Il était une fois un jeune homme qui chantait doucement. Il s'appelait Jules. Jules aimait la musique comme on aime une couverture chaude. Il souriait quand il entendait une note. Il souriait à la musique.
Le matin, Jules se réchauffait la voix. Il disait : "Un, deux, trois." Il faisait des petites bulles de son. Sa voix était comme un petit oiseau qui apprend à voler. Il apprenait des chansons. Il écoutait les autres. Il respectait leurs idées. Respect, disait sa mère, c'est prêter l'oreille.
Jules jouait aussi d'un petit piano. Ses doigts sautaient sur les touches. Ploc, ploc, ploc. Il frappait doucement. Il écoutait le timbre. Le timbre, c'est la couleur du son. Parfois il tapait un tambour rond. Poum, poum. Parfois il frottait un archet sur une corde. Viiiin. Chaque instrument avait sa voix.
Un jour, Jules alla au parc. Il rencontra Lila la flûtiste et Manu le batteur. "Bonjour", dit Jules. "Bonjour", dirent-ils. Ils partagèrent une chanson. Ils apprirent à s'écouter. Lila fit un petit souffle doux. Manu donna une main sûre. Jules souriait à la musique. Ensemble, ils firent des vagues de sons. C'était doux. C'était gai.
Avant un petit concert, ils se préparaient. Ils s'échauffaient. Ils buvaient de l'eau. Ils faisaient silence. "On respecte le public", dit Lila. "On respecte la scène", dit Manu. Ils souriaient et se tenaient la main. Le public était des enfants avec des têtes brillantes. Les enfants approchèrent doucement. Ils écoutèrent.
Après la chanson, tout le monde applaudit. Les musiciens souriaient. Les enfants souriaient aussi. Un papa dit : "C'était beau." Une petite fille dit : "J'ai senti la musique dans mon ventre." Jules sentit la chaleur du moment. Il rangea son piano. Il prit un petit micro. "On va garder un souvenir", dit-il.
Ils firent un enregistrement. Une voix, un piano, une flûte, un tambour. Un doux enregistrement souvenir pour se rappeler la nuit. Jules sourit encore une fois à la musique. Puis il souffla une bonne nuit à ses amis. La musique resta, comme une étoile dans la poche.