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Histoire de Joueur de football 11 à 12 ans Lecture 20 min.

Lila et la porte du bon côté

Lila, jeune footballeuse, se prépare pour un match important tout en apprenant à maîtriser le contrôle orienté et l'esprit d'équipe à travers des entraînements, des conseils de ses coachs et des échanges avec ses coéquipières. Alors qu'elle se bat pour progresser et se faire une place sur le terrain, elle découvre l'importance de la créativité et du respect dans le sport.

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Lila, une jeune fille de 12 ans, se tient au centre de l'image, avec des cheveux bruns en queue de cheval et un sourire radieux. Elle porte un maillot bleu vif, un short noir et des crampons, prête à dribbler le ballon. Ses yeux brillent d'excitation et de détermination. À côté d'elle, Joy, également âgée de 12 ans, court sur le terrain avec des cheveux blonds tressés et un maillot rouge, levant les bras pour recevoir la passe de Lila, affichant un sourire complice. En arrière-plan, le stade municipal est rempli de spectateurs, avec des gradins colorés et des drapeaux flottants. Le ciel est bleu avec quelques nuages et le soleil brille sur le terrain vert, créant une ambiance joyeuse. Lila réalise un contrôle orienté du ballon avec agilité, tandis que Joy se prépare à recevoir la passe, symbolisant l'esprit d'équipe et la passion du football. signaler un problème avec cette image

Le matin de Lila

Le réveil vibre à 6 h 15. Lila ouvre un œil, puis l'autre. Son chat, Dribble, est déjà debout, queue en l'air, prêt à jouer avec une chaussette. Elle rit, étire ses bras, puis ses jambes. Les muscles encore tièdes du sommeil, mais la journée déjà claire dans sa tête.

— Aujourd'hui, on travaille mon premier contrôle, Dribble. Le fameux contrôle orienté. Tu vas voir, c'est comme ouvrir une porte au bon moment.

La cuisine sent le pain grillé. Lila tartine un peu de fromage frais, coupe une banane. Elle boit de l'eau, pas de bulles, et compte dans sa tête. Son préparateur lui a expliqué: s'hydrater, c'est aussi une partie du métier. Sur la table, son carnet avec un stylo. Elle y a noté: “Regarder les hanches du défenseur. Bouger avant la balle. Premier contact doux. Sortir du bon côté.”

Elle attrape son sac. Protège-tibias. Gourde. Crampons nettoyés la veille. Un short de rechange. Une petite bandoulière avec une barre de céréales et un pansement. À côté, la photo de l'équipe. Douze visages, cheveux attachés ou lâchés, sourire jusqu'aux oreilles.

Dans le bus, Lila colle son front contre la vitre. Elle revoit un geste sur son téléphone: une attaquante contrôle la balle, la laisse glisser d'un demi-mètre, pivote et disparaît comme un poisson argenté. Lila met pause. Retour. Lecture.

— Un souffle, un touché, un départ, murmure-t-elle.

Le stade municipal apparaît, vert et immense, bordé de peupliers. Les vestiaires sentent le savon et l'herbe coupée. Dans l'air, un mélange de blagues, de lacets qui claquent, de mains qui se tapent.

— Prête, Lila ? lui lance Zoé, la gardienne, en serrant ses gants.

— Prête à rater, prête à réussir, répond Lila en clignant de l'œil.

Dans le couloir, la coach Myriam les attend, bras croisés, sourire fin. À côté d'elle, Karim, le préparateur physique, vérifie des bandes élastiques.

— On commence par l'échauffement, annonce Myriam. Puis atelier technique: premier contrôle et créativité. Vous allez inventer des sorties de balle. Aujourd'hui, on accueille aussi Hugo, notre analyste vidéo. Il filmera et on regardera après.

— Souriez à la caméra ! taquine Joy, milieu de terrain, en passant.

— Oui, mais avec les pieds, répond Lila.

L'atelier du premier contrôle

Sur l'herbe perlée, l'échauffement ressemble à une danse. Montées de genoux, petits pas, genoux souples, respiration régulière. Les épaules se détendent, les omoplates glissent. Karim compte.

— Trois, deux, un. Bascule. On change. Respirez. Le souffle, c'est votre moteur.

Les ballons sortent des sacs avec un bruit de pluie. Myriam place des plots bleus et jaunes.

