Chapitre 1 : Une matinée à la jungle-en-folie
Dans la jungle où le soleil brille à travers les arbres en formant des dessins bizarres sur le sol, un renard nommé Fripouille ouvrait un œil, puis l'autre. Fripouille n'était pas un renard comme les autres. Il avait le pelage orange vif, la queue touffue pleine d'épis à force de rouler dans l'herbe, et, surtout, des idées farfelues du matin au soir. Aujourd'hui, comme tous les jours, il était prêt à inventer des bêtises, à rigoler et à embarquer ses amis dans des aventures délirantes.
Fripouille vivait dans un coin de jungle qu'il appelait fièrement « La Ferme des Rigolos », même si, en réalité, ce n'était pas vraiment une ferme, mais plutôt un quartier général d'animaux qui ne tenaient pas en place. Ce matin-là, alors que Fripouille sortait de son terrier en baillant, il aperçut Bibi l'araignée en train de tricoter une écharpe géante entre deux bambous.
— Salut Bibi, tu t'entraines pour gagner le concours du tricot le plus long de la jungle ? demanda Fripouille, l'air moqueur.
— Si seulement ! J'essaie d'empêcher la grenouille Gigi de sauter dans ma toile… mais elle croit que c'est un trampoline, répondit l'araignée en secouant ses huit pattes.
À cet instant, un cri retentit. C'était Coco le perroquet, le chef autoproclamé de l'orchestre de casseroles, qui venait d'inventer une nouvelle chanson : « Boum Boum Boum et Plouf ! » On entendait les casseroles résonner dans toute la jungle.
Fripouille, amusé, lança à Bibi :
— Tu paries combien que je peux voler la baguette de chef d'orchestre à Coco sans qu'il s'en rende compte ?
Bibi haussa ses minuscules épaules et répondit avec un clin d'œil :
— Dix chenilles que tu n'y arrives pas !
Fripouille, tout excité, se faufila dans les buissons, se lécha la patte, lissa ses moustaches, puis bondit vers l'orchestre de casseroles.
— Dis Coco, tu veux une plume de ma queue pour diriger mieux ta troupe ? proposa Fripouille, feignant l'innocence.
Coco, qui adorait tout ce qui brillait, ne put résister :
— Oh, une queue de chef ! Viens, montre-moi ça !
Pendant que Coco admirait la queue touffue et orange, Fripouille saisit la baguette avec sa dextérité légendaire et la fit tourner comme un chef étoilé.
— Et hop ! s'écria Fripouille en la lançant en l'air.
Mais la baguette partit en vrille, percuta la casserole de Togo le tatou, rebondit sur le crâne de Lili la tortue puis s'envola dans la toile de Bibi… qui s'entortilla comme un rouleau de printemps.
Des rires fusèrent de tous côtés. Même Gigi la grenouille, qui venait de sauter sur l'écharpe, atterrit en rebondissant sur la tête de Fripouille, avant de s'emmitoufler dans la toile de Bibi.
— Et voilà, tout est à refaire ! soupira Bibi, mais ses yeux pétillaient de malice.
Fripouille roula sur le dos, hilare. C'était une matinée comme il les aimait : pleine de quiproquos, de bruit et de bêtises. Mais il ne savait pas encore que l'aventure du jour serait la plus drôle de toutes…
Chapitre 2 : La mystérieuse noix-gigogne
Alors que Fripouille, encore hilare, aidait (ou essayait d'aider…) Bibi à démêler sa toile, un bruit étrange résonna dans la jungle : « Boumboumboumboum… splaf ! » On aurait dit un éléphant qui jouait du tambour en tombant dans une flaque de boue.
— Qu'est-ce que c'était ? chuchota Fripouille à Bibi, les yeux écarquillés.
Tout le monde se précipita en direction du vacarme. Au pied d'un vieux baobab, ils découvrirent un spectacle inoubliable : Gaston le capybara était assis, l'air ébahi, les pattes toutes gluantes, devant une montagne de noix de coco. Mais pas n'importe quelles noix… Ces noix avaient l'air différentes : elles étaient rayées de couleurs vives et semblaient s'ouvrir comme des poupées russes.
— Mais… mais… d'où viennent ces noix-gigogne ? s'exclama Fripouille en tournant autour de la pile.
Gaston, toujours aussi zen, marmonna :
— J'ai suivi un papillon qui sentait bon la citronnelle, j'ai glissé sur une écorce, j'ai cogné le baobab… et voilà. Maintenant, ces noix tombent sur ma tête une à une depuis dix minutes.
