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Histoire de petits enquêteurs 11 à 12 ans Lecture 23 min.

Le mystère du trophée au parfum de citron

Quand le trophée du concours de lecture disparaît de la vitrine, Mina, Zoé et Inès mènent l'enquête à l'école, suivant des indices (savon citron, clé manquante) et interrogeant élèves et adultes pour découvrir ce qui s'est passé.

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Trois fillettes de 11 ans enquêtent dans le hall d'une école lumineux au carrelage beige : Mina, cheveux châtain clair en coupe droite, accroupie près d'une tache humide parfumée au citron, carnet ouvert à la main ; Zoé, cheveux noirs bouclés en queue, veste rouge, debout à droite de Mina, reniflant l'air avec malice ; Inès, cheveux blonds en tresse, sweat vert clair, derrière elles bras croisés, prête à courir vers la bibliothèque. À l'arrière-plan, une grande vitrine vide sur socle doré, une porte de local de ménage entrouverte laissant échapper une faible vapeur jaune pâle et un trousseau de clés sur un banc ; rayons de soleil traversant les fenêtres projettent des ombres nettes. L'ambiance est légère et colorée, palette douce aux touches vives, composition centrée sur le trio. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 — Le trophée disparu

La cour de l'école Jules-Ferry brillait comme une assiette neuve. Le soleil faisait cligner les yeux, et les platanes projetaient des ombres rondes sur le bitume. On entendait des ballons rebondir, des rires, et le grincement joyeux du portail.

Mina, Zoé et Inès traversaient la cour d'un pas pressé. Elles avaient toutes les trois 11 ans, mais pas tout à fait la même façon de marcher : Mina avançait droit, comme si elle suivait une ligne invisible. Zoé zigzaguait, attirée par chaque détail. Inès, elle, allait vite et jetait des coups d'œil partout, comme si le monde risquait de lui échapper.

— Dépêche, dit Inès. Madame Jouve ouvre la vitrine aujourd'hui !

Dans le hall, une grande vitrine en verre attendait, au bout du couloir. On y exposait les coupes de sport, les médailles de l'école, et, depuis la veille, le nouveau trophée : celui du concours de lecture de la ville.

Sauf que… la vitrine était ouverte.

Et l'emplacement au centre, là où la coupe dorée devait briller, était vide.

Madame Jouve, la directrice, avait le visage sérieux. Ses lunettes glissaient un peu sur son nez, comme si elles aussi étaient surprises.

— Les filles, dit-elle en les voyant, vous n'auriez pas…?

— Non ! répondit Zoé avant même la fin de la phrase. Enfin… pas nous. On est innocentes, juré.

Mina s'approcha. Elle ne toucha rien. Elle regarda. Longtemps.

— Il n'y a pas de verre cassé, murmura-t-elle. Donc quelqu'un a ouvert avec la clé.

Inès pointa le sol, près de la vitrine.

— Là ! Une trace. On dirait une… tache ?

Mina se pencha. Une petite marque humide, déjà en train de sécher, faisait un cercle pâle sur le carrelage.

Elle inspira, doucement, comme un détective dans un film.

— Ça sent… le savon.

Zoé fit une grimace.

— Genre “mains propres” ?

— Plutôt un savon parfumé, précisa Mina. Citron, peut-être.

Madame Jouve soupira.

— Je ne veux pas de panique. Le concours de lecture, c'est important pour l'école. Je vais prévenir les adultes. Mais… si vous voyez quelque chose, dites-le.

Inès croisa les bras. Ses yeux pétillaient.

— On va le retrouver.

Zoé sourit.

— L'enquête des Trois, épisode 1.

Mina hocha la tête, scrupuleuse comme toujours.

— D'accord. Mais on fait ça proprement. On observe, on note, et on ne ment jamais. Même si ça arrange.

Elles se regardèrent. Le mystère venait d'entrer dans leur matinée ensoleillée, comme un chat qui s'invite sans prévenir.

Chapitre 2 — Les premiers indices

Elles s'installèrent sur un banc, près de la bibliothèque. Un banc chaud, chauffé par le soleil qui passait par les grandes fenêtres.

Mina sortit un petit carnet à spirale. Elle écrivait petit, serré, comme si les mots devaient rester sages.