— On travaille le “contrôle orienté”, explique-t-elle. Premier contact qui vous libère. Pas un arrêt. Un départ. L'astuce: vous regardez le monde, pas vos pieds. Avec l'intérieur du pied, vous “câlinez” la balle. Vos hanches montrent la porte où vous voulez sortir.

Elle le montre. Passe de Joy. Myriam avance, pied ouvert, touche douce. La balle file devant, juste assez. Elle tourne, la protège avec son épaule, puis accélère. Simple. Propre. Beau.

— À toi, Lila, dit-elle.

Lila prend sa place. Joy arme la passe.

La balle arrive un peu vite. Lila tend le pied. Trop dur. Le ballon rebondit haut. Elle grimace. Un ricanement gentil fuse dans le groupe.

— C'est normal d'essayer, dit Myriam sans hausser la voix. On apprend avec les erreurs. Encore.

Deuxième balle. Lila décide d'être légère. Elle ouvre le pied, laisse la balle effleurer sa chaussure. Elle sent la caresse du cuir. Elle efface son buste, pivote un peu. Mieux. La balle reste basse, avance d'un mètre. Elle part, deux touches plus tard, et sourit.

— Tu as vu ? souffle Joy. C'est un chuchotement, pas un cri.

— Exactement, confirme Myriam. Pensez aussi au corps. Si vous êtes droitière et que la défense est à gauche, sortez à droite. Votre premier contact devient une idée. On recommence. On varie. Vous pouvez feinter, lever la tête, passer en une touche si c'est mieux.

Les ateliers s'enchaînent. Contrôle du pied droit, puis du pied gauche. Contrôle derrière soi, contrôle pied ouvert, contrôle qui protège. Karim glisse des gestes de respiration entre les séries.

— Inspirez quatre temps. Expirez quatre temps. Le cerveau adore l'oxygène.

Hugo filme, silencieux, caméra sur le stabilisateur. Il zoome sur Lila qui réussit deux contrôles, en rate un, puis réussit un très beau. Lila rigole quand Driss, l'attaquant des U17 venus aider, s'invente un contrôle “faux lacet” où il s'accroupit comme pour attacher sa chaussure et laisse la balle filer de l'autre côté.

— Créativité, lance Myriam, c'est ça aussi. Oser, mais au service de l'équipe.

En fin de séance, Myriam rassemble tout le monde.

— Un métier de footballeuse, c'est du temps. On s'entraîne, on récupère, on étudie. Aujourd'hui, étirements, glace pour celles qui en ont besoin, collation, puis vidéo à 11 h 30. Et cet après-midi, un petit match amical contre Montreval. Lila, tu mèneras la ligne d'attaque. On testera ton contrôle en situation.

Le ventre de Lila vibre autant que son téléphone.

Les coulisses d'une équipe

Dans la salle de repos, l'odeur change: fruits, pain aux céréales, yaourts. Chacune prend un bol, une tranche de melon. Lila s'assoit près de Zoé.

— Tu stresses un peu ? demande la gardienne en épluchant une clémentine.

— Juste ce qu'il faut. Mon pied droit veut bien, mon pied gauche fait la timide.

— Ton pied gauche est poli. Il attend qu'on l'invite, plaisante Zoé.

Zoé croque un quartier, puis ajoute plus sérieusement:

— Tu sais, être joueuse, ce n'est pas seulement courir et frapper. C'est aussi écouter son corps. Quand j'ai mal à l'épaule, je le dis. Je vais chez la kiné. On n'est pas des machines.

Comme pour répondre, la kiné, qui s'appelle aussi Zoé, passe la tête par la porte.

— Qui pour un petit massage de prévention ? Épaules, ischios, mollets ?

Plus tard, Lila est allongée sur la table, la jambe nue, la cheville entourée d'un pack de froid.

— Ce froid, c'est pour éviter l'inflammation, explique la kiné. Tu veux garder tes muscles légers pour cet après-midi.

— J'ai noté dans mon carnet “dormir tôt”, dit Lila. Ça compte vraiment ?

— Oui. Le sommeil répare. Un pro du foot dort comme un champion. Et il mange comme un jardin: couleurs dans l'assiette.

Dans la salle vidéo, une grande télé. Hugo branche son appareil. Images du matin. On voit les contrôles de Lila, un par un. Hugo ralentit.

