Ce matin-là, le soleil se leva comme une petite lampe jaune au-dessus du bois. Pivoine la petite souris ouvrit les yeux dans sa maison en bois, tout rose et tout propre. Aujourd'hui, c'était la fête des mères. Pivoine avait préparé un plateau pour sa maman souris. Elle voulait que tout soit parfait.
Le plateau était petit et léger. Il était peint en bleu avec des fleurs dessinées à la main. Pivoine y avait posé une tasse de lait tiède, une tartine au miel, une fleur cueillie au bord du chemin et une carte dessinée avec des cœurs. Pivoine regarda son plateau. "Je le pose doucement", murmurait-elle. Elle se sentait très responsable. Porter ce plateau, c'était un grand honneur.
Avant de partir, elle fit le tour de la maison. Elle rangea ses miettes. Elle retira une feuille qui tremblait sur la table. Tout devait être propre. Puis elle prit son petit chapeau et souffla sur une miette sur le plateau. "Attention, fragile", dit-elle en souriant. Elle prit le plateau à deux mains. Il était juste un peu plus lourd que ses pattes.
La route vers la maison de maman était courte mais pleine de petites aventures. D'abord, il y avait le pont de l'écureuil, un pont très étroit qui grinçait un peu. Pivoine avança très lentement. Un oiseau vu au-dessus chanta une petite chanson. "Bonjour, Pivoine !" pépia-t-il. "Bonjour !" répondit-elle. Elle se pencha pour saluer, tout en tenant le plateau bien droit. Le pont grinça, mais Pivoine ne perdit pas l'équilibre. Elle passa en suivant son rythme. "Doucement, doucement", se répétait-elle.
Après le pont, il y avait la prairie des papillons. Les papillons volaient partout, multicolores et légers comme des confettis. L'un d'eux se posa sur le bord du plateau, curieux de la tartine. "Oh non, pas la tartine," pensa Pivoine, qui fit un petit bruit pour l'inviter à s'en aller. Le papillon s'envola en dansant. Pivoine sourit, contente d'avoir protégé sa surprise.
Puis, elle rencontra Gaston le hérisson qui portait un pot de fleurs plus grand que lui. "Tu vas où avec ce beau plateau ?" demanda Gaston. "Chez ma maman," répondit Pivoine. "C'est la fête des mères." Gaston fit une petite révérence. "Bonne chance, petite souris responsable." Il la salua et continua son chemin.
Sur le chemin, Pivoine se rappela de tous les moments doux avec sa maman. Elle se souvint de la façon dont sa maman lui chantait des chansons en rangeant les chaussettes, du parfum de la soupe quand elle rentrait le soir, des bras chauds et du doudou retrouvé. Des images douces lui donnèrent du courage. Elle serra le plateau un peu plus près de son cœur.
Enfin, la maison de maman apparut au bout d'un petit sentier. C'était une maisonnette en bois, avec des rideaux jaunes et une petite balançoire sur le porche. Pivoine sentit son cœur battre vite, mais c'était un cœur heureux. Elle s'approcha. Sa maman était dehors, assise sur la balançoire, en train de tricoter une écharpe bleue. Elle leva les yeux en voyant sa petite arriver.
"Bonjour, ma Pivoine," dit la maman souris, avec sa voix douce comme du miel. Pivoine sourit et tint le plateau bien droit. "Bonne fête, maman," dit-elle timidement mais fièrement. "Regarde ce que j'ai apporté." Sa maman posa ses aiguilles et se leva, surprise et touchée.
Pivoine fit attention à chaque pas jusqu'à la porte. Elle entra, passa la balustrade, et posa le plateau sur la table. La tasse de lait sentait bon. La tartine brillait de miel. La fleur était un petit soleil rose posé dans un petit verre. Sa maman prit la carte et la lut doucement. "Oh, comme c'est joli," murmura-t-elle. Elle déposa un baiser sur la tête de Pivoine. "Tu es très responsable, ma chérie."
Maman souris prit la tasse. "Tu as tout préparé toi-même ?" demanda-t-elle. "Oui," répondit Pivoine. "J'ai fait attention au chemin. J'ai pris mon temps. Je voulais que tout soit parfait pour toi." Sa maman sourit avec des yeux qui brillaient. "C'est parfait. Tu as fait plus que parfait. Tu as fait avec ton cœur."
Ils s'assirent toutes les deux et burent le lait qui était encore tiède. Elles mangèrent la tartine en se racontant deux ou trois histoires drôles. La maison embaumait le miel et le cliquetis des aiguilles à tricoter. Dehors, le soleil jouait à cache-cache avec un nuage. Pivoine offrit la fleur et la carte. Sa maman prit la carte et lut à voix haute : "Pour la meilleure maman qui tricote des câlins." Elles éclatèrent de rire. Le rire était doux comme une caresse.
Après le goûter, Pivoine prit la main de sa maman. "Veux-tu que je t'aide à tricoter ?" demanda-t-elle. "Oui, avec plaisir," répondit maman. Elles passèrent le reste de la journée à tricoter, à parler et à se raconter des petits secrets. Pivoine apprit comment faire un point simple. Sa maman apprit à reconnaître la première fleur de printemps.
La journée se termina doucement. La lumière devint dorée. Pivoine regarda sa maman, heureuse et un peu fatiguée. "Tu es la plus gentille des mamans," dit-elle. Sa maman la serra très fort. "Et toi, tu es la plus douce des petites souris. Tu m'aides, tu penses, tu fais avec soin. Merci, mon trésor."
Pivoine se sentit tout chaud dedans. Elle avait porté le plateau, elle avait pris soin, elle avait donné de l'amour. Et sa maman lui dit encore, en chuchotant comme une chanson : "Bravo, ma Pivoine. Tu es si responsable, si attentionnée, si aimante." Pivoine sourit et pensa que c'était la plus belle fête des mères du monde.