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Histoire de Joueur de football 11 à 12 ans Lecture 14 min. (1)

Le contrôle de la poitrine et le souffle du stade

Nassim, footballeur professionnel, montre à Léo et à ses coéquipiers que le métier va bien au‑delà du jeu : il s’agit d’entraînement, de calme, de coopération et de soutien mutuel avant, pendant et après les matchs.

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Nassim, homme adulte au visage serein et concentré, cheveux courts noirs, amortit de la poitrine, pivote et cherche Hugo pour une passe décisive ; Hugo, jeune adulte d’environ 22 ans, cheveux châtain courts, court vers la surface, placé légèrement à droite et devant Nassim pour recevoir et frapper ; Léo, garçon d’environ 11 ans en coupe-vent trop grand, regarde la scène avec émerveillement depuis le bord du terrain près du tunnel. Stade nocturne sous forts projecteurs blancs, gradins pleins de silhouettes colorées, drapeaux flous, pelouse verte brillante avec traces de jeu et lignes nettes, ciel sombre. Action finale d’un match serré, tension palpable, atmosphère d’espoir et de coopération ; style dessin animé des années 90, couleurs saturées, contours noirs épais, éclairage contrasté et expressions exagérées adaptées aux enfants. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1

Le stade était presque vide, comme une grande coque de bateau posée dans la nuit. Les sièges rouges dormaient. Les projecteurs, eux, faisaient semblant d'être des lunes.

Nassim marchait sur la pelouse avec des pas souples, comme s'il ne voulait pas réveiller l'herbe. C'était un homme adulte, joueur de football professionnel depuis des années. Pourtant, il gardait toujours la même sensation avant un match: un mélange de calme et de petite étincelle dans le ventre.

— Tu es encore là? demanda une voix derrière lui.

C'était Léo, le jeune ramasseur de ballons du club, onze ans et des questions plein les poches. Il portait un coupe-vent un peu trop grand, et ses yeux brillaient comme s'il était venu voir un tour de magie.

— Je fais ma balade du soir, répondit Nassim. Ça m'aide à ranger ma tête.

— Tu n'as pas peur, avant le grand match de demain?

Nassim sourit. Il s'accroupit, prit une poignée d'herbe entre ses doigts. Elle était fraîche, légèrement humide.

— La peur, c'est comme le vent. On ne peut pas l'attraper. Mais on peut apprendre à marcher avec. Et puis… un joueur pro ne travaille pas seulement ses jambes. Il travaille aussi son calme.

Léo s'assit sur le bord du terrain, interdit de pelouse mais autorisé de curiosité.

— C'est ton métier, donc? Jouer au foot?

— Oui. Mais “jouer”, c'est la partie visible. Mon métier, c'est aussi m'entraîner, récupérer, écouter le coach, apprendre des autres, respecter l'arbitre, et surtout… être un bon coéquipier.

Au loin, une porte claqua doucement. Le stade respirait, lentement. Nassim lança le ballon qu'il avait sous le bras, le rattrapa sans bruit.

— Tu veux voir quelque chose? demanda-t-il.

— Oui!

Nassim posa le ballon devant lui, comme on pose une phrase avant de la dire.

— Demain, il y aura du bruit, des cris, des drapeaux. Mais là, maintenant, on peut apprendre en silence. C'est parfois le meilleur moment.

Chapitre 2

Le lendemain, le centre d'entraînement bourdonnait comme une ruche. Des joueurs passaient, sacs sur l'épaule. Un kiné saluait, un préparateur physique chronométrait. Tout le monde avait l'air pressé, mais chacun connaissait sa route.

Nassim arriva tôt. Il aimait ça: avoir quelques minutes d'avance, comme un petit coussin sous la journée. Dans le vestiaire, il accrocha son maillot soigneusement. Puis il s'assit et ferma les yeux.

Léo, autorisé exceptionnellement à observer la préparation, entra sur la pointe des pieds.

— Tu dors? chuchota-t-il.

