Chapitre 1 : Un ours pas comme les autres
Barthélemy l'ours avait un problème très particulier : il était d'une curiosité maladive. Impossible pour lui de voir un trou dans un tronc sans y fourrer son museau, ou de passer devant une liane sans essayer de grimper dessus, même s'il n'était pas très doué pour l'escalade. Dans la jungle, tout le monde connaissait Barthélemy. Certains disaient qu'il était bizarre, d'autres le trouvaient carrément génial.
Un matin, alors qu'il dégustait tranquillement un pot de miel (qu'il avait troqué contre une vieille paire de lunettes auprès de Lili la loutre, la reine du troc), Barthélemy entendit un drôle de cri.
« Wouhouuuuu ! À l'aide ! »
Il posa son pot et s'essuya la bouche du revers de la patte. « Tiens, ça commence bien la journée, » pensa-t-il tout excité.
Il suivit le bruit pour découvrir Gaston le toucan coincé... dans un hamac tricoté par Ginette la girafe. Gaston battait des ailes, mais le hamac était si élastique qu'il rebondissait comme une balle à chaque tentative de s'en extirper.
« Eh bien, Gaston, tu fais la sieste ou tu t'entraînes pour les Jeux Olympiques ? » plaisanta Barthélemy.
« Très drôle, grand ours ! Aide-moi ou je finirai en crêpe de toucan ! »
Barthélemy s'approcha, attrapa le hamac et tira doucement. Mais le hamac se détendit, puis lâcha d'un coup, propulsant Gaston droit sur Barthélemy, qui tomba à la renverse dans un buisson de baies rouges.
Gaston, perché sur le ventre de l'ours, éclata de rire. « On dirait que tu as inventé le trampoline, Barthélemy ! »
Barthélemy rit à son tour, la bouche pleine de baies. « On devrait organiser les Jeux Olympiques de la jungle, tu ne crois pas ? »
Gaston sauta sur ses pattes. « Bonne idée ! Sauf que… qui serait assez fou pour participer à tous les défis ? »
L'ours leva la main haut, tout fier. « Moi ! Je suis prêt à relever tous les défis. »
Chapitre 2 : La jungle en folie
La nouvelle se répandit plus vite qu'un moustique sur une noix de coco. « Barthélemy va relever tous les défis ! » criait Oscar le singe acrobate, qui n'attendait qu'une occasion pour organiser un concours loufoque.
En moins d'une heure, toute la jungle s'était réunie autour de la grande clairière. Ginette la girafe, toujours très chic avec son écharpe à pois, avait préparé une liste de défis.
« Premier défi : la liane glissante ! » annonça-t-elle d'une voix de speakerine.
Barthélemy observa la liane, longue et humide, tendue entre deux arbres. Oscar le singe fit une démonstration : il se balança gracieusement, fit trois saltos et atterrit en douceur sur une branche.
Barthélemy prit une profonde inspiration, s'agrippa à la liane… et glissa aussitôt, atterrissant dans une flaque de boue. Toute la jungle éclata de rire. Même Ginette la girafe, pourtant très distinguée, ne put retenir un petit gloussement.
Barthélemy se releva, couvert de boue, et s'inclina. « Je crois que je préfère le miel à la boue ! »
Le deuxième défi était le concours de cris d'animaux.
Gaston le toucan lança son cri : « KRA-KRA-KRA ! »
Ginette la girafe tenta un « Gniiih ! » très élégant.
Oscar le singe fit un « Ouh-ouh-ah-ah ! » qui résonna dans toute la jungle.
Quand ce fut le tour de Barthélemy, il prit une grande inspiration et… éternua ! Un éternuement tonitruant qui fit tomber trois mangues de l'arbre voisin. Les animaux applaudirent, hilares.
« Je ne savais pas que l'ours pouvait crier aussi fort avec le nez ! » plaisanta Ginette.
Chapitre 3 : Les défis les plus fous
Le troisième défi était le concours de déguisements. Chacun devait se transformer en un autre animal. Ginette enfila un chapeau de plumes et imita un perroquet. Oscar se couvrit de feuilles et prétendit être un crocodile. Gaston, lui, glissa des lunettes et tenta d'imiter un hibou, mais il s'endormit aussitôt sur la branche.
Barthélemy, lui, utilisa de la boue pour se peindre des rayures noires et blanches sur le ventre. Il se présenta fièrement : « Je suis une zébrours ! »
Le jury improvisé éclata de rire, surtout quand Barthélemy se mit à trotter comme un zèbre qui aurait trop mangé. Les animaux l'applaudirent à tout rompre.
Ensuite, ce fut le défi du « cache-cache dans la jungle ». Oscar compta jusqu'à cent, et tout le monde fila se cacher. Barthélemy, trop gros pour grimper aux arbres ou se glisser dans un terrier, se cacha derrière… un petit buisson.
