Il était une fois, dans le Royaume de Mirliflor, un endroit si enchanté que même les cailloux bâillaient des paillettes. Les tours du château brillaient comme des sucres d'orge au soleil, et les nuages passaient en faisant de petites grimaces, juste pour amuser les moutons.
Dans ce château vivait la princesse Capucine. Elle n'était pas du genre à courir partout en criant « Au secours ! » pour un ruban perdu. Non. Capucine était minutieuse. Elle rangeait ses barrettes par couleur, ses livres par taille, et ses chaussettes… par humeur. Oui, par humeur. Les chaussettes joyeuses à pois allaient avec les jours de fête, et les chaussettes sérieuses, toutes grises, allaient avec les jours où l'on apprend à compter.
Capucine avait aussi un courage tranquille. Celui qui ne fait pas de grands “Ta-da !” mais qui avance quand même, un pas après l'autre, même si les genoux font un petit “gling-gling” comme des cuillères dans une tasse.
Ce matin-là, tout devait être parfait, car on préparait la Grande Fête des Contes. Au Royaume de Mirliflor, on fêtait les contes de fées comme on fête les anniversaires : avec des guirlandes, des chansons, et une quantité de gâteaux qui donnait envie aux dragons de devenir pâtissiers.
Capucine descendit l'escalier en colimaçon, en comptant les marches, comme d'habitude.
Une… deux… trois…
À la dix-septième marche, une affiche accrochée au mur éternua.
« Atchoum ! » fit l'affiche.
Capucine s'arrêta net.
« Oh ! Pardon. Tu es enrhumée ? »
L'affiche prit un air honteux. Enfin… si une affiche peut prendre un air honteux. Elle froissa un coin et chuchota : « Ce n'est pas un rhume. C'est la magie. Elle chatouille. »
Capucine sourit et continua sa descente. Plus bas, dans la grande salle, les serviteurs couraient dans tous les sens… mais avec grâce, comme s'ils dansaient avec des plateaux. Le chef cuisinier portait une montagne de tartes, et un petit lutin écrivait des listes sur une feuille qui gigotait.
Tout allait presque bien.
Presque.
Car soudain, un “plop” retentit, comme une bulle qui éclate dans une soupe.
Puis un deuxième : “plop”.
Puis un troisième : “PLIP-PLOP !”
Des cartes à jouer apparurent dans l'air, l'une après l'autre, comme des papillons carrés. Elles tournoyaient, se mettaient en pile, se mélangeaient, et… elles se moquaient. Oui, elles se moquaient. Le Roi de Cœur tirait la langue. Le Valet de Trèfle faisait une révérence exagérée. Et l'As de Pique se prenait pour une moustache.
« Oh là là… » souffla Capucine. « Ce n'est pas normal. Les cartes devraient rester dans un paquet. Gentiment. Sans faire la fête toutes seules. »
Le lutin leva le nez de sa liste. « Princesse Capucine ! Catastrophe douce mais catastrophe quand même ! Les cartes magiques du château se sont échappées. Et sans elles… on ne peut pas organiser la Grande Fête des Contes ! »
Capucine cligna des yeux. « Pourquoi ? »
Le lutin eut un hoquet dramatique. « Parce que les invitations se choisissent dans la Salle des Cartes. C'est une vieille tradition : on tire une carte, et la carte décide quel conte arrive à la fête. Une sirène ? Une pantoufle ? Un loup qui veut faire du tricot ? Tout dépend des cartes ! »
Capucine regarda les cartes qui volaient. Une s'arrêta devant son nez et fit semblant de tomber dans les pommes.
« Très drôle, » dit Capucine. « Mais je te vois. »
La carte fit un petit “prout” de poussière dorée et repartit en zigzag.
