Le matin des rubans
Ce matin-là, la petite Théière Pompon se réveilla en faisant « pchiiiit ».
Son couvercle sauta un peu, comme un chapeau content.
Aujourd'hui, c'était son anniversaire.
Dans la cuisine, tout le monde s'agitait gentiment.
La Tasse Lune tournait sur sa soucoupe.
La Cuillère Zigzag faisait des pirouettes.
Le Grille-pain Doré cliquetait comme un applaudissement.
« Joyeux jour ! » chantonna la Tasse Lune.
« Joyeux jour ! » répondit Théière Pompon, la voix douce comme un nuage.
Sur la table, il y avait une grande boîte de rubans.
Des rubans rouges, bleus, jaunes.
Des rubans qui chatouillent.
« On prépare la fête ! » dit la Cuillère Zigzag.
« Mais chut… surprise ! »
Théière Pompon sourit. Elle aimait les surprises.
Surtout quand elles sentaient la vanille.
Alors, elle prit une grande feuille blanche.
Elle la posa bien à plat.
Et avec un petit crayon, elle écrivit ses souhaits.
Des mots simples.
Des mots gentils.
Puis elle plia la feuille en trois, très proprement.
« Mes souhaits, je les garde près de mon bec, comme un secret. »
Les souhaits à voix douce
La matinée passa comme une chanson.
On rangea, on frotta, on aligna.
Le Grille-pain Doré voulait mettre les assiettes tout en haut.
« Moi, je suis grand ! » clac clac.
Mais la Tasse Lune fit une petite voix calme :
« On fait ensemble. Et on respecte les places. »
Théière Pompon hocha son couvercle.
« Oui. Chacun a sa place. Même la petite Soucoupe Paillette. »
Soucoupe Paillette rougit, enfin… elle brilla plus fort.
Pendant ce temps, la Cuillère Zigzag mélangeait la pâte d'un gâteau.
Elle allait vite, trop vite.
Splatch. Une goutte tomba sur le sol.
La Cuillère s'arrêta net.
« Oups. C'est moi. Je nettoie. »
« Merci, » dit Théière Pompon.
« C'est courageux de dire la vérité. »
Et hop, on essuya.
Le sol redevint tout propre.
Et personne ne gronda.
On rit un tout petit peu, parce qu'une goutte, ça peut être drôle.
Plus tard, Théière Pompon sentit sa feuille dans son ventre, bien pliée.
Elle la sortit avec soin.
Elle s'assit près de la fenêtre, là où la lumière fait des points dorés.
Elle lut ses souhaits à voix douce, presque comme un chuchotement.
« Je souhaite une fête lumineuse.
Je souhaite des câlins en rubans.
Je souhaite que chacun se sente important.
Je souhaite qu'on partage, même les dernières miettes.
Et je souhaite dire merci. Beaucoup. »
La Tasse Lune, qui passait par là, entendit un bout.
Elle s'approcha sans faire de bruit.
« C'est beau, » dit-elle.
« Tes souhaits font chaud, même sans thé. »
Théière Pompon gloussa.
« Sans thé ? Oh là là, quelle idée ! »
La fête qui brille
Quand le soleil fut bien rond, on l'invita à venir dans le salon.
Le salon était décoré avec les rubans.
Ils pendaient comme des serpentins sages.
Au milieu, un gâteau attendait.
Il avait trois petites bougies en sucre.
Pas de feu, juste du sucre qui brille.
Comme ça, tout le monde se sentait tranquille.
« Surprise ! » crièrent la Tasse Lune, la Cuillère Zigzag, le Grille-pain Doré, et même la Passoire Pluie.
La Passoire Pluie fit « plip plip » d'émotion.
Théière Pompon resta bouche bée.
Enfin… bec bée.
Sur une chaise, il y avait un paquet.
Un paquet doux.
Emballé dans un ruban vert.
« Ouvre ! » dit la Cuillère Zigzag.
« Mais doucement, pour respecter le ruban. Il a travaillé dur. »
Théière Pompon ouvrit doucement.
Dedans, il y avait une petite couverture de tissu, toute chaude, avec des étoiles cousues.
« Pour ton repos de l'après-fête, » expliqua la Tasse Lune.
« Une théière a le droit de se reposer. »
Théière Pompon posa son couvercle sur son cœur.
« Merci. Merci. Merci. »
Puis, on s'assit en rond.
Chacun avait une assiette.
Même la petite Soucoupe Paillette, au premier rang.
Théière Pompon prit sa feuille.
« Je peux lire mes souhaits ? »
« Oui, » dirent-ils.
« On écoute. On respecte. »
Alors, elle lut à voix douce.
Et quand elle finit, tout le monde fit un petit silence content.
Le Grille-pain Doré dit :
« Moi, je souhaite… plus de confiture. »
Tout le monde éclata de rire.
« Et moi, » dit la Passoire Pluie, « je souhaite qu'on joue à cache-cache… mais sans se cacher loin. Juste derrière le coussin. »
« Bonne idée, » dit Théière Pompon.
« On reste proches. On s'amuse. »
On partagea le gâteau.
On se passa les assiettes.
On dit « s'il te plaît » et « merci ».
On fit un toast… avec du thé à la fleur d'oranger, bien sûr.
Le soir arriva doucement.
Les rubans dansaient encore un peu, fatigués mais heureux.
Théière Pompon s'enveloppa dans sa couverture étoilée.
La Tasse Lune chuchota :
« Ton anniversaire a fait briller tout le monde. »
Théière Pompon ferma les yeux.
« Alors, mon dernier souhait est déjà là, » murmura-t-elle.
« Être ensemble. Et se respecter. »
Et dans la maison calme, la fête s'endormit en souriant.