonnant. La nuit se posa comme une couverture douce, et la brise tiède continua de murmurer, confiante, que les rencontres transforment toujours les mondes.

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Lisière
Bord d'une forêt où les arbres rencontrent un champ ou une prairie.
Clairière
Endroit ouvert dans la forêt où il y a de la lumière et de l'herbe.
Marelle
Jeu où l'on saute dans des cases dessinées au sol avec les pieds.
Pelage
Ensemble des poils qui couvrent le corps d'un animal.
Craie
Bâton de calcaire utilisé pour écrire ou dessiner sur le sol.
Antennes
Petites tiges sur la tête de certains êtres, qui servent à sentir.
Soucoupe
Objet rond et plat, ici une petite machine volante ressemblant à un disque.
Mémoireur
Appareil qui garde et montre des images ou des souvenirs.
Chuchota
Parler très doucement, avec une voix basse pour que peu entendent.
Halo
Lueur douce et claire qui entoure quelque chose ou quelqu'un.
Révérence
Petit mouvement de respect, comme s'incliner devant quelqu'un.
Ronronnant
Fait un son doux et régulier, comme une machine ou un chat content.
Blottirent
Se serrer les uns contre les autres pour être bien et chaud.
Brise
Vent léger et doux qui passe et fait bouger les feuilles.

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