— Je me règle, répondit Nassim sans ouvrir les yeux. Comme une radio. Si je suis trop excité, je fais n'importe quoi. Si je suis trop mou, je suis en retard. Alors je trouve le bon volume.

Un autre joueur, Hugo, passa la tête.

— Nassim, le coach veut qu'on répète les sorties de balle. Et… euh… j'ai encore du mal à te trouver quand tu décroches.

— On le travaille, répondit Nassim. Sans se fâcher. Avec des essais.

Dans la salle, le coach, Madame Armand, tapota un tableau.

— Aujourd'hui, on parle du match… mais aussi du métier. Vous êtes des pros. Ça veut dire: vous donnez l'exemple. Pas seulement quand ça va bien. Surtout quand ça va mal.

Elle pointa Nassim.

— Nassim, tu guides les jeunes. Montre-leur comment on communique.

Nassim hocha la tête. Sur le terrain d'entraînement, les passes s'enchaînèrent. Nassim parlait peu, mais ses mots tombaient juste.

— À gauche, Hugo. Simple.

— Merci, Alex. Bien joué.

— On recommence, pas grave.

Léo notait tout dans sa tête, comme si chaque phrase était une carte secrète.

À la pause, Nassim expliqua:

— Un joueur pro, ce n'est pas un héros tout seul. C'est un morceau d'une équipe. La coopération, c'est notre superpouvoir le plus utile.

Léo mordilla sa gourde.

— Et si quelqu'un ne coopère pas?

— On lui donne une chance de comprendre. On l'encourage. Et si ça ne marche pas… on continue de faire notre part. Être pro, c'est rester stable, même si l'autre est une vague.

Le match approchait. Dans l'air, il y avait une tension douce, comme juste avant l'orage… mais un orage de chants.

Chapitre 3

Le soir, le stade était plein. Cette fois, les sièges ne dormaient plus. Ils vibraient. Les supporters formaient une mer de couleurs et de voix. Chaque chant montait, retombait, puis revenait plus fort, comme une vague qui s'amuse.

Dans le tunnel, les joueurs attendaient. Nassim inspirait lentement. Il entendait son cœur, mais il ne le laissait pas conduire.

Hugo, à côté de lui, souffla:

— J'ai les jambes qui tremblent.

— C'est normal, répondit Nassim. Transforme ça en énergie. Regarde-moi.

Nassim posa sa main sur sa poitrine, comme pour sentir un tambour.

— Ici, on garde le rythme. Et là… il tapota son front, on garde le plan.

Le coup d'envoi donna le départ. Le ballon glissa. Le match se mit à courir.

Au début, tout allait vite. Trop vite. L'équipe adverse pressait fort, comme une bande de moustiques très organisés. Nassim recula, se plaça, parla.

— On respire! On joue simple!

Sur une action, Alex envoya une longue passe qui semblait tomber du ciel. Le ballon descendait, tournant sur lui-même, comme une petite planète affolée.

Nassim se plaça sous la trajectoire. Il sentit le bruit du stade devenir lointain, comme si quelqu'un avait posé une couverture sur les cris. Le ballon arriva. Il ne le prit pas du pied. Il le reçut de la poitrine.

Le contrôle fut net, doux, presque silencieux. Le ballon rebondit juste ce qu'il fallait, puis resta collé à ses pas.

— Oh! cria Léo depuis le bord, bouche ouverte.

Nassim enchaîna une passe courte vers Hugo, puis se démarqua. Deux touches, trois touches. L'équipe reprit confiance comme on rallume une lampe.

Mais l'adversaire ne lâchait rien. À la mi-temps, le score était nul, et l'air dans le vestiaire était chaud, épais.

Madame Armand parla calmement:

— Vous voyez? Quand on s'affole, on se perd. Quand on coopère, on se retrouve.

Nassim prit la parole, sans faire de grands gestes.

— On n'a pas besoin d'être parfaits. On a besoin d'être ensemble. Hugo, je te parle plus. Alex, tu me dis quand tu es en difficulté. On s'aide.

Hugo hocha la tête, comme si un nœud venait de se défaire.

