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Histoire d'extraterrestre 9 à 10 ans Lecture 11 min.

Plume et la pierre qui avalait la lumière

Trois amies découvrent un petit extraterrestre perdu, Plume, et enquêtent pour comprendre comment d’étranges pierres noires perturbent les signaux spatiaux, s’unissant pour l’aider à retrouver son chemin.

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Quatre personnages se tiennent dans la cour d'école au crépuscule sous un grand arbre aux feuilles argentées : Élise, ~10 ans, cheveux châtains en tresse, manteau jaune moutarde, accroupie à gauche et tendant la main vers l'extraterrestre ; Nora, ~11 ans, cheveux courts noirs et lunettes rondes, veste bleu marine, au centre arrière tenant un objet métallique projetant une carte lumineuse ; Samira, ~10 ans, en fauteuil roulant manuel, chevelure bouclée et sourire vif, à droite, la main posée sur la créature ; et Plume, petite créature ronde comme une pelote, peau bleu nuit tachetée de turquoise, grands yeux de verre mat, petits tentacules translucides, émettant une lueur verte douce. Autour d'eux un banc bleu écaillé, feuilles mortes au sol, une vieille balançoire et une rivière sombre en arrière-plan; un petit vaisseau en forme de fleur mécanique est posé près du portail, pétales translucides entrouverts laissant échapper un faisceau pâle. Les filles entourent Plume, paumes scintillantes posées sur lui ou sur l'objet projecteur, regards émerveillés ; ambiance calme et secrète, éclairage doux orangé et contrastes chauds/bleus. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 — La découverte dans la cour

Après la sonnerie, la cour de l'école se vidait comme un seau qu'on renverse : les cartables claquaient, les cris s'éloignaient, et il ne restait plus que des feuilles qui tourbillonnaient. Élise, Nora et Samira avaient l'habitude de rester un peu plus longtemps. Elles aimaient traîner, inventer des jeux et observer les dernières choses étranges que la ville offrait. Samira roulait vite en fauteuil roulant, son sourire était plus rapide que ses roues. On n'aurait jamais deviné que son fauteuil était un détail quelconque dans leurs aventures.

Ce jour-là, quelque chose vrombissait doucement sous l'arbre à feuilles argentées près du portail. Ce n'était pas un drone normal ni un ballon. C'était petit, rond, couvert d'une peau bleu nuit qui brillait comme une pomme de mer. Une lumière verte clignotait au rythme d'un cœur timide.

« Vous avez vu ça ? » chuchota Élise en s'approchant sur la pointe des pieds.

La créature ne bougea pas. Elle avait deux grands yeux comme des billes de verre mat et une bouche qui formait un sourire incertain. Elle fit un petit bruit, comme un sifflement poli. Elle tenait quelque chose entre ses tentacules : un petit objet en métal avec des signes ressemblant à des étoiles.

« C'est une… extraterrestre ? » demanda Nora, la plus âgée des trois, qui aimait les livres de science-fiction.

Samira s'avança sans hésiter. Elle posa une main douce sur la peau fraîche de la boule. L'extraterrestre se frotta contre sa paume et émit un son qui sembla dire merci. C'était timide, mais plein d'espoir.

« Il a l'air perdu, » dit Élise. « Et il a besoin d'aide. »

Les filles décidèrent de l'appeler Plume, parce que son bruit semblait léger et que sa peau avait des taches qui faisaient penser à des plumes. Elles le cachèrent sous la bâche du banc, lui offrirent un carton vide pour s'y reposer et prirent la précaution de ne pas toucher l'objet en métal. Il brillait toujours.

Chapitre 2 — Les signes sur l'objet

Chez Samira, dans la chambre pleine de posters de planètes, les filles étalèrent l'objet sur la table. Il ressemblait à un petit compas ou à une boîte de musique minuscule, avec des symboles qui bougeaient quand on soufflait dessus. Quand Nora posa sa loupe dessus, un mince trait de lumière s'échappa et écrivit dans l'air : « AIDE. »

« Ce n'est pas un message normal, » murmura Nora. Elle avait cette voix qui pouvait devenir sérieuse comme un professeur.

