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Histoire de carnaval 11 à 12 ans Lecture 15 min.

La roue de lumière de Lina, ou le courage d’illuminer le carnaval

Lina, une fille débrouillarde, fabrique une roue lumineuse pour l’ouverture du carnaval et, malgré pannes et aventures, s’efforce avec ses amis de la protéger et de la faire fonctionner.

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Lina, 12 ans, visage rond taches de rousseur yeux brillants et sourire déterminé, en tenue bleu nuit à paillettes et jupe qui tourne, agenouillée sur les marches d'une scène au parvis de la mairie au crépuscule, genoux poussiéreux, une main sur une petite roue LED décorée de rubans qui commence à pulser et l'autre ouvrant un boîtier de fils; à sa gauche Amir, ~12 ans déguisé en pirate avec bandeau et sabre en plastique, tient une lampe torche et adopte une posture protectrice légèrement comique; à sa droite Zoé, ~12 ans déguisée en renard au maquillage roux, est allongée derrière la roue et pousse doucement le boîtier, calme et efficace; un bénévole moustachu d'environ 40–50 ans en gilet orange fluo se tient près de la rampe, regard mi-surpris mi-approbateur, mains croisées; arrière-plan : guirlandes de papier, stands, confettis et foule en costumes floutée, projecteurs chauds et ballons lumineux; ambiance chaleureuse et festive, style bande dessinée pour enfants aux couleurs douces et saturées, contours nets, textures papier et paillettes visibles. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 — Des rubans sur le parvis

Sur le parvis de la mairie, les pavés semblaient avoir été cirés pour l'occasion. Des guirlandes de papier couraient d'un lampadaire à l'autre, comme des serpents multicolores. Une fanfare répétait près des marches : tambours, trompettes, et même un tuba qui faisait “poumm” comme un gros chat content.

Lina, 11 ans, avançait en zigzag entre les stands. Elle portait un costume cousu avec sa grand-mère : une veste bleu nuit constellée de paillettes et une jupe qui brillait dès qu'elle tournait. Sur son dos, un sac à dos gonflé comme un coussin cachait son trésor.

— Tu es sûre de toi ? demanda Amir, son voisin, déguisé en pirate. Il avait un faux perroquet sur l'épaule qui tombait dès qu'il se penchait.

— Sûre et certaine, répondit Lina. Ce soir, j'illumine l'ouverture.

Elle disait ça sans se vanter, comme on annonce qu'on va lacer ses chaussures. Endurante, Lina l'était : capable de recommencer dix fois une figure de danse, de recoller vingt confettis sur une affiche, ou de porter un carton de décorations sans râler. Elle avait un désir qui lui chatouillait le ventre depuis des semaines : offrir au carnaval une lumière qui fasse “waouh” dès la première note.

Sur la scène installée au pied de la mairie, le maire testait le micro :

— Un, deux… un, deux… Est-ce que quelqu'un m'entend ?

Un enfant cria :

— On vous entend même quand vous ne parlez pas !

Tout le monde éclata de rire. Lina sourit, mais ses mains étaient déjà en train de vérifier les fermetures de son sac. Dedans, elle avait bricolé une petite surprise : une roue de lumière, avec des rubans et de minuscules LED, conçue pour s'allumer au bon moment. Pas trop grande, pas dangereuse, juste magique.

Il ne lui manquait plus qu'une chose : l'autorisation de l'accrocher à la rampe de la scène… et le courage de le demander.

Chapitre 2 — Le plan et la fanfare

Lina se glissa près des marches de la mairie. Les fanfarons tapaient du pied, impatients. Une clarinette lançait des notes rapides comme des bulles de savon. L'odeur de gaufres chaudes flottait, mêlée à celle des confettis tout neufs.

Amir suivait, en faisant claquer son sabre en plastique contre sa botte.

— Si on se fait gronder, je dirai que c'est le perroquet, chuchota-t-il.

— Ton perroquet n'a pas l'air très fiable, répondit Lina en rattrapant l'oiseau en mousse qui glissait encore.

Ils repérèrent la rampe : une barre métallique au bord de la scène, parfaite pour y accrocher la roue. Mais deux bénévoles, gilet orange fluo, surveillaient l'installation.