Capucine prit une grande inspiration. Minutieuse, courageuse, et avec un sourire prêt pour l'aventure, elle déclara : « On va les retrouver. Doucement, mais sûrement. »
La Salle des Cartes et le tapis chatouilleux
La Salle des Cartes se trouvait au bout d'un couloir long comme un lundi matin. Sur les murs, des portraits de reines et de chevaliers clignaient de l'œil de temps en temps. Les chandelles, elles, fredonnaient une petite mélodie, comme si elles avaient avalé un xylophone.
Capucine avançait en faisant des pas discrets. Elle ne voulait pas effrayer les cartes. Les cartes, c'est susceptible. Un rien les froisse, au sens propre.
Devant la grande porte de la Salle des Cartes, un tapis rouge attendait. Il était si rouge qu'on aurait dit une fraise géante bien coiffée.
Capucine posa un pied dessus.
Le tapis se mit à rire.
« Hi hi hi ! Ça chatouille ! » gloussa-t-il en remuant ses franges.
Capucine retira son pied, surprise.
« Je suis désolé, » dit le tapis. « Je ris quand on me marche dessus. C'est plus fort que moi. »
Capucine pencha la tête. « Tu as vu passer des cartes ? »
Le tapis se calma un peu, mais un petit rire lui échappa, comme une bulle de savon. « Oui ! Elles ont couru partout ! Elles m'ont fait des chatouilles, elles aussi ! Elles ont même mis le Roi de Cœur à l'envers pour qu'il marche sur la tête. Très chic, très… tête en bas. »
Capucine poussa doucement la porte. Elle s'ouvrit avec un grand “Crrrriii” comme une vieille biscotte.
La Salle des Cartes était immense. Des tables rondes, des chaises dorées, des rideaux bleus comme des bonbons à la myrtille. Et au milieu, un grand coffre ouvert, vide, tristement vide.
Sur les murs, des cartes géantes étaient accrochées comme des tableaux. Sauf qu'elles n'étaient pas sages. Elles faisaient des grimaces et échangeaient leurs symboles : le Trèfle essayait d'être un Cœur, et le Cœur essayait d'être une Pique, et tout le monde trouvait ça hilarant.
Un petit bruit “tic-tic-tic” attira l'attention de Capucine. C'était une carte qui tapait sur la table, comme un doigt impatient.
Capucine s'approcha. La carte était un Deux de Carreau, avec un air très sérieux, presque trop sérieux.
« Chut, » murmura le Deux de Carreau. « Ne les regarde pas trop. Sinon elles deviennent encore plus bêtes. »
Capucine s'accroupit. « Tu parles ? »
Le Deux de Carreau hocha… enfin, la carte se pencha un peu. « Bien sûr. Je suis le Deux de Carreau. Je suis petit, mais je suis droit. Et moi, je n'ai pas fui. »
Capucine sourit. « Merci d'être resté. Tu sais où sont les autres ? »
Le Deux de Carreau soupira comme un adulte fatigué. « Elles jouent à cache-cache. La magie de la Salle des Cartes a été chatouillée. Quand elle est chatouillée, elle fait n'importe quoi. »
Capucine fronça doucement les sourcils. « La magie a été chatouillée par qui ? »
« Par… la Fée Friponne, » chuchota le Deux de Carreau. « Elle a voulu préparer une surprise pour la fête. Une surprise… trop surprise. Alors les cartes se sont mises à rire, à courir, à se déguiser. Et maintenant, elles refusent de rentrer dans le coffre. Elles disent que c'est “trop rangé”. »
Capucine regarda le coffre vide. Elle pensa à ses barrettes bien alignées. Et elle imagina des cartes qui ne veulent pas être rangées. Elle eut envie de rire, mais elle se retint. Minutieuse, toujours.
« D'accord, » dit-elle. « On va les aider à rentrer. Sans les gronder. Elles ont juste… trop rigolé. »
Le Deux de Carreau sembla soulagé. « Tu es gentille. Les cartes ont peur qu'on les punisse. Elles sont bêtes, mais elles ont un petit cœur en papier. »
Capucine posa sa main sur la table. « Je ne punirai personne. Je veux comprendre. »
À ce moment-là, une rafale de cartes tourbillonna au-dessus de sa tête et forma une moustache géante dans l'air.
