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Histoire de ville futuriste 9 Ă  10 ans Lecture 17 min. Disponible en histoire audio (3)

Le cordon jaune qui montrait le chemin

Dans une arcologie futuriste, le jeune Nino accompagne sa mère pour installer des cordons guides jaunes afin d'aider les habitants à se repérer; en observant et en proposant des solutions simples, il découvre comment de petits gestes peuvent améliorer la vie collective.

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Un garçon de 10 ans au visage rond et cheveux châtain courts, concentré et joyeux, tend la main pour clipser un cordon jaune le long d’un poteau tandis que l’autre main tient une mini-batterie plate attachée au cordon; à sa droite, sa mère d’environ 35 ans, chignon et blouse verte, agenouillée, sourit fièrement et lui tend une boîte de clips en donnant des instructions calmes; un autre garçon de 10 ans, Amir, casquette rouge et sac à dos trop grand, observe curieux à quelques pas, mains sur les hanches; un chat gris joue avec l’extrémité du cordon près d’une jardinière; la scène se déroule dans un Jardin Suspendu lumineux sous verrière partiellement ouverte, bacs de plantes, passerelles transparentes et mare aux poissons, un cordon-guide jaune se déroule au vent, feuilles qui volent légèrement, lumière dorée, atmosphère chaleureuse et collaborative dans une ville futuriste. signaler un problème avec cette image

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Durée de l'histoire audio : 17:16

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Chapitre 1 : La ville qui brille comme une bulle

Dans la grande cité du futur, les immeubles n'étaient pas seulement hauts : ils étaient vivants. Au centre, l'Arcologie Azur montait jusqu'aux nuages comme une montagne de verre. Ses parois transparentes laissaient passer le soleil, et, derrière, on voyait des terrasses de jardins empilées, des passerelles fines comme des rubans, des serres pleines de tomates et de fraises, et même un petit ruisseau qui descendait d'étage en étage en faisant « glou-glou ».

Nino, dix ans, adorait cet endroit. Il disait que l'Arcologie Azur était une forêt qui avait appris à habiter avec les gens.

Ce matin-là, il glissait en trottinette sur une passerelle, le cartable sur le dos et les yeux grands ouverts. À travers le sol transparent, il apercevait les bus silencieux qui se faufilaient très bas, comme des poissons. Au-dessus, des drones-jardiniers arrosaient les feuilles avec des gouttes qui brillaient.

Un panneau clignota doucement au coin d'un couloir :

« Solution du jour : rendre les trajets plus faciles pour tous. »

Dans la cité, on inventait des solutions simples chaque jour. Parfois, c'était un banc pliant qu'on fixait partout. Parfois, un distributeur d'eau fraîche qui reconnaissait les gourdes. Et parfois, c'était un détail minuscule… qui changeait tout.

Nino arriva devant l'atelier de sa mère, une petite pièce au bord d'une serre. Sur la porte, une étiquette : « Atelier des idées pratiques ». À l'intérieur, ça sentait la menthe et le plastique neuf.

— Salut, champion, dit sa mère en lui tendant une petite boîte. Aujourd'hui, j'ai une mission pour toi.

Nino ouvrit la boîte. Il y avait un cordon fin, solide, de couleur jaune soleil, enroulé comme une longue ficelle. Au toucher, il était lisse, mais avec de minuscules bosses régulières, comme des points.

— C'est un cordon guide, expliqua sa mère. Il se clipse le long des murs et des rampes. Les bosses aident à sentir le chemin avec la main. Et la couleur aide à le voir de loin.

Nino pensa aussitôt à Madame Lune, la voisine du niveau 12, qui avait du mal à se repérer quand les couloirs étaient bondés. Et aussi à Amir, un garçon de son âge, qui marchait souvent en comptant ses pas pour se rassurer.

— C'est moi qui l'installe ? demanda Nino, le cœur battant.

— Avec moi, oui. On va commencer par le couloir des Serres. Il y a eu des changements de passerelles hier, et certains se perdent. On veut que ce soit simple. Clair. Rassurant.

Nino sourit. Installer un chemin, c'était un peu comme dessiner une carte… mais en vrai, et pour tout le monde.

Chapitre 2 : Le couloir des Serres et la petite panique

Le couloir des Serres était un endroit lumineux. D'un côté, une paroi de verre donnait sur une jungle de feuilles : basilic, vignes, fleurs orange et bleues. De l'autre, des portes menaient aux appartements. L'air était tiède et humide, et des gouttes glissaient parfois sur le plafond transparent.

