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Histoire de voyage dans le temps 9 à 10 ans Lecture 8 min. (2)

Les gardiens d'un mot

Léo et Max, deux amis, fabriquent une machine à remonter le temps qui les mène dans une imprimerie du passé, où ils découvrent l'importance de recueillir des témoignages tout en respectant l'histoire. En apprenant auprès de Maître Martin, ils comprennent que chaque mot a sa valeur et que l'écoute est essentielle.

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Léo et Max, deux garçons de 9 ans, explorent une vieille imprimerie. Léo a des cheveux bruns en bataille, porte un t-shirt bleu et un short jaune, tandis que Max a des cheveux blonds, des lunettes rondes, une chemise à carreaux rouge et un pantalon beige. Ils découvrent la magie de l'imprimerie, entourés de livres anciens et d'une grande presse en bois. Leur projet de collecte de témoignages les plonge dans l'excitation, illuminée par des éclats de lumière. signaler un problème avec cette image

1. La machine à remonter les sables

Léo et Max avaient presque neuf ans. Ils habitaient des maisons voisines et partageaient une cabane dans le grand pommier du parc. Un samedi, ils transformèrent la cabane en atelier. Sur une table branlante, on voyait des pièces de vélo, une vieille pendule, des ampoules grillées, et un livre illustré sur les voyages extraordinaires. Ils décidèrent de fabriquer une machine à remonter le temps.

« Pas pour changer le monde, dit Léo, juste pour écouter une histoire vraie. »

« Et pour ne pas tout casser, ajouta Max en serrant un boulon. »

Ils travaillèrent en équipe. Léo tenait, Max vissait. Ils fixèrent un cadran d'horloge à la porte de la cabane. Ils dessinèrent des plans sur une feuille. Ils écrivirent les règles : ne rien dire de l'avenir, ne rien prendre qui appartienne au passé, toujours revenir ensemble. Ils appelèrent ces règles « prudence et partage ».

Quand la machine ronfla et qu'une lumière douce emplit la cabane, ils serrèrent la main. La pendule tourna à l'envers. En un clignement, ils quittèrent l'odeur du pommier pour une odeur de papier fraîchement imprimé et d'encre.

2. L'imprimerie du siècle oublié

Ils apparurent dans une rue étroite où les fenêtres jetaient des reflets d'or. La bâtisse devant eux sentait la colle et la chaleur. Dedans, des feuilles empilées reposaient comme des oiseaux. Une grande presse en bois trônait au milieu. Un homme les regarda venir. Il portait un tablier impeccable, des lunettes rondes, et des poches pleines de fiches. Son nom était Maître Martin. Il était organisé au point de pouvoir ranger un caillou par couleur.

« Qui êtes-vous ? demanda-t-il, sans être brusque. »

Léo et Max murmuraient, gênés. Ils dirent qu'ils voulaient recueillir un témoignage sur la vie de l'imprimerie. Maître Martin fronça les sourcils, puis sourit.

« Très bien, mais il y a des règles ici aussi. On ne touche pas aux presses sans permission. On ne change pas le texte. On observe et on note. »

Il leur montra un grand registre à reliure de cuir. Chaque page avait une date et une phrase soigneusement écrite. « C'est le registre des visiteurs et des petites histoires, expliqua-t-il. On y dépose les mots qui doivent rester. »

Les garçons promirent encore une fois la prudence. Maître Martin leur offrit des tabliers propres. Ils aidèrent à mélanger l'encre. Ils apprirent à placer une feuille sur la presse, appuyer, et écouter le bruit sourd qui semblait dire : « Voilà, tu as imprimé une pensée. »

3. Le carnet daté

En nettoyant une étagère, Max tira d'un coin un petit carnet relié de cuir fin. Sur la couverture, il y avait une date : 1589. Le cœur des deux garçons battit plus vite. C'était exactement le genre de témoignage qu'ils cherchaient.

À l'intérieur, un jeune apprenti nommé Éloi avait noté des journées, des recettes d'encre, et une petite histoire sur la peur d'un rat lors d'une nuit d'hiver. Mais surtout, il y avait une page où Éloi décrit un jour « où il écouta un visiteur parler de textes lointains ». Le texte était simple, joyeux, et signait l'amour du métier.

« Il faut demander la permission pour lire cela », dit Léo en regardant Maître Martin.

