Chapitre 1 : La mystérieuse mission du lundi matin
Arthur n'était pas du genre à aimer les lundis matins. Mais ce lundi-là , tout allait changer. En ouvrant la porte de sa chambre, il trouva un mot glissé sous son oreiller. Un mot plié en huit, écrit à l'encre verte et signé d'un mystérieux « Le Grand Cornichon ». Intrigué, Arthur lut à voix haute, pour lui-même :
« Cher Arthur, ta mission, si tu l'acceptes, sera de récupérer la pantoufle droite de Mémé Paulette, égarée au sommet du grand chêne derrière la maison. Attention, la pantoufle n'est pas seule. Elle est surveillée par des pigeons sportifs et un écureuil farceur. Courage, jeune aventurier ! »
Arthur éclata de rire. Une pantoufle dans un arbre ? Des pigeons sportifs ? Un écureuil farceur ? Ce défi semblait tout droit sorti d'un rêve un peu fou. Mais l'idée de partir à la recherche de la célèbre pantoufle de sa grand-mère, celle avec des oreilles de lapin roses qui couinent à chaque pas, lui donna soudain une énergie nouvelle. Il s'habilla en vitesse, attrapa sa casquette à hélice et fila dehors, prêt à conquérir le monde — ou du moins, le grand chêne du jardin.
Chapitre 2 : Le mystérieux vol de la pantoufle
En chemin vers le jardin, Arthur croisa sa petite sœur Zoé, qui suçait son pouce d'un air songeur, assise sur le paillasson. Elle leva un sourcil suspicieux en voyant Arthur courir avec détermination.
— Où tu vas, Arthur ? demanda-t-elle.
— Mission secrète, Zoé ! C'est top confidentiel, répondit-il en tirant la langue.
La porte du jardin grinça sur ses gonds. Arthur s'avança, les yeux plissés vers le grand chêne. Là , tout en haut, il aperçut une forme rose qui pendouillait nonchalamment sur une branche. Pas de doute, c'était bien la pantoufle de Mémé Paulette. Mais comment avait-elle atterri là -haut ? Probablement une farce de l'écureuil du coin, surnommé « Rocket » à cause de sa vitesse supersonique.
Arthur repéra un attroupement de pigeons trapus, visiblement en pleine séance de pompes sur une branche voisine. L'un d'eux portait un bandeau fluo, un autre soulevait des glands comme des haltères. Le chef du groupe, un pigeon massif aux plumes hérissées, lança un regard défiant à Arthur.
— Eh, le minus, ici c'est notre salle de sport aérienne ! gronda-t-il.
Arthur sentit la sueur perler sur son front. Mais il n'était pas du genre à reculer devant une bande de pigeons bodybuildés.
Chapitre 3 : Premiers essais, premières galères
Arthur décida d'abord de tenter une approche discrète. Il attrapa un râteau, espérant décrocher la pantoufle depuis le sol. Il sauta, agita le râteau dans tous les sens, mais ne réussit qu'à effrayer un ver de terre qui passait par là .
— Zut ! s'exclama-t-il. Il va me falloir un plan plus malin.
Il essaya ensuite de grimper à l'arbre, mais une branche cassa sous son poids, le projetant dans un buisson d'orties. Il en ressortit en grimace, couvert de piqûres, mais toujours déterminé.
— Même pas mal ! lança-t-il d'un ton bravache, en se frottant les bras.
Soudain, il entendit un ricanement aigu. Rocket, l'écureuil, apparut sur une branche, tenant entre ses pattes une paire de lunettes de soleil, façon agent secret.
— Tu veux la pantoufle, petit humain ? Tu devras d'abord me battre à mon jeu préféré : la course de glands ! s'écria Rocket.
Arthur n'était pas sûr de comprendre les règles, mais il se laissa entraîner par l'enthousiasme de l'écureuil.
Chapitre 4 : La course de glands
La ligne de départ était tracée au pied du chêne. Rocket plaça deux glands sur le sol et expliqua les règles, tout en mâchonnant une noisette :
— On pousse le gland avec le nez jusqu'à la mare aux grenouilles. Le premier arrivé a le droit de grimper à l'arbre sans que les pigeons sportifs ne lui jettent de noisettes !
Arthur, un peu inquiet, regarda le gland devant lui. Pousser un gland avec le nez ? Quelle idée saugrenue ! Mais il ne voulait pas reculer. À trois, Rocket s'élança, le nez frétillant. Arthur se pencha, poussa son gland, éternua à cause d'une touffe d'herbe, et rata la trajectoire. Rocket, hilare, fit des zigzags, mais s'arrêta brusquement pour grignoter un bout de biscuit tombé là .
Profitant de l'occasion, Arthur donna un coup de tête à son gland, qui roula droit vers la mare. Une grenouille curieuse bondit sur le gland, le propulsant d'un saut magistral. Arthur franchit la ligne d'arrivée, le nez couvert de terre, mais vainqueur !