— Regarde tes épaules, commente Myriam. Elles sont face à nous, alors que tu veux sortir à droite. Tourne un peu plus. Tes yeux doivent deviner l'espace.

— On dirait que je fais une photo d'identité, soupire Lila.

Le groupe rit.

— Et là, dit Hugo en pointant du doigt, ce contrôle est très bon. Pourquoi ?

— J'ai ouvert le pied, j'ai pas frappé la balle, j'ai… respiré ?

— Exact, sourit Myriam. Tu as lu la passe, tu n'as pas regardé la balle au dernier moment, tu as protégé avec ton corps. Ce n'est pas magique. C'est juste précis.

Après la vidéo, direction l'intendance. Paul, le responsable du matériel, connaît les pointures de tout le monde par cœur.

— Tes crampons, Lila. J'ai changé les petits crampons à l'avant, la pelouse est un peu humide. Et prends ce maillot, c'est ta taille. Les bandes sont là si tu veux serrer la cheville.

— Merci, Paul. Sans toi, on jouerait en tongs.

— Eh, j'ai essayé de courir en tongs une fois, rigole Paul. J'ai perdu une tongs et un morceau de dignité.

Tout le monde éclate de rire. La bonne humeur, ça fait partie du vestiaire. Mais Myriam lève le doigt.

— Rire, oui. Concentration, aussi. Être pro, c'est savoir passer de l'un à l'autre. On se retrouve sur le terrain à 14 h.

Un match, des choix

Le stade se remplit doucement. Des familles, des poussettes, des petits frères qui veulent des autographes, des grands-parents qui ont prévu des thermos de chocolat chaud. L'arbitre discute avec Myriam. Les joueuses adverses de Montreval arrivent, maillots rouge et blanc. Elles se saluent toutes, serrent les mains.

— Bon match, lance Lila à la capitaine d'en face.

— Bon match ! répond l'autre avec un clin d'œil. On a vu des vidéos de vous. Vous jouez vite.

— On essaie. Et on partage le terrain.

Coup de sifflet. La balle roule. Lila sent le vent frais sur sa nuque. Elle recule, demande la balle.

— À moi ! crie-t-elle.

Joy la sert. Premier contrôle. Pas assez orienté. La défenseuse colle. Lila perd la balle. Elle lève la main.

— Pardon !

— Pas grave ! encourage Myriam depuis la ligne. Ajuste ton corps !

Lila s'éloigne, revient. Elle pense à ses hanches. Elle pense à sa respiration. Elle n'entend plus les bruits, juste le rythme. Les passes se succèdent. Un, deux, trois. Le ballon revient vers elle. Elle ouvre le pied… Non. Trop fort. La balle part trop loin. La défenseuse passe devant. Tacle propre. Lila tombe, se relève tout de suite.

— Ça va ? demande la défenseuse, tendant sa main.

— Oui, merci, dit Lila en prenant la main. Bien joué.

La moitié du stade applaudit pour ce geste simple. Fair-play. Cela aussi, c'est être joueuse.

Montreval attaque à son tour. Zoé plonge et arrête un tir. Elle se relève, souriante.

— Vous croyez que je vais salir ce short blanc pour rien ? qu'elle lance en renvoyant la balle.

La première mi-temps file. Lila ne trouve pas la porte. Elle rate. Elle doute un peu. À la pause, Myriam les regroupe dans un coin d'ombre.

— Respirez. On est bien. On a le ballon. Lila, quand tu demandes la balle, regarde le visage de la défenseuse. Si elle regarde la balle, oriente à l'opposé. Si elle regarde toi, oriente loin d'elle. Et n'oublie pas: tu peux aussi ne pas toucher la balle. Parfois, le meilleur contrôle, c'est de la laisser passer.

— Comme un rideau qu'on pousse sans main, murmure Lila.

— Exact. Et vous, les milieux, rapprochez-vous. Offrez des solutions. Être pro, c'est surtout se parler. Décrivez ce que vous voyez.

— J'arrive deuxième ligne ! crie Joy.

— Je couvre à gauche ! ajoute Driss.

— Je protège le but et je râle si vous m'obligez à faire un miracle, rigole Zoé.

Les rires détendent les épaules. La deuxième mi-temps peut commencer.

