Chapitre 1 : Une Annonce Extraordinaire
Arthur observait la cour de récréation, assis sur son banc fétiche près du vieux marronnier, quand une rumeur se propagea aussi vite qu'une traînée de poudre. À l'autre bout de la cour, Tom, le roi du bavardage, bondissait de groupe en groupe, les yeux pétillants.
« Il va y avoir un concours ! Un concours INCROYABLE ! » cria Tom.
Arthur fronça les sourcils, intrigué. Les concours à l'école, il les connaissait : poésie, cross, dictée, course en sac… Mais rien dans la voix de Tom ne laissait supposer du déjà-vu.
Énora, sa meilleure amie, se précipita vers lui, enroulant son écharpe autour de son cou comme un serpent surexcité. « Arthur ! T'as entendu ? Concours de création de… de machine rigolote ! Il paraît qu'il faut inventer et fabriquer l'objet le plus drôle jamais vu dans l'école ! »
Arthur sentit son cœur bondir dans sa poitrine. Une machine rigolote ? Mais c'était du jamais vu ! Il s'imaginait déjà construire un robot lanceur de tartes à la crème, ou une machine à faire rire les profs… Les idées crépitaient sous son crâne.
La directrice, Madame Fortin, grimpa d'un pas décidé sur un banc, et chacun sut qu'il fallait se taire. Un silence impatient se fit. « Élèves de l'école Paul-Éluard, je vous annonce notre premier Grand Concours de la Machine la plus Rigolote ! Seul ou en équipe, vous avez une semaine pour présenter votre invention. Le jury – composé de moi-même, de Monsieur Bertrand le professeur de sciences, et de Madame Lenoir la gardienne – attend d'être épaté, amusé, ébaubi ! »
Arthur sentit une excitation nerveuse l'envahir. Il voulait participer. Mieux : il voulait gagner. Mais une question tournait dans sa tête : que pouvait-il inventer à la fois drôle, original et impossible à deviner ?
Sa décision était prise. Il relèverait ce défi, même s'il paraissait impossible. Après tout, quel autre garçon de 11 ans avait une imagination aussi débridée que la sienne ?
Chapitre 2 : Les Premières Idées (très) Farfelues
Dès la sortie de l'école, Arthur bondit chez lui, dévala les escaliers quatre à quatre et s'enferma dans sa chambre, entouré de feuilles, de crayons et de son fidèle hamster, Biscotte. Ce dernier, déjà expert dans l'art de jeter la sciure partout, semblait ravi de tant d'animation.
Arthur griffonna des idées. Machine à chatouilles automatiques ? Trop risqué, un élève avait une fois avalé son chewing-gum en riant trop fort. Lanceur de chaussures perdues ? On risquait d'accuser la machine de provoquer le chaos général dans le vestiaire. Distributeur automatique de blagues ? Intéressant, mais comment donner vie à une machine à blagues ? Il s'enfonça dans son lit, regardant le plafond, et réfléchit.
Biscotte couina bruyamment dans sa roue, et soudain, une idée germa. « Imagine, Biscotte, une machine qui transformerait les bruits stupides en cadeaux amusants… Genre, chaque bruit bizarre déclencherait une surprise ! » Il inscrivit : “Machine à Bruits Rigolos Transformés”. Mais comment faire ? Il n'était pas ingénieur… et ses inventions tenaient rarement plus de deux heures avant de s'écrouler.
Le lendemain, il rassembla ses amis dans la cour. Énora, Rachid et Lisa. « On participe ! J'ai envie d'inventer la première machine qui transforme les bruits nuls en cadeaux trop cools ! »
Rachid éclata de rire. « Tu veux dire, si j'éternue super fort, je gagne une sucette ? »
Énora s'écria, ravie : « Ou si je pète, j'ai une carte Pokémon ? »
Lisa grimaça, mais Arthur leva les bras. « Oui ! Mais d'abord, il faut que ça marche. Et il faut que ça ne se retourne pas contre nous… On se retrouve chez moi après les cours ! »
Le groupe accepta le défi, riant déjà à l'idée de leurs essais.