« Hou hou ! » fit la moustache. « Regardez la princesse ! Elle est devenue un grand-père ! »
Capucine leva les yeux. « Bonjour, moustache. Tu veux bien redevenir des cartes, s'il te plaît ? »
La moustache hésita. Puis elle se transforma en un paquet de cartes qui éclata en pluie.
« Elle a dit “s'il te plaît” ! » chuchota une carte.
« Elle n'a pas crié ! » dit une autre.
Capucine parla doucement, comme on parle à un chat qui a volé une saucisse.
« Je sais que c'est amusant, » dit-elle. « Mais la fête a besoin de vous. Et vous aussi, vous avez besoin d'un endroit où vous reposer. Même les cartes ont le droit de faire une petite sieste, non ? »
Un silence tomba, un silence tout léger, comme une plume.
Puis une carte glissa au sol : le Valet de Trèfle. Il avait l'air gêné.
« On ne voulait pas faire de mal, » murmura-t-il. « On voulait juste… être des héros de conte, nous aussi. Toujours dans un coffre, c'est un peu… bof. »
Capucine comprit. Elle ressentit un petit pincement d'empathie, comme quand on voit quelqu'un seul sur un banc.
« Je comprends, » dit-elle. « Ça doit être triste de ne sortir que pour décider des invitations. Vous avez envie de jouer, de danser, de… faire des moustaches. »
Le Valet de Trèfle hocha la tête très vite. « Oui ! Et de faire des chapeaux ! Et de mettre des nez rouges aux rois ! »
Derrière lui, le Roi de Cœur apparut… avec un nez rouge, justement.
« Ce n'est pas moi ! » protesta le Roi de Cœur. « Enfin… si, un peu. Mais c'est drôle. »
Capucine rit. Elle ne put pas s'en empêcher. Son rire était clair, comme une clochette qui fait des bulles.
« D'accord, » dit-elle. « On va trouver un arrangement. Une fête pour les contes… et une petite fête pour les cartes. Mais d'abord, on doit vous rassembler. Toutes. Sans oublier personne. »
Le Deux de Carreau se redressa, fier. « Je peux compter ! »
Capucine acquiesça. « Parfait. Tu seras notre compteur officiel. »
La chasse aux cartes farceuses
La salle devint un terrain d'aventure. Les cartes se cachaient dans les rideaux, sous les chaises, dans les poches des portraits, et même… dans une théière. Oui, une théière. La théière faisait “glou-glou” et semblait très contente.
Capucine avançait avec patience. Elle disait souvent les mêmes phrases, comme une petite chanson :
« Je vous vois. Je ne vous gronde pas. On va faire ça ensemble. »
Le Deux de Carreau comptait à voix haute.
« Un Valet… deux Dames… trois Rois… attention, le Roi de Pique essaie de se faire passer pour une cuillère ! »
Le Roi de Pique, justement, était coincé dans un vase, la tête dehors.
« Je voulais être une fleur, » grogna-t-il.
Capucine le libéra doucement. « On peut te trouver une couronne de pétales plus tard. Là, tu risques de te casser en deux. Et ça, ce serait triste. »
Le Roi de Pique rougit un peu. Enfin, il n'avait pas de joues, mais il réussit à avoir l'air touché.
Une carte, la Dame de Cœur, avait décidé de faire la timide. Elle se cachait derrière un miroir en répétant : « Je suis invisible, je suis invisible, je suis invisible… »
Capucine s'approcha du miroir et parla au reflet.
« Dame de Cœur, tu n'es pas invisible. Je te vois, et tu comptes. Tu es importante. »
La Dame de Cœur sortit doucement.
« Tu le penses ? » demanda-t-elle.
« Oui, » répondit Capucine. « Et si tu as peur, c'est normal. Quand on a beaucoup ri, on peut ensuite se sentir un peu perdu. »
La Dame de Cœur se colla contre les autres cartes. « Je veux bien rentrer… mais pas toute seule. »
« Personne ne rentrera seul, » dit Capucine.