Le geste qui libère

Les nuages passent haut, comme des bâteaux. Lila se replace. Elle sent ses crampons dans la pelouse, comme des doigts. Une passe arrive de Joy. Lila fait semblant d'aller vers la balle, puis s'arrête d'un pas. La défenseuse glisse un peu. La balle continue sa course. Lila la laisse filer entre ses jambes, et la récupère derrière, dos au but. Le stade fait “oh”.

— Laisse ! crie Driss dans son dos.

Non, pas cette fois. Lila sent la présence à gauche. Elle penche son corps, ouvre le pied. Premier contact doux et orienté vers la droite. La balle roule, docile. Lila se met entre l'adversaire et le ballon. Elle pivote. Une porte s'ouvre. Un couloir s'illumine.

Elle avance de trois pas rapides. Un défenseur arrive de face. Elle lève la tête. Dans le coin de son œil, Joy file. Lila n'insiste pas. Elle glisse une passe fine, comme un trait de crayon. Joy frappe en première intention.

Le filet tremble.

Le stade explose en applaudissements, en cris, en rires. Lila ne saute pas partout. Elle vient juste coller son front à celui de Joy.

— Ton pass dans le bon tempo, souffle Joy. Magnifique.

— Ton tir, parfait, répond Lila.

Elles se serrent fort. Les autres accourent. Même Zoé traverse le terrain en courant, bras larges.

— Je savais que je n'aurais pas à faire de miracle, crie-t-elle.

Le match continue. Montreval réagit. Belle action de leur côté. Centre dangereux. Notre défenseuse, Nora, intervient proprement. Un joueur de Montreval glisse. Nora lui tend la main.

— Ça va ? dit-elle.

— Ça va, merci, répond-il. Beau tacle.

Sur le bord du terrain, Myriam applaudit les deux. La créativité, c'est aussi le respect.

Lila retrouve le ballon. Une nouvelle fois, elle anticipe. Elle lit les épaules de la défenseuse. Elle oriente à l'opposé. Elle s'arrête net, repart. Un petit pont ? Non. Inutile. Elle joue simple. La balle circule. Elle a compris. Le premier contrôle n'est pas une acrobatie. C'est une clef. Une clef qu'on tourne sans trembler.

À la 85e minute, Myriam fait un signe. Remplacement.

— Tu sors, Lila. Bravo. Va boire. Va respirer. On finit ensemble.

En sortant, Lila tape dans les mains tendues, petites, grandes, gantées.

— Bien joué ! crie une enfant près de la barrière. Tu peux signer mon carnet ?

— Après le match, promesse, répond Lila avec un clin d'œil.

Le temps se dilate. Coup de sifflet final. Victoire 1-0. Mais la joie a la bonne taille: pleine, pas trop bruyante, juste ce qu'il faut.

Après le coup de sifflet

Dans le vestiaire, ça respire large. On range les maillots, on boit, on rit bas. Myriam rassemble l'équipe.

— Bravo. Et merci pour le fair-play. J'ai vu des mains tendues, des excuses, des sourires. C'est notre style. Dans ce métier, l'attitude compte autant que les jambes. Lundi, récupération: vélo doux, stretching, glaçage. Mardi, force légère. Mercredi, technique. Jeudi, tactique. Vendredi, veille de match: on répète les enchaînements. Samedi, match. Dimanche, repos actif ou famille, selon les besoins. Et toujours: école pour celles qui y sont, lecture, curiosité. Le football nourrit le corps, mais aussi la tête.

— Et le cœur, ajoute Zoé en posant sa main sur sa poitrine.

Hugo entre avec son ordinateur.

— Prêtes pour une minute de magie ? Je n'ai coupé que votre but. Lila, regarde ton épaule avant le contrôle.

Tous les yeux se tournent vers l'écran. Lila se voit ouvrir le pied, tourner les hanches, protéger la balle. Elle rougit.

— On dirait que je sais ce que je fais, dit-elle.

— Tu sais, répond Myriam. Tu as appris. Et tu as osé.

— Et tu as partagé, ajoute Joy. Sans la passe, pas de but.

Après les douches, Lila sort vers la barrière. Les enfants l'attendent. Elle signe des carnets, un poster, un ballon un peu dégonflé. Elle répond à une question.

— C'est quoi, le métier de joueuse pro ? demande un garçon aux yeux curieux.