Lina prit une grande inspiration. Elle avait l'impression que son cœur faisait la percussion à lui tout seul.

Elle s'approcha.

— Bonjour, madame, monsieur… Je… je m'appelle Lina. J'ai fabriqué quelque chose pour l'ouverture. Une lumière. Ça s'accroche là, et ça s'allume quand la fanfare commence. C'est… c'est léger, et ça ne gêne pas.

Le bénévole, un grand monsieur à moustache, plissa les yeux.

— Une lumière ? Vous avez le matériel homologué ?

Amir souffla très bas :

— Homolo-quoi ?

La dame bénévole pencha la tête, intéressée.

— Montre-nous.

Lina ouvrit son sac. La roue apparut : un cercle entouré de rubans jaune citron, rose framboise et vert menthe. Au centre, un petit boîtier avec un bouton caché.

— C'est alimenté par piles, expliqua Lina. Et j'ai mis du ruban isolant partout.

Le moustachu grommela, mais la dame sourit.

— C'est mignon. Qui t'a aidée ?

— Personne… enfin, ma grand-mère m'a prêté sa boîte à couture, avoua Lina.

Le moustachu soupira comme s'il portait une montagne.

— Bon. Dix minutes avant l'ouverture, pas plus. Et tu restes à côté. Si ça tombe, c'est pour toi.

Lina hocha la tête. Son courage venait de gagner une petite bataille.

— Merci ! Je ne vous décevrai pas.

En repartant, Amir chuchota :

— Tu viens de parler à un moustachu de sécurité comme si tu négociais un traité de paix.

— C'est à ça que sert le carnaval, dit Lina. On ose.

Chapitre 3 — Une étincelle qui s'échappe

Le soleil descendait derrière les toits, et le parvis se remplissait comme une boîte de bonbons qu'on secoue. Des costumes passaient : un dragon avec des chaussures de sport, une reine des abeilles, un robot qui faisait “bip-bip” à chaque pas, et une troupe de danseurs en plumes violettes.

Lina comptait les minutes. Sa roue reposait dans son sac, prête. La fanfare se positionnait. Sur la scène, des ballons attendaient, attachés à une barrière.

Puis, un coup de vent malicieux s'invita. Il souleva une affiche, fit voler des serviettes, et… tira sur les rubans de la roue de Lina, qui dépassaient un peu.

— Oh non !

Un ruban s'échappa, s'accrocha à une barrière, et le sac de Lina fit un petit bond. La roue glissa, roula… et partit comme une roue de fromage en fuite, tout droit vers la foule.

— Attrapez-la ! cria Amir.

Lina se lança. Elle courut entre les jambes, esquiva un clown sur échasses, sauta par-dessus une caisse de pommes d'amour. La roue rebondissait, ses rubans fouettant l'air comme une comète.

Un musicien, surpris, donna un coup de cymbales : CLANG ! Comme si la roue annonçait son propre spectacle.

Lina serra les dents. Endurante, elle ne lâcha pas. La roue roula jusque sous un char décoré de fleurs en papier. On entendit un “crrr” inquiétant : le boîtier venait de se coincer.

Lina s'accroupit, les mains sales de poussière, et tira doucement.

— Allez… s'il te plaît…

— Besoin d'un coup de patte ? demanda une voix.

C'était Zoé, une fille de sa classe, déguisée en renard roux. Son maquillage était impeccable, mais elle n'avait pas l'air de craindre de s'abîmer les moustaches.

— Oui ! Il faut la décoincer sans arracher les fils.

Zoé s'allongea sur le pavé, passa un bras sous le char et poussa le boîtier tandis que Lina tirait. Amir, lui, jouait le garde du corps avec son sabre en plastique :

— Circulez, c'est une opération secrète !

Un petit groupe de curieux gloussa, mais recula.

La roue se libéra enfin. Un ruban était froissé, mais rien n'était cassé. Lina expira, comme si elle avait retenu son souffle depuis l'été dernier.

— Merci, Zoé, souffla-t-elle.

Zoé haussa les épaules.

— Un renard aide toujours quand ça brille. Tu vas vraiment illuminer l'ouverture ?

Lina regarda la scène, la mairie, la foule qui attendait.

