Chapitre 1 : Un plan secret sous les coussins
Dans la maison de la famille Poiloux, trois chatons vivaient ensemble : Maxou, l'aîné au pelage tigré, Chipie, la cadette à la fourrure blanche piquée de taches noires, et Biscotte, le benjamin, une boule de poils rousse et malicieuse. Biscotte avait des moustaches qui frisaient d'espièglerie et des idées farfelues pleines la tête.
Un mercredi après-midi, le soleil baignait le salon d'une lumière dorée, et les humains étaient sortis. Maxou, allongé de tout son long sur le canapé, bâilla en écoutant Biscotte chuchoter à l'oreille de Chipie.
— On prépare un goûter ? Mais un goûter rien qu'à nous, sans humain !
Les yeux verts de Chipie s'illuminèrent.
— Tu veux dire… préparer de la nourriture, tout seuls ? Mais on n'a jamais fait ça !
— Justement ! répondit Biscotte en bombant le torse. On montrera à tout le monde qu'on est de grands chats responsables.
Maxou soupira, se redressa et lança en se grattant derrière l'oreille :
— Bon, mais attention aux griffes sur le plan de travail… La dernière fois, Maman Humaine a râlé toute la soirée.
Mais personne n'écoutait vraiment Maxou. Déjà , Biscotte filait vers la cuisine en zigzaguant entre les chaises, Chipie sur ses talons et Maxou, résigné, fermait la marche.
Chapitre 2 : La cuisine en folie
La cuisine sentait la croquette et la compote de pommes. Biscotte grimpa sur le tabouret avec l'agilité d'un acrobate.
— D'abord… il faut des ustensiles ! annonça-t-il fièrement.
Il bondit et s'accrocha à la poignée d'un tiroir, qui glissa dans un grand « CLAC ! ». Des cuillères, un fouet et une spatule tombèrent dans un tintement de cymbales.
— J'adore la musique de la cuisine, miaula Chipie en se roulant par terre de rire.
Maxou, plus raisonnable, s'approcha du frigo et essaya de l'ouvrir d'un coup de patte. Le frigo résista.
— On fait comment pour ouvrir ce machin ? On dirait une montagne, ronchonna-t-il.
Biscotte, décidé à ne jamais reculer devant l'adversité, se mit à deux avec Chipie. Ils sautèrent en même temps, s'agrippèrent à la poignée et, sous leur poids combiné… la porte s'entrouvrit dans un « PLOK ! » triomphal.
— À l'assaut ! cria Biscotte.
À l'intérieur du frigo se trouvaient une motte de beurre, du lait, un pot de confiture de fraises et… une boîte de sardines. Les trois chatons se regardèrent, le regard brillant.
— On pourrait faire des tartines à la sardine, proposa Maxou.
— Avec de la confiture dessus ! s'exclama Biscotte.
— Beurk, fit Chipie, mais en rigolant, parce que l'idée était tellement bizarre qu'elle en avait les moustaches qui frisaient.
Ils décidèrent finalement de préparer ce qu'ils appelaient « La Super-Tartine-Chatastrophe » : une tartine de pain, beurrée, recouverte de sardines écrasées et d'une goutte de confiture. Tout devait être parfaitement dosé, sous la surveillance stricte de Biscotte, qui se prenait déjà pour un grand chef.
Chapitre 3 : Accidents en série
Comme Biscotte déployait le beurre avec la spatule, la tartine glissa, voltigea et, d'un superbe vol plané, atterrit… sur le museau de Maxou.
— Hé ! J'suis pas une assiette, moi ! feula Maxou, la truffe barbouillée de beurre.
Chipie éclata de rire si fort qu'elle tomba du tabouret, la queue dressée comme un point d'exclamation.
Puis il fallut ouvrir la boîte de sardines. Biscotte tenta de tourner l'ouvre-boîte avec sa patte, mais le couvercle refusa de coopérer. Chipie prit le relais, mais la boîte fit un « SPLASH ! » et s'éventra, projetant de la sardine jusque sur les rideaux de la cuisine.
— Oups, souffla Chipie, l'air faussement désolée.
— Peut-être qu'on va inventer un nouveau parfum de rideaux, gloussa Biscotte.
Maxou, pour sa part, avait déjà léché la tartine écrabouillée. Il déclara la bouche pleine :
— C'est pas mauvais, mais c'est croquant sous les dents…
La confiture, elle, ne voulait pas sortir du pot. Biscotte s'acharna à la spatule. Soudain, « SPLORTCH ! » : un nuage de confiture jaillit dans les airs pour atterrir pile entre les oreilles pointues de Chipie.