Un petit rebondissement arriva quand une pile de cartes s'enfuit en roulant comme une roue.
« Attrapez la roue ! » cria le Deux de Carreau.
Capucine courut après, mais sans paniquer. Elle réfléchit vite. Minutieuse, elle repéra un panier de rubans près de la table.
Elle prit un ruban bleu et le tendit sur le sol, comme une petite barrière.
La roue de cartes arriva, glissa, et… “floup !” Elle s'écroula en un tas de cartes qui éclatèrent de rire.
« Hihihi ! On a fait une chute de conte ! » gloussa le paquet.
Capucine s'accroupit. « Ça va ? Personne n'est plié ? »
Les cartes se turent un instant. On n'avait pas l'habitude qu'on leur demande si ça va.
« Euh… ça va, » dit une carte toute froissée. « Merci. »
Capucine la lissa doucement du bout des doigts. « Voilà. Tu es toute neuve. »
Même le tapis rouge, à la porte, s'arrêta de rire pour écouter.
Au bout d'un moment, les cartes furent presque toutes rassemblées en piles sages. Presque. Il manquait une carte.
Le Deux de Carreau compta, recompta, puis recompta encore, parce qu'il aimait ça.
« Il manque l'As de Pique ! » annonça-t-il. « Celui qui fait la moustache et qui se prend pour une moustache. »
Capucine regarda autour d'elle. « As de Pique ? Où es-tu ? »
Un petit “pouf” se fit entendre derrière le grand coffre.
Capucine s'approcha doucement. L'As de Pique était là, tout seul, un peu tremblant. Il essayait de faire le drôle, mais son coin inférieur tremblait comme une feuille.
« Je… je ne veux pas rentrer, » murmura-t-il.
Capucine s'assit par terre, à sa hauteur. Elle ne parla pas tout de suite. Elle attendit, calmement, pour qu'il sente qu'il avait le droit d'exister, même en silence.
Puis elle demanda : « Tu as peur ? »
L'As de Pique fit un mini “oui” avec son bord.
« Peur de quoi ? »
« Peur qu'on me mette tout au fond, » dit l'As. « Peur qu'on m'oublie. Dans le coffre, c'est sombre. Et je fais le malin, mais… j'aime bien quand on me regarde. »
Capucine hocha la tête. « Merci de me le dire. C'est courageux. »
L'As de Pique cligna… enfin, il fit comme si. « Moi, courageux ? Je fais des moustaches. »
« Justement, » dit Capucine. « Faire rire, c'est aussi une façon de dire : “Hé, je suis là.” »
L'As resta silencieux, touché.
Capucine reprit : « Alors on va faire autrement. Le coffre ne sera pas une prison. Ce sera une maison. Et on laissera une petite lumière magique dedans. Et à la fête, vous aurez un moment rien qu'à vous : une Danse des Cartes. Vous pourrez faire des chapeaux, des moustaches, mais… sans se perdre. D'accord ? »
L'As de Pique hésita. Puis il s'approcha des piles.
« D'accord, » dit-il. « Mais je veux être la première carte à danser. Et je veux un chapeau. Un chapeau très… piquant. »
Capucine rit. « Marché conclu. »
La fête, la danse et la tasse tiède
Quand toutes les cartes furent prêtes, Capucine ouvrit le coffre en grand. Le Deux de Carreau, fier comme un tambour, dirigea les piles.
« Les Trèfles à gauche ! Les Cœurs au centre ! Les Carreaux… doucement, pas de bousculade ! Les Piques… arrêtez de faire les durs, on vous a vus trembler ! »
Les cartes riaient, mais elles entraient. Une à une. Ensemble.
Capucine sortit une petite pierre lumineuse de sa poche. C'était un caillou magique que les cailloux du royaume lui avaient offert un jour, parce qu'elle leur avait dit bonjour. La pierre faisait une lumière douce, comme une veilleuse.