Chapitre 3 : Laboratoire Catastrophe
L'après-midi même, le salon d'Arthur se transforma en laboratoire. Biscotte, le hamster, veilla sur les préparatifs depuis la table basse, le museau frétillant de curiosité.
Énora apporta un vieux micro, Lisa une boîte de LEGO, et Rachid une montagne de boutons multicolores tirés de la boîte à couture de sa grand-mère. Arthur fouilla la cave pour dénicher une vieille sonnette de vélo, un mini-ventilateur, deux boîtes de conserve et mille autres trésors inattendus.
Les essais commencèrent dans un joyeux désordre. Arthur tenta d'installer le micro dans une boîte en carton reliée à la sonnette et au ventilateur. Rachid appuya sur tous les boutons en même temps, déclenchant un vacarme de cliquetis.
« Ça ne fait rien ! » râla Lisa.
« Si, écoute ! » rétorqua Énora.
Rachid fit le cri d'un coq enrhumé dans le micro. La machine siffla, le ventilateur se mit en marche, mais au lieu de délivrer une surprise, elle aspira le chouchou d'Énora et le fit voler dans les airs. Biscotte se dressa sur ses pattes, les yeux écarquillés.
Lisa éclata de rire. « On a inventé une machine à voler les chouchous, c'est déjà un début ! »
Arthur n'abandonna pas. Il réfléchit tout haut. « Ce qu'il nous faut, c'est une réaction rigolote à chaque bruit. Peut-être qu'on peut utiliser un détecteur de sons, pour différencier les bruits forts, faibles, longs, courts… »
Ils branchèrent un vieux dictaphone, tentèrent de coder avec l'aide d'un tuto YouTube, mais le résultat fut surtout une succession d'explosions de bruits – entre cris de Rachid, éternuements d'Énora et gloussements de Biscotte. La nuit tombait, et la machine, en guise de récompense, lançait des boutons sur la moquette.
Arthur soupira. « On dirait qu'elle distribue juste du bazar… On doit trouver mieux. »
Chapitre 4 : Effets Secondaires et Soupe à la Grenouille
Le surlendemain, Arthur eut une illumination en croisant son oncle Firmin, célèbre pour ses gadgets étranges. Il lui demanda conseil. Firmin, un génie farfelu, fronça les sourcils et murmura : « Pour faire rire, faut surprendre. Pour surprendre, faut s'attendre à rien ! »
Il leur prêta un mécanisme magique : une boîte à musique inversée. Lorsqu'on la secouait, elle jouait une note fausse à chaque fois, jusqu'à produire un “pet” sonore, puis s'arrêtait. Arthur intégra la boîte dans la machine, espérant que ça suffirait à déclencher un fou-rire général.
Le groupe se retrouva pour tester la nouvelle version. Énora souffla dans le micro, la machine déclencha le “pet” sonore, suivi d'une pluie de confettis… qui collèrent partout à cause de la pluie tombée plus tôt. Rachid essaya en faisant le cri du yéti. Là, le ventilateur s'activa, mais au lieu de souffler, il aspira les restes de pain d'épices sur la table, les envoyant valser sur Biscotte.
Lisa, mortifiée, remarqua que la machine produisait des quantités de bruit, mais les surprises étaient… inattendues. « On n'est pas loin de la machine à bazar. »
Arthur, un brin découragé, osa une dernière expérience. Il versa de la soupe à la grenouille (son plat préféré, mais uniquement pour les autres), dans la boîte à conserve. La machine se mit à fumer, à couiner, et… distribua un autocollant « Super crapaud » à Énora, qui riait à s'en décrocher la mâchoire.
« Bon, il doit y avoir quelque chose à corriger dans le code, » admit Arthur. Mais il ne voulait pas abandonner. Il sentait que la solution était proche.
Chapitre 5 : Réflexion et Nuits sans Sommeil
Arthur se mit à cogiter sérieusement. Il passa la nuit, stylo en main, à redessiner le schéma de la machine. Il lui fallait une idée encore plus folle, quelque chose qui ne ressemblait à rien d'autre, mais qui fonctionnerait à tous les coups.
