Chapitre 1 : La carte postale étoilée
Dans la petite ville de Roselune, il y avait une école avec une cour pleine de couleurs et quatre amies inséparables. Il y avait Zoé, toujours la première à proposer des jeux, Inès, qui dessinait des étoiles sur ses cahiers, Maïa, qui riait à chaque blague, et Léa, la plus rêveuse. Ce matin-là, le soleil brillait, et les oiseaux chantaient doucement autour de la cour.
Zoé courait partout, un sourire immense sur le visage. Elle tenait dans la main une jolie carte postale qu'elle avait décorée avec soin. Sur la carte, elle avait dessiné une grande planète verte et deux petits extraterrestres rigolos qui se tenaient la main. Elle avait aussi écrit, avec ses lettres rondes : « Bonjour ! Je m'appelle Zoé. Tu veux être mon ami ? »
Maïa et Inès observaient la carte, les yeux pétillants. Léa, assise à côté du toboggan, rêvassait en regardant les nuages. Soudain, Zoé s'approcha d'elle.
— Léa, tu veux voir ma carte ? J'aimerais la mettre dans un vaisseau pour qu'elle parte très loin, jusqu'aux étoiles !
Léa sourit et lut la carte. Elle caressa les paillettes dorées collées tout autour.
— On pourrait l'envoyer ce soir, quand la première étoile brillera, proposa Léa.
Inès tapa dans ses mains.
— Oui ! On va préparer un vaisseau. On n'a qu'à utiliser la boîte à goûter de Maïa ! Elle est assez grande !
Maïa éclata de rire.
— D'accord, mais il faudra bien la nettoyer après, sinon il restera des miettes de biscuits pour les extraterrestres !
Toutes les filles se mirent à rire. Elles trouvèrent la boîte à goûter, la lavèrent et la décorèrent avec des autocollants de planètes et d'étoiles. Puis, elles glissèrent la carte dedans, avec un petit dessin de chacune.
Chapitre 2 : Un mystère dans la cour
À la récréation, les quatre amies installèrent la boîte-vaisseau sous le grand marronnier, là où le soleil faisait des taches de lumière sur le sol. Elles étaient un peu nerveuses.
— Tu crois vraiment qu'un extraterrestre viendra la chercher ? demanda Maïa, les yeux ronds.
— Peut-être, répondit Inès, ou peut-être que la boîte s'envolera toute seule !
Elles décidèrent de surveiller la boîte depuis leur cabane secrète, derrière le buisson de roses. Soudain, une lumière étrange apparut tout près du marronnier. Ce n'était pas la lumière du soleil, mais une lumière qui bougeait, un peu verte, un peu bleutée.
— Oh ! Regardez ! souffla Zoé.
La lumière approcha de la boîte, puis s'arrêta. Quelque chose bougea dans l'ombre. On aurait dit une toute petite créature, pas plus grande qu'un ballon de foot. Elle avait deux grands yeux brillants et des antennes toutes fines. La créature regardait la boîte, puis leva la tête vers les filles, comme si elle les avait déjà repérées.
Les filles se serrèrent les unes contre les autres, mi-effrayées, mi-émerveillées.
— Bonjour, chuchota Léa.
La créature cligna des yeux, puis s'approcha doucement. Elle ouvrit la boîte, examina la carte postale et les dessins. Puis, avec ses petites mains, elle fit un signe de remerciement… et éclata d'un rire très doux, comme le tintement d'une clochette.
— Elle aime notre carte ! s'exclama Maïa tout bas.
La créature referma la boîte, la serra contre elle, puis posa une petite pierre brillante sur le rebord du bac à sable. En un clin d'œil, la lumière disparut. Il n'y avait plus rien sous le marronnier, sauf la pierre qui brillait comme une étoile.
Chapitre 3 : La pierre du calme
Les filles se précipitèrent vers le bac à sable. La pierre était tiède et lisse, avec de minuscules points lumineux qui clignotaient à l'intérieur.
— C'est magique, murmura Inès.
— C'est peut-être une pierre pour dire merci, proposa Zoé.
Elles décidèrent de garder la pierre et de la montrer à la maîtresse. Mais d'abord, elles s'assirent toutes les quatre en cercle, la pierre au centre. Elles fermèrent les yeux, comme pour faire un vœu.
Tout à coup, elles sentirent une grande paix. Tous les bruits de la cour devinrent doux, le vent soufflait très lentement, et elles avaient l'impression que le temps s'était arrêté. C'était comme si la pierre avait apporté un peu de la douceur de l'espace jusque dans leur école.
— Je me sens toute calme, chuchota Léa.
— Moi aussi, ajouta Maïa, c'est comme un câlin de l'espace.
Les filles sourirent, apaisées. Elles décidèrent d'offrir la pierre à la classe, pour que tout le monde puisse en profiter quand il en avait besoin. Elles la déposèrent dans un petit panier, avec un mot : « Pour se sentir bien, il suffit de la regarder. »
La maîtresse lut le mot, observa la pierre et sourit.
— C'est une merveilleuse idée, mes petites exploratrices. Merci !
Chapitre 4 : L'étoile au-dessus du toit
Le soir, quand la cloche sonna la fin de la journée, les filles quittèrent la classe main dans la main. Elles s'arrêtèrent sur le trottoir, juste devant l'école, pour regarder le ciel.
Soudain, une étoile apparut, brillante, juste au-dessus du toit de l'école. Elle semblait plus grande que les autres, comme si elle leur disait bonsoir.
— C'est peut-être notre amie extraterrestre qui nous fait un signe, dit Inès, les yeux brillants.
— Oui, elle nous remercie, ajouta Zoé. On lui a donné un peu de nous, et elle nous a offert une étoile.
Maïa fit une petite danse, en riant.
— On a eu une vraie aventure spatiale dans notre cour !
Léa hocha la tête, apaisée.
— Et si un jour on reçoit une autre visite, on sera prêtes !
Les filles restèrent encore un moment, silencieuses, à regarder l'étoile. Il faisait frais, mais leurs cœurs étaient tout chauds.
Finalement, chacune repartit chez elle, le sourire aux lèvres et des rêves d'étoiles plein la tête. Elles savaient, au fond d'elles, que l'espace n'était pas si loin et que chaque journée pouvait être remplie de mystères et de douceur, même dans la cour de l'école.
Et, chaque soir, quand une étoile brillait au-dessus du toit, elles se rappelaient que l'inconnu pouvait être accueillant, qu'il suffisait d'offrir un peu de soi pour recevoir beaucoup de lumière.