Chapitre 1 : Un matin différent
Lucas se réveille tôt ce matin-là . Il saute de son lit, met son pantalon bleu préféré et son tee-shirt avec un dinosaure souriant. Il aime bien aller à l'école. À l'école, il retrouve ses amis, il apprend de nouvelles choses et il joue dans la cour. Lucas a cinq ans et il est toujours content de voir ses copains.
Quand Lucas arrive à l'école, il remarque quelque chose de différent. D'habitude, Mathis, son camarade, court vers lui en souriant. Mais aujourd'hui, Mathis est assis tout seul, près du mur de la cour. Il regarde ses chaussures et il a l'air triste. Lucas s'approche doucement.
— Bonjour Mathis, dit Lucas avec sa voix douce.
Mathis lève les yeux, mais il ne sourit pas. Il reste silencieux. Lucas sent que quelque chose ne va pas. Il regarde autour de lui et voit que deux enfants de la classe chuchotent en regardant Mathis. Ils rient en cachette et montrent du doigt les baskets rouges de Mathis.
Lucas n'aime pas ce qu'il voit. Il sent son cœur battre plus vite. Il a envie d'aider Mathis. Il s'assoit à côté de lui.
— Tu veux jouer avec moi ? propose Lucas.
Mathis hausse les épaules. Il a les yeux brillants, comme s'il voulait pleurer. Lucas ne comprend pas pourquoi les autres sont méchants. Il pose doucement la main sur l'épaule de Mathis.
— Tu sais, tes baskets sont très belles, dit Lucas. Elles sont rouges comme une pomme. Moi, je les trouve super.
Mathis lève un peu la tête. Il regarde Lucas et un petit sourire apparaît sur son visage.
Chapitre 2 : Quand les mots font mal
La maîtresse, Madame Martin, appelle tous les enfants pour entrer en classe. Lucas prend la main de Mathis. Ils marchent ensemble. Pendant la matinée, Lucas observe que les deux enfants continuent de se moquer de Mathis. Ils chuchotent et rient quand il passe. Parfois, ils l'appellent « clown à baskets » ou « pieds de tomate ». Mathis baisse la tête. Il devient tout petit, tout silencieux.
Lucas se sent triste pour son ami. Il voudrait que tout s'arrête. À la récréation, Lucas s'approche de la maîtresse. Il a un peu peur, mais il sait que c'est important de parler.
— Madame, je crois que Mathis est triste. Les autres se moquent de lui, dit Lucas doucement.
Madame Martin s'accroupit pour ĂŞtre Ă la hauteur de Lucas.
— Merci de me le dire, Lucas. Tu as bien fait de parler. Il ne faut jamais se moquer des autres, ça fait beaucoup de peine. Tu veux que je discute avec Mathis ?
Lucas hoche la tête. Il retourne vers Mathis qui est encore tout seul. Lucas s'assoit à côté de lui, encore une fois.
— Tu veux qu'on raconte à la maîtresse ce qu'il s'est passé ? demande Lucas.
Mathis hésite, mais il finit par dire oui. Ensemble, ils vont voir Madame Martin. Mathis raconte ce qu'il ressent. Il parle doucement, mais il explique que les mots des autres lui font mal au cœur. Lucas pose sa main sur le dos de Mathis pour le rassurer.
Madame Martin écoute avec attention. Elle remercie Mathis et Lucas d'avoir parlé. Elle promet de les aider.
Chapitre 3 : Parler, écouter, comprendre
Le lendemain, Madame Martin commence la journée avec un cercle de parole. Tous les enfants sont assis en rond sur le tapis coloré. Madame Martin explique :
— Parfois, des enfants sont tristes parce que d'autres se moquent d'eux. On appelle cela le harcèlement. C'est quand quelqu'un est souvent embêté, insulté ou mis de côté. Ce n'est pas gentil et ça peut faire très mal au cœur.
Lucas écoute attentivement. Il regarde Mathis qui serre fort son doudou. Madame Martin continue :
— Les mots peuvent faire mal, comme des cailloux dans la poche. Mais les mots gentils sont comme des plumes douces. Il faut choisir des mots doux.
Elle demande aux enfants s'ils ont déjà été tristes à cause de quelqu'un. Plusieurs enfants lèvent la main. Certains disent qu'ils ont pleuré, d'autres qu'ils ont eu peur. Lucas dit :
— Moi, j'ai vu Mathis être triste parce que d'autres se moquaient de ses baskets rouges.