Il écrivit dans son carnet : “Ce que je veux, ce n'est pas juste une machine qui fait du bazar. Je veux une machine qui donne le sourire, même quand tout est raté !” Il griffonna des engrenages, des boutons, des entonnoirs et des ressorts.
Au petit matin, les yeux cernés mais déterminé, il se confia à Biscotte. « Et si la machine ne récompensait pas seulement les bruits rigolos, mais aussi les idées bizarres ? Si, à chaque action, c'était un festival de surprises, mais jamais la même chose ? »
Au déjeuner, Arthur proposa un brainstorming à son équipe. « On va tout mixer : bruit, mouvement, hasard et surprise. Par exemple, si Rachid éternue très fort, il a une blague. Si Lisa tape des mains, elle reçoit un badge. Si Biscotte court dans sa roue, il déclenche… une pluie de popcorns ! »
Ses amis éclatèrent de rire. « Mais on n'aura jamais assez de badges, ni de popcorns ! »
« Justement, c'est ça le secret : il n'y a jamais deux fois le même cadeau ! » répondit Arthur, les yeux brillants d'enthousiasme.
Ils se mirent au travail, testant mille combinaisons jusqu'à ce que la chambre ressemble à un marché de bric-à-brac géant.
Chapitre 6 : Panique à J-1
La veille du concours, Arthur sentit monter une angoisse tenace. La machine, désormais assemblée, trônait fièrement au milieu du salon. Elle ressemblait à un croisement improbable entre une boîte à outils et une soucoupe volante.
Il fit une dernière répétition. Rachid éternua : une mini-cornemuse en plastique se mit à jouer toute seule. Énora tapota sur le micro : des serpentins volèrent dans la pièce. Lisa siffla très fort : la machine expulsa une gomme en forme de banane, qui rebondit sur la tête de Biscotte, déclenchant un fou-rire général.
Mais alors qu'ils vérifiaient les branchements, un bruit sourd retentit. La machine cligna de toutes ses lumières et… s'arrêta complètement. Plus rien. Silence mortel, puis Biscotte, vexé, fit rouler sa roue super vite… sans aucun effet. Les enfants se figèrent, yeux ronds comme des billes.
Arthur sentit la panique monter. « On a grillé un fusible. Ou pire, le programme a tout planté ! » Il ouvrit la carlingue, découvrit un spaghetti de fils mêlés au reste de confettis, et sentit une vague d'abattement le submerger.
Lisa le rassura. « On va trouver. On a deux cerveaux, dix doigts, et beaucoup de scotch. »
Énora fit mine d'actionner la machine à la main, tandis que Rachid inventait une “danse du fil décroisé”. Petit à petit, ils réparèrent, ajustèrent, et remirent tout en ordre – non sans inventer une nouvelle blague à chaque erreur.
Vers minuit, la machine clignota à nouveau. Un petit drapeau se déplia : “Vive les machines ratées qui font rire !”
Arthur, rassuré, s'écroula sur son lit, la tête pleine de rêves de surprises.
Chapitre 7 : Le Jour J
Le matin du concours, une fébrilité inhabituelle s'empara de l'école. Chaque équipe déambulait dans la cour, traînant des machines toutes plus étranges les unes que les autres. Une équipe avait fabriqué une tête géante qui lançait des balles de ping-pong par les oreilles, une autre présentait un robot qui jonglait avec des chaussettes sales.
Arthur et son équipe installèrent leur machine sur une table au centre du préau, sous les regards curieux de Madame Fortin et du jury. La machine, bariolée de boutons et de lampes, fascina les petites sections et fit reculer d'effroi les CM2 fiers de leur “robot-mangeur-de-cahiers”.
« On commence quand ? » demanda Énora, la voix un peu tremblante.