— D'abord, résumons, dit-elle. Trophée disparu. Vitrine ouverte. Pas de casse. Donc clé.

— Qui a la clé ? demanda Zoé.

Inès leva un doigt.

— Madame Jouve. Monsieur Lenoir, le gardien. Et peut-être Madame Tissot, la documentaliste. Ils disent toujours que “c'est pour la sécurité”.

— Et quelqu'un qui a emprunté la clé, ajouta Mina. Ou qui l'a copiée.

Zoé se pencha.

— Et la trace de savon ?

Mina écrivit : “Odeur de savon (citron ?). Tache humide au sol.”

Inès plissa les yeux.

— Le savon, ça peut être quelqu'un qui vient des toilettes. Ou quelqu'un qui s'est lavé les mains juste avant de toucher la vitrine.

Zoé ricana.

— Un voleur hygiénique. Original.

Mina se leva.

— On retourne au hall, mais sans se faire remarquer.

Elles avancèrent en file indienne, comme si elles jouaient à “ne pas marcher sur les lignes”. Dans le hall, le calme était revenu. Un rayon de soleil glissait sur le carrelage, et la vitrine vide avait l'air vexée.

Mina s'accroupit près de la tache. Elle ne la toucha pas. Elle observa.

— La tache est juste ici. Ça veut dire que la personne s'est arrêtée devant la vitrine. Peut-être qu'elle tenait quelque chose mouillé.

Inès désigna l'autre côté du couloir.

— Il y a un distributeur de gel hydroalcoolique là-bas. Mais ça ne sent pas citron.

Zoé huma l'air, très sérieuse pour une fois.

— Moi je sens un truc… propre. Comme quand ma mère lave la cuisine.

Mina releva la tête. À quelques mètres, une porte était entrouverte : le local du ménage. Une odeur de produits propres en sortait, légère.

— Le local, murmura Inès. Et qui y va ?

— Les agents d'entretien, répondit Zoé. Et… parfois, des élèves, quand ils doivent aider après une bêtise.

Mina nota encore.

Un bruit de pas arriva. Elles se redressèrent vite. Monsieur Lenoir, le gardien, passait avec un trousseau de clés qui tintait comme une clochette.

— Oh ! fit Zoé avec un sourire innocent. Bonjour, Monsieur Lenoir !

Il les regarda, un peu méfiant.

— Bonjour. Vous traînez dans le hall ?

Mina répondit calmement.

— On allait à la bibliothèque. On a vu la vitrine… C'est triste.

Le gardien gronda, pas méchant, plutôt fatigué.

— Oui. Et ce n'est pas une affaire pour les élèves.

Il passa sa main sur son front. Mina remarqua quelque chose : ses doigts étaient légèrement humides. Et une odeur de savon, très discrète, flottait autour de lui.

Inès la regarda aussi. Elle fronça les sourcils. Zoé, elle, fit semblant de regarder le plafond, mais ses narines travaillèrent.

Monsieur Lenoir s'éloigna.

Quand il eut tourné au bout du couloir, Inès chuchota :

— Il sent le savon.

Zoé haussa les épaules.

— Tout le monde se lave les mains, non ?

Mina resta prudente.

— Ce n'est pas une preuve. Juste un détail. Et en enquête, les détails sont des cailloux sur un chemin.

Elle referma son carnet.

— On interroge, mais gentiment. Et on cherche où le trophée peut être caché. Un trophée, ça ne rentre pas dans une poche.

Chapitre 3 — La piste du savon

À la récréation, la cour ressemblait à une scène de théâtre : les petits couraient, les grands discutaient, et les surveillants faisaient semblant de ne pas écouter les secrets.

Les trois filles s'approchèrent de la fontaine, près du préau. Là, on entendait les éclaboussures et les glouglous de l'eau.

Zoé attrapa une idée au vol.

— Et si le savon venait d'un élève qui a fait une expérience ? Genre… une bombe de bain ?

Inès pouffa.

— Dans le hall ? Avec un trophée ? Tu regardes trop de vidéos.

Mina repéra Louise, une camarade de classe, qui sortait des toilettes en essuyant ses mains sur son jean.