— Bravo, petit malin, ricana Rocket. Tu as gagné ton ticket pour le sommet... mais attention aux pigeons !
Chapitre 5 : L'épreuve des pigeons sportifs
Arthur leva les yeux vers la cime du chêne. Les pigeons sportifs faisaient des tractions, s'entraînaient à soulever des glands et à faire des pirouettes. Le chef pigeon, surnommé « Musclor », atterrit devant lui, ailes croisées.
— Pour passer, tu dois réussir notre test ultime : l'épreuve de la plume volante ! annonça-t-il d'une voix grave.
Arthur déglutit. Il fallait attraper une plume lancée en l'air par les pigeons, sans la laisser toucher le sol, tout en effectuant trois tours sur lui-même. Facile à dire, mais pas à faire !
Le premier essai fut un désastre. Arthur tourna sur lui-même, tituba, et tomba sur les fesses, la plume se posant tranquillement sur son nez. Les pigeons explosèrent de rire.
— Encore ! cria Musclor.
Arthur se redressa, attrapa une plume au vol, fit deux tours, trébucha sur une racine, mais parvint, dans un geste désespéré, à lancer la plume en l'air... et à la rattraper du bout des doigts en s'écroulant sur le sol.
— C'est bon, tu as réussi ! s'inclina Musclor, impressionné.
Arthur, tout fier, grimpa dans l'arbre, aidé par les pigeons qui lui firent la courte échelle avec leurs ailes.
Chapitre 6 : La découverte inattendue
Arrivé au sommet, Arthur aperçut enfin la fameuse pantoufle, accrochée à une branche. Mais à sa grande surprise, elle n'était pas seule ! Un bébé pigeon, tout ébouriffé, était blotti à l'intérieur, boudant à cause de la pluie qui commençait à tomber.
— Oh non, murmura Arthur, je ne peux pas chasser ce pauvre petit de son abri !
Il réfléchit quelques instants, grattant sa tête pleine de feuilles et de brindilles. Soudain, une idée farfelue lui traversa l'esprit. Il dénicha une vieille boîte à chaussure abandonnée dans la cabane de l'arbre, y glissa du duvet et quelques miettes de pain, puis transporta doucement le bébé pigeon dans son nouveau nid douillet.
Le petit pigeon roucoula de plaisir. Arthur put enfin décrocher la pantoufle, la brandissant comme un trophée.
Chapitre 7 : La descente acrobatique
Mais redescendre avec la pantoufle ne fut pas une mince affaire. Arthur glissa, manqua de tomber, et se retrouva suspendu à une branche, la pantoufle coincée entre les dents. Les pigeons, amusés, se mirent à former une chaîne vivante, se tenant les pattes, pour l'aider à descendre.
Rocket, l'écureuil, surgit de nulle part et, avec une dextérité incroyable, fit rebondir Arthur de branche en branche, jusqu'à la base de l'arbre où Zoé l'attendait, bouche bée.
— Waouh, Arthur, t'es un vrai cascadeur ! s'exclama-t-elle.
Arthur, décoiffé, couvert de feuilles, mais victorieux, leva la pantoufle au ciel.
Chapitre 8 : Le retour triomphal
Arthur traversa le jardin comme un héros de bande dessinée, la pantoufle à la main. Rocket et les pigeons sportifs le suivaient en guise de fanfare, Rocket jouant de la feuille de noisetier comme d'un harmonica, les pigeons roucoulant en rythme.
Mémé Paulette, installée sur sa chaise longue, sirotait un jus de carotte. En voyant Arthur arriver, elle éclata de rire.
— Alors, mon grand explorateur, tu as vaincu l'arbre et ses habitants ?
Arthur raconta toute son aventure, mimant l'écureuil farceur, les pigeons musclés et la course de glands avec un enthousiasme délirant. Même Zoé en pleurait de rire.
Mémé Paulette rechaussa sa pantoufle, qui couina de plaisir. Le bébé pigeon, désormais installé dans sa boîte à chaussure, avait trouvé sa nouvelle maison.
— Tu sais, Arthur, parfois les défis les plus absurdes sont les plus amusants, conclut Mémé en lui ébouriffant les cheveux.
Chapitre 9 : Le Grand Cornichon révèle son secret
Le soir venu, alors qu'Arthur se glissait sous ses draps, un nouveau mot apparut sur son oreiller. Cette fois, il était signé : « Zoé, alias Le Grand Cornichon ».
Arthur éclata de rire. Sa sœur, complice de Rocket et des pigeons, lui avait préparé toute cette aventure. Mais loin d'être fâché, il était fier d'avoir relevé ce défi loufoque, et d'avoir partagé autant de fous rires.
— Prépare-toi, Zoé, la prochaine mission sera pour toi ! murmura-t-il en s'endormant, le sourire aux lèvres.
Cette nuit-là , Arthur rêva de pantoufles volantes, de pigeons haltérophiles et d'écureuils champions de course de glands. Et il se dit que, décidément, les lundis matins pouvaient réserver de sacrées surprises…