Elle la posa dans le coffre, et la lumière s'alluma.
« Voilà, » dit-elle. « Comme ça, ce n'est pas sombre. »
Les cartes firent un petit murmure content, comme un “merci” en papier.
À ce moment-là, une pluie de paillettes tomba du plafond, et la Fée Friponne apparut, assise sur une horloge. Elle avait des cheveux couleur caramel et un sourire qui donnait envie de faire des bêtises… mais des bêtises gentilles.
« Oups, » dit la fée en se grattant le nez. « J'ai un peu trop chatouillé la magie. Je voulais que la Salle des Cartes soit plus… rigolote. Je ne pensais pas que ça tournerait en moustache géante. »
Capucine leva les yeux vers elle. « Tu as vu ? Elles avaient besoin d'être entendues. »
La Fée Friponne se calma, surprise. « Tu ne me grondes pas ? »
Capucine haussa les épaules. « Ça arrive de se tromper. Ce qui compte, c'est de réparer. Et d'écouter. »
La fée sourit plus doucement. « Alors je vais aider. »
D'un geste, elle fit apparaître, sur le coffre, un petit panneau : « Maison des Cartes — entrée libre, sortie accompagnée. »
Le Roi de Cœur applaudit. « J'adore. Très royal. »
La Grande Fête des Contes put commencer. Dans la salle du château, les guirlandes dansaient, les tartes chantaient presque, et les invités arrivaient : une Cendrillon qui avait mis deux chaussures différentes, un Petit Chaperon rouge qui portait un panier rempli… de chaussettes, et même un dragon qui avait un tablier : « Biscuits ou rien ».
Dans la Salle des Cartes, Capucine tira une carte, comme le voulait la tradition. La carte annonça le conte du soir : « La Soupe qui Raconte des Blagues ». Tout le monde applaudit, surtout le dragon, qui aimait bien la soupe.
Puis vint le moment promis : la Danse des Cartes.
Capucine ouvrit le coffre. La petite lumière brillait encore. Les cartes sortirent en file, comme des enfants sages… mais avec des yeux malicieux.
L'As de Pique sortit en premier, avec un chapeau pointu fait de pétales et une moustache minuscule, pour la forme.
Les cartes tournèrent, sautillèrent, firent des petits ponts, des petites roues, sans se perdre. Elles riaient, mais elles restaient ensemble. Et quand une carte trébuchait, une autre la rattrapait.
Capucine regardait tout ça avec un cœur chaud. Elle se dit que l'empathie, c'était un peu comme cette lumière dans le coffre : une petite chose, mais qui rend tout plus facile.
La fête continua, puis ralentit doucement, comme une musique qui descend l'escalier sur la pointe des notes. Les invités bâillèrent de bonheur. Les guirlandes se mirent à briller moins fort. Même les nuages dehors arrêtèrent leurs grimaces et se roulèrent en boule.
Capucine, un peu fatiguée, mais contente, alla s'asseoir près de la fenêtre de la Salle des Cartes. Le lutin arriva avec un plateau.
« Pour fêter ça, » dit-il, « une tasse tiède. »
« Tiède ? » demanda Capucine, surprise.
Le lutin hocha la tête. « Oui. Pas trop chaud, pas trop froid. Comme un câlin qui ne brûle pas. »
Capucine prit la tasse. C'était un chocolat… tiède, effectivement. Parfaitement tiède. Elle but une gorgée, et ça lui fit du bien jusque dans les orteils.
Les cartes, rangées dans leur coffre lumineux, firent un petit bruit content.
Le tapis rouge, à la porte, chuchota : « Hi hi… c'était une belle journée. »
Capucine sourit, les yeux mi-clos.
« Oui, » murmura-t-elle. « Et demain, on pourra encore rire… mais ensemble, et sans oublier personne. »
Et dans le Royaume de Mirliflor, la magie fit ce qu'elle faisait le mieux : elle fit rire, elle répara, et elle termina par une chaleur douce, comme une tasse tiède partagée en silence.