— Oui. Et maintenant, je sais que je peux courir après mes idées sans les perdre.

Chapitre 4 — L'accrochage des étoiles

Dix minutes avant l'ouverture, le ciel s'était teinté de bleu profond. Les fenêtres de la mairie reflétaient les guirlandes comme des rivières de couleurs. Les stands allumaient leurs lampes, et l'air vibrait d'impatience, comme avant un feu d'artifice.

Lina rejoignit la scène avec Amir et Zoé. Le moustachu de sécurité les attendait, les bras croisés.

— Vous revoilà. Ça a l'air d'avoir vécu, votre truc.

— Un peu d'aventure, répondit Lina. Mais ça fonctionne.

La dame bénévole sourit.

— Allez, montre-nous.

Lina s'accroupit près de la rampe. Ses doigts tremblaient légèrement, pas de peur… plutôt d'excitation. Elle fixa la roue avec des attaches solides, vérifia chaque nœud, puis plaqua le boîtier contre la barre pour qu'il ne bouge pas.

Amir chuchota :

— Si ça tombe, je saute dessus. Je suis un pirate, j'ai l'habitude des catastrophes.

— Merci, héros, répondit Lina en ricanant.

Zoé, elle, observait les rubans.

— On dirait une petite galaxie qui a décidé de faire la fête.

Lina ajusta le dernier ruban. Elle recula d'un pas. La roue était là, discrète pour l'instant, mais prête à exploser de lumière.

Le moustachu se pencha, inspecta, puis grogna :

— C'est… pas mal. Mais tu restes à côté, comme prévu.

— Promis.

Lina se posta près de la rampe. Son cœur battait au rythme des tambours qui s'échauffaient. Elle sentit la chaleur des projecteurs, l'odeur de sucre, les rires qui montaient. Elle pensa à sa grand-mère, à sa boîte à couture, à toutes les fois où elle avait recommencé un nœud jusqu'à ce qu'il soit parfait.

Le maire revint au micro.

— Mesdames et messieurs, chers enfants, chers grands enfants…

Dans la foule, quelqu'un fit “chut” en riant, ce qui provoqua encore plus de rires.

Lina posa le doigt près du bouton caché. Encore quelques secondes.

Chapitre 5 — Le courage appuie sur le bouton

La fanfare leva ses instruments. Les trompettes brillèrent sous les lampes. Un tambour roula : rrrrroum. Le maire fit un geste grand comme une porte qui s'ouvre.

— Et maintenant… place au carnaval !

À cet instant précis, Lina appuya.

La roue s'illumina d'un coup, comme si un morceau d'aurore boréale s'était posé sur la rampe. Les LED dessinèrent des cercles, des spirales, des petites vagues qui couraient le long des rubans. Le jaune devint soleil, le rose devint bonbon, le vert devint feu follet.

La foule fit “oooooh” d'une seule voix, un “oooooh” rond et heureux.

Amir ouvrit la bouche, impressionné.

— On dirait que la mairie a mis des étoiles en location !

Zoé tapa des mains.

— Lina, c'est magnifique !

La fanfare attaqua un morceau rapide. Les notes bondissaient, les tambours poussaient les pieds à danser malgré eux. Les rubans de la roue frémissaient au rythme de la musique, comme si la lumière écoutait.

Mais au bout de quelques mesures, la roue clignota. Une fois. Deux fois. Puis elle faiblit.

Lina sentit une panique froide lui grimper dans le dos. Piles ? Faux contact ? Elle avait vérifié pourtant… Elle se pencha, entendit un petit “tic-tic” du boîtier.

Autour, personne ne semblait encore remarquer. La musique couvrait tout. C'était le moment où le courage n'est plus un mot joli, mais un muscle qu'on doit utiliser.

Lina se mit à genoux, sans réfléchir à sa jupe pailletée. Elle ouvrit le boîtier d'une main, l'autre tenant la roue stable. Ses doigts trouvèrent un fil légèrement desserré. Probablement l'aventure sous le char.

— Amir, éclaire-moi ! chuchota-t-elle.

Amir sortit une mini lampe de poche de pirate (un jouet, mais utile).

— À vos ordres, capitaine des étoiles.