Plume observa, ses yeux brillants reflétant l'écriture lumineuse. Il fit un petit son comme une cloche cassée et tendit un tentacule vers l'objet. Quand ses doigts le touchèrent, l'objet se mit à projeter une carte étoilée en miniature. Les constellations tournaient et dessinaient une route qui partait de la Terre, puis se coupait brusquement, comme si quelque chose avait rongé l'espace autour d'une petite planète.

« Sa planète est en danger, » dit Samira sans panique. Elle avait ce talent pour trouver le sens des choses. « Ou il a perdu son vaisseau. »

Élise écouta le raclement léger au fond du cœur de Plume. Il semblait épuisé, comme quelqu'un qui avait voyagé trop loin sans dormir. Les filles se regardèrent : aider Plume signifiait partir à l'aventure, mais elles étaient prêtes. Elles préparèrent une petite trousse de secours improvisée : une lampe, des barres de céréales, un carnet et une petite radio bricolée par le père de Samira.

La nuit, la carte projetée montra un point flou juste au-delà du système solaire. Des traînées sombres encerclaient cet endroit. Les filles convinrent de chercher dans la ville des indices : peut-être que l'endroit où Plume avait atterri laisserait des traces.

Chapitre 3 — Enquête dans la ville

Le samedi, armées d'une curiosité bouillonnante, elles retournèrent à la cour. Les buissons près du portail avaient des traces : des petits trous comme si quelque chose s'était posé là, des feuilles séchées roulées autour d'un métal léger. Elles trouvèrent aussi une trace de peinture bleue sur le banc — la même teinte que Plume.

Elles visitèrent la bibliothèque municipale. Le bibliothécaire, M. Courbet, leur prêta un livre sur les météorites et les phénomènes lumineux. Dans une vieille revue, Nora trouva une photo d'un champ de pierres noires qui avaient l'air de mâcher la lumière du soleil. « C'est peut-être ça, » dit-elle. « Ces pierres absorbent la lumière. Elles pourraient être la chose sombre sur la carte. »

Plume réagissait aux pages du livre comme un enfant à un dessin animé : ses yeux s'agrandissaient, il sautillait en laissant des petites empreintes phosphorescentes. Il semblait comprendre que quelqu'un cherchait la bonne direction.

En rentrant, elles passèrent par l'ancien terrain de jeux près de la rivière. Là, entre les roseaux, elles trouvèrent une pierre noire qui ne brillait pas, qui avalait l'eau et faisait comme un trou dans le reflet du ciel. Quand Élise tendit la main pour la toucher, la pierre émit un froissement, comme une plume froissée, et la petite carte miniature sur l'objet de Plume se contracta comme un muscle qui reconnaît le danger.

« C'est elle ! » s'exclama Samira. « Ces pierres empêchent les vaisseaux de guider leur chemin. Elles captent le signal. »

Les filles rapportèrent une petite pierre à la maison de Samira pour l'examiner. La pierre était surprenante : à l'intérieur, on sentait comme un vent chaud qui essayait de sortir, mais rien ne passait. Elles comprirent que quelque chose dans les pierres volait l'énergie des objets spatiaux, et que le vaisseau de Plume avait été privé de son signal.

Chapitre 4 — La réparation sous les étoiles

Elles décidèrent d'agir la nuit suivante. La cour d'école serait leur base secrète. Elles aménagèrent un coin avec des couvertures, la lampe, et la petite radio. Plume se lova dans le carton et observa les filles qui travaillaient. Nora utilisait le livre et la loupe, Élise testait des circuits avec des fils empruntés, et Samira réglait la radio pour essayer de communiquer.

La mission était délicate : il fallait rétablir la fréquence du vaisseau sans attirer les pierres. Elles avaient peur que le signal réveillât d'autres choses. Mais la coopération rendait les idées nettes. Nora souffla doucement sur l'objet pour que les symboles bougent, Samira rasa la pierre noire avec un tissu pour voir si elle changeait, et Élise trouva une astuce : utiliser la lumière réfléchie des feuilles argentées de la cour pour tromper la pierre. Les feuilles, qui n'étaient pas comme les autres arbres, renvoyaient une lumière polie qui n'était pas absorbée par les pierres.

