Léa avait quatre ans. Elle aimait les doudous, les chaussettes rigolotes et les balades dans le jardin. Un matin, en buvant du chocolat chaud, elle trouva un petit morceau de papier sous la table. C'était un dessin. Un chemin. Un X rouge. Un trésor caché, disait le dessin.
"Un trésor !" dit Léa. Elle sauta. Elle prit son chapeau. Elle prit sa loupe. Elle prit son doudou mouton. Elle était prête.
Le début de l'aventure fut dans la cour. Le soleil sentait le pain chaud. Les fleurs sentaient le miel. Léa regarda le papier. Le dessin montrait un grand arbre. Elle leva les yeux. L'arbre chantait avec le vent. Elle écouta. Un petit bruit de cloche tinta dans les feuilles.
"Tu as entendu ?" demanda Léa à son mouton. Elle écouta encore. Puis elle trouva une petite plume coincée dans l'écorce. La plume brillait. C'était la première preuve. Léa la mit dans sa poche. Elle nota dans sa tête : observe bien.
Le chemin continua vers le potager. La terre sentait la pluie d'hier. Une coccinelle roula sur une feuille. Léa se baissa. Elle trouva une autre preuve : une coquille qui brillait comme une petite lune. "Oh !" dit Léa. Elle toucha la coquille. Elle était rugueuse. Elle la posa doucement dans son panier. Elle répétait les indices comme une chanson : plume, coquille, clochette.
Au bord de l'étang, l'air était frais. Léa sentit le vent sur sa joue. Elle repéra trois pierres plates qui formaient un petit pont. Sur la plus grande, il y avait une petite croix, comme sur son dessin. Léa sourit. Elle sauta de pierre en pierre. À la dernière pierre, quelque chose brillait sous la mousse. Un petit cadenas rouge. C'était la troisième preuve. Léa le tint. Il faisait un petit bruit de carillon. Elle rit.
Le midi approchait. Léa était un peu fatiguée, mais joyeuse. Elle s'assit sur l'herbe. Elle regarda ses preuves sur une feuille : plume, coquille, cadenas. Elles étaient belles. Elles parlaient du trésor. Elles disaient la vérité. Léa savait que pour prouver le trésor, il fallait des preuves honnêtes. Elle les garderait précieuses.
Le dessin montrait maintenant une colline. Léa grimpa. Ses chaussures frottaient la herbe. Elle entendit des petites voix. C'étaient les oiseaux. Ils lui donnèrent un indice : un petit ruban bleu accroché à une branche. Léa le prit. Elle fit un nœud autour de son chapeau. Le ruban était doux comme une caresse.
Enfin, au pied d'un rocher chaud, Léa vit un petit coffre. Il était peint en jaune. Son cœur tapa fort, mais de joie. Léa essuya ses mains. Elle posa les preuves devant le coffre. Elle fit glisser le cadenas. Le coffre s'ouvrit lentement. À l'intérieur, il y avait des pierres lisses, des boutons colorés, un petit carnet et une lettre.
Léa prit la lettre. Elle lisa, avec maman près d'elle : "Pour la petite fille qui observe. Merci d'avoir trouvé ce trésor. Garde les preuves. Partage les merveilles." Léa sourit. Ses yeux brillaient comme les coquilles.
Elle embrassa son mouton. Elle remit la plume, la coquille et le cadenas dans le panier. Puis elle monta la colline pour montrer tout à maman. Maman applaudit. "Tu as observé. Tu as trouvé. Tu as prouvé." dit-elle.
Le soir, Léa rangea les trésors sur son étagère. Elle sentit encore le goût du chocolat chaud. Elle se coucha, le carnet sous l'oreiller. Dans ses rêves, les oiseaux chantaient la chanson des preuves. Tout était doux. Tout était vrai. Elle s'endormit, heureuse et fière.