Gigi la grenouille, curieuse, sauta sur une noix rayée bleu et vert. « Pop ! », la noix s'ouvrit et révéla une plus petite, colorée en rose fluo. Et dans celle-ci… une minuscule noix dorée, qui brillait au soleil.
— Waouh, on dirait des œufs surprises ! cria Coco le perroquet en battant des ailes.
Fripouille eut une idée géniale – ou complètement farfelue, c'est selon. Il proposa :
— On organise une Grande Chasse à la Noix-Gigogne ! Celui ou celle qui trouve la plus petite noix dorée aura le droit… d'être Roi de la Jungle pour une journée !
Les animaux applaudirent l'idée en piaillant, hululant, claquant des pattes et en remuant les moustaches.
— Et moi je serai la Reine du Marais ! coassa Gigi, toute excitée.
— Celui ou celle qui triche devra nettoyer toutes mes casseroles ! ajouta Coco en riant.
Chacun choisit sa noix, la tâtant, la reniflant, la secouant pour deviner ce qu'il y avait dedans. Fripouille choisit une noix rayée orange et violette, aussi brillante que sa queue.
Le signal de départ fut donné par un grand cri de Gaston : « À vos noix, prêts, partez ! »
Alors commença une course folle, pleine de glissades, de rebonds, de chatouilles et de fous rires, à travers les buissons et les troncs, chaque animal se précipitant pour ouvrir son trésor.
Chapitre 3 : Bêtises, gags et noix volantes
La jungle résonnait de bruits bizarres : « pop » ici, « ploc » là-bas, « crac » un peu plus loin. Fripouille ouvrait ses noix avec une agilité de magicien, chaque fois découvrant une noix encore plus petite et plus colorée.
Soudain, alors qu'il secouait une noix violette, un nuage de confettis lui tomba dessus, le couvrant de la tête à la queue. Les autres animaux éclatèrent de rire.
— On dirait un renard de carnaval ! s'esclaffa Lili la tortue, son rire aussi lent que ses pas.
Mais Fripouille n'était pas au bout de ses surprises. Dans une noix jaune, il trouva… une boule de poils qui éternua si fort qu'elle s'envola comme un ballon ! La boule de poils atterrit pile sur le bec de Coco, qui s'envola en zigzagant, avec la boule agrippée à ses plumes.
— Hé, rendez-moi ma boule ! cria Fripouille en courant derrière Coco, esquivant les branches basses et les lianes pendues.
Bibi, qui s'y connaissait en farces, lançait des fils de soie entre les arbres pour tendre des pièges surprises. Gaston, qui rêvassait toujours, s'emmêla les pattes et roula comme une boule sur Gigi, la grenouille, provoquant une avalanche d'animaux qui dégoulina jusqu'à la mare.
— C'est pas du jeu ! J'étais presque Reine ! protesta Gigi, tout en glissant sur le dos d'une tortue.
La poursuite des noix volantes se transforma en bataille de confettis, de noisettes et de plumes. Fripouille, recouvert de bouts de feuilles et de moustaches hérissées, gloussa en attrapant enfin la petite boule dorée. Mais à peine l'eut-il saisie que la boule, en réalité un poussin minuscule, piailla :
— Surprise ! C'est moi le trésor de la noix-gigogne !
Le poussin s'appelait Plume, il venait d'éclore dans la jungle et décida sur-le-champ qu'il suivrait Fripouille partout. Cela sonnait comme une promesse de nouvelles aventures… et de bêtises à venir.
Chapitre 4 : Un banquet digne des rois
Puisque Fripouille avait trouvé le trésor, selon la règle de la Grande Chasse, il fut couronné Roi de la Jungle. Enfin… avec une couronne faite de feuilles de bananier, de plumes et de mousse, ce qui faisait rire toute la troupe.
— Approchez, sujets de la Jungle-en-folie ! annonça Fripouille, perruque de mousse sur la tête et sceptre en branche de bambou.
— Nous voulons un banquet ! réclama Coco, tout en se grattant les plumes.
Et voilà que chacun se mit en quête d'apporter le meilleur de la jungle : noix de coco râpées, baies sucrées, feuilles croustillantes, mouches caramélisées pour Bibi et galettes de fruits de la passion pour tout le monde (sauf Lili, qui préférait mâcher des radis).
Le banquet tourna rapidement à la rigolade. Gaston, qui avait trouvé une pastèque géante, tenta de la couper avec ses dents, mais la pastèque roula et éclata sur la carapace de Lili, projetant des pépins partout.
— Attention, pluie de pépins ! rigola Gigi en attrapant les pépins au vol avec sa langue.
