Aujourd'hui, Léo, petit apprenti sorcier de trois ans, veut organiser une fête. Une vraie fête sans bêtises magiques. Il fronce ses sourcils tout ronds. Il sourit quand même. Il veut essayer. Il veut réussir.
— Mimi le chat, tu viens ? demande Léo.
— Miaou, bien sûr, répond Mimi, la queue qui fait un petit ruban.
— Paf le balai, tu aides ? dit Léo.
— Paf ! Je suis prêt, répond le balai en tapant tout doux sur le sol.
Mémé Zélie arrive en chapeau mou.
— Bonjour, mon petit. Doucement, doucement. Un sort à la fois, chuchote-t-elle.
La marmite Glou fait bloup bloup de plaisir.
— Glou, je chante aussi, dit la marmite.
Léo prépare tout. Des guirlandes, des ballons, un gâteau moelleux. Il parle à sa baguette.
— Pas de panique. Pas de panique. Petit sort, petit pas.
Il lève les bras.
— Poupoupouf, ballons doux, ballons jolis !
Plop plip ploup… des bulles apparaissent. Elles brillent comme des poissons de savon. Elles gloussent doucement.
— Oh oh, ça dérape… gentiment ! dit Léo.
Les bulles flottent partout. Une bulle chatouille le nez de Mimi.
— Miaou-hihihi !
Léo respire. Une, deux, trois. Il ne lâche pas.
— On continue, dit-il. Je peux recommencer.
Il veut accrocher des guirlandes. Il chuchote:
— Guirlandes sages, guirlandes en place…
Froufrou ! Les guirlandes deviennent des serpents en laine qui font des câlins.
— Oh oh, ça dérape… gentiment !
Les serpents de laine rient comme de petites clochettes. Ils se lovent sur la chaise.
Mémé Zélie sourit.
— Tu gères bien. Tu essayes encore. Tu as un cœur solide.
Léo se gratte la tête. Soudain, il voit quelque chose sous un coussin. Une petite bourse toute douce.
— C'est quoi ? demande-t-il.
— Bourse anti-tracas, dit Mémé Zélie. Elle aide quand ça fait « oups ».
Léo ouvre la bourse. Dedans, des paillettes calmes, comme des étoiles qui bâillent.
— Un peu pour les bulles, un peu pour la laine, dit Léo.
Chut… les paillettes tombent. Les bulles deviennent des ballons-bulles qui ne collent pas. Les serpents de laine se changent en guirlandes douces qui font juste « houhou » quand on les touche.
— Bravo, fait Paf le balai. Paf !
— Je continue, dit Léo. Petit sort, petit pas.
Pour le gâteau, Léo murmure:
— Gâteau sucré, reste posé…
Chaf… le gâteau flotte comme un nuage gourmand.
— Oh oh, ça dérape… gentiment !
Léo prend la bourse anti-tracas. Un mini nuage d'encre vanille l'attrape avec un fil de ruban. Le gâteau flotte juste un peu, comme un ballon sage au-dessus de la table.
— Glou, chanson douce, s'il te plaît, demande Léo.
— Gloulooou, chante la marmite. Sa voix est chaude comme du chocolat.
La fête commence. Ils rient. Ils dansent très doucement. Les ballons-bulles font plop plop de bonheur. Les guirlandes chuchotent comme des chats endormis. Le gâteau arrive dans les mains de Léo, doucement, doucement.
— À la fête sans bêtises ! crie Léo.
— À la fête avec petites surprises, répond Mémé Zélie.
Il y a encore un mini hic. Paf le balai veut danser trop vite. Il glisse. Paf !
— Oh oh, ça dérape… gentiment !
Léo saupoudre deux paillettes calmes. Paf danse lentement. Tap tap. Tap tap. Comme un cœur content.
— Tu vois, dit Mémé Zélie. Tu n'as pas abandonné. Tu as essayé. Encore. Et encore.
— Oui, dit Léo. Petit sort, petit pas. Je peux y arriver.
Quand la fête est finie, Léo range. Un ballon. Une assiette. Un câlin à Mimi. Un merci à Glou. Une caresse à Paf. Un baiser à Mémé Zélie.
Tout devient doux. La musique baisse. Le gâteau dit « mmm » une dernière fois.
Léo prend la bourse anti-tracas. Il souffle dedans. Pffff… Les paillettes s'assoient. La maison est calme, comme une couverture chaude.
— Bonne nuit, dit Mémé Zélie.
— Bonne nuit, dit Léo, tout fier et tout paisible.
Ils montent doucement un escalier calme. Chaque marche fait chut. Chut. Chut. Et la nuit sourit.