Il était une fois une cheffe qui s'appelait Lina. Lina aimait cuisiner. Lina aimait les légumes. Lina aimait le pain chaud. Lina aimait surtout les sourires.
Chaque matin, Lina ouvrait sa petite cuisine. Elle touchait les légumes doucement. Elle disait bonjour aux tomates. Elle disait merci aux carottes. Elle respectait chaque ingrédient. «Merci, petite pomme de terre», murmurait-elle. «Merci, petite pomme de terre», répétait-elle encore. Les mots étaient doux. Les gestes étaient lents.
Lina préparait des plats comme une histoire. D'abord, elle écoutait les odeurs. Mmm, sentez le basilic ! Mmm, sentez la soupe chaude ! Elle prenait une grande cuillère en bois. Elle remuait en chantonnant. Remuer, remuer, remuer. La soupe chante. La soupe rit. Tout devient chaud et doux.
Un après-midi, Lina eut une idée. Elle prit un crayon. Elle prit une feuille de papier. Elle voulait dessiner un petit plat. Elle posa le papier sur la table. Elle regarda les ingrédients sur la planche. Une tomate ronde. Un petit bout de fromage. Une feuille de salade. Elle posa le crayon et dessina doucement.
«Regarde», dit Lina. Elle dessina un petit bol. Elle dessina un nuage de vapeur. Elle fit des gouttes de couleur. Le bol avait des yeux comme un ami. Le bol souriait. Lina écrivait aussi le nom des ingrédients. Tomate. Fromage. Salade. Elle respectait chaque mot. Elle disait : «Chaque ingrédient a une histoire.»
Les enfants du voisinage vinrent regarder. «Que fais-tu, Lina ?» demanda Tom. «Je dessine un plat», répondit-elle. «C'est un plat qui sent bon. Il est doux comme un câlin.» Les enfants se mirent à dessiner aussi. Ils firent de petits plats colorés. Les dessins devinrent une fête.
Lina montra comment couper en sécurité. Elle montra comment toucher les herbes. Elle montra comment écouter la cuisson. «Écoute», dit Lina. On entend le petit frou-frou de la poêle. On entend le chuchotement du four. On sent la chaleur sur les mains. On sent les odeurs qui dansent.
La cheffe expliqua pourquoi il faut respecter les ingrédients. «Les légumes viennent de la terre», dit-elle. «Ils ont besoin d'eau et de soleil. On les traite avec douceur.» Les enfants apprirent à ne pas gaspiller. Ils apprirent à goûter avant de jeter. «Goûte un petit peu», disait Lina. Ils goûtèrent. Ils sourirent.
Le soir tombait. Lina mit la table. Elle posa des petites cuillères. Elle posa des serviettes en tissu. Les enfants s'installèrent. Lina servit le plat qu'elle avait dessiné. Le bol dessin était devenu vrai. La vapeur montait comme un nuage. Tout le monde prit une bouchée. Mmm, c'était tendre et salé, sucré et doux.
Avant de partir, chaque enfant dit merci. Lina sourit. Elle rabattit la couverture du dessin. «Garde ton dessin», dit-elle. «Souviens-toi des odeurs. Souviens-toi du respect.» Les enfants rentrèrent chez eux avec les poches pleines de bonheur.
Lina rangea sa cuisine. Elle lava les cuillères. Elle arrosa la petite plante dans la fenêtre. Elle posa une main sur son cœur. Elle pensa au bol dessiné. Elle pensa aux sourires. Elle murmura une chanson douce.
La lune monta. Le monde devint calme. Lina regarda son dessin une dernière fois. Elle sourit. Elle pensa : demain, je cuisinerai encore. Demain, je dessinerai encore. Demain, je dirai merci encore.
Et dans la nuit, tout sentait encore un peu le basilic. Tout était chaud et plein de gentillesse. Tout était prêt pour un nouveau bonjour.