— Je suis couronnée, proclama-t-elle fièrement, la tête dégoulinante de fraises.
Les chatons, hilares, regardèrent la cuisine : des traces de beurre partout, une boîte de sardines éventrée, du pain sur le sol, de la confiture sur les rideaux et Chipie transformée en reine du goûter.
Chapitre 4 : Le concours de la meilleure bĂŞtise
Une fois leur « chef-d'œuvre » terminé, les chatons décidèrent d'organiser un concours : qui avait fait la plus grosse bêtise ?
— Moi, j'ai décoré les rideaux, revendiqua Chipie, en désignant les taches de sardine.
— Et moi, j'ai inventé le museau beurré, se vanta Maxou en se torchant le nez sur un torchon (provoquant une nouvelle tache).
Biscotte, lui, grimpa sur le plan de travail, posa une patte sur la tartine ultra gluante et… glissa en plein dans le saladier, atterrissant la queue la première dans la confiture restante.
— Je baptise cette confiture « Queue de chat sucrée » ! miaula-t-il, tout fier de sa nouvelle invention.
Ils éclatèrent de rire, roulant l'un sur l'autre, oubliant même leur faim tant le spectacle était drôle. Chipie, la tête encore collante de confiture, fit la roue sur le carrelage.
— Vous croyez que les humains vont aimer notre déco ? demanda-t-elle, yeux ronds.
Maxou prit un air faussement sérieux :
— Je crois qu'ils vont adorer. Surtout l'odeur de sardine fraîche au salon.
Biscotte, blotti entre eux, se sentit le plus heureux des chatons. C'était un goûter raté, mais une aventure réussie !
Chapitre 5 : Nettoyage improvisé et le retour des humains
Quand une ombre se profila dans l'entrée, les oreilles des trois chatons se dressèrent.
— Les humains ! planquez-vous !
Mais où se cacher quand on sent la sardine, qu'on est barbouillé de beurre et qu'on laisse des traces partout ?
Les chatons firent mine de ne rien avoir fait, assis bien droits sur la table, la queue sagement enroulée, faussement innocents.
La Maman Humaine entra. Elle renifla et fronça les sourcils.
— Qu'est-ce que… oh là là !
Elle découvrit le sol transformé en patinoire à confiture, les rideaux parfumés à la sardine, le torchon embourbé de beurre… et au milieu, trois chatons avec LE sourire.
— C'était un goûter expérimental… bredouilla Maxou, penaud.
— On a essayé d'être autonomes, ajouta Biscotte, les moustaches tremblotantes de fierté.
Chipie osa un petit miaulement câlin.
La Maman Humaine mit les mains sur les hanches. Mais, en voyant leurs tĂŞtes, elle ne put s'empĂŞcher de rire. Elle les attrapa tous les trois et les serra fort contre elle, mĂŞme si Biscotte laissa une trace de confiture sur sa manche.
— Bon, au moins, vous avez bien rigolé… Mais demain, c'est vous qui aidez à nettoyer !
Les chatons hochèrent la tête d'un air très sérieux… avant de s'écrouler de rire ensemble.
Chapitre 6 : Un souvenir inoubliable
Le lendemain matin, à la première heure, les trois chatons se mirent au travail. Maxou passa la serpillère (maladroitement, il faut l'avouer), Chipie frotta les rideaux (en jouant à se cacher dans les plis) et Biscotte, armé d'une minuscule éponge, effaçait les traces de ses exploits.
— Finalement, le nettoyage, c'est un peu comme la cuisine, remarqua Biscotte. Il faut de l'imagination !
— Et de l'humour, ajouta Maxou.
— Et surtout… des complices ! conclut Chipie, en faisant une cabriole.
Quand tout fut propre, les chatons s'étalèrent sur le tapis du salon, ronronnant de fatigue.
Biscotte leva une patte en l'air :
— Je déclare officiellement que la Super-Tartine-Chatastrophe était notre meilleure bêtise. On recommence la semaine prochaine ?
Maxou et Chipie éclatèrent de rire.
— Promis, la prochaine fois, on essaye les crêpes… mais pas sur les rideaux !
C'était certain : dans la famille Poiloux, les plus belles aventures naissaient toujours d'un simple goûter. Et Biscotte, le benjamin, aurait encore mille idées pour transformer chaque jour en souvenir inoubliable.