Madame Martin les remercie d'en parler. Elle explique que, quand on voit quelqu'un être embêté, il faut l'aider. Il faut dire « stop » ou aller chercher un adulte. Il ne faut jamais rester seul avec sa tristesse.
Ensuite, Madame Martin propose un jeu. Chaque enfant doit dire Ă son voisin un mot gentil. Lucas regarde Mathis et dit :
— Tu es très courageux, Mathis.
Mathis sourit, un vrai sourire cette fois. Il dit Ă Lucas :
— Merci d'être mon ami.
Tous les enfants répètent des mots gentils. La classe devient plus joyeuse, plus douce. Les mots doux volent comme des papillons colorés.
Chapitre 4 : Ensemble, plus forts
Pendant la semaine, la classe fait des activités pour comprendre le harcèlement. Madame Martin lit des histoires où des enfants s'entraident. Elle montre des dessins de visages : tristes, contents, en colère. Les enfants apprennent à reconnaître les émotions. Ils apprennent aussi à demander de l'aide.
Un jour, Madame Martin parle du cyberharcèlement. Elle explique que, même sur les écrans, il faut être gentil. Il ne faut pas écrire de vilains messages. Il faut toujours demander de l'aide si quelqu'un est méchant sur l'ordinateur ou la tablette.
Lucas comprend que le harcèlement, ce n'est pas seulement dans la cour de récréation. Cela peut arriver partout, même à la maison, sur le téléphone ou l'ordinateur. Il faut toujours parler à un adulte. Il faut toujours rester ensemble, ne pas laisser quelqu'un tout seul avec sa peine.
Lucas voit que les deux enfants qui se moquaient de Mathis viennent vers lui. Ils disent :
— On est désolés, Mathis. On ne voulait pas te faire de la peine.
Mathis les regarde, un peu surpris. Il reste silencieux, puis il dit :
— Ce n'était pas gentil, mais merci de t'excuser.
Les enfants proposent de jouer tous ensemble. Lucas, Mathis et les autres se mettent Ă courir et Ă rire. Ils jouent Ă chat, ils font la ronde, ils inventent un jeu de dragons et de princesses.
Maintenant, personne n'est laissé de côté. Les enfants se rappellent de choisir des mots doux, de regarder si quelqu'un est triste, de parler à la maîtresse ou à leurs parents s'ils ont peur ou s'ils voient quelque chose de méchant.
Chapitre 5 : Des super-héros du respect
À la fin de la semaine, Madame Martin propose un atelier. Chaque enfant dessine un super-héros. Lucas dessine un super-héros avec un grand cœur rouge sur la poitrine. Il l'appelle « Super-Ami ». Mathis dessine « Capitaine Gentillesse » avec une cape jaune. Les autres inventent « Miss Courage », « Monsieur Respect » et « Docteur Sourire ».
Madame Martin leur dit :
— Vous êtes tous des super-héros quand vous aidez un ami triste, quand vous dites des mots gentils, quand vous demandez de l'aide à un adulte.
Lucas se sent fier. Il a aidé Mathis. Il a parlé à la maîtresse. Ensemble, ils ont expliqué aux autres pourquoi il ne faut pas se moquer. Maintenant, la classe est plus joyeuse et plus unie. Les enfants savent qu'ils sont ensemble, qu'ils peuvent toujours demander de l'aide et qu'ils sont tous importants.
Le matin, quand Lucas arrive à l'école, il cherche Mathis du regard. Il le voit, debout près des jeux. Mathis sourit grand. Lucas court vers lui. Ils se tapent dans la main. Ils savent que, désormais, ils sont plus forts ensemble.
Dans la classe, il y a des couleurs, des rires, des mots doux. Il n'y a plus de moqueries, il n'y a plus de cailloux dans les poches. Les enfants sont devenus, tous ensemble, des super-héros du respect.
Et quand un nouveau arrive, tout le monde se souvient de ce que Lucas et Mathis ont appris à la classe : il faut être gentil, il faut écouter, il faut parler. Surtout, il ne faut jamais laisser quelqu'un tout seul avec sa tristesse.
Parce qu'ensemble, on est plus forts, plus heureux, et on peut faire disparaître le harcèlement comme par magie.