Chapitre 1 : La Princesse Clémentine
Je m'appelle Rodrigue. Je suis le jardinier du chĂąteau de la MauvendiĂšre, oĂč vit une princesse belle comme une rose. Elle s'appelle ClĂ©mentine. Elle aime se promener dans le parc et me faire la causette.
Tous les matins, elle vient me voir. Aujourd'hui, elle a beaucoup de retard et je me demande ce qu'elle fait. J'espĂšre qu'elle n'est pas souffrante.
Elle arrive enfin et m'explique que son pĂšre vient de partir pour une chasse Ă courre et qu'il lui a fait promettre de rester dans ses appartements Ă cause des dragons qui recommenceraient Ă hanter notre royaume. Quelle histoire !
â J'ai dĂ» attendre son dĂ©part, me prĂ©cise-t-elle.
â Est-ce bien prudent de dĂ©sobĂ©ir ainsi ? lui rĂ©pondis-je.
â Les dragons qui attaquent plus particuliĂšrement les princesses, je n'en crois pas un mot.
Soudain, une ombre noire obscurcit le ciel.
Un dragon, aux écailles d'un vert vif et aux ailes rouges, sorti de nulle part, nous survole en crachant du feu. Il s'empare de Clémentine, puis disparaßt comme par magie.
Je ne peux rien faire pour l'arrĂȘter.
Chapitre 2 : Qui osera combattre le dragon ?
Lorsque le roi revient, je lui raconte ce qui s'est passé. Triste et furieux, il fait rassembler tous ses chevaliers. Il promet des richesses et la main de sa fille à celui qui la ramÚnera, et donc qui combattra le dragon.
â Il vous faudra ĂȘtre trĂšs courageux. Vous devrez traverser le pays, vous rendre dans des contrĂ©es lointaines. Qui osera affronter le dragon ?
Personne ne rĂ©pond. Certains quittent les lieux, d'autres baissent la tĂȘte.
Quant à moi, je suis resté à la porte, mais je décide d'entrer et de m'avancer vers le roi.
â Que veux-tu ? Ce n'est pas le moment de parler de jardinage. Il y a plus urgent.
â Sire, lui dis-je, je suis prĂȘt Ă partir Ă la recherche de la princesse.
Le roi se laisse tomber sur son trĂŽne, déçu de constater que seul son jardinier est courageux. Il n'a pas le choix et accepte. Il me donne de quoi manger et des armes pour mon voyage. J'aime ClĂ©mentine, mais je me demande tout de mĂȘme comment je vais m'y prendre pour combattre un monstre de cette taille.
Chapitre 3 : L'épée magique
Je pars au petit matin. En chemin, je rencontre un vieillard Ă qui je demande :
â Bonjour, sais-tu oĂč se trouve le pays des dragons ?
â Avance jusqu'Ă l'orĂ©e du bois et lĂ , tu auras toutes les indications, me rĂ©pond-il.
â Merci, vieillard.
Je suis ses conseils. Arrivé à l'endroit indiqué, je vois un homme étendu par terre. à cÎté de lui, un petit coffre est à moitié ouvert. De beaux bijoux en sont tombés.
Je m'agenouille auprĂšs de lui, puis sors ma gourde.
J'humidifie son front et sa bouche. Il reprend aussitĂŽt ses esprits.
â Que vous est-il arrivĂ© ? Vous avez de la chance que les bandits de grand chemin ne soient pas passĂ©s par lĂ .
Je l'aide à se relever. L'homme part de son cÎté aprÚs m'avoir remercié de mon aide.
Le vieillard apparaĂźt alors par magie et me dit :
â Tu es un gentil garçon. PlutĂŽt que de dĂ©pouiller cet homme, tu lui es venu en aide. Ă prĂ©sent, c'est moi qui vais t'aider.
Il sort de son grand sac une épée pas trÚs grande.
â Cette Ă©pĂ©e peut te sembler ridicule, mais elle est magique. Elle te protĂšgera et, dĂšs que tu approcheras du pays des dragons, elle scintillera pour te prĂ©venir. Surtout, ne t'en sĂ©pare jamais. Ă prĂ©sent, dĂšs que tu la prendras dans tes mains, tu seras transportĂ© dans le pays des dragons.
Il me tend l'Ă©pĂ©e. Je la saisis et me trouve aussitĂŽt sur une terre inconnue, Ă©trange, avec des montagnes, des volcans, des grottes, mais, devant tout cela, une grande vallĂ©e. Je ne sais pas trop oĂč je dois aller et j'avance sans savoir.
Chapitre 4 : La vieille femme
Soudain, prĂšs d'un torrent, une vieille femme semble attendre. Que peut-elle faire dans un endroit pareil ? J'en profite pour lui demander des renseignements.
â Bonjour, je recherche le repaire des dragons, peux-tu m'aider ?
â Remonte la rive longeant le torrent sur quelques mĂštres.
Je la remercie et suis ses conseils. Je rencontre alors un marchand. Il est chargé de sacs.
â Salut Ă toi, l'ami. Ton Ă©pĂ©e me plaĂźt. Donne-la-moi et je t'offre en Ă©change tous mes sacs d'or.
L'homme me montre ses trésors. J'en suis stupéfait, car il y a assez de richesses pour me faire vivre jusqu'à la fin de mes jours. Mais ma mission n'est pas terminée. Je dois retrouver la princesse.
â Je suis dĂ©solĂ©, mais je ne me sĂ©parerai de cette Ă©pĂ©e pour rien au monde. Merci et bonne route.
Sur ces mots, l'homme prend congé et la vieille femme réapparaßt.
â Tu es brave et courageux. Rien ne peut te dĂ©tourner du droit chemin. Tu vois la caverne, lĂ -haut ? C'est le repaire des dragons. Ils dorment actuellement. Il faut en profiter.