— Louise ! appela Mina. Tu peux venir deux secondes ?

Louise s'approcha, curieuse.

— Quoi ?

Mina posa les questions comme des billes, une par une.

— Tu as vu quelqu'un près de la vitrine ce matin ?

Louise secoua la tête.

— Non. Mais j'ai vu Monsieur Lenoir très tôt. Il avait l'air pressé.

Inès sauta sur l'info.

— À quelle heure ?

— Avant la sonnerie. Il parlait avec Madame Tissot, la dame de la bibliothèque. Elle avait des livres dans les bras.

Zoé se tourna vers Mina.

— La documentaliste, ça colle avec le concours de lecture.

Mina ne s'emballa pas.

— Et tu as senti une odeur ? demanda-t-elle à Louise.

Louise plissa le nez.

— Euh… oui ! Ça sentait le produit citronné. Comme quand on nettoie les tables.

Inès sourit, triomphante.

— Le savon citron !

Louise ajouta :

— Et j'ai entendu Madame Tissot dire : “On le mettra à l'abri, personne ne doit le voir avant midi.” J'ai pas compris de quoi elle parlait.

Mina sentit son cœur taper un peu plus vite, mais sa voix resta posée.

— Merci, Louise. Et… tu peux garder ça pour toi, s'il te plaît. Pas de rumeurs.

Louise hocha la tête et repartit.

Zoé fit tournoyer une mèche de cheveux.

“À l'abri”… Ça veut dire quoi ? Volé ou déplacé ?

Inès pointa le bâtiment de la bibliothèque, au bout de la cour, avec ses grandes fenêtres qui brillaient au soleil.

— On va voir Madame Tissot.

Mina leva une main.

— Doucement. On ne l'accuse pas. On pose des questions. Et surtout, on dit la vérité. Même si on se trompe.

Zoé soupira.

— D'accord, Madame la Justice.

Elles traversèrent la cour. Une hirondelle passa en rase-mottes, comme un message secret.

Dans la bibliothèque, il faisait frais et ça sentait le papier. Madame Tissot rangeait des albums sur une étagère.

— Bonjour, mesdemoiselles, dit-elle en souriant. Besoin d'un livre ?

Inès prit l'air le plus sérieux du monde.

— On a besoin d'une information.

Zoé chuchota à Mina :

— Elle a dit “besoin d'un livre”, on aurait dû dire “besoin d'un alibi”.

Mina lui lança un regard qui disait “pas maintenant”.

Elle s'avança.

— Madame Tissot… ce matin, vous étiez dans le hall ?

La documentaliste sembla surprise.

— Oui, je passais. Pourquoi ?

Mina continua, polie.

— Vous avez dit quelque chose comme “le mettre à l'abri”. C'était… le trophée ?

Madame Tissot cligna des yeux, puis éclata d'un petit rire.

— Oh ! Vous avez entendu ça ? Je parlais d'un carton de livres rares, pas du trophée. Je ne m'occupe pas de la vitrine.

Inès insista.

— Pourtant, on dit que vous étiez avec Monsieur Lenoir.

— Il m'a aidée à porter un carton, répondit-elle. Et oui, ça sentait le citron. J'avais mis de la crème pour les mains. Une crème au citron. Mes mains sont toujours sèches avec la poussière des livres.

Mina nota mentalement : crème au citron, pas savon.

Zoé demanda :

— Vous avez une clé de la vitrine ?

Madame Tissot secoua la tête.

— Non. Seulement Madame Jouve et Monsieur Lenoir.

Inès mordilla sa lèvre.

— Donc… soit Monsieur Lenoir l'a prise, soit quelqu'un lui a pris sa clé.

Madame Tissot se pencha vers elles, plus sérieuse.

— Les filles, je sais que vous êtes curieuses. Mais faites attention. Parfois, une explication simple existe. Et parfois, quelqu'un fait une bêtise et n'ose plus avouer.

Mina répondit doucement :

— Justement. On veut comprendre. Et que la vérité sorte.

Madame Tissot leur tendit un petit marque-page.

— Alors commencez par ceci : regardez sans imaginer trop. Bonne enquête, mais en restant honnêtes.

Elles sortirent. Dans le couloir, Inès souffla :

— On a une piste : la clé de Monsieur Lenoir.