Nino et sa mère avancèrent avec leur matériel : le cordon guide, des clips, une petite règle qui faisait aussi niveau, et un rouleau de ruban adhésif intelligent qui collait sans abîmer.

— On part de l'ascenseur, dit sa mère. Le plus important, c'est le début. Si le départ est évident, le reste suit.

Nino se plaça près des portes de l'ascenseur. Il y avait déjà des flèches au sol, mais elles se mélangeaient, parce que les couloirs avaient été repeints récemment. Une personne âgée, un sac de courses à la main, tournait en rond.

— Pardon… la serre des fraises, c'est par où ? demanda-t-elle, un peu perdue.

Nino montra un couloir, puis s'arrĂŞta : le panneau indiquait l'autre direction.

— Euh… attendez, je vérifie !

Il eut un petit frisson. Dans l'Arcologie, tout était censé être simple, mais il suffisait d'un changement pour que tout devienne confus. Sa mère posa une main sur son épaule.

— Voilà pourquoi on est là, chuchota-t-elle. On va donner un fil à suivre.

Ils fixèrent le premier clip, puis un deuxième. Le cordon jaune se déroula comme un rayon de soleil le long du mur. Nino appuya et entendit un « clic » satisfaisant.

À peine avaient-ils avancé de dix mètres qu'un groupe d'enfants déboula en courant, poursuivant un petit robot-aspirateur qui semblait prendre ça pour un jeu. Le robot zigzaguait en faisant « boup boup boup ». Les enfants riaient.

— Attention ! cria Nino.

Trop tard : le robot passa sous le cordon encore non fixé, et le cordon se souleva comme une corde à sauter. Un garçon trébucha… mais il se rattrapa à la dernière seconde, les yeux ronds.

Silence. Puis un rire gêné.

— Oups, dit le garçon. Il est rapide, celui-là.

Nino inspira fort. Son cœur tapait vite, mais il ne voulait pas se fâcher. Dans la cité du futur, on évitait les disputes : on cherchait des solutions.

— On va faire une chose, dit-il. On fixe le cordon d'abord en haut du mur, puis on le fait descendre près de la rampe, comme ça il ne flotte pas. Et vous… vous pourriez jouer ailleurs, non ?

Les enfants hochèrent la tête, un peu honteux. Le robot, lui, fit demi-tour comme s'il comprenait, et partit aspirer une feuille tombée.

Sa mère lui lança un regard fier.

— Bonne idée. Simple et efficace.

Ils continuèrent. Le cordon avançait, régulier, rassurant. Nino le suivait du bout des doigts et se disait que, parfois, le futur n'était pas une grande invention compliquée. Parfois, c'était juste un fil bien placé.

Chapitre 3 : Le jardin suspendu et le vent farceur

À midi, ils arrivèrent au Jardin Suspendu, une grande place à ciel… presque ouvert. Le plafond était en verre, mais il s'ouvrait par endroits pour laisser passer l'air. Des arbres fruitiers poussaient dans des bacs profonds. Un petit café vendait des galettes aux algues (Nino trouvait ça bizarre, mais il en mangeait quand même). Des bancs ronds entouraient une mare où des poissons orange tournaient doucement.

Le cordon guide devait traverser la place jusqu'à la passerelle des Écoles. C'était l'endroit le plus difficile, parce qu'ici, il n'y avait pas de mur continu. Seulement des poteaux, des jardinières et des rambardes.

— On va faire une ligne de poteau à poteau, expliqua sa mère. Comme une constellation.

Nino imagina le cordon comme un chemin d'étoiles jaunes. Il sourit.

Ils commencèrent à clipser le cordon sur les poteaux. Mais un souffle de vent entra par une ouverture du plafond. Un vent joyeux, un peu trop enthousiaste, qui fit danser les feuilles… et le cordon.

— Hé ! protesta Nino en courant après l'extrémité qui se déroulait. Reviens ici !

Le cordon filait, poussé par le vent, et se frotta contre une jardinière. Des feuilles de menthe se mirent à frétiller. Un chat du quartier, gris et très sérieux, sauta pour attraper le cordon comme si c'était un serpent.

— Non, pas toi ! dit Nino en rigolant malgré lui.

Il attrapa le cordon, mais le chat posa une patte dessus, décidant que c'était désormais son affaire. Nino le regarda droit dans les yeux.

— Écoute, monsieur Chat. C'est pour aider les gens, d'accord ?