Coco, lui, dirigeait l'orchestre de casseroles, frappant une noix de coco comme si c'était un tambour magique. Bibi jonglait avec des fruits, tandis que Fripouille, toujours malicieux, glissa un piment rouge dans la part de Gigi.
La grenouille, sans s'en apercevoir, croqua dans la part et bondit dix mètres plus haut en criant :
— Aïe, mes papilles ! À l'eau, secours !
Même Plume, le minuscule poussin, fit glousser l'assemblée en essayant d'attraper une grosse mouche, mais en tombant dans le bol de baies.
La jungle retentit de rires et de chansons, chacun inventant des histoires encore plus extravagantes. Fripouille fit même un discours royal, debout sur une noix de coco (qui se mit à rouler sous ses pattes).
— Mes chers amis, déclara-t-il, je vous promets des aventures encore plus folles, des noix encore plus gigognes… et des bêtises à volonté ! Vive la Jungle-en-folie !
Chapitre 5 : Les mille et une bêtises de Fripouille
Même une fois le banquet terminé, Fripouille n'était pas fatigué. Il organisait déjà une nouvelle farce, cette fois avec la complicité de Plume, le poussin. L'idée était simple : remplacer les galettes de fruits du petit-déjeuner par des galettes de feuilles de cactus… sans piquants, bien sûr !
Bibi, voyant Fripouille chuchoter dans l'oreille de Plume, devina tout de suite une bêtise à venir. Elle décida alors de préparer un piège. Avec l'aide de Gigi et de Coco, ils disposèrent des ballons remplis de farine au-dessus de la table à manger.
Le lendemain matin, Fripouille et Plume arrivèrent, tout fiers, avec leurs galettes de cactus. Gaston, encore à moitié endormi, s'apprêta à croquer dedans, quand soudain… les ballons éclatèrent, projetant un nuage de farine blanche sur toute la troupe ! On aurait dit un cirque de fantômes qui dansait au milieu de la clairière.
— Oups… on dirait qu'on s'est fait avoir cette fois-ci ! gloussa Fripouille, la truffe couverte de farine.
Un fou rire général secoua la jungle. Même Lili la tortue, la plus sérieuse, se mit à rire à en perdre sa carapace (façon de parler).
— Allez, on recommence ? lança Coco, prêt à inventer une nouvelle chanson de casseroles.
Mais cette fois, Fripouille eut une idée un peu plus sage. Il proposa un jeu de piste à travers la jungle, où chacun devrait trouver l'objet le plus rigolo. Les animaux s'éparpillèrent, cherchant des champignons en forme de nez, des feuilles avec des trous, des cailloux en forme de chapeau.
Au retour, la clairière devint une exposition de bizarreries. Lili trouva une pierre en forme de banane, Bibi montra une feuille enroulée comme un escargot, et Gigi rapporta une branche qui ressemblait à une guitare.
Fripouille, lui, dénicha un vieux sabot de bois perdu, sûrement laissé là par un éléphant rêveur. Il le chaussa, se mit à danser et fit rire tout le monde avec ses pas bancals.
Plume, le poussin, grimpa sur le sabot, dérapa et atterrit dans les pattes de Gaston, provoquant une nouvelle avalanche d'animaux. La jungle résonnait de nouveau des éclats de rires et d'amitié.
Chapitre 6 : La nuit tombe sur la Jungle-en-folie
En fin de journée, lorsque les rayons du soleil filtraient entre les feuillages et que les ombres dessinaient de drôles de silhouettes, les animaux se rassemblèrent autour de Fripouille pour écouter ses récits de la journée, comme à chaque fois.
Fripouille, tout fier, raconta comment, en une seule journée, il avait perdu une baguette, trouvé une noix-gigogne, gagné un poussin, organisé un banquet, reçu de la farine sur le nez et dansé le ballet du sabot.
Bibi, l'araignée, tissa une étoile au-dessus de la clairière pour célébrer la victoire de Fripouille à la chasse aux noix. Gigi chanta une chanson improvisée :
— Vive Fripouille, le roi des bêtises,
Celui qui gigote et jamais ne s'épuis e!
Vive la Jungle, pleine de zizanie,
Où chaque jour, c'est la comédie !
La lune monta dans le ciel, et chacun retrouva son coin douillet pour se reposer de toutes ces aventures. Fripouille, le sourire aux babines, s'endormit en rêvant à ses prochaines bêtises. Avec des amis aussi farfelus, la vie dans la Jungle-en-folie promettait encore bien des surprises…
Et pendant que les lucioles brillaient autour du vieux baobab, la jungle s'endormit doucement, prête à accueillir demain d'autres rires, d'autres gags et d'autres histoires folles du renard le plus farceur de toute la région.