Zoé ajouta, moqueuse :

— Et une crème au citron. Le mystère s'hydrate.

Mina, elle, réfléchissait déjà à l'étape suivante.

Chapitre 4 — Le couloir des adultes

Après le déjeuner, l'école semblait ralentir. Le soleil de l'après-midi rendait les murs plus clairs. Dans certains couloirs, on entendait seulement le bourdonnement lointain d'une classe.

Mina avait un plan.

— On doit vérifier où Monsieur Lenoir a été ce matin.

Inès sourit.

— Filature.

— Observation, corrigea Mina. On ne joue pas aux espions. On regarde.

Zoé leva deux doigts comme pour prêter serment.

— Promis, je ne roule pas par terre en trench-coat.

Elles se glissèrent près du bureau des surveillants. La porte était entrouverte. À l'intérieur, on entendait Monsieur Lenoir parler au téléphone.

— Oui, Madame Jouve… Non, je ne comprends pas… La clé était sur mon trousseau… enfin… je crois…

Mina échangea un regard avec les autres. “Je crois”, ce n'était pas très solide.

Inès chuchota :

— Il a perdu la clé ?

Zoé répondit :

— Ou il ne veut pas dire.

Le gardien raccrocha, puis sortit. Il portait un petit seau et une serpillière.

— Vous encore ? grogna-t-il, mais sans méchanceté. Vous cherchez quelque chose ?

Mina prit une grande inspiration. Dire la vérité, c'était parfois difficile, mais c'était leur règle.

— Oui, dit-elle. On enquête un peu. On a remarqué une odeur de savon près de la vitrine. Et… vous sentez le savon.

Le visage de Monsieur Lenoir se crispa, puis se détendit comme un élastique fatigué.

— Le savon ? Ah. C'est parce que j'ai nettoyé une fuite dans le local du ménage ce matin. Ça sent le citron, leur produit.

Zoé pencha la tête.

— Et la vitrine ? Vous l'avez ouverte ?

Il secoua la tête, agacé.

— Non. Enfin… pas aujourd'hui. Hier, oui, avec Madame Jouve, pour placer le trophée.

Inès lança :

— Mais vous avez la clé.

— Oui, et je ne l'ai pas donnée.

Mina observa son trousseau. Beaucoup de clés, mais une petite étiquette rouge pendait, vide, comme si quelque chose manquait.

— Monsieur, dit Mina doucement, votre étiquette rouge… elle était sur une clé ?

Il regarda, surpris. Son expression changea.

— Mince… oui. La petite clé de la vitrine a une étiquette rouge. Je… je ne l'ai plus ?

Inès ouvrit de grands yeux.

— Donc quelqu'un l'a prise !

Monsieur Lenoir se passa la main dans les cheveux.

— Je l'avais dans la poche de ma veste ce matin, quand j'ai porté des cartons avec Madame Tissot. Après… je suis allé au local du ménage. J'ai dû la faire tomber.

Zoé s'illumina.

— On va au local du ménage !

Mina fit un geste.

— Attendez. Si la clé est tombée, quelqu'un a pu la ramasser. Qui passe près du local ?

Le gardien grogna.

— Beaucoup de monde. Et les élèves n'ont rien à faire là-bas.

Mina resta calme.

— Justement, monsieur. Si quelqu'un a ramassé la clé “par hasard”, il a peut-être voulu faire une blague. Ou… il a paniqué.

Le mot “paniqué” sembla toucher Monsieur Lenoir. Il soupira.

— Bon. Je vais vérifier avec vous, mais vite. Et pas de bêtises.

Ils marchèrent jusqu'au local du ménage. La porte était fermée, mais pas verrouillée. L'odeur citronnée devint plus forte, comme si un citron avait décidé de faire sa vie dans un seau.

Monsieur Lenoir ouvrit. À l'intérieur : balais, seaux, chiffons, et un grand placard métallique.

Inès fouilla du regard le sol.

— Je vois rien.

Zoé montra une flaque sèche.

— Là, ça a été nettoyé.

Mina se tourna vers le placard.

— Le trophée pourrait être là ? Juste pour “le mettre à l'abri” ?