Le chat cligna lentement, comme s'il jugeait l'idée acceptable. Puis il retira sa patte et partit s'asseoir près d'un banc, l'air de dire : « Très bien. Je surveille. »

Sa mère, elle, cherchait déjà une solution.

— On va utiliser des clips doubles, dit-elle. Et ajouter un petit poids au bout, juste le temps de fixer.

Nino sortit de son sac une mini-batterie plate, prévue pour recharger sa tablette. Elle était lourde juste comme il fallait.

— Ça peut servir ? proposa-t-il.

— Parfait.

Ils attachèrent la mini-batterie au bout du cordon. Le vent souffla encore, mais le cordon resta sage, tendu sans être raide. Nino se sentit comme un vrai inventeur, même s'il n'avait fait que prêter un objet.

Une fillette s'approcha, tenant la main de son petit frère.

— C'est quoi ? demanda-t-elle.

— Un chemin, répondit Nino. Tu peux le suivre avec la main si tu es perdu. Ou si tu veux être sûr d'aller au bon endroit.

Le petit frère posa ses doigts sur les bosses du cordon.

— Ça chatouille, dit-il, puis il rit.

Nino rit aussi. Un chemin qui chatouille, ce n'était pas prévu, mais ça donnait envie d'avancer.

Chapitre 4 : La passerelle des Écoles et le mystère de l'embranchement

L'après-midi, ils atteignirent la passerelle des Écoles. Elle était longue, transparente, et traversait un vide impressionnant. En dessous, on voyait plusieurs niveaux : des marchés, des ateliers, des pistes de course pour vélos. Au loin, la grande cité continuait, avec ses tours reliées par des ponts et ses écrans doux qui donnaient la météo et les nouvelles du jour.

Ici, le problème était différent : il y avait un embranchement. Deux chemins possibles, deux écoles proches. Les panneaux indiquaient bien les directions, mais il suffisait d'un jour de fatigue ou d'une foule pressée pour se tromper.

— Le cordon doit parler tout seul, dit sa mère. Sans mots compliqués.

Nino regarda l'embranchement. S'il suivait le cordon, il fallait savoir Ă  quel moment tourner.

— On pourrait faire une bosse spéciale ? proposa-t-il. Un groupe de bosses plus serrées à l'endroit où il faut choisir.

Sa mère sortit un petit outil, comme une pince.

— Justement, on a des modules. Regarde.

Elle lui montra une petite pièce qu'on pouvait clipser sur le cordon : elle ajoutait une zone de relief plus marqué, facile à reconnaître au toucher.

Nino s'accroupit et la fixa juste avant l'embranchement. Puis il installa deux cordons qui partaient ensuite, chacun avec une couleur secondaire : un petit trait bleu pour l'école des Sciences Douces, un petit trait vert pour l'école des Arts et Jardins. Simple. Clair.

Pendant qu'ils travaillaient, quelqu'un toussota derrière eux. C'était Amir, avec sa casquette rouge et son sac trop grand.

— Salut, dit-il. Je… je me suis perdu ce matin. J'ai tourné trop tôt et je suis arrivé au club de yoga.

Nino imagina Amir, au milieu d'adultes très calmes, obligé de respirer en silence. Il faillit éclater de rire, mais se retint.

— Ça t'a plu ? demanda-t-il, sérieux.

Amir réfléchit.

— Les tapis étaient très doux. Mais je préfère mon école.

Nino lui fit signe.

— Viens tester.

Amir posa sa main sur le cordon et avança lentement. Il s'arrêta à la zone de relief spécial.

— Ça change, là, dit-il.

— Oui. Ça veut dire : attention, choix. Si tu veux Sciences Douces, tu suis le bleu. Si tu veux Arts et Jardins, tu suis le vert.

Amir suivit le bleu, puis revint et suivit le vert. Son visage se détendit.

— C'est bien. On dirait… une piste secrète, mais pour de vrai.

Nino sentit une chaleur dans sa poitrine. Il avait envie d'installer des cordons guides partout, mĂŞme jusqu'aux nuages, pour que personne ne se sente seul ou perdu.

Sa mère consulta sa tablette.

— Mission presque terminée. Il ne reste qu'un dernier endroit : l'entrée du grand ascenseur central, celui qui traverse toute l'arcologie.

Le grand ascenseur… Nino l'aimait bien. Il donnait l'impression de voyager dans une bouteille géante, au milieu des jardins et des passerelles. Il avait hâte, comme si la fin de la journée cachait encore une surprise.