Quand Oscar ouvrit les yeux, il vit une grosse masse brune dépasser du buisson et n'eut aucun mal à trouver l'ours.
« Barthélemy, tu sais que tu es aussi discret qu'un éléphant en tutu ? »
« C'est pour mieux tromper l'ennemi ! » répondit l'ours en riant.
Le dernier défi de la journée était la « course à la noix de coco ». Chacun devait faire rouler une noix de coco le plus loin possible avec son museau. Ginette, trop grande, envoyait sa noix de coco dans les branches. Oscar la lançait trop fort et la perdait à chaque fois. Gaston essayait de la porter avec son bec, mais ça ne marchait pas du tout.
Barthélemy, lui, poussa sa noix de coco… qui s'arrêta dans un trou. Il se pencha pour voir où elle était tombée et… tomba la tête la première dans le trou, les pattes en l'air !
Toute la jungle accourut, morte de rire. L'ours finit par se sortir du trou, tout décoiffé, mais avec un large sourire.
Chapitre 4 : Surprise et inventions
Alors que la nuit tombait et que les animaux pensaient que les défis étaient terminés, Barthélemy eut une idée lumineuse.
« Et si on organisait le défi du rire le plus contagieux ? »
Ginette, qui avait un rire très chic, lança un « hinhin » discret. Oscar, lui, partit dans un fou rire incontrôlable, roulant par terre et tapant des mains. Gaston fit son fameux « kra-kra » entre deux gloussements.
Mais c'est Barthélemy qui remporta le défi. Son rire était tellement bizarre, entre le grognement et le glouglou, que tous les animaux, même les plus sérieux, finirent par rire aux éclats.
Après cette avalanche de rires, chacun reprit son calme. Ginette servit un énorme gâteau de fruits, Oscar fit des imitations, et Gaston raconta des histoires de toucans voyageurs. Barthélemy, lui, observait ses amis, heureux de voir la jungle transformée en un immense terrain de jeux.
Soudain, il aperçut un petit animal qu'il ne connaissait pas. Une sorte de souris à longues oreilles et à moustaches frisées. L'intrus s'approcha timidement.
« Salut, je m'appelle Mirabelle. Je viens d'arriver dans la jungle. »
Barthélemy, toujours curieux, s'approcha. « Tu veux participer au prochain défi ? »
Mirabelle hésita, puis sourit. « Je veux bien essayer ! Je suis très forte au jeu du “qui saute le plus loin” ! »
Oscar installa une branche au sol pour mesurer les sauts. Ginette applaudit, Gaston encouragea Mirabelle, et Barthélemy s'élança le premier. Mais il atterrit… sur le derrière, soulevant un nuage de poussière. Mirabelle, elle, fit un saut spectaculaire et atterrit tout en douceur.
Tout le monde applaudit. Barthélemy, hilare, félicita Mirabelle : « Tu es la championne des sauts ! »
Chapitre 5 : La jungle, c'est mieux à plusieurs
À la fin de la journée, la jungle résonnait de rires et de discussions animées. Barthélemy, épuisé mais heureux, s'allongea sous un arbre avec ses amis.
Ginette la girafe s'étira et déclara : « Je n'ai jamais autant ri de ma vie. »
Oscar, toujours débordant d'énergie, proposa : « Demain, on fait le concours de la plus grande grimace ? »
Gaston, les plumes ébouriffées, ajouta : « Et si on inventait une chanson de la jungle ? »
Barthélemy sourit, les yeux brillants. Il avait compris que dans cette jungle pleine de personnages aussi farfelus que lui, chaque journée pouvait devenir une aventure, à condition d'être entouré de bons amis.
Mirabelle, qui s'était déjà fait une place dans la bande, sauta sur place : « Et si on faisait une cabane géante ? »
Oscar répondit aussitôt : « Bonne idée ! On pourra y organiser des soirées pyjama et des concours de blagues ! »
Les animaux rigolèrent encore et encore, imaginant les futures folies qu'ils pourraient inventer ensemble. Barthélemy pensa qu'il n'y avait rien de mieux que de vivre dans une jungle où chacun pouvait être lui-même, même si cela voulait dire tomber dans des trous, se couvrir de boue ou inventer des zébrours.
Et pendant que la lune montait dans le ciel, la clairière vibrait encore des derniers éclats de rire, promesse de mille autres aventures farfelues.
Ainsi, la jungle de Barthélemy ne dormit jamais tout à fait. Car tant qu'il y aurait des ours curieux et des amis farfelus, il y aurait toujours une nouvelle aventure à inventer… et une bonne raison de rigoler.