— D'accord. Et… merci.

Nassim répondit juste:

— Toujours.

Chapitre 4

La deuxième mi-temps commença avec une lumière différente. Les projecteurs semblaient plus blancs, plus tranchants. Et les minutes, plus rapides.

À la 60e, une erreur arriva, comme une pierre dans une flaque. Une passe ratée. Une contre-attaque. L'adversaire marqua.

Le stade eut un “oh” énorme, puis un silence court. Un silence qui pique.

Hugo baissa la tête.

— C'est ma faute, murmura-t-il.

Nassim courut vers lui.

— C'est notre match, dit-il. Notre. Tu relèves la tête. On répond ensemble.

Il tendit la main. Hugo la serra, fort. Ce simple geste fit comme une couture: il recolla deux morceaux de courage.

Madame Armand cria depuis la ligne:

— On reste solidaires!

Nassim continua de guider. Il demandait le ballon, mais il donnait surtout du soutien.

— Bien, Alex! Encore!

— Hugo, je suis là!

— On y croit, sans tricher!

Léo suivait tout, yeux rondes, comme si le terrain était un grand livre ouvert.

Puis vint une action étrange, presque drôle. Un ballon haut retomba, mais un défenseur adverse glissa, et le ballon lui rebondit… sur le derrière. Il partit de travers.

Le public éclata de rire. Même Nassim eut un sourire. Une seconde de légèreté, comme une bulle d'air dans l'eau.

— Merci, Monsieur le derrière! lança Alex en courant.

— Concentre-toi, clown! répondit Nassim, sans méchanceté.

Cette bulle fit du bien. Le stress se froissa un peu, comme une feuille qu'on range dans la poche.

À la 78e, Nassim intercepta une passe. Il ne fonça pas. Il leva la tête. Il vit Hugo libre.

— Hugo! cria-t-il.

La passe partit, précise. Hugo contrôla, tira… et le gardien repoussa. Le ballon revint au second poteau. Alex arriva et marqua.

Un rugissement secoua le stade. 1-1. Pas une victoire, pas encore. Mais un message: on n'abandonne pas.

Nassim tapa dans les mains de chacun. Pas trop fort. Juste assez pour dire: “Je te vois.”

Chapitre 5

Il restait quelques minutes. Les jambes brûlaient. La respiration faisait un bruit de soufflet. Pourtant, Nassim sentait une sorte de calme au milieu du tumulte, comme un petit îlot.

Sur la dernière action, un centre arriva, encore haut, encore rapide. Nassim se plaça. Un défenseur le bouscula légèrement. L'arbitre laissa jouer.

Le ballon descendit. Nassim eut une pensée simple: “Douceur.”

Il contrôla de la poitrine une seconde fois, mais cette fois, en mouvement, en pivotant. Le ballon tomba devant lui, parfait. Il glissa une passe en retrait à Hugo.

— Maintenant! cria Nassim.

Hugo frappa. Le tir n'était pas le plus puissant du monde… mais il était placé, malin, et il rasait le sol comme une souris rapide. Le gardien plongea trop tard.

But.

Le stade explosa. Les joueurs se jetèrent les uns sur les autres. Hugo courut vers Nassim, les bras ouverts.

— Tu m'as fait confiance! s'écria-t-il, la voix presque cassée.

— Tu as fait le travail, répondit Nassim. La confiance, ça se partage.

Le coup de sifflet final arriva peu après. Victoire. Les supporters chantaient comme s'ils voulaient allumer le ciel.

Sur le terrain, Nassim alla saluer l'adversaire. Poignées de main, regards respectueux. Certains étaient déçus, d'autres agacés, mais Nassim resta droit.

Léo attendait près du tunnel, bondissant d'impatience.

— C'était incroyable! Et le contrôle de la poitrine… comment tu fais?

Nassim rit doucement.

— Ce n'est pas un truc magique. C'est de la répétition. Je m'entraîne à sentir le ballon, pas à le frapper. La poitrine, c'est comme un coussin: tu amortis. Tu accompagnes. Et tu restes souple.