Chapitre 5 : Le grand ascenseur et le cœur léger

Le grand ascenseur central était un cylindre transparent. À l'intérieur, une cabine glissait sans bruit, entourée d'un anneau de lumière. Quand il montait, on voyait les étages défiler : un terrain de sport, une bibliothèque, une zone de repos avec des hamacs, un atelier de réparation de vélos, puis une cascade fine qui tombait en fils d'eau.

Autour, c'était souvent très animé. Des gens sortaient, entraient, se croisaient. Et, depuis quelques jours, une nouvelle sortie avait été ajoutée vers un quartier en construction. Résultat : certains se trompaient de côté et se retrouvaient devant une porte fermée, ce qui les agaçait.

Nino et sa mère fixèrent le cordon guide le long de la file d'attente, puis le firent contourner un pilier, jusqu'à la bonne porte. Ils ajoutèrent une zone de relief spécial juste avant la bifurcation, et une petite plaque jaune, très visible, au niveau des yeux.

Quand ils eurent terminé, un homme pressé arriva, le regard sur son écran. Il allait droit vers la mauvaise sortie. Sans lever la tête, sa main accrocha le cordon guide. Il s'arrêta net, comme si le cordon lui avait dit : « Hé, par ici. »

Il leva enfin les yeux, vit la plaque jaune, et soupira.

— Ah… merci, murmura-t-il, puis il prit le bon chemin.

Nino échangea un regard avec sa mère. Rien de spectaculaire. Pas de feu d'artifice. Juste quelqu'un de moins stressé.

Une dame avec une canne suivit le cordon en souriant, comme si elle suivait la main d'un ami. Un enfant plus petit s'amusa Ă  compter les bosses jusqu'Ă  l'ascenseur. Et Amir passa aussi, fit un signe Ă  Nino et dit :

— Aujourd'hui, je ne me perds pas.

En fin d'après-midi, ils retournèrent près de la serre de menthe. Le soleil commençait à baisser, et la lumière se brisait en reflets sur les parois de l'arcologie. On aurait dit que tout l'immeuble était rempli d'eau dorée.

Nino s'assit sur le rebord d'un banc, les jambes pendant dans le vide… mais en sécurité, derrière une rambarde couverte de lierre. Il suivit du regard un drone-jardinier qui déposait une petite graine dans un pot. Une graine, c'était minuscule. Pourtant, ça devenait un arbre.

Il pensa au cordon guide. Minuscule aussi, au fond. Pourtant, ça devenait un chemin.

— Tu sais, dit-il à sa mère, j'aimerais bien inventer une solution du jour, moi aussi. Pas seulement installer.

Sa mère sourit.

— Tu l'as déjà fait. Tu as observé, tu as posé des questions, tu as proposé des idées. La curiosité, c'est le début de toutes les solutions.

Nino regarda les jardins empilés, les passerelles, les gens qui se saluaient. Il entendit le ruisseau « glou-glou » quelque part, comme une chanson.

Dans cette grande cité du futur, on construisait beaucoup. Mais ce qu'il préférait, c'était quand on construisait quelque chose d'invisible : la confiance, la facilité, le courage d'avancer.

Il rentra chez lui avec les doigts qui sentaient un peu la menthe et le plastique neuf. Son cœur, lui, était léger, comme si un petit cordon jaune l'avait aussi guidé à l'intérieur de lui-même, tout droit vers une idée simple : demain, il regarderait encore mieux, pour trouver une autre petite chose à améliorer.

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Arcologie
Un grand immeuble qui mélange maisons, jardins et services, comme une petite ville.
Serres
Pièces ou bâtiments en verre où l'on fait pousser des plantes et des légumes.
Passerelle
Un petit pont étroit qui permet de traverser d'un endroit à un autre.
Rampe
Une surface inclinée qui aide à monter ou descendre sans utiliser d'escaliers.
Poteaux
Bâtons ou colonnes solides qui servent à soutenir quelque chose.
Jardinière
Un grand bac ou pot où l'on plante des fleurs ou des légumes.
Mini-batterie
Une petite pile que l'on utilise pour donner de l'énergie à un appareil.
Module
Une petite pièce qu'on ajoute pour changer ou améliorer un objet.
Constellation
Un dessin d'étoiles qu'on voit dans le ciel; ici, une suite d'éléments reliés.
Relief
Une partie qui dépasse ou qui a une forme spéciale qu'on peut sentir au toucher.

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