— C'est un mélange, dit Lila. On s'entraîne tous les jours, parfois deux fois. On fait attention à ce qu'on mange. On dort bien. On travaille la technique, la tactique. On a des réunions vidéo pour comprendre comment jouer en équipe. On respecte l'arbitre, les adversaires. On protège notre corps avec la kiné. On écoute le coach, on se parle entre nous. On apprend tout le temps. Et on s'amuse, beaucoup. Mais on n'oublie pas l'école ou les études. Il faut des idées dans la tête pour avoir des idées sur le terrain.

— Et le plus dur ? demande une fillette, les cheveux tressés.

— Parfois, c'est accepter de rater. Ou d'attendre son tour. Parfois, c'est revenir d'une petite blessure sans se précipiter. Mais on n'est jamais seule. On a l'équipe. Et on a des rêves qui tiennent chaud.

Un journaliste local s'approche, micro à la main.

— Lila, un mot sur votre performance et ce contrôle orienté ?

— On l'a beaucoup travaillé ce matin, dit-elle. Un bon contrôle, c'est comme lire une phrase et deviner la suite. Je voulais donner du temps à Joy. C'est elle qui marque. On gagne ensemble.

— Un message pour les jeunes qui vous regardent ?

— Osez inventer. Sur le terrain, vous avez le droit de créer, mais pour aider les autres. Regardez, écoutez, respirez. Et si vous ratez, recommencez. Le ballon aime les gens têtus.

En rentrant chez elle, Lila s'arrête au parc. Le soleil se couche, orange sur les toits. Le terrain de city s'est vidé. Elle pose son sac, garde un ballon. Dribble, le chat, n'est pas là pour embêter ses lacets. Tant pis. Elle se place entre deux lampadaires. Elle respire.

Passe imaginaire de Joy. Lila lève la tête. Elle laisse la balle venir, ouvre le pied, touche douce. La balle part du bon côté. Elle pivote, repart. Encore. Encore. Elle varie. Avec le droit. Avec le gauche. Elle ajoute parfois une feinte d'épaule, parfois un regard à l'opposé. Les murs du parc ne jugent pas. Le ciel regarde. Le bruit du ballon contre ses chaussures ressemble à un cœur tranquille.

Un enfant passe à trottinette. Il s'arrête, bouche ouverte.

— Madame, vous êtes dans l'équipe avec les maillots bleus, non ?

— Oui, répond Lila en retenant un rire. Et toi, tu vas où comme ça, si vite ?

— Chercher des crêpes. Vous voulez une crêpe ?

— Tentant… Mais je dois garder mon énergie propre, dit-elle en tapant la balle du bout du pied. Une autre fois.

— Alors bonne soirée, joueuse bleue !

— Bonne soirée, champion à roulettes !

Elle finit par ranger le ballon. Chez elle, la douche efface la fatigue. Elle enfile un sweat, griffonne dans son carnet:

“Contrôle orienté: pied ouvert, hanches tournées, tête levée. Lire. Sentir. Partager. Dribble n'a rien compris, mais il a miaulé au bon moment.”

Dribble saute sur le lit et se roule en boule. Lila éteint la lumière. Dans l'obscurité, elle revoit le geste. Elle revoit le but de Joy. Elle entend la voix calme de Myriam, les blagues de Paul, la clémentine de Zoé qui s'ouvre comme un petit soleil.

Demain, il y aura une autre séance. D'autres essais. D'autres idées. Être joueuse, c'est recommencer avec envie. C'est apprendre chaque jour à ouvrir la bonne porte, au bon moment, pour soi et pour les autres.

Dans la chambre silencieuse, Lila sourit. Son dernier souffle est un petit coup d'envoi. Puis elle s'endort, légère comme une passe bien dosée.

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Contrôle orienté
Un geste au football qui consiste à toucher le ballon de manière à le diriger vers un endroit précis.
Défenseuse
Une joueuse dont le rôle est de protéger son équipe contre les attaques de l'équipe adverse.
Pivote
Un mouvement où l'on tourne sur soi-même pour changer de direction, tout en gardant un pied au sol.
Tacle
Un geste où un joueur tente de prendre le ballon à un adversaire, souvent en glissant au sol.
Creativity
La capacité à inventer des idées ou à penser de manière originale.
Glaçage
L'application de glace sur une partie du corps, généralement pour réduire un gonflement ou soulager une douleur.

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