Zoé fit écran avec son corps pour cacher la réparation aux curieux, comme si elle protégeait un secret de magicienne.

Lina resserra le contact, pressa, attendit une seconde… Puis la lumière revint, plus vive encore, et se mit à pulser avec la musique, comme un cœur lumineux.

Lina se redressa, les genoux poussiéreux, le sourire large.

Elle avait tenu bon. Elle avait osé. Et elle avait réparé sous pression, devant le carnaval entier, même si personne n'avait tout vu.

Le moustachu, à côté, marmonna :

— Eh ben… Elle est solide, la petite.

Chapitre 6 — Le salut qui fait danser

La soirée s'emballa. Les danseurs en plumes violettes entraînèrent la foule. Un atelier de masques offrait des nez de loup et des moustaches de tigre. Des bulles géantes flottaient, reflétant la roue lumineuse en mille mini-soleils.

Lina resta près de la scène, gardienne de sa galaxie. Par moments, des enfants venaient lui demander :

— C'est toi qui as fait ça ?

— Comment tu as mis la lumière dedans ?

— Est-ce que ça marche aussi pour une cabane ?

Lina répondait en riant, sans tout révéler, comme une inventrice qui laisse un peu de mystère pour donner envie d'essayer.

La fanfare ralentit enfin, après plusieurs morceaux. Le maire remonta sur scène, essoufflé, avec un confetti coincé sur l'oreille.

— Quel démarrage ! Et quelle ouverture lumineuse !

La dame bénévole fit signe à Lina.

— Viens. C'est ton moment.

Lina sentit ses joues chauffer. Monter sur scène, devant tout le monde, c'était une autre sorte de courage. Elle regarda Amir et Zoé.

— Vas-y, dit Amir. Je surveille le perroquet. Il complote.

— On est avec toi, dit Zoé.

Lina monta les marches. Les projecteurs la baignèrent de chaleur. La roue derrière elle envoyait des éclats colorés sur la façade de la mairie, comme si les pierres elles-mêmes faisaient la fête.

Le maire annonça :

— Voici Lina, qui a imaginé cette lumière pour lancer notre carnaval !

Un tonnerre d'applaudissements s'éleva, pas énorme comme à la télé, mais vrai, proche, vibrant. Lina eut un petit vertige… puis elle inspira. Elle vit des visages souriants, des yeux brillants, des enfants sur les épaules des parents, des costumes de tous les possibles.

Elle s'approcha du micro.

— Bonsoir… Je voulais juste… que l'ouverture soit comme nous : courageuse et lumineuse. Et si quelque chose roule sous un char… on court, on répare, et on continue à danser.

Des rires et des “bravo !” jaillirent.

Lina fit alors ce qu'elle avait répété en secret devant son miroir : elle leva la main, fit une révérence un peu maladroite, mais pleine de cœur, puis un grand signe vers la foule.

— Merci ! Bon carnaval !

Le maire, Amir et Zoé la rejoignirent pour un salut. Et tous ensemble, sous la musique qui repartait, ils saluèrent le public, tandis que la roue de lumière scintillait comme une promesse : ce soir, on ose, on rit, et on brille.

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Parvis
Espace pavé devant un bâtiment public, comme une mairie.
Guirlandes
Longues décorations accrochées, souvent en papier ou en tissu.
Fanfare
Groupe de musiciens qui joue des airs bruyants pour une fête.
Pavés
Grosses pierres plates qui forment le sol d'une place ou d'une rue.
Paillettes
Petits morceaux brillants utilisés pour décorer des vêtements.
Rampe
Barre ou structure le long d'un escalier ou d'une scène pour s'appuyer.
Bénévoles
Personnes qui travaillent gratuitement pour aider lors d'un événement.
Boîtier
Petit boîtier qui contient des pièces électriques ou des piles.
Rubans
Bandes fines et souples de tissu ou de papier pour décorer.
Confettis
Petits papiers colorés qu'on jette pour fêter un événement.
Projecteurs
Lampes puissantes qui éclairent une scène ou un objet.
échasses
Longues perches attachées aux jambes pour marcher très haut.
Coup de vent
Soudaine rafale d'air qui peut déplacer des objets légers.
Char
Grand véhicule décoré qui fait partie d'une parade ou d'un défilé

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