Le maître hocha la tête. « Lisons ensemble. Les mots d'Éloi sont un témoignage. Si vous voulez en garder une trace, vous devez le faire en respectant la vie de l'imprimerie. »

Ils prirent des notes. Plutôt que d'emporter le carnet, Max fit un dessin des pages tandis que Léo copiait les phrases sur un cahier neuf. Ils utilisèrent un crayon sans abîmer les feuilles. Ils prirent leur temps. Ils posèrent des questions et apprirent comment l'imprimeur signait chaque livre avec un cachet à la cire. Ils comprirent que recueillir un témoignage ne voulait pas dire le voler.

4. Le registre signé

Maître Martin leur parla du registre des visiteurs. « Chaque témoignage digne de foi passe par ici. On le lit, on l'écoute, et on le scelle. »

Les garçons demandèrent s'ils pouvaient laisser une note. Ils ne voulaient pas écrire l'histoire d'Éloi à la place des autres. Ils proposèrent plutôt d'ajouter une observation : comment Éloi parlait de son apprentissage, et combien cela les avait touchés. Maître Martin sourit et sortit de dessous son bureau un petit tampon de cire rouge.

Ils écrivirent leurs noms, l'âge presque neuf, la date inscrite par leur machine, et un mot : « Merci ». Maître Martin scella la feuille avec sa cire. Il y ajouta son cachet, un petit soleil gravé sur la plaque de métal.

En signant, quelque chose de doux se produisit : la page du registre sembla briller d'un lointain souvenir. La machine du temps, peut-être, ne voulait pas de grandes boucles dangereuses. Elle acceptait les témoignages qui rendaient hommage, qui ne cherchaient pas à changer.

« Vous voilà maintenant gardiens d'un mot, dit Maître Martin. Prenez-en soin. »

Ils comprirent que leur signature ne changerait pas le passé. Elle le reconnaissait seulement. Ils laissèrent la trace, non pour faire croire qu'ils avaient tout vu, mais pour montrer qu'ils avaient écouté et respecté.

5. Retour et atelier refermé

Avant de partir, Maître Martin les emmena à la porte de l'atelier. Il fit fermement le tour du comptoir. Il rangea les lames, couvrit la presse d'un grand tissu, et referma le coffre où étaient gardées les feuilles précieuses. Il plaça la clé sur une ficelle et la plaça dans le registre. « On ferme toujours soigneusement. C'est une habitude de prudence », expliqua-t-il.

Léo et Max répétèrent les gestes qu'ils avaient promis. Ils tirèrent le tissu, posèrent le couvercle, fermèrent la porte, et, avec une révérence presque comique, Maître Martin leur dit au revoir. La machine ronfla encore une fois. Ils touchèrent la pendule, se regardèrent, et revinrent dans leur cabane sous le pommier.

Tout était comme avant. Les rayons du soleil traversaient les feuilles. Leur cahier était posé sur la table. À l'intérieur, les mots d'Éloi, les dessins de Max, et la petite feuille scellée du registre. Ils montrèrent tout à leurs parents et à l'institutrice, qui sourit. L'école organisa un petit atelier où les enfants entendirent l'histoire de l'imprimerie. À la fin, Léo et Max fermèrent la boîte contenant les notes et le cahier. Ils posèrent la clé sur la boîte et promirent de la garder.

Ce soir-là, en relisant la page d'Éloi, Léo dit : « On a bien fait de ne rien emporter. On a juste gardé un mot. »

Max répondit en souriant : « Et la prudence nous a permis d'apprendre le plus précieux : écouter. »

Ils avaient voyagé loin pour recueillir un témoignage. Ils étaient revenus avec une histoire, une leçon de soin, et un registre signé qui n'altérait rien, mais rendait hommage. Dans la cabane, tout était rangé. Le dernier geste fut de fermer la porte et de tirer doucement le loquet. Leurs cœurs étaient pleins de lumière.

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Bâtisse
Un bâtiment ou une construction, souvent de grande taille.
Réliure
L'art de rassembler et d'assembler des feuilles de papier pour en faire un livre.
Cachet
Un symbole ou un signe apposé sur un document pour le certifier ou le signer.
Témoignage
Un récit ou une déclaration qui raconte une expérience ou un fait vécu.
Sourire
Un mouvement des lèvres qui indique de la joie ou de l'amitié.
Apprenti
Une personne qui apprend un métier ou un savoir-faire sous la direction d'un expert.

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