Monsieur Lenoir fronça les sourcils.

— Non. Je n'y ai pas touché.

Mina ne l'accusa pas. Elle posa une question.

— Monsieur… est-ce que quelqu'un vous a demandé la clé récemment ?

Il hésita.

— Hier… un élève. Tom, de la 6e B. Il m'a demandé comment on ouvrait la vitrine, “par curiosité”. Je lui ai dit : “Avec la clé, et c'est tout.”

Zoé souffla :

— Tom… celui qui fait toujours des blagues ?

Inès serra les poings.

— On tient notre suspect.

Mina écrivit dans sa tête : “Suspect n'est pas coupable.” Elle regarda les autres.

— On va parler à Tom. Mais sans l'attaquer. On cherche la vérité, pas un bouc émissaire.

Chapitre 5 — Tom et la vérité

Ils trouvèrent Tom près du terrain de basket, à l'ombre. Il dribblait distraitement, l'air trop tranquille pour quelqu'un qui pourrait cacher une coupe.

Inès s'avança la première.

— Tom ! On peut te parler ?

Tom haussa un sourcil.

— Ça dépend. C'est une déclaration d'amour ou une punition ?

Zoé répondit :

— Ni l'un ni l'autre. Une enquête. Et rassure-toi, personne ne t'épouse.

Mina prit la parole, claire.

— La coupe du concours de lecture a disparu. On sait que tu as demandé à Monsieur Lenoir comment ouvrir la vitrine.

Tom s'arrêta de dribbler. Le ballon roula et vint mourir contre un banc.

— Quoi ? La coupe a disparu ? Sérieux ?

Son visage semblait vraiment surpris. Mais Mina savait que certains jouaient bien la comédie. Elle observa ses mains. Propres. Trop propres. Une légère odeur citronnée flottait encore, comme un souvenir.

— Tu as ramassé une petite clé ce matin ? demanda Mina.

Tom avala sa salive. Il regarda Monsieur Lenoir, puis le sol.

— Peut-être.

Inès souffla, victorieuse.

— Ah !

Tom leva les mains.

— Attendez ! Je l'ai trouvée près du local du ménage. Elle était par terre. Je me suis dit que… c'était peut-être la clé de la vitrine. J'ai voulu… juste regarder la coupe de près. C'est tout.

Zoé croisa les bras.

— Et après tu l'as rendue ?

Tom rougit.

— Non. Parce que… j'ai fait une bêtise.

Mina sentit une pointe de compassion. Dire la vérité, c'était dur. Mais c'était le seul chemin qui ne tourne pas en rond.

— Raconte, dit-elle.

Tom inspira.

— J'ai ouvert la vitrine avant la sonnerie. J'ai pris la coupe pour la montrer à mon cousin, qui vient d'arriver dans l'école. Il trouvait que “les concours de lecture, c'est nul”. Je voulais lui prouver que c'était… important.

Inès plissa les yeux.

— Et ton cousin, il est où ?

— Il est en CM2, dit Tom. Il s'appelle Yanis.

Zoé lâcha, ironique :

— Donc tu as volé une coupe… pour défendre la lecture. C'est… original.

Tom baissa la tête.

— Je sais. C'était idiot. Et après, en la remettant, j'ai glissé. Mes mains étaient pleines de savon parce que j'avais aidé au local du ménage hier, pour une punition. J'ai laissé une tache par terre. Et… j'ai eu peur que tout le monde me tombe dessus. Alors j'ai caché la coupe.

Monsieur Lenoir gronda.

— Où ?

Tom hésita une seconde, puis parla vite, comme s'il voulait que les mots sortent avant le courage.

— Dans la salle d'arts plastiques. Dans le grand placard, derrière les cartons.

Mina sentit l'air se détendre autour d'eux, comme quand un nœud se défait.

— Tu vas la rendre, dit-elle.

— Oui, murmura Tom. Mais… je veux le faire correctement. Je veux dire la vérité à Madame Jouve.

Inès semblait prête à courir chercher la coupe elle-même, mais Mina posa une main légère sur son bras.

— On y va ensemble. Et on explique calmement. L'important, c'est d'être honnête maintenant.

Zoé regarda Tom.

— Tu sais que tu vas avoir des conséquences, hein ?

Tom hocha la tête, les yeux brillants.

— Je préfère ça que de mentir.

Monsieur Lenoir soupira, moins dur.

— Allez. On va réparer ça.

Chapitre 6 — La coupe retrouvée et le rendez-vous

La salle d'arts plastiques était baignée de lumière. Le soleil faisait briller les pots de peinture et les ciseaux, comme si tout avait été saupoudré d'or.

Tom ouvrit le grand placard. Il écarta deux cartons. Et la coupe apparut, intacte, un peu poussiéreuse, mais fière comme un roi caché.

Zoé souffla.

— Elle est là… La reine des livres.

Inès sourit, soulagée malgré elle.

— Bon. On a gagné.

Mina, elle, ne jubilait pas. Elle pensa surtout à ce que Madame Tissot avait dit : quelqu'un fait une bêtise et n'ose plus avouer.

Ils portèrent la coupe jusqu'au bureau de Madame Jouve. La directrice les reçut, surprise de voir autant de monde et une coupe entre deux cartons.

Tom parla, d'une voix tremblante mais claire.

— Madame… c'est moi. J'ai trouvé la clé, j'ai ouvert la vitrine, j'ai pris la coupe. Je voulais juste la montrer. J'ai eu peur après, alors je l'ai cachée. Je suis désolé.

Madame Jouve resta silencieuse un moment. On entendait, au loin, une classe réciter quelque chose.

Puis elle dit, posément :

— Merci d'avoir dit la vérité. Ce que tu as fait est grave. Il y aura une sanction. Mais ton honnêteté compte.

Mina sentit une chaleur douce dans sa poitrine. Pas la chaleur du soleil : celle qui vient quand quelqu'un choisit la bonne route, même tard.

Madame Jouve se tourna vers Mina, Zoé et Inès.

— Et vous trois… vous avez aidé sans semer la panique. Merci.

Zoé chuchota, à Inès :

— On devrait avoir une médaille. En chocolat.

Inès répondit :

— Minimum.

Madame Jouve reprit :

— Tom, tu écriras une lettre d'excuses à la classe et tu aideras Madame Tissot à ranger la bibliothèque pendant deux semaines. Et, demain, tu viendras avec moi remettre officiellement la coupe dans la vitrine, devant tout le monde. À 12 h 30. D'accord ?

Tom hocha la tête.

— D'accord.

Madame Jouve regarda les trois filles.

— Vous aussi, si vous voulez. Rendez-vous demain à 12 h 30, devant la bibliothèque. Et… apportez votre curiosité, mais gardez toujours votre honnêteté.

En sortant du bureau, le couloir semblait moins lourd. Dans le hall, la vitrine attendait son trophée comme un sourire qui revient.

Zoé inspira.

— Bon. Mystère résolu.

Inès s'étira.

— Et rendez-vous fixé. On sera là.

Mina referma son carnet, satisfaite.

— Et la prochaine fois… on commencera par demander, avant d'imaginer.

Zoé ricana.

— Oui, mais imagine un peu : si tous les mystères finissaient aussi bien, les détectives s'ennuieraient.

Elles traversèrent la cour ensoleillée. Le soleil baissait doucement, mais l'école gardait sa lumière, comme si l'honnêteté avait allumé une lampe invisible.

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Vitrine
Boîte en verre où l'on montre des objets pour que tout le monde les voie.
Trophée
Objet en métal ou en plastique qui récompense une victoire ou un effort.
Scrupuleuse
Personne qui fait les choses avec beaucoup de soin et d'attention.
Serpillière
Grande pièce de tissu ou éponge que l'on utilise pour laver le sol.
Documentaliste
Adulte qui s'occupe de la bibliothèque et des livres à l'école.
étiquette
Petit morceau attaché à un objet pour l'identifier ou donner une information.
Placard
Armoire ou petit meuble fermé où l'on range des objets.
Intacte
Qui n'est pas abîmé, qui est resté en bon état.
Piste
Indice ou suite d'indices qui permet de chercher la solution d'un mystère.
Sanction
Punition ou mesure prise quand quelqu'un a mal agi.
Conséquences
Choses qui arrivent après une action, bonnes ou mauvaises.

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