Ce matin-là, Malo se réveilla avec une drôle d'idée : « Aujourd'hui, je veux visiter la tour qui penche, celle qui rit ! » Maman sourit, lui donna son chapeau bleu et Malo partit, tout joyeux, en sautillant comme une grenouille.
En approchant, Malo vit la tour : elle penchait, oui, mais elle penchait gaiement, comme si elle voulait regarder qui arrivait. « Bonjour, petite tour ! » dit Malo. La tour lui répondit d'un clin d'œil de fenêtre. Oh ! Quelle tour rigolote !
Malo grimpa le premier escalier, mais ouh là là ! Les marches n'étaient pas droites du tout. Certaines étaient toutes molles comme des coussins, d'autres rebondissaient comme des trampolines. Malo rit : « Ça chatouille les pieds ! »
Un chapeau orange roula devant lui en sautant à cloche-pied. « Hé, qui es-tu ? » demanda Malo. Le chapeau répondit : « Je suis Chapo, le chapeau sautillant ! Ici, dans la tour qui penche, on préfère sauter à cloche-pied. Viens, saute avec moi ! »
Malo essaya. Il sauta à cloche-pied, une jambe repliée, l'autre toute droite, hop, hop, hop ! Les murs penchés de la tour semblaient danser avec lui. À chaque saut, la tour riait : « Ricolo, ricolo, ricolo ! » Ça faisait des chatouilles dans le ventre de Malo, comme quand on descend vite un toboggan.
Dans la salle du haut, il trouva une famille de parapluies qui jouaient à cache-cache derrière des rideaux à pois. « Tu veux jouer ? » proposa le parapluie bleu. Malo répondit en riant : « Oui, mais je joue à cloche-pied ! »
Hop, hop, hop ! Malo sautait, les parapluies gloussaient, Chapo tournoyait, la tour penchait encore un peu plus de côté, mais toujours sans tomber. Un oiseau passa, fit un clin d'œil et lança : « Ça penche, mais ça ne tombe jamais ! »
Fatigué, Malo s'assit. La tour se pencha doucement, comme pour lui faire un câlin. Malo dit : « C'était drôle ! J'aime bien quand ça penche, surtout pour sauter à cloche-pied. »
Chapo s'approcha et dit : « Revenons demain, on sautera tous ensemble ! »
Malo rit encore, ferma les yeux, et la tour chanta tout bas, tout doucement : « Ricolo, ricolo… bonne nuit, petit Malo… »
La tour pencha un tout petit peu plus, juste assez pour bercer Malo, tout tranquille, tout rassuré, prêt pour de beaux rêves pleins de rires et de bonds rigolos.