Tout au bout d'un chemin de cailloux brillants vivait Zozo la sorcière.
Zozo avait un grand chapeau tout mou, des bottes qui couinaient et un balai qui faisait « prout-prout » quand il volait trop vite.
Zozo n'était pas une sorcière qui fait peur.
Zozo était une sorcière qui fait rire.
Ce matin-là, Zozo regarda sa baguette magique.
« Aujourd'hui, je fais une grande fête ! » dit-elle. « Une fête super-magique ! »
Elle monta sur son balai.
« Balai, en avant, prout-prout ! »
Le balai s'envola en rigolant, bien droit vers le village.
Au village, tout le monde connaissait Zozo.
Les enfants disaient : « Youpi, c'est Zozo ! »
Les grands souriaient : « Qu'est-ce qu'elle va encore inventer ? »
Zozo cria dans la rue :
« Ce soir, fête magique sur la colline ! Il y aura des gâteaux et des illusions rigolotes ! »
Les gens applaudissaient.
Mais Zozo chuchota pour elle-même :
« Ouh là là… J'ai promis beaucoup de choses… On respire… On respire… »
Elle posa son grand chaudron au milieu de la place.
« Je vais préparer tout ça. Mais j'ai besoin d'aide. Une fête, ça se fait ensemble ! »
Petit Léo s'approcha.
« Moi, je peux mélanger ! »
Mila la voisine dit :
« Moi, je peux apporter des pommes ! »
Papi Gégé ajouta :
« Moi, je peux raconter des blagues. »
Zozo sourit très fort.
« Super ! Tout le monde participe. Comme ça, ce sera la fête de tout le monde. »
Elle leva sa baguette.
« Abracada… patatra ! »
PLOUF !
Du chaudron sortirent… des bulles géantes qui sentaient la fraise.
Les bulles se collaient aux nez, aux chapeaux, aux fenêtres.
Tout le monde riait.
Mais bientôt, il y en eut partout, partout, partout.
Mila dit :
« Euh… Zozo… On ne voit plus la boulangerie… »
Zozo ouvrit de grands yeux.
« Oh là là… On respire… On respire… Pas de panique, on va arranger ça tous ensemble. »
Elle appela :
« Qui peut aider à éclater les bulles ? »
Les enfants sautèrent :
« Nous ! »
Les grands haussèrent les épaules, mais en souriant.
« Bon, d'accord, nous aussi. »
Tout le monde tapa doucement sur les bulles.
POC ! POC ! POC !
Les bulles éclataient en faisant tomber des confettis de lumière.
En peu de temps, la place était propre.
Zozo dit :
« Merci tout le monde. Quand quelque chose dérape… on respire… et on s'y met tous ! »
Léo leva la main.
« Et les gâteaux ? »
Zozo se gratta la tête.
« Ah oui, les gâteaux. J'avais promis des gâteaux. On respire… On respire… »
Elle regarda son chaudron.
« Cette fois, je ne fais pas la magie toute seule. Qui veut cuisiner avec moi ? »
Presque toutes les mains se levèrent.
« Moi je casse les œufs ! »
« Moi je mélange ! »
« Moi je verse le lait ! »
« Moi je surveille la cuisson ! »
Zozo rigola.
« Parfait ! La magie, c'est mieux quand on partage le travail. »
Elle usa juste un tout petit peu de magie pour que les gâteaux cuisent plus vite.
Le chaudron chanta : « Glou-glou-mioum ! »
En un clin d'œil, il y eut des gâteaux ronds, des gâteaux carrés, des gâteaux en forme d'étoile.
Le soir arriva.
Tout le village monta sur la colline.
Zozo avait préparé une dernière illusion.
« Attention, tout le monde, on respire… On respire… » dit-elle en rigolant.
Elle agita sa baguette.
Le ciel se remplit de petites étoiles en papier qui dansaient lentement.
Elles tombaient tout doucement, sans faire mal, comme des plumes.
« Ooooh… » fit la foule.
Zozo expliqua :
« Chaque étoile, c'est un merci pour quelqu'un qui aide. On peut choisir une étoile et dire merci à une personne. »
Léo prit une étoile.
« Merci, maman, de jouer avec moi. »
Mila prit une étoile.
« Merci, Zozo, pour la fête. »
Zozo prit aussi une étoile.
« Merci à tout le village d'avoir aidé. Sans vous, ma magie partait dans tous les sens ! »
Tout le monde éclata de rire.
On mangea les gâteaux.
On regarda les étoiles en papier.
On se sentit bien, tous ensemble.
Zozo bailla un peu.
« La fête est finie. On respire… On respire… Et maintenant, au dodo. »
Chacun rentra chez soi, le cœur tout léger.
La colline resta calme, avec juste quelques confettis de lumière qui brillaient encore tout doucement dans la nuit.