Je la remercie à nouveau, puis m'avance vers l'endroit indiqué.
Chapitre 5 : Le repaire du dragon
Plus j'approche et plus je sens mon Ă©pĂ©e vibrer. Je la regarde : elle scintille de mille feux. J'arrive devant la caverne, puis pĂ©nĂštre Ă l'intĂ©rieur. Il fait sombre. Elle est immense. Au loin, j'aperçois de la clartĂ©. J'avance sans faire de bruit. J'ai trĂšs peur et je me demande ce que je fais dans cette galĂšre. La seule fois oĂč je me souviens m'ĂȘtre bagarrĂ©, c'est avec des ronces envahissantes. D'ailleurs, je ne ferais pas de mal Ă une mouche.
Soudain, la lumiÚre se fait plus intense et je vois Clémentine, allongée sur des étoffes et entourée de joyaux et de pierres précieuses.
â Dort-elle ? pensais-je.
Non loin d'elle, le monstre fait sa sieste, et rien que de le voir, j'en ai la chair de poule. La caverne est remplie de richesses. Je m'approche de Clémentine, dégoulinant de sueur. Je lui touche la main. Elle sursaute.
â Chut, il ne faut pas le rĂ©veiller, dis-je en dĂ©signant du doigt la bĂȘte.
â Rodrigue, vous ĂȘtes venu me sauver. Vous ĂȘtes l'homme le plus courageux que je connaisse. Mon pĂšre avait raison : les dragons enlĂšvent les princesses. Avez-vous vu toutes ces richesses ?
Mon épée se met à vibrer si fort que cela réveille le dragon. Il se met à souffler, puis, me voyant, se dresse sur ses solides pattes.
Je lui fais face, non sans stupeur. Clémentine m'observe, admirative, et me crie de faire attention à moi. Le dragon se retourne vers elle et, à ce moment précis, je le touche avec le corps de mon épée.
Une fumée envahit la caverne, et lorsqu'elle se dissipe, il n'y a plus une trace du dragon, mais un jeune homme à sa place.
Clémentine se jette dans mes bras. Je ne suis plus anéanti par la peur, mais totalement retourné par l'émotion.
Chapitre 6 : Gustave
En voyant cet homme, nous nous demandons comment cela est possible, et, devant nos yeux ébahis, il prend alors la parole.
â Je vais vous expliquer ce qui m'est arrivĂ©. Je m'appelle Gustave. J'ai dĂ» me dĂ©brouiller tout seul trĂšs jeune, car mes parents sont morts de maladie. J'ai fait des petits boulots, mais j'ai toujours rĂȘvĂ© d'ĂȘtre riche. Il y avait dĂ©jĂ des dragons Ă l'Ă©poque, et j'avais entendu dire que dans leurs repaires, il y avait des richesses en grande quantitĂ©. Les dragons sont en fait les gardiens de tout cet or. Ce que je ne savais pas, c'est que cet or Ă©tait ensorcelĂ©. Un jour, j'ai dĂ©cidĂ© de faire fortune et je me suis rendu dans cette mĂȘme caverne, celle oĂč nous sommes actuellement. Pendant que le dragon dormait, j'ai rempli ma besace d'or, puis je suis rentrĂ©. Je l'ai cachĂ©e dans ma cave. Peu de jours aprĂšs, des Ă©cailles ont commencĂ© Ă recouvrir ma peau, jusqu'au jour oĂč j'ai dĂ» fuir. J'Ă©tais complĂštement mĂ©tamorphosĂ© en dragon. J'ai alors ramenĂ© l'or, car j'ai compris â mais un peu tard â que celui qui s'aventure Ă dĂ©rober les richesses des dragons devient lui-mĂȘme un dragon. GrĂące Ă vous et Ă votre Ă©pĂ©e magique, vous avez anĂ©anti le sortâŠ
Il n'a pas terminé ses mots qu'un grognement se fait entendre derriÚre nous. Deux immenses dragons, aux yeux démoniaques, foncent sur nous. J'attrape Clémentine par la main.
Gustave nous suit. Nous courons Ă en perdre haleine sans nous retourner. Gustave tombe, mais se relĂšve trĂšs vite. Nous l'attendons, mais les dragons nous rattrapent.
Nous entrons dans un endroit rĂ©trĂ©ci de la caverne oĂč les dragons ne peuvent pas pĂ©nĂ©trer. Nous nous Ă©loignons Ă temps de l'orifice, car une gerbe de feu nous frĂŽle.
Je demande Ă ClĂ©mentine et Gustave de poser leurs mains en mĂȘme temps que moi sur l'Ă©pĂ©e magique, ce qu'ils font. Nous sommes alors transportĂ©s en un clin d'Ćil dans notre contrĂ©e.
Chapitre 7 : De retour au chĂąteau
De retour au chùteau, nous sommes acclamés. Le roi pleure de joie d'avoir retrouvé sa fille.
Il fait préparer un festin et annonce prochainement les fiançailles de sa fille avec moi. Ma bravoure lui plaßt. De plus, il constate que sa fille est follement amoureuse de moi.
Le mariage est célébré et, à la mort de son pÚre, nous restons vivre au chùteau. Et devinez qui s'occupe du parc à présent et ne manque de rien ? Gustave.
Quand nous sommes revenus du pays des dragons, j'ai demandé au roi de l'héberger. Il était tellement content de revoir sa fille qu'il accepta tout de suite. Je lui ai donc tout appris sur les plantes, les fleurs, les arbres.
Il est à présent jardinier de métier et ne manque plus de rien.
En ce qui me concerne, j'ai toujours l'épée magique et je la garde précieusement⊠car on ne sait jamais.