Lila avait 4 ans et un chapeau de sorcière un peu trop grand. Il lui tombait sur les yeux, alors elle le poussait avec son petit doigt. Dans sa poche, elle gardait toujours trois choses très importantes : une baguette en bois, une noisette porte-bonheur, et une plume d'étoile qui chatouillait.
Ce matin-là, à l'École des Petits Sorts, la maîtresse Murmure annonça : « Aujourd'hui, on va faire un sort de confettis de nuages. Tout doux, tout blanc, et ça sent la vanille. »
Lila sauta sur place. « Moi ! Moi ! »
Elle posa son chaudron. Il était petit, rond, et il faisait “plop” quand on le touchait. Lila versa de l'eau qui brillait, comme si elle avait avalé un bout de soleil. Puis elle ajouta une pincée de sucre de lune.
« Et maintenant, une plume d'étoile, » dit la maîtresse.
Lila prit sa plume. Elle était légère, légère. Elle la secoua… Atchoum ! La plume lui chatouilla le nez.
Et là, PAF ! Le chaudron éternua aussi.
« BOUAT-CHOU ! » fit le chaudron.
Un nuage de confettis sortit… mais pas un petit nuage. Un énorme nuage. Un nuage qui tournait comme une toupie. Et les confettis ne retombaient pas : ils volaient, ils sautaient, ils faisaient des pirouettes.
« Oh oh, » dit la maîtresse Murmure en clignant des yeux. « C'est… très vivant. »
Le balai de la classe se mit à danser. Il faisait “tap tap tap” comme des petites chaussures. Le chat de l'école, Biscotte, reçut trois confettis sur la tête et devint tout pomponné. Il avait l'air d'un gâteau.
Lila riait, mais elle restait bien droite. Elle ne renonçait jamais. « Je vais le calmer ! Je peux ! »
Elle pointa sa baguette. « Abraca… euh… Abraca… »
Le nuage, lui, fit “pouêt” et colla un confetti sur le nez de Lila.
« Ça me chatouille ! » rigola Lila.
La maîtresse s'approcha. « On va faire simple. Un sort tout doux. Comme une berceuse. »
Lila inspira. Elle ferma les yeux. Elle pensa à une chose joyeuse : une tartine qui sourit. Oui, une tartine avec des yeux en confiture.
Elle chuchota : « Calmi-calmo, petit nuage rigolo. »
Le nuage ralentit un peu. Puis il fit encore “pouêt” et envoya un confetti dans la bouche de Biscotte.
« Mrouf ! » fit Biscotte, surpris. Puis il lécha ses moustaches. « Miaou. » (Ça voulait dire : “C'est bon.”)
Lila ouvrit les yeux. « Il écoute ! Il écoute un peu ! »
Elle recommença, plus confiante : « Calmi-calmo, dodo nuage rigolo. »
La maîtresse tapa doucement dans ses mains : « Très bien, Lila. Encore. Toujours gentiment. »
Lila ne renonça pas. Elle répéta, encore et encore, comme une comptine :
« Calmi-calmo… dodo… nuage… rigolo… »
Le nuage tourna moins vite. Les confettis descendirent comme une pluie douce. Ils se posèrent sur les tables, sur les chaises, sur le chapeau de Lila. On aurait dit un tapis de petites étoiles en papier.
Le chaudron fit un dernier petit éternuement. « Pchit. » Puis il se rendormit, tout calme.
La maîtresse Murmure sourit. « Bravo. Tu as transformé une bêtise en fête. »
Lila regarda la classe. Le balai s'arrêta et fit une révérence. Biscotte, tout décoré, ronronnait comme un petit moteur content.
« On dirait une boum de nuages ! » dit Lila.
« Exactement, » répondit la maîtresse. « Et maintenant, on va ranger. Mais doucement, parce que les confettis… ça rigole encore. »
Lila ramassa une poignée de confettis et la mit dans sa poche, avec sa noisette. Sa plume d'étoile chatouilla encore.
Elle murmura : « Optimisme, hop ! »
Et tout le monde éclata de rire, dans une classe calme, joyeuse, et un tout petit peu… magique.