Monsieur Bertrand, celui qui avait toujours une blague de chimie à raconter, leur fit signe. « À vous, les inventeurs du rire ! »
Arthur respira un grand coup. Rachid prit le micro, éternua avec force : la machine émit un sifflement étrange, puis une pluie de confettis roses jaillit, accompagnée d'un bruit de klaxon. Le jury éclata de rire.
Lisa tapa dans ses mains : une flûte en plastique explosa un air de fanfare, et un autocollant “Super Génie” jaillit du distributeur.
Énora fit son cri de dinde, la machine répondit par un jet de serpentins et une voix synthétique proclama : “Dinde du Jour – Bravo !”
Le public riait, le jury se tenait les côtes, et même Madame Fortin esquissa un sourire rare. Biscotte, dans sa cage, déclencha la roue. Soudain, un mini-parapluie surgit de la machine pour le protéger de la pluie imaginaire de popcorns.
Chapitre 8 : Climax – La Catastrophe Géniale
Alors que chaque action déclenchait une nouvelle surprise, les enfants prirent confiance. Mais Arthur avait réservé une dernière trouvaille : le “mode hasard extrême”, une séquence de combinaisons programmée la veille.
Il appuya sur le bouton rouge géant, un peu trop fort. La machine cligna, bip bip bipa à toute vitesse, cliqueta de partout… puis se figea une seconde. Un immense silence s'abattit.
Tout à coup, BOUM ! La machine explosa dans une symphonie de serpentins, de ballons, de gags sonores et de confettis, transformant le préau en cirque improvisé. Un klaxon retentit, et une banderole surgit du mécanisme, sur laquelle était inscrit : “RIRE C'EST GAGNER !”.
Le jury, bouche bée, se couvrait la tête de pluie de confettis. Les élèves, hilares, applaudissaient à tout rompre. Arthur écarquilla les yeux : la machine semblait hors service – mais elle avait créé le plus grand fou-rire collectif de l'histoire de l'école.
Monsieur Bertrand, hilare, se tint le ventre. « Mes chers amis, il nous faudra des années pour nettoyer, mais… c'est GÉNIAL ! »
Arthur jeta un regard à ses amis. Ils étaient couverts de paillettes, mais souriaient tous jusqu'aux oreilles.
Chapitre 9 : Résolution – Un Rire Inoubliable
Le lendemain, la cour résonnait encore des exploits d'Arthur et de sa bande. Les discussions allaient bon train : « T'as vu le parapluie de Biscotte ? » – « Et le cri de dinde ? » – « J'ai encore des confettis dans mes chaussettes ! »
Madame Fortin réunit l'ensemble de l'école pour l'annonce des résultats. Elle remercia chaque équipe pour leur créativité, cita les robots mangeurs de cahiers, les machines à jonglage, mais un sourire complice apparut sur ses lèvres en évoquant la machine d'Arthur.
« Jamais nous n'avons autant ri à un concours de machines. La machine d'Arthur et de ses amis a transformé nos bruits les plus bizarres et nos gestes les plus fous en pluie de rires, d'autocollants et de confettis. Surtout, elle a prouvé que le plus important, ce n'est pas que tout fonctionne parfaitement, mais de partager la joie et la créativité ! »
La bande d'Arthur reçut la “Coupe du Rire Improbable” – un trophée en forme de poisson volant – et un bon pour une montagne de pop-corns à la kermesse de l'école.
Arthur, les joues rouges d'émotion, remercia ses amis. « Merci d'avoir cru à mes idées bizarres, et surtout, d'avoir ri avec moi de tous nos ratés. »
Dans les jours qui suivirent, la bande inventa de nouvelles machines farfelues : la chaise qui applaudissait quand on s'asseyait, ou le cartable qui criait “Victoire !” à chaque contrôle réussi.
Et chaque fois que Biscotte faisait tourner sa roue dans la chambre d'Arthur, un éclat de rire s'échappait du micro, preuve que les meilleures machines sont celles qui transforment la vie en une fête permanente.
Jusqu'à la prochaine aventure impossible, le rire d'Arthur continuait de résonner, plus puissant que n'importe quelle machine.