Elles construisirent un petit réflecteur avec du papier aluminium et une boîte en carton. Quand la lumière rebondit sur les feuilles, la pierre sembla s'étirer, comme si elle bâillait. L'objet de Plume vibra et projeta une mélodie douce, une chanson qui parlait d'endroits lointains et de voyages sans peur. La carte miniature s'ouvrit et un trait de lumière s'échappa, formant un petit pont lumineux vers le ciel.

Plume, ravi, fit un tour sur lui-même et projeta un hologramme d'un vaisseau minuscule, réparé et prêt à reprendre la route. Elles applaudirent en silence pour ne pas réveiller la ville. La radio de Samira capta un murmure lointain, comme une voix qui disait : « Merci. Retour assuré. »

Mais avant de partir, Plume leur tendit l'objet. Sur lui, pour la première fois, les symboles n'étaient plus un appel d'aide : ils formaient le mot « AMIS » dans leurs langues, un mot simple et clair que les filles comprirent sans même le traduire.

Chapitre 5 — Le départ et la respiration

Le matin arriva doucement. Plume avait retrouvé des couleurs. Il roulait autour d'elles en petites spirales joyeuses, laissant des traces bleu-vert sur le sol. Elles savaient qu'il devait repartir. Elles étaient tristes, mais heureuses de ce qu'elles avaient fait ensemble.

À l'heure du départ, une chose magique se produisit : le ciel fit un clin d'œil. Un petit point de lumière descendit, se posa près du portail et s'ouvrit comme une fleur mécanique. Le vaisseau était minuscule mais parfait, parsemé de taches qui brillaient comme des lucioles. Plume fit un dernier tour autour des filles, passa une antenne translucide sur leurs mains et laissa une poussière scintillante. Celle-ci ne faisait pas de magie spectaculaire ; elle laissait juste une chaleur douce au creux des paumes, un rappel tranquille.

« Restez curieuses, » sembla murmurer la poussière.

Plume monta à bord, la fleur se referma, et le vaisseau s'éleva. Les filles suivirent le petit objet qui projetait sa carte. Elles virent la trace lumineuse qui s'éloignait, puis disparut comme un rêve qu'on oublie en souriant. La pierre noire, privée de son petit pont, resta seule près de la rivière, mais elle ne mordait plus rien ce jour-là.

Samira posa son fauteuil à l'ombre, les yeux mi-clos. Elles restèrent un long moment à respirer. La cour était calme, les feuilles argentées scintillaient, et la ville reprenait son rythme ordinaire. Elles n'avaient pas seulement aidé un étranger venu d'ailleurs ; elles avaient appris à écouter, à bricoler ensemble, à protéger un petit cœur qui ne parlait pas leur langue.

Elles se promettaient déjà d'autres aventures, mais pour l'instant, elles savourèrent la paix. Un souffle régulier passa entre elles, comme une vague qui caresse le rivage. Elles comptèrent trois respirations profondes : inspirer l'émerveillement, retenir la douceur, expirer la confiance. Le monde leur sembla un peu plus grand, et beaucoup plus doux.

Puis elles rentrèrent chez elles, les mains encore chaudes de la poussière de Plume, le cœur léger et l'esprit plein d'étoiles.

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Vrombissait
Faisait un bruit sourd et continu, comme un moteur qui tourne.
Tentacules
Bras longs et souples d'une créature, qui servent à toucher ou tenir.
Phosphorescentes
Qui brillent faiblement dans le noir, comme une lumière douce qui reste.
Réflecteur
Objet qui renvoie la lumière pour l'éclairer ou la diriger ailleurs.
Hologramme
Image en lumière qui semble flotter et montrer un objet en 3D.
Constellations
Groupes d'étoiles qui forment des dessins dans le ciel la nuit.
Bâche
Grande toile solide qu'on utilise pour couvrir et cacher quelque chose.
Antenne translucide
Pièce fine et transparente qui laisse passer un peu de lumière.

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