Ils marchèrent vers les vestiaires.

— Et ton métier, c'est surtout ça? demanda Léo. S'entraîner et jouer?

— Il y a aussi le repos, répondit Nassim. La nourriture, l'hydratation, le sommeil. La vidéo pour comprendre nos erreurs. Et la tête: apprendre à rester respectueux, même quand on est fatigué. Un pro doit durer, pas seulement briller.

Léo hocha la tête, très sérieux.

— Donc, être pro, c'est être… constant?

— Oui. Et gentil avec son équipe. La coopération, ce n'est pas un mot de panneau. C'est une habitude.

Chapitre 6

Plus tard, quand le stade se vida, Nassim ressortit. Les chants étaient partis, comme des oiseaux après la pluie. Il restait quelques papiers qui roulaient au sol, et l'odeur lointaine des frites.

Léo était encore là, avec l'autorisation de son oncle, le gardien du stade. Il tenait son ballon contre lui comme un trésor.

— Tu vas refaire ta balade du soir? demanda-t-il.

— Oui. Après un match, ça aide à redescendre. Comme quand on ferme un livre doucement, sans claquer la couverture.

Ils marchèrent côte à côte, lentement. Le terrain semblait plus grand, maintenant que tout était calme. Nassim entendait seulement leurs pas, et le froissement des herbes.

— Tu sais, dit Léo, j'ai remarqué un truc. Quand Hugo s'est trompé, tu ne l'as pas grondé.

— Parce que ça n'aide pas, répondit Nassim. Dans une équipe, chacun se trompe. Si on se dispute, on perd du temps. Si on se soutient, on récupère plus vite. Le football, c'est aussi l'art de réparer.

Ils arrivèrent près d'une sortie latérale. La porte s'ouvrit sur l'extérieur. La nuit était claire. Et là, un air frais entra, simple et vrai, comme une grande respiration du monde.

Léo frissonna.

— Ça sent bon, dehors.

Nassim inspira profondément. L'air frais lui nettoya la poitrine, comme si on avait ouvert une fenêtre à l'intérieur de lui.

— Oui, dit-il. C'est la meilleure fin de journée. On a tout donné, on a été ensemble, et maintenant… on laisse le vent emporter le reste.

Ils restèrent un moment, silencieux, à écouter ce souffle. Puis Nassim posa une main sur l'épaule de Léo.

— Demain, tu raconteras quoi, à l'école?

Léo sourit.

— Que le football pro, ce n'est pas juste marquer. C'est travailler, coopérer, garder son calme… et amortir avec la poitrine quand il faut.

Nassim acquiesça.

— Parfait. Et n'oublie pas: le vrai champion, c'est celui qui fait grandir les autres.

L'air frais continua de passer. Le stade, derrière eux, semblait déjà s'endormir à nouveau. Et leurs pas s'éloignèrent, paisibles, comme une dernière passe dans la nuit.

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Pelouse
Herbe qui couvre le terrain où l'on joue au football.
Projecteurs
Grosses lampes qui éclairent le stade la nuit.
Ramasseur de ballons
Enfant qui ramasse les ballons pour les joueurs pendant l'entraînement.
Kiné
Personne qui aide les joueurs à soigner et mobiliser leur corps après blessure.
Préparateur physique
Personne qui entraîne le corps pour être plus fort et endurant.
Chronométrait
Verb: mesurer le temps d'un exercice avec un chronomètre.
Mi-temps
Pause au milieu du match, entre les deux périodes de jeu.
Contre-attaque
Action rapide d'une équipe qui récupère le ballon et attaque vite.
Intercepta
Prendre le ballon quand l'adversaire essaie de le passer.
Pivotant
Se tourner sur soi-même pour changer de direction en restant en mouvement.
Sifflet final
Petit coup de sifflet qui annonce la fin du match.
Rugissement
Grand cri fort du public ou d'une foule pendant un match.
Solidaires
Faits de se soutenir et s'aider entre coéquipiers ou amis.

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