Dans une petite ville douce comme une berceuse, vivait Léo, un jeune homme qui aimait la musique plus que tout.
Léo était chanteur et musicien. Il chantait, et il jouait de la guitare. Sa guitare était marron et brillante, comme un petit soleil en bois.
Un matin, Léo se réveilla en fredonnant.
« La la la… bonjour, petite chanson », dit-il en souriant.
Il s'étira, puis il se prépara. Aujourd'hui, il avait une répétition.
Être chanteur, ce n'est pas seulement chanter fort.
D'abord, Léo fit des petits exercices de voix.
« Mi mi mi… ma ma ma… », chantait-il doucement.
Il bougeait sa bouche, il ouvrait grand sa gorge.
Sa voix, c'était comme un petit oiseau qui s'échauffe avant de voler.
Ensuite, Léo prit sa guitare.
Ses doigts touchaient les cordes.
Les cordes étaient fines et un peu froides.
Quand il les grattait, on entendait :
« Dziiiing, dzoum, dzoing ! »
La maison se remplissait de sons ronds et doux.
Léo avait un cahier spécial.
Dans ce cahier, il écrivait ses chansons.
Il écrivait aussi les dates de ses rendez-vous de musique.
Ce jour-là, il ouvrit son cahier, prit un crayon et nota doucement :
« Prochain rendez-vous : samedi 12, à 15 heures. »
Il relut.
« Comme ça, je ne vais pas oublier », murmura-t-il, très fier de lui.
L'après-midi, Léo alla à la salle de musique.
Les murs étaient couverts de gros tissus pour que le son soit joli.
Il y avait un micro, un piano, des tambours.
Léo chanta dans le micro.
Sa voix devenait grande, mais restait douce.
« Bonjour, petite chanson », dit-il encore, en riant.
Il expliqua à une petite fille qui regardait :
« Tu vois, être chanteur, c'est raconter des histoires avec la voix.
Être musicien, c'est parler avec les sons.
On travaille, on répète, on écoute très bien avec ses oreilles. »
La petite fille hocha la tête.
Ses yeux brillaient comme deux petites notes de musique.
Après plusieurs chansons, Léo sentit qu'il était un peu fatigué.
Il était content.
Quand on travaille bien, on peut être fier.
Fier tranquillement, comme un cœur qui sourit.
Le soir arriva doucement, comme un rideau qui se ferme.
Léo rentra chez lui avec sa guitare.
La maison était calme, la lumière était douce.
Il joua une dernière berceuse, très lente, très tendre.
Les notes se posaient dans l'air comme de petites plumes.
Puis il essuya sa guitare avec un tissu.
« Merci pour la musique d'aujourd'hui », lui dit-il tout bas.
Il la glissa dans sa housse toute douce.
Ses mains tirèrent la fermeture éclair, tout doucement :
« zzzzip… »
La housse zippée gardait la guitare bien au chaud.
La musique se reposait.
Léo ferma les yeux, le cœur léger.
Et dans le silence de la nuit, on entendait encore, très loin,
une petite chanson qui souriait.