Ce matin, Titou se frotta les yeux. Son petit cœur de dragon battait comme un tambour de sucre. "Où est mon merci ?" dit-il tout bas. Son merci avait disparu. Il était parti. Parti comme une plume qui s'envole.
Biscotte la tartine bondissante sauta sur la table. "Oh non ! Ton merci s'est échappé ? Viens, on le cherche !" dit-elle en riant. Biscotte rebondit comme un petit trampoline. Elle souriait tout le temps. Titou sourit aussi. Ils partirent ensemble.
Ils allèrent d'abord chez Mademoiselle Vent. Mademoiselle Vent avait des cheveux comme des rubans. Elle souffla doucement. "Bonjour Titou, bonjour Biscotte." Elle fit une petite danse de souffle. Un petit mot brillant sortit de son chapeau. "Oh ! Un merci !" s'écria Titou. Le mot brilla comme une bille. Mais il n'était pas à lui. Il glissa sur la joue de Biscotte et devint deux mercis. "Regarde !" dit Biscotte. "Un merci devient deux quand on sourit."
Titou et Biscotte rièrent. Ils dirent "merci" à Mademoiselle Vent. Ils prirent le petit mot brillant dans la main. Il chatouillait. Il voulait encore voyager.
Ils continuèrent. Dans la rue, ils trouvèrent Monsieur Chapeau. Son grand chapeau avait une fleur. "Bonjour, mes amis !" dit Monsieur Chapeau. Titou avait un caillou coincé dans son écharpe. Monsieur Chapeau aida. Il fit un petit tour de chapeau et rendit le caillou libre. Titou dit "merci". Le mot qui était dans la main de Titou sauta et se coupa en trois. Trois mercis comme des étoiles. Ils rirent tous. "Oh ! Les mercis aiment les petits gestes," dit Biscotte.
Plus loin, une petite souris jardinier tenait une pelle minuscule. Elle plantait des fleurs qui fumaient des paillettes. "Bonjour !" dit la souris en saluant. Une fleur tomba. Biscotte la ramassa. Elle planta la fleur avec soin. "Merci !" dit la souris. Une pluie de tous petits mercis tomba du ciel, comme des confettis. Titou et Biscotte en attrapèrent quelques-uns. Ils dansaient sous les mercis. Les mercis étaient chauds et doux. Ils sentaient la vanille et la confiture.
"Mais où va le mien ?" demanda Titou en regardant sa poche vide. Biscotte posa sa main sur l'épaule de Titou. "Peut-être que ton merci aime se promener," dit-elle. "Peut-être qu'il aime quand tu le partages."
Ils rencontrèrent ensuite la Dame aux Gâteaux. Sa boutique sentait le beurre et le miel. Elle offrit un petit biscuit à Biscotte. "Pour toi !" dit-elle. Biscotte mordit. Elle fit "Mmm". Biscotte dit "merci" à la Dame. Le biscuit se transforma en quatre petits mercis qui allèrent jouer à chat avec un rayon de soleil. Titou applaudit. Il commença à comprendre.
Ils virent un petit nuage qui faisait des bulles de pluie. Le nuage chantait doucement. "Jolis mercis," dit-il. Titou dit "merci" pour le chant. Le nuage souffla. Les mercis se mirent à danser. Ils rebondissaient sur la tête de Biscotte comme des bulles.
Titou se pencha et dit doucement, "Mon merci, où es-tu ?" Une petite voix répondit de sa poche. C'était un merci timide. Il avait adoré le voyage. "Je suis parti pour voir si tu me donnerais," dit le merci. Titou sourit. "Je donne ?" demanda Titou un peu étonné. Il pensait à toutes les étoiles, aux biscuits, aux sourires. Il pensa à Mademoiselle Vent, à Monsieur Chapeau, à la souris et à la Dame aux Gâteaux. Il sentit que donner, ce n'était pas perdre. C'était arroser le jardin des autres.
Titou prit une grande inspiration. "Merci," dit-il à Biscotte. Biscotte fit un grand bond. "Merci !" dit Biscotte au soleil. À chaque "merci", un petit mot brillant sortait et restait là, comme si on plantait une graine de gentillesse. Les mercis poussaient en rond. Ils se multipliaient, doucement, sans bruit.
La musique de l'aventure ralentit. Les phrases se firent plus tranquilles. Ils rentrèrent chez eux avec un panier plein de mercis accrocheurs. Ils partagèrent. Ils dirent "merci" aux voisins, "merci" aux fleurs, "merci" à la pluie. Chaque fois, encore plus de mercis apparurent. Ils gonflaient comme des ballons de savon. Ils roulaient et volaient. Ils s'accrochaient aux branches. Ils faisaient des guirlandes dans le ciel.
Le soir arriva. Le ciel devint doux et bleu comme un pyjama. Titou et Biscotte s'assirent sur le pas de la porte. Ils regardèrent les mercis qui brillaient comme des petites lampes. Titou prit le plus petit merci dans sa main. Il dit tout bas, très doucement, "merci."
Le petit merci resta. Il ne voulait plus partir. Il aimait être partagé. Titou posa sa tête sur Biscotte. Biscotte se transforma en coussin moelleux. Ils soupirèrent de bonheur.
"On a retrouvé ton merci," chuchota Biscotte. "Et il a trouvé des amis."
Titou sourit. "Oui," dit-il. "Mon merci aime voyager. Mais il aime revenir quand on le dit."
La nuit étendit une couverture étoilée. Les mercis brillaient encore un peu. Ils chantaient une chanson douce, presque sans voix. La chanson disait merci, merci, merci. Elle se fit plus lente, plus douce, comme une berceuse.
Titou ferma les yeux. Biscotte aussi. Les mercis dansèrent autour d'eux, comme une petite pluie de coton. Tout était calme. Tout était gentil. Tout était merci.