Ce matin, Léo se réveille avec quatre ans dans le cœur. Le soleil fait des taches dorées sur son mur. Il saute du lit et dit : « Aujourd'hui, c'est mon anniversaire ! »
Dans la cuisine, Maman étale une nappe jaune. Papa gonfle un ballon rouge. Léo, lui, a une grande idée. Une idée énorme, comme un camion de pompiers : inviter plein, plein, plein d'amis. Toute la ville, même.
Il chuchote à son ours en peluche : « Je veux une fête avec cent invités. Cent ! » Son ours ne répond pas, mais il a l'air impressionné.
Maman sourit. « On va préparer une belle fête. Tu m'aides ? »
Léo hoche la tête très fort. Il colle des gommettes sur des gobelets. Il met des serviettes en pile. Une pile, puis une autre pile. Il compte : « Un, deux… euh… beaucoup ! »
Papa apporte un grand sachet de confettis. « On en met un tout petit peu, hein. »
Léo rigole : « Un tout petit peu… comme une pluie de bonbons ! »
Puis Léo regarde la table. Il voit seulement quelques assiettes. Son ventre fait un petit “boum”.
« Maman… il n'y aura pas cent invités ? » demande-t-il doucement.
Maman s'accroupit. « Dis-moi la vérité, mon grand. »
Léo baisse les yeux. « J'ai dit à mon ours que j'en voulais cent. Mais… je crois que ça fait trop. »
Maman lui caresse la joue. « Merci d'être honnête. C'est courageux. On a invité ton cousin Sami, ton amie Jade et papi. Un petit groupe. Un groupe doux. »
Papa ajoute : « Et on a des surprises attentionnées. »
Léo pense à cent voix, cent cadeaux, cent gâteaux… Ça fait beaucoup de “boum” dans la tête. Il souffle. « D'accord. Un petit groupe doux. »
On sonne à la porte. Ding dong ! Jade arrive avec un chapeau brillant. Sami tient une boîte qui fait “chling chling”. Papi entre avec un gros paquet léger, comme un nuage.
« Surprise ! » disent-ils.
Léo rit. « Je suis prêt ! Enfin… presque ! »
Ils jouent à “statue” dans le salon. Léo devient une statue de dinosaure qui danse. Tout le monde éclate de rire. Ensuite, ils décorent un gâteau avec des fraises. Léo veut en manger une.
Papa dit : « Une pour le gâteau, une pour le chef. »
Alors Léo croque une fraise. « Je suis le chef ! »
Quand les bougies s'allument, la pièce devient lumineuse et chaude. Quatre petites flammes tremblent comme des lucioles.
« Fais un vœu », chuchote Maman.
Léo ferme les yeux. Il pense : “Je veux des rires, et des câlins, et du calme.”
Il souffle. Les bougies s'éteignent. Tout le monde applaudit.
Léo regarde ses trois invités. Il se sent bien, comme dans une couverture.
« Finalement, mon petit groupe doux… c'est parfait », dit-il.
Et son ours, cette